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Le blog de la souris jaune

... 377

31 Juillet 2015, 23:02pm

Publié par LaSourisJOne

"Il est plus facile de parer à une chose venue de l'extérieur qu'à ce qui monte du plus profond de soi".

Irvin YALOM

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... 376

30 Juillet 2015, 21:36pm

Publié par LaSourisJOne

"La vie sans réflexion ne vaut pas la peine d'être vécue".

SOCRATE

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La bête

30 Juillet 2015, 19:39pm

Publié par LaSourisJOne

La bête

Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre, ni surtout le personnage central, et ce n'est rien de le dire. Evidemment je me dis que l'on peut toujours 'cérébrer' et lui trouver un intérêt de lecture, évidemment, parce qu'ici c'est le mal, brut, l'expression de la souffrance à vif avant sans doute qu'on ait trouvé le pouvoir de la parole pour l'appaiser ? Avec un être humain victime de son destin, de ses rêves, dont l'amertume va s'incarner dans une vie solitaire, où il s'emploie à se faire souffrir, croyant jouir, et à faire souffrir les autres surtout, dans la plus grande cruauté... Enfants, femmes, jeunes femmes, jeunes garçons, égorgés ou pire comme des bêtes ne le seraient pas. Alors évidemment, on est dans le Gévaudan, à une époque lointaine, puisqu'il y est question de rois de France ; que les paysans doivent donc peiner sur leurs terres et se faire rafler les trois quarts de leur sueur, de leurs revenus, par les hommes des rois, et que donc la cruauté semble ne pas être que du côté qu'on croit. N'empêche. J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à comprendre, même en essayant de me replonger des siècles en arrière, autant de bestialité qui ne peut me paraître que fantasmée. Enfin mon entendement s'obstine à ne pouvoir y voir qu'un cas d'école, une histoire théorique pour laquelle il est bien difficile de trouver de l'empathie. Même si le destin de cet homme est effroyable, du fait qu'il a subi, en faisant le choix de suivre son rêve, une castration physique atroce qui lui ôte sa nature d'homme. J'ai du mal à imaginer qu'un homme privé de sa faculté de faire l'amour à une femme devienne une bête. Mais c'est sans doute parce que je ne suis pas un homme, et que j'ai forcément plus d'empathie pour ces jeunes femmes qui n'ont rien demandé à personne et paient pour ce sale type qui croise leur chemin.

Certes, ça pourrait contraindre à s'interroger sur les monstruosités que notre époque génère aussi, en matière de cruauté et de terrorrisme. Je m'obstine à ne pas le comprendre, ça reste, pour moi, incompréhensible, et inexcusable.

Cela dit, ce livre me ramène à des sources de lectures bénies, celles de Dinard, et de son club lecture, bénis soient-ils.

Médiathèque de Dinard.

La bête, Catherine Hermary-Vieille, éd. Albin Michel, 2014.

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Comment j'ai perdu mon amie :))

22 Juillet 2015, 19:48pm

Publié par LaSourisJOne

Comment j'ai perdu mon amie :))

J'ai apprécié ce changement d'ambiance, ce voyage trouble en Inde avec ces deux amies, et aussi ce suspense bien rythmé, marqué par une légère tension psychologique... Et un livre qui nous oblige à revoir à la toute fin notre copie, alors qu'on avait déjà notre avis sur le livre, notre histoire presque bien rangée, bien estampillée, étiquetée, tout est chamboulé et aucune conclusion hâtive ne peut s'imposer. Les visions des personnages se bousculent, et doivent se redessiner...

Donc, deux ados partent en Inde, des meilleures amies comme on en connaît, très très réalistes. Il y a la narratrice, jolie, qui semble réussir tout ce qu'elle touche, en tous cas avec les mecs, et dans les études. Et Gemma, boulotte, souffre de son apparence, n'a pas de relations amoureuses satisfaisantes, et rate son entrée en fac parce qu'elle se débrouille pour ne pas avoir son bac alors qu'elle est brillante. Des parents compliqués, un père qui a disparu, et une mère dépressive. Tout le tableau presque tracé.

