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Le blog de la souris jaune

L'Oiseau Canadèche :)

23 Septembre 2022, 08:50am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce petit roman traduit de l'américain se lit rapidement et avec plaisir.

Nous ne sommes pas dans une histoire légère, si l'on s'en tient aux faits, pourtant ce n'est pas ce qu'il en ressort, car les événements sont traités comme des faits sans pathos, avec distance et humour.

L'histoire : perdant sa mère, le petit Titou va se retrouver élevé par son grand-père à la personnalité bien trempée. Dans un ranch, aux Etats-Unis. On va les voir vivre, vieillir mais surtout vivre tout simplement, avec un animal domestique à la personnalité elle aussi bien trempée : une canne ! Le grand-père confectionne et boit son wkisky, le petit-fils a la passion des clotures, et la canne, la canne a ses habitudes et ses goûts !

J'aime beaucoup l'épisode où ils vont au ciné tous les trois (à l'ancienne, le récit se déroule dans les années 60 : le film qu'on regarde de sa voiture) et les préférences cinéphiliques de Canadèche...

Le récit n'est pas chronologique, c'est aussi ce qui le rend léger aussi peut-être, il mèle les temporalités rapidement pour en arriver au personne finalement central de ce roman : l'oiseau canadèche ! 

Ca a un côté "En attendant Bojangles" avec cet étonnant animal domestique qui prend une place dans le roman, sans rien avoir à voir bien sûr et les sentiments amoureux en moins.

Je mettrais un bémol sur la fin et ses morts que je n'ai pas aimée.

. L'Oiseau canadèche, Jim Dodge, USA 1984, tradutit de l'américain éd. Cambourakis, 2010

 

 

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Croire aux fauves :)

18 Septembre 2022, 09:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman... 

Roman, et récit autobiographique : on se doute que c'est aussi cela.

J'ai commencé par être très emballée par ce livre : j'aimais sa narration, l'histoire, le rythme...

Mais l'analyse a pris le pas sur l'histoire, et je l'ai regretté... J'aurais aimé que ce livre reste sur le plan de la narration, puisque tout pouvait y être palpitant, avec un tout petit peu d'anlyse pourquoi pas... Ici, elle prend beaucoup beaucoup de place, doublée de réflexion sur la vie et cet aspect-là ne m'a pas plu. Ce sont donc mes réserves quant à ce livre.

Le point de départ est donc tout à fait extraordinaire : nous rencontrons l'héroïne, anthropologue, sur de hautes plaines du Kamtchaka en URSS, alors qu'elle vient de livrer combat à un ours, sanguinolente... 

Et elle en réchappe. Evidemment, c'est la chose incroyable. La femme qui a survécu à l'ours. 

Nous suivrons son après, sa tentative de reconstruction, physique tout d'abord : d'hôpitaux en hôpitaux, d'abord en Russie, puis en France, à la SAlpêtrière et à Grenoble pour "récupérer" un visage en partie emporté par l'ours... Rudes épreuves, péripéties hospitalières peu encourageantes : tout cela est très intéressant.

Ce qui est tout à fait intéressant aussi, et qui reste assez peu raconté finalement même si ça tisse l'arrière-plan du livre pour une partie du livre cependant, c'est sa vie là-bas, sa vie au contact de la population, les liens qui se tissent et le contexte de défiance gouvernemental à l'égard des étrangers, voir de certains civils par rapport à des zones stratégiques où elle passe...

Nous la voyons écrire, tenter de se reconstruire, et tenter de comprendre, évidemment. Ce qu'on peut comprendre, aussi ! Pourquoi elle y est allée, pourquoi elle a survécu, ce qu'elle va devenir... Mais tout cela est souvent très métaphysique, ce que je regrette donc.

Etonnante découverte cependant, et évidemment fascinante. J'aimerais bien lire autre chose d'elle sur le sujet, je crois.

. Croire aux fauves, Nastassja Martin, ed. Verticales, 2019.

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Songe à la douceur :)

17 Septembre 2022, 09:09am

Publié par LaSourisJOne

Roman...

Difficile je suppose de considérer ce livre comme n'importe quel livre...

Je ne connaissais pas cette auteure, c'est une découverte. Cependant, on crie au génie.

Evidemment, elle marque sa patte, visuellement déjà, puisque le texte, loin de remplir les pages comme un roman imprimé classiquement, fait des vagues sur la page ; ainsi il est découpé à la manière d'un long poème de forme libre de 250 pages, accueille même des calligrammes ou parties du roman en calligramme (tout à fait réussi et approprié, celui des deux visages, à la fin...) ; on a aussi une "voix-auteur" présente de façon là encore particulière, comme un interlocuteur du livre, qui n'aurait pas tous pouvoirs sur ces personnages, comme un observateur. 

Alors : l'histoire mèle aujourd'hui et il y a dix ans ; nos personnages sont des ados qui avaient 14 et 17 ans, et qui donc en ont dix de plus aujourd'hui ; Tatiana et Eugène. Et puis la soeur de Tatiana, Olga, et comment l'occulter en arrière-plan crucial, comme rouage d'un drame, Lensky. 

