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Le blog de la souris jaune

...158

26 Août 2012, 10:22am

Publié par la souris jaune

"Il peut y avoir de ces fausses annonciations, de ces grâces d'un jour, véritables casse-cou de l'âme, abîme, abîme où s'est rejeté l'oiseau splendidement triste de la divination".

André BRETON

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...157

25 Août 2012, 21:49pm

Publié par la souris jaune

"Subjectivité et objectivité se livrent, au cours d'une vie humaine, une série d'assauts desquels le plus souvent assez vite la première sort très mal en point".

André BRETON

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Le porte-bonheur

23 Août 2012, 18:41pm

Publié par la souris jaune

Je ne connaissaLe_porte_bonheur_hd-1-.pngis pas Nicholas Sparks. Si, si je vous jure ! J'ai donc découvert en empruntant ce livre qu'il est "l'auteur des romans d'amour les plus lus dans le monde" ! Dingue.

C'est donc l'histoire de Logan, ex-soldat en Irak. Celui-ci y passa cinq ans, et en ressortit mystérieusement indemne. Il est vrai que là-bas, et comme le lui assène son compagnon de combat, il trouve une photo d'une jeune femme et d'un chien, et la jeune femme semble devenir son porte-bonheur.

Alors, déstructuré lorsqu'il rentre dans son pays les Etats-Unis, il décide de partir à la recherche de cette femme, traversant le pays à pied, accompagné d'un berger acquis spécialement en Allemagne, et comme sur la photo, qu'il appelle Zeus. Trouvant du même coup un but à son existence...

Il trouve alors la jeune femme, grâce aux indices de la photo et beaucoup, beaucoup de chance, et finit par se faire embaucher dans le chenil où celle-ci veille sur les jours de sa grand-mère. Elevant seule son fils unique, conçu avec un parfait imbécile...

Bref, l'idylle naît, bien sûr. Le jeune homme tarde à confier son secret, malgré l'amour qui les lie... Et tout cela finira dans un terrible cataclisme, dont la demesure n'a rien à envier à certaines productions hollywoodiennes, et dont je ne vous dirai pas si ça se termine bien, ou mal...

J'aurai du mal à ne pas écrire que j'ai trouvé les personnages assez caricaturaux ; je confesse notamment avoir eu du mal avec le militaire mal dégrossi, complètement abruti, dont on peine à imaginer qu'il pût être le mari de l'héroïne, même si l'auteur tente de largement nous l'expliquer. Cela dit, je me suis quand même plu avec l'ensemble de ces personnages (hormis celui-là)...

 

. Le porte-bonheur, Nicholas Sparks, éd. Michel Lafon, 2008 (2011, traduction française).

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Pour l'amour du chocolat

12 Août 2012, 10:58am

Publié par la souris jaune

9782246763918_1_75-1-.jpgSi vous aimez les romans courts, qui vont droit au but, celui-ci est pour vous ; si vous préférez les romans qui prennent leur temps pour s'installer et se déployer... passez votre chemin !

L'auteur, José Carlos Carmona est un professeur de musique : il est vrai que les personnages ici ont souvent un rapport naturel et essentiel avec la musique ; ils sont chef d'orchestre, violononiste ou pianiste...

Bref. Il tricote la vie d'Adrian Troadec, marqué par sa rencontre avec une jeune femme dont il s'éprend obsessionnellement et presque maladivement. De cette rencontre découleront tous ses choix de vie : comme il aime Alma qui ne l'aime pas mais qui aime les sucreries et le chocolat après avoir joué du violoncelle, Adrian va lancer sa fabrique de chocolats... Les circonvolutions de la vie sont parfois bien compliquées pour finalement un aboutissement qui paraissait si proche : c'est l'idée au coeur du roman. Parfois la vie prend des tours, et des détours impressionnants pour ne pas avoir su avec simplicité saisir la chose évidente qui nous tendait les bras, mais que nous ne pouvions pas voir, parce que trop jeunes, et à la recherche de plus clinquant, plus brillant, plus loin...

