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Le blog de la souris jaune

... 470

18 Février 2017, 20:30pm

Publié par LaSourisJOne

"Les êtres humains font tous partie d'une grande association qui a la terre comme siège social, mais il est d'usage pour faire connaissance de participer à des associations plus restreintes".

Sophie DIVRY

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... 469

18 Février 2017, 15:29pm

Publié par LaSourisJOne

"Dans la catégorie des pires boulots du monde, téléprospecteur peut concourir pour la palme interplanétaire ; c'est le métier de l'inutilité et de l'emmerdement de son prochain joint à la pollution sonore et à la déformation du langage par la communication".

Sophie DIVRY

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... 468

18 Février 2017, 15:02pm

Publié par LaSourisJOne

"J'ai horreur des amitiés qui ne se fondent que sur la commémoration d'un passé commun".

Sophie DIVRY

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Je vous écris dans le noir :))

28 Janvier 2017, 16:49pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un roman bouleversant que celui-là. Extrêmement impressionnant par sa force et sa justesse, sa sensibilité : l'auteur incarne ici un personnage féminin de manière saisissante, et troublante. Mais évidemment, on sait qu'écrire n'est pas une histoire sexuée, on le sait depuis toujours ! :)

C'est l'histoire de Pauline Dubuisson. Une femme qui a vraiment existé, et qui a été condamnée pour l'assassinat de son fiancé. L'auteur reprend cette histoire en réhabilitant cette femme, en nous livrant son histoire, en lui donnant semble t-il, pour la première fois, une chance d'être comprise. Il faut savoir que Clouzot en a aussi fait un film, où il accable vraisemblablement cette femme, incarnée à l'écran par Brigitte Bardot. Seigle fait partir son histoire de ce film, que Pauline Dubuisson est allée voir. Du mal qu'il imagine il a pu lui faire. Bref, il humanise cette femme comme personne auparavant n'avait semble-t-il souhaité le faire.

C'est vraiment troublant à plus d'un titre. Déjà, parce que ça donne à voir un fait-divers dans sa dimension humaine, la part non maîtrisable du destin dans l'accomplissement d'histoires sordides. Ainsi, on ne peut qu'être sensible au terrible destin de cette Pauline, qui fut tondue à la Libération, alors qu'elle avait 17 ans.

L'auteur nous livre trois cahiers, les écrits qu'auraient écrit Pauline, avant de se donner la mort. On va voir comment le destin va s'acharner contre elle. De terrifiante manière. A de multiples reprises. Et comment le pardon, ou le droit à l'oubli est bien relatif, et combien elle est condamnée à échouer dans ses reconstructions.

Le contexte familial, est là encore extrêmement intéressant, et tellement pas manichéen : oui, la jeune fille va coucher avec un Allemand, mais poussé dans ses bras par son propre père, pour sauver leur mère de la déprime... C'est ce qu'il nous donne de l'histoire de Pauline Dubuisson et évidemment, son histoire prend l'allure d'un terrible et injuste gâchis.

Attention, je dois vous le dire : la profondeur de la confession fait que l'histoire de la tonte et surtout de ce qui suit pour Pauline est insoutenable. Autant le savoir.

En tout cas, c'est un coup de maître de la part de Jean-Luc Seigle, que j'avais apprécié déjà avec En vieillissant les hommes pleurent

Merci à Gaby pour sa recommandation.

. Je vous écris dans le noir, Jean-Luc Seigle, éd. Flammarion. 2015

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La musique des Kerguelen :)

23 Janvier 2017, 22:05pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai beaucoup aimé ce livre, que je n'ai pas lâché, sur la fin, tenue par l'histoire de ce personnage secondaire qui devient central... Vassili.

Donc : dépaysant, pour qui n'a pas l'habitude des récits maritimes, moi en l'occurence. Parce que soudain vous êtes en mer, En mer, avec le narrateur, même s'il vous entraine par le biais d'un récit de son passé, puisqu'il boucle la boucle avec un concert, fort, et riche de sens une fois qu'on a lu le milieu, le coeur du récit.