Ce sont des amours de jeunesse, avec la force sincère, authentique de ceux-ci. 

Eugène rejette Tatiana, et puis ils se revoient, dix ans et plus tard, et là... 

C'est très bien écrit, on ne peut le nier ; l'auteure a même des façon extrêmement personnelles de décrire, ce n'est pas si fréquent.

Je dois avouer cependant que j'ai trouvé le temps long ; il y a beaucoup de "commentaire" dans le texte, c'est un peu sa patte, beaucoup dans l'air du temps, ai-je pensé ; ça gonfle, ça gonfle, ça prend de la place et en ce qui me concerne, cela m'agace un peu, car je le trouve bavard, ce texte... même s'il est habile.

Je souligne la fin ; je l'ai trouvée très belle, vraiment, je me suis même dit que la lecture valait pour la fin.

Il est sans doute à considérer comme conseil précieux pour la jeunesse, ou comme parabole : il faudrait sans doute, lorsqu'on a 17 ans, songer à la douceur, vraiment, profondément, or, à 17 ans, on semble programmé pour ne pas y penser...

. Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, 2016.

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Slade House :))

11 Septembre 2022, 08:33am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Eh bien, eh bien... Comment ce livre-ci m'est-il tombé entre les mains ?! Je ne saurais dire... En tout cas, je ne regrette vraiment pas ! 

Il est pour le moins surprenant. Très bien ficelé. Nous tient en haleine. On s'attache aux personnages, la narration est habile et bien menée. Mais... au pays des revenants ! Non, dit comme ça, ça marche pas. 

Comment vous expliquer ? Les chapitres se succèdent, non dans un ordre forcément chronologique, mais des bulles d'un temps commun se déroulant tous les neuf ans. J'ai trouvé que nous n'avons pas de mal à identifier les personnages, alors que dans ce type de livre, ça arrive parfois...

Bon, allez, j'essaie de vous le raconter un peu... Vous comprendrez pourquoi j'attends, j'hésite : 

les deux personnages principaux, enfin qui créent le fil de l'histoire sont un frère et une soeur, des jumeaux... non, je ne dois pas vous en dire plus !

Si je suis entrée dans ce livre, sans doute, c'est parce que le premier chapitre nous cueille : j'ai véritablement été happée par l'histoire, et j'ai forcément eu envie de voir ce qui se passait après...

Bon, je reessaie : dites-vous qu'il sera ici question d'une quête d'âmes, d'enquêtes, de maison hantée... Tout cela est à la frontière du réel, et bien au-dela, le suspense est haletant alors on fonce... Je trouve que c'est raconté avec une certaine distance, et avec brio alors on prend.

Bon, je ne suis pas parvenue à vous en dire plus ! Vous rencontrerez un enquêteur, une jeune femme et sa bande d'amis qui souffre de sa grosseur et de son apparence physique, la soeur de cette jeune femme, un garçon d'une douzaine d'années et sa mère... Une maison bourgeoise, dissimulée dans une réelle, derrière une petite porte sombre, presqu'invisible...

Et toujours, le frère et la soeur, machiavéliques...

Je sais, c'est mystérieux. Mais je vous recommande !

. Slade House, David Mitchell, anglais, 2016 ; traduction française 2019, éditions de l'Olivier.

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Le monde selon Britt-Marie :))

21 Août 2022, 22:02pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Acheté par hasard sur une braderie, je ne regrette pas cette découverte de ce roman suédois.

Léger, mais pas seulement, il a de quoi surprendre, faire sourire et sait toucher la corde sensible sans sensiblerie. 

Le personnage principal est atypique, très marquée dans sa personnalité : c'est une femme de 63 ans, qui traverse sa vie coupée de ses émotions ; digne, elle a vécu toute sa vie pour son mari, qui, il faut le reconnaître quand on le croise dans le roman, est un fieffé imbécile, idiot, imbu de lui-même, odieux...

Trompée, elle s'en éloigne un jour, et obtient une mission de quelques semaines dans un village paumé et l'abandon, Borg. Elle est sensée travailler à la MJC. Avec toute son innocence de femme ne connaissant rien à la vie, elle va rencontrer tout un village, tisser des liens forts avec ses habitants...

Plein de ramifications à cette histoire, et un milieu social pauvre, mais transcendé par le courage, l'abnégation, le fait d'aller de l'avant et une passion : le foot ! 

Alors le foot s'invite joliment dans le roman.

Le personnage de Britt-Marie pourrait avoir des allures caricaturales : elle récure, elle frotte, c'est son moyen d'oublier, de canaliser l'émotion, et je trouve qu'il touche, il atteint son but : presqu'un personnage de conte, il nous entraine dans son histoire, il fait mouche...

Bien sûr, on voudrait la voir évoluer plus vite... S'écouter plus... mais... 