Le livre semble aussi une démonstration de l'idée qu'il faut du temps pour créer un être, du temps et d'autres êtres finalement, et qu'un rien peut détruire et emporter comme un souffle. C'est effroyable d'y penser, mais c'est assez juste. Et c'est l'idée illustrée dans le roman.

Si la concision est un art, je sais qu'en matière de roman, il n'est guère à mon goût, il contribuera au fait que son souvenir disparaîtra vite. Car certains personnages ici, nécessaires au roman et à tout l'édifice, justement, apparaissent en une page, et l'auteur a efficacement tracé leur vie et enchassé à une autre... Souvent en mettant cette vie en perspective (en une ligne) avec de grandes dates de l'Histoire mondiale... Ce qui tend encore à rendre négligeable, infime, le poids d'une vie sur la terre... "A quoi bon tant d'efforts, tant de générations qui ont lutté pour survivre, tant d'amour condensé en une personne pour que les puissants de ce monde mettent fin à toute une lignée ?".

Quant au chocolat, puisqu'il en est question quand même (!), il est au coeur du livre, mais pas plus que la musique, l'amour ou les échecs (le jeu). Il est juste un point d'ancrage pour les personnages. Il suscite la passion, parfois irraisonnée, il est le point de départ d'un amour et la construction d'une réussite financière plus qu'un plaisir charnel en bouche (puisqu'il ne s'appesantit guère sur cet aspect des choses)...

 

. Pour l'amour du chocolat, José Carlos Carmona. éd. Grasset. Traduit de l'espagnol. Publié à Madrid en 2008, traduction française, 2010.

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Le mur invisible :)

9 Août 2012, 21:52pm

Publié par la souris jaune

le-mur-invisible--50754-250-400-1-.jpgOuh la ! La claque !! Etonnant roman que celui-ci, écrit par l'Autrichienne Marlen Haushofer, et paru en 1963. Je peux tout à fait imaginer qu'il habite longtemps, longtemps son lecteur...

C'est le récit d'une femme, d'âge mûr, qui a élevé deux filles, veuve, qui se rend de temps à autres chez des amis en montagne. Nous la découvrons au cours de l'un de ces séjours. Un après-midi, le couple qui la reçoit s'absente pour aller au village d'à côté. Habitués à fonctionner en autonomie, chacun vaque à ses occupations... Elle  se couche, et ferme la porte à clé... Oubliant de se réveiller pour leur ouvrir au cas où ils reviennent en pleine nuit. Au matin, elle découvre qu'ils ne sont pas rentrés et part à leur recherche, à pied, quand elle se heurte violemment la tête contre un obstacle transparent... Il s'avère que cet obstacle est un mur invisible, qui semble avoir été érigé pendant la nuit, et qui se présente à elle dans quelque direction qu'elle tente d'emprunter... Elle finit par planter des branches d'arbres le long de celui-ci, pour ne plus avoir à s'y cogner...

Elle est alors prisonnière de la vallée, avec quelques animaux domestiques, sans compagnie humaine : règne une ambiance de fin du monde... D'autant que de l'autre côté du mur, les rares humains qu'elle aperçoit sont figés, comme de pierre...

Cela m'a rappelé la nouvelle de Simak, le "voisin"...

C'est le quotidien de cette femme qu'on lit ici, pendant un peu plus de deux ans (puisqu'elle a un réveil, et qu'elle note le passage du temps)., la façon dont elle va devoir s'organiser, ce qu'elle va devoir apprendre, réapprendre ou désapprendre... Son récit s'arrête lorsqu'elle n'a plus de papier pour écrire...

C'est étrange parce qu'il se passe évidemment peu de choses dans ce récit, mais chaque petit événement a une énorme résonnance ; on les vit avec une réelle intensité, comprenant , ressentant même presque ce qu'ils peuvent représenter pour elle dans sa situation. Il se passe peu de choses, et souvent des choses répétitives, et pourtant on se passionne pour cette histoire, on suit ses pensées, ses cheminements, et surtout on attend de savoir quelle issue aura cette histoire... Evidemment le récit tend à faire relativiser beaucoup de choses, le superflu par rapport au strict nécessaire, au coeur de ce texte... Avec pour moi deux pages marquantes d'ailleurs, où elle fustige le rythme quotidien et normal en ville, qui ruine les nerfs, alors qu'on devrait toujours tendre à se rapprocher de la nature, et à ne pas se mentir...