En Inde, c'est la narratrice qui a l'habitude des voyages qui mène la barque, avec sa fougue, son inconscience... Et c'est elle qui semble entrainer tout ce qui arrive, sa traine de mises en dangers, par ses caprices dangeureux. Et elle abandonne son amie malade avant d'être rongée de remords, et de revenir et de la découvrir.... croire morte, immolée. Terrifiante et glaçante découverte.

Six ans plus tard on retrouve la narratrice, sa culpabilité, ses erreurs, ses échecs, son incapacité à vivre...

Oui, ça parle de culpabilité ; oui ça attire l'attention sur les risques des fréquentations, des mauvaises fréquentations, sur les risques d'un manque de prudence surtout quand on ne connaît pas un contexte, à l'étranger, au péril de sa vie. Mais surtout, le livre retourne l'histoire comme un gant, et tout d'un coup, oui, c'est un chemin de vie qu'on lit ; avec ce que ça implique de mauvais jugements, de changements, d'évolutions qui nous sont inhérrentes, et qui font que nous devons laisser sur le chemin de nos routes des amitiés qui n'ont plus lieu d'être. Oui, ça revisite l'amitié, aussi, les choix que l'on fait en la matière, et les nécessaires abandons qu'on doit faire pour grandir...

C'est très très bien. Délicieusement glaçant parfois, mais on est vraiment tenus en haleine. D'ailleurs, je n'ai pas pu, surtout au début, m'empêcher de penser, même si c'est un autre contexte, un autre pays, au livre de Douglas Kennedy, Cul-de-sac.

Et j'ai vraiment beaucoup aimé. Attention, la fin surprend !

Médiathèque de Dinard.

Comment j'a perdu mon amie, Katy Gardner, éd. Denoël. 2002.

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Passé imparfait :)))

19 Juillet 2015, 07:43am

Publié par LaSourisJOne

Passé imparfait :)))

Ce livre n'a pas été par certains côtés sans me rappeler Le complexe d'Eden Bellwether, de Benjamin Wood, que j'avais chroniqué ici, et vraiment adoré. Autour d'un personnage masculin à la personnalité forte, et fascinante, et une bande de jeunes gens d'un milieu plutôt aisé, qui gravitent autout de lui. La fascination de tous pour celui-ci déterminant un certain nombre d'événements, de relations...

Mais bref. Ici, je pense à Damian. Jeune homme très beau, mais d'un milieu modeste, qui réussit à s'introduire dans la haute société anglaise et y laisser sa pate par le biais du narrateur. Cela en 1968. Mais ce livre va avoir le mérite de nous faire osciller avec bonheur (et une excitation impatiente bienvenue en matière de lecture !) entre cette période, et 40 ans plus tard, autrement dit 2008, autrement dit aujourd'hui, alors que ne narrateur atteint la soixantaine. Il se trouve que Damian, qu'il a perdu de vue depuis 40 ans, devenu immensément riche, le convoque, alors qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre. Et lui confie une mission folle : retourner sur les traces de leur passé, et retrouver le fils qu'il a eu avec une femme (qui l'en a averti par une lettre non signée) sans qu'il sache laquelle.

Le narrateur, qui est écrivain (il y a une mise en abyme tout à fait plausible qui fait que l'homme qui nous raconte cette histoire pourrait très bien être celui qui écrit cette histoire !), accepte et va, de fait, être contraint de replonger dans son passé puisque c'est aussi le sien, découvrir ce que sont devenues ces femmes qui ont compté pour lui dans sa jeunesse, réinterpréter le passé, les actes du passé, et surtout, revoir son diagnostic sur ces diverses relations... Et aussi, parce que le passé vient réintérroger le présent, il va aussi faire bouger sa vie, sentimentale notamment. Les entrecoisements de temporalités sont très riches, très habiles, passionnants. Le narrateur en profite pour jeter un regard vif et cynique sur notre époque et ses moeurs, au regard de celles d'il y a juste 40 ans. On aime évidemment, ces balancements entre deux périodes... C'est très surprenant de voir évoluer ce milieu aristocrate ou de haute bourgeoisie, à l'égard duquel il ne manque pas de se montrer critique de façon savoureuse (sans pour autant leur ôter la distinction, et un certain panache, perdus depuis dit-il), un milieu qui semble appartenir à une époque qui serait beaucoup plus lointaine... Avec tous ces codes vestimentaires, ces grands repas où il faut impressionner, ces bals de Débutantes, et ces femmes qui n'ont pas ou presque pas voix au chapitre quant à leurs choix sentimentaux...