Le navire, le Marion Dufresne, sur lequel navigue le narrateur se rend sur l'île de la Réunion. Il a un certain nombre de missions, et on vit avec lui la navigation, la fatigue, les quarts, les responsabilités vis à vis de l'état... Et puis, un navire doit être arraisonné, un navire qu'ils croisent, en plein ocean, et qui a à son bord deux scientifiques, un staff de japonnais, et des marins russes. Et puis une mutinerie, pressentie par une des scientifiques. Des morts. Et le Marion Dufresne doit intervenir, prendre à son bord les survivants. Le narrateur va se prendre d'affection pour l'un des marins russes, Vassili, pour lequel on s'attache de plus en plus en même temps que le narrateur. Et même si l'on apprend qu'il est recherché par les autorités russes... Il y est question d'amitié, de confiance au ressenti. Confiance que lui inspire ce marin russe, petit à petit et de plus en plus. Question de choix, ensuite, de prises de décisions, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques ou si graves... Qu'est ce qu'on peut faire, à son niveau, pour infléchir les choses, le cours des choses, et sauver une vie ? Sans doute beaucoup, sauf si on décide de fermer les yeux. Ou si l'on rivalise de déveine. Ou si l'on se fie à son supérieur hiérarchique...

J'ai été emportée par l'histoire touchante, bouleversante, qui nous est livrée petit à petit, si bien que l'on doute aussi, de Vassili, le marin russe violoniste, aux doigts arrachés... C'est très beau, et très touchant, jusqu'à la fin. Histoires d'amitié, d'amour, de foi...

Un joli récit, qui nous mène aux confins des Kerguelen, et de la musique que le vent fait naître dans la petite chapelle qui constitue un des rares hâves de paix de l'île...

Médiathèque de Saint-Malo.

. La musique des Kerguelen, Olivier Bass, éd. La Découvrance, oct. 2009.

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Cassandra au mariage :)

20 Janvier 2017, 19:22pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il est étonnant, ce livre-là. Un roman de l'intériorité double, gemelle, fraternelle, tout autant qui fait écho à toutes les parts d'ombre et de lumière qu'on peut avoir en nous...

Deux soeurs, jumelles, donc, Cassandra, et Judith. Nées à 11 minutes d'intervalle. On les rencontre alors qu'elles ont 25 ans, leur voix nous fait oublier leur âge, d'ailleurs... On lit l'une, Cassandra, d'abord, puis l'autre, Judith. Et leurs deux visions, les deux manières qu'elles ont d'aborder la vie tout en étant, tout en ayant été extrêmement liées. Cassandra reste véritablement 'éprise', irrémédiablement liée à cette soeur pour qui elle respire. Elles ont vécu ensemble, pendant leurs années étudiantes. Et puis on apprend que Judith, partie, va se fiancer. Cassandra rame, avec sa solitude, sa vie, et s'accroche à cette seule idée qu'elle va revoir Judith. Et puis on lit Judith. Qui elle a fait le choix d'aimer l'autre, pour avoir une vie 'normale'. Alors, un fiancé, qu'elle aime, et va épouser. Ce que Cassandra ne peut, d'abord, comprendre. Hors de son entendement. L'histoire commence avec le voyage qu'elle entreprend pour retourner à la maison familiale, pour retrouver JUdith, et sans doute lui faire comprendre qu'elle ne peut épouser personne... 

Huis-clos de la famille, avec le père, et la grand-mère. La mère est morte. Famille lettrée, père philosophe, grand-mère attachée à ce qui se fait... Ils sont attachants ces personnages-là, avec leurs manies, leurs fragilités, leurs certitudes, qu'on nous donne à voir. Ils nous sont rendus attachants, sans doute parce qu'ils nous sont donnés à voir par le prisme du regard de l'une ou l'autre des frangines, et qu'il y a de l'amour, en plus de l'agacement quant à tout ce qu'on connaît si bien de ses 'parents', et qu'il se sent. 