Un texte très fort, que je remercie Jérôme de m'avoir fait découvrir...

 

. Le mur invisible, Marlen Haushofer, éd. Babel. Paru en 1968, Actes Sud en 1985. 

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...156

9 Août 2012, 14:02pm

Publié par la souris jaune

"L'ennui que j'éprouvais souvent était celui d'un paisible cultivateur de roses à un congrès de fabricants d'autos".

Marlen HAUSHOFER

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...155

9 Août 2012, 13:58pm

Publié par la souris jaune

"En ville on peut vivre de longues années de façon trépidante, le système nerveux s'en trouve ruiné mais on peut tenir longtemps. Mais personne n'est pas capable de faire des ascensions de montagne, de planter des pommes de terre, de couper du bois ou de faucher pendant plusieurs mois de façon trépidante".

Marlen HAUSHOFER

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Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti :)

31 Juillet 2012, 11:44am

Publié par la souris jaune

9782070627943-1-.jpgJ'ai adoré ce livre. J'ai été happée du début jusqu'à la fin.

Ca se passe aux Etats-Unis. A une époque où on fume cigarette sur cigarette en toute légèreté pour "faire genre" ou passer le temps, où les robes se resserrent sur la taille pour dessiner la silhouette, où les femmes se comportent comme des objets séduisants et capricieux, avec des hommes brutaux "mais aimants"...

Evie a 15 ans. Sa mère est une mangifique femme blonde dont le compagnon, son deuxième époux, part à la guerre. Le récit commence véritablement à son retour, en 1947, alors qu'il mène des affaires florissantes. Et décide d'emmener femme et fille de New-York à la Floride... pour le dépaysement, un ailleurs, une vie de rêve ; où Evie va rencontrer Peter qui va bouleverser leur vie.

J'aime beaucoup l'enchainement des épisodes dans cette histoire, sans rupture... et comment les choses nous sont rapportées, notamment après la sortie en mer, ce jour de cataclisme, par le traitement médiatique de l'affaire...

Evie entre dans le monde adulte en se frayant un chemin entre découverte de la sensualité, mensonges, meurtre et renoncement... L'histoire illustre cette idée qu'on ne devient pas adulte en se travestissant (en mettant des vêtements d'adulte), mais en vivant des choses fortes qui transforment et qui marquent...

Jeunesse et innocence de l'adolescente qui regrette de ne pas grandir plus vite, force et excès du premier émoi, jalousie d'une mère qui voit sa fille lui râvir la place de femme accompagnent ce récit haletant, qui n'est pas qu'un "simple", récit de passage à l'âge adulte par le biais d'une rencontre amoureuse ; il y a aura les trahisons, les désillusions, et les grandes décisions. Celles que la jeune fille doit prendre vite, acculée parce qu'elle n'a pas le choix, et desquelles découle la suite de sa vie, et le maintien de sa cellule familiale... Evidemment, on se dit qu'on aimerait lire une suite (comment vivre avec ?)... En tous cas, ce livre est un plaisir, servi par une narration très bien menée !

 

. Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti, Judy Blundell, Gallimard Jeunesse, 2008.

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Boy

28 Juillet 2012, 20:46pm

Publié par la souris jaune

Boy-Takeshi-Kitano-1-.jpgTrois textes courts : "Tête creuse", "nid d'étoiles", et "Okamé-san". Qui nous entrainent au coeur de la culture japonaise, aux côtés de garçons jeunes ou très jeunes. Dans le premier texte, la fête des sports, chère aux écoliers est au coeur du récit ; avec tout ce qu'elle véhicule, la pression que se mettent les élèves pour remporter le certificat signe de victoire. Pression entretenue par les parents, et les enseignants... Entre rivalités enfantines et sentiments de ne pas être à la hauteur...