Le mari, aura lui une évolution fulgurante, presque surprenante d'ailleurs, mais pourquoi pas... avec le fil rouge du foot qui fonctionne bien.

C'est une fresque sociale pleine d'humour et d'humanité.

Une belle découverte de vacances ! 

. Le monde selon Britt-Marie, Fredrik Backman, 2014 ; traduit du Suédois. Livre de Poche 2021.

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Poupées :)))

21 Août 2022, 20:31pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Coup de coeur, pour ce roman, et découverte de cette auteure que je ne connaissais pas.

D'autant plus qu'il est arrivé à point nommé à un moment où tous les livres me tombaient encore des mains... 

Histoire prenante, non sans suspense, d'une amitié entre deux jeunes filles. Deux adolescentes inséparables, mais qu'on rencontre plus tard, alors qu'elles sont installées chacune dans leur vie d'adulte. Elles sont inséparables, s'aident, se soutiennent, l'amitié est très forte. Et puis un jour, brutalement, l'une d'elle s'en va, sort de la vie de l'autre sans plus donner d'explication ni de signe de vie. 

En même temps qu'on nous raconte cette amitié, on va nous dévoiler petit à petit, pas à pas, le fin mot de l'histoire... 

C'est au cours d'un été partagé aux Etats-Unis, chez la grand-même de l'une d'elles, que les routes sont communes pour la dernière fois, sur fond de tempête en bord de mer... 

Le temps passe, les vies de chacune se mènent, les choix se font...

Et on finit par comprendre...

C'est palpitant, passionnant.

. Poupées, Eléonore Pourriat, JC Lattès, 2021.

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La vie de Marianne :)

5 Août 2022, 13:02pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Surprenant et intéressant roman de Marivaux, sur la condition de la femme au XVIIIe siècle !

C'est ce que j'en retiendrais pour faire court.

Il est long, ce roman, il faut le reconnaître, découpé en 11 parties ; son processus de narration est intéressant, il intrigue : c'est Marianne qui semble nous raconter sa vie, s'adressant pour se faire à une amie, et il semble qu'elle lui adresse 11 parties de sa vie, non sans la commenter.

Elle part mal dans la vie, cette pauvre Marianne : ses parents sont tués alors qu'elle a 2 ans et demi dans une attaque de diligence... Elle est aussi dans la diligence, mais elle est épargnée... Et en même temps, elle se construit à partir de ça, avec pragmatisme et force d'âme, la petite Marianne...

Ici aussi, la générosité, le sens de l'accueil et du don, des personnes de ce siècle, qui n'hésitent pas à reccueillir une fillette dans le besoin... Marianne grandit et un jour que, très jolie et coquette, elle tombe au sortir de la messe, un jeune homme, Valville, la ramasse et l'emmène chez elle... S'en éprend... Marianne avait rencontré sa mère préalablement et noué une forte amitié avec celle-ci... Marianne épousera-t-elle Valville ? Elle n'a pas un sou... Est-ce possible, en ce temps ?

Le récit de Marivaux fait plus vrai que vrai, on a l'impression de voir, d'entendre Marianne penser ; 

sur la fin, il s'entremèle avec celui d'une religieuse au couvent qui lui confie l'histoire de sa propre vie, peut-être pour la dissuader d'entrer au couvent... A l'époque, c'était cette alternative pour la femme : un mariage, quel qu'il soit, ou le couvent...

J'ai aimé ; même si j'ai éprouvé parfois un peu de lassitude à voir les personnages dans leur "transport" de sentiments : se baiser les mains, pleurer d'émotion à torrent, homme comme femme... C'est parfois un peu indigeste, sans doute pour une lectrice du 21e siècle que je suis... 

Il faut que je précise ici que le roman est inachevé... Alors évidemment, après 500 pages, ça s'achève brutalement ! A noter qu'une Suite de la vie de Marianne a été écrite par une femme de l'époque qui s'est targuée d'écrire comme Marivaux (il faut préciser que la Vie de Marianne fut un très grand succès auprès de ses contemporains !)

. La Vie de Marianne, Marivaux, publié entre 1731 et 1742. 

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... 774, complexité paradoxale de l'humain

31 Juillet 2022, 10:58am

Publié par LaSourisJOne

"Je suis ce que vous voyez, ce que vous êtes peut-être, ce qu'en général nous sommes tous ; ce que mon humeur et ma fantaisie me rendent, tantôt digne de louange, et tantôt de blâme sur la même chose ; n'est-ce pas là tout le monde ?"

MARIVAUX

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... 773, autorité illégitime

31 Juillet 2022, 10:54am

Publié par LaSourisJOne

"L'autorité la plus formidable perd à la fin le droit d'épouvanter l'innocence qu'elle opprime".

MARIVAUX

 

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... 772, valeur de soi

23 Juillet 2022, 14:54pm

Publié par LaSourisJOne

"Qui est-ce ce qui voudrait cesser d'être pauvre, à condition d'être infâme ?"

MARIVAUX

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