Et puis il y a Cassandra, le geste, lorsqu'elle perd pied. Ceux qui la sauvent ou la veillent. L'abdication. Entre force et fragilité, cette abdication ressemble à celle qu'on n'a d'autre choix d'avoir quand l'être aimé est parti/doit partir.

J'ai aimé ce roman profond, intime, et sa double voix.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Cassandra au mariage, Dorothy Baker, 1962 (Etats-Unis) ; éd. Pavillons poche, Robert Laffont, 2013.

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... 467

20 Janvier 2017, 19:18pm

Publié par LaSourisJOne

"La vie ne nous offre jamais rien qui ne puisse être considéré aussi bien comme un point de départ que comme une fin".

André GIDE

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... 466

14 Janvier 2017, 19:00pm

Publié par LaSourisJOne

"Acheter une voiture en anticipant ses futures pannes et sa revente relevait d'une conception du plaisir automobile - et plus largement de l'avenir - qui m'échappait totalement".

Emmanuel VILLIN

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La Réserve :)

14 Janvier 2017, 14:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'avais encore jamais lu de Russel Banks, et c'est une belle découverte, par le biais de cette Réserve, en tout cas. 

J'ai craint d'abord d'être entré dans un livre à la Fitzgerald, que je n'aime pas particulièrement pour ce que j'en ai lu, avec une peinture assez classique de la haute société.

Heureusement, Russel Banks nous fait suivre un chemin plein de surprises, et on n'en reste pas à la peinture de société clivée et de surface. 

Ce que je retiens de ce livre-là, c'est la singularité de ce personnage, Vanessa Cole. Et la façon dont l'auteur tisse l'histoire, en mêlant les destins de quatre protagonistes principaux, habilement, inextricablement, et des protagonistes secondaires qui viennent apporter le rouage dans le mécanisme et la formation, en tout cas l'évolution de ces couples improbables. Jordan, le peintre, fier, et Alicia, son épouse, Vanessa, l'indomptable fille riche, la rebelle, à la lisière de la folie, et le guide, d'un autre milieu social, qui va interférer de façon indélébile dans la vie de ces trois-là. Au sein d'une Réserve, celle des Adirondacks aux Etats-Unis. 

J'ai aimé l'idée selon laquelle certains choix de vie peuvent en exclure d'autres, que l'on jugera plus secondaire, pour privilégier et maintenir les premiers ; les rouages de l'amour, loin d'être convenus, plutôt pragmatiques et justes ; j'ai aimé encore l'idée assez intéressante du décalage entre l'image que l'on donne, qui peut induire, dès lors qu'on creuse et qu'on se rapproche de l'intime, une toute autre facette. Illustré de très habile façon ici.

Et puis le fait que l'on ne saura jamais, si le traumatisme que Vanessa s'imagine est réel ou imaginé ; là encore, très proche du réel : ce qui compte ce n'est pas ce qui a été vécu, c'est finalement ce que l'on croit avoir vécu, et ce que l'on en fait. A ce titre, le 'fil' que l'auteur tire de Vanessa et de la croyance qu'elle a vécu avec son père des épisodes enfantins troubles, alors même qu'elle aura peut-être l'occasion de le vérifier (et l'on se dit, jusqu'au bout, on va savoir, si ce qu'elle pense est vrai !), elle décide - alors que cela pourrait la guérir ? - de ne jamais savoir, en enterrant le dossier, au sens propre. Peut-être parce que : si c'est vrai, comment vivre avec ? Et si c'est faux, comment vivre avec cette nouvelle donnée qui fait que tout ce que l'on a toujours pensé ne tient pas ? Alors autant ne pas savoir. 

C'est très intéressant. 

Et évidemment, les épisodes sombres qui arrivent et obligent encore à des choix, donne de l'aspérité à ce livre qui mérite le détour.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La Réserve, Russel Banks, éd. Actes Sud, 2008 (2007 aux Etats-Unis).

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... 465

4 Janvier 2017, 08:46am

Publié par LaSourisJOne

"C'est pour les mêmes raisons qu'on déteste une personne ou qu'on l'aime. Surtout si cette personne se trouve être votre père ou votre mère".

Russel BANKS

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