Dans le deuxième récit, le personnage principal est un jeune garçon qui suit aveuglément son grand-frère... Tous deux passionnés d'astronomie, héritage du père décédé, alors qu'ils viennent de déménager, et que leur mère, qui travaille avec acharnement vient de rencontrer quelqu'un d'autre. Autonomie, errance des enfants responsabilisés très jeunes par les adultes, tout simplement, comme une évidence.

Dans le troisième texte, on suit Ichiko, jeune garçon habitant Tokyo qui décide après une altercation avec son père, de partir explorer Kyoto et découvrir les Temples là-bas, lui qui veut devenir historien... L'aventure au bout du chemin, pour ce gosse qui ne connaît rien de la vie.

Ici, l'enfance est un monde à part, auréolé de naïveté, d'innoncence, parfois brisé par les adultes. Un monde fragile, à la merci des mauvaises rencontres, qui marqueront leur sceau définitivement sur l'être en devenir. Petite plongée dans un univers japonais.

Je ne peux cependant pas dire que j'ai rafolé : je reste souvent sur ma faim, avec la littérature japonaise. Et là... disons qu'il faut tricoter ses fins soi-même ! C'est au lecteur d'imaginer l'issue des histoires, ou de tirer les conclusions, car l'auteur ne les donne pas ; les fins sont des non-fins, juste la fin du récit, pas celle de l'histoire...

Merci à Cynthia pour la découverte.

 

. Boy, Takeshi Kitano, éd. Wombat. Février 2012

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Dieu surfe au pays basque

28 Juillet 2012, 09:53am

Publié par la souris jaune

dieu-surfe-au-pays-basque-1-.jpgCet auteur m'a étrangement rappelé à de nombreux égards Maarten Troost (La vie sexuelle des Cannibales). Le surf, un mec moderne qui parle de trucs de femme et qui décrit son amour quotidien pour son épouse, les formules, ses agacements (trop) tranchés et faciles quant à certaines choses du quotidien et de la modernité...

Bref. Cela dit, ce livre aura eu le mérité de tomber au bon moment (celui, désagréable, où tous les livres ou presque me tombent des mains !). Au départ j'ai cru que je ne le finirais pas. Il m'agaçait, avec ses formules trop faciles, ses expressions éculées et peu significatives ("un sourire de béni-oui-oui"), ses emportements simplistes (ah, ces femmes et leurs poussettes qui sont les reines du monde... certes... ). Mais j'ai trouvé que le récit prenait de la profondeur. Ainsi, il nous confie une tranche de sa vie sous l'angle de son amour pour sa femme à plusieurs époques (sachant qu'il est jeune, c'est un trentenaire) : j'avoue avoir trouvé très chouette la narration de leur idylle naissante. Leur amour est au coeur de ce livre, et surtout, un drame, celui de la perte d'un nouveau-né, ou d'un foetus. Histoire personnelle et intime qui est la sienne, et surtout celle de sa compagne, qu'il nous livre par son prisme. Avec sa sensibilité de garçon. Sans nous épargner des épisodes sanguinaires, tels qu'il les a perçus, lui spectateur de ce mystère de la maternité pour les hommes. !

Aussi, le récit intercale les époques : il y a celle qui le précède, où elle perdit son bébé Ferdinand (dont elle a coutume de dire qu'il est une comète qui a vécu"cinq jours, un siècle, un millénaire", puisqu'il est né le 29 décembre 2000), puis la grossesse suivante. Il décrit les angoisses, les espoirs, l'affection, la tendresse, et comment il l'accompagne dans ses épreuves, porté par son admiration pour elle. Sans nous épargner ses colères excessives ! Notamment à l'encontre de Dieu (d'où le titre...), dont il dit que de toute façon, s'il existe, il se fout des humains et est parti surfer au pays basque... A noter que l'auteur est né à Bordeaux et a comme patrie le pays basque ! Et que l'existence de Dieu est une question qui l'a préoccupé longtemps : on comprend alors que le titre n'est pas qu'une formule accrocheuse...

 

. Dieu surfe au pays basque, Harold Cobert, éd. Héloïse d'Ormesson, date de parution : mars 2012.

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