Ah, coup de maître : il y a cette fameuse soirée au Portugal, qui jalonne l'histoire. Mais dont on ne sait rien, jusqu'aux dernières pages, puisque c'est à la toute fin de l'histoire, alors qu'on a déjà lu 630 pages qu'on découvre ce qu'il s'est passé là, en 1970... Evidemment, on relève des indices, mais on finit par se dire qu'on en saura rien de cette soirée traumatisante ! Il attise tout au long du livre et avec délice notre curiosité. Les liens sont extraordinairement bien tissés, et on lit tout en même temps une extraordinaire, non des extraordinaires histoires d'amour. Dont une, d'un romantisme absolu, quand on y pense, au sens littéral du terme. Séréna, la jeune et belle aristocrate dont est épris le narrateur, éperdue d'amour pour Damian, elle, d'un amour réciproque et tué dans l'oeuf par Damian pour des raisons qu'on apprend petit à petit...

Quelle lecture enthousiasmante. Je la dois à Delphine, à qui j'envoie mille mercis. Merci d'avoir été ma formidable passeuse vers ce livre, et à plus d'un titre... :)

Médiathèque de Dinard.

Passé imparfait, Julian Fellowes, éd. Sonatine, 2014 (2008, pour l'édition, anglaise, originale).

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... 375

18 Juillet 2015, 21:11pm

Publié par LaSourisJOne

"On trouve des gens grossiers et des gens polis à tous les niveaux de la société, mais il existe un type particulier de grossièreté reposant sur le snobisme vide, sur le principe d'une supériorité innée chez des personnes qui ne sont supérieures en rien à qui que ce soit".

Julian FELLOWES

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... 374

12 Juillet 2015, 21:33pm

Publié par LaSourisJOne

"Nos hommes politiques viennent tout juste d'apprendre ce que nos aristos savaient depuis des millénaires - tout est dans l'apparence".

Julian FELLOWES

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... 373

11 Juillet 2015, 22:20pm

Publié par LaSourisJOne

"Il y a quarante ans, les gens n'avaient pas peur de vieillir. Cette insolite culture de la complaisance où d'hypocrites animateurs télé d'âge mûr font semblant de partager les mêmes goûts et opinions que leur public adolescent afin de les séduire ne s'était pas encore imposée.

Julian FELLOWES

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... 372

11 Juillet 2015, 21:43pm

Publié par LaSourisJOne

"Ces vacances qui constituent un point de passage entre l'adolescence et l'âge adulte, avec tous les dangers que comporte un tel voyage car, au retour, plus rien n'est pareil".

Julian FELLOWES

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Nadal, l'homme à la licorne

11 Juillet 2015, 12:43pm

Publié par LaSourisJOne

Nadal, l'homme à la licorne

Ce livre aura eu le mérite de tomber entre mes mains de très jolie manière, par l'entremise de Delphine, que je remercie, puisqu'elle m'a guidée vers ce lieu de campagne où tronait une armoire à livres voyageurs... On trouve ce que l'on ne cherche pas ?

Transition valable pour m'amener à ce livre, hum... que je suis bien contente d'avoir terminé !!

Evidemment, je m'étais laissée séduire par l'idée. L'homme à la licorne, tout un programme... en fait, j'ai trouvé ça bavard, fouillis, oiseaux... Même si on sent une certaine culture chez ce monsieur, entre autres à travers la connaissance qui transparaît (si elle est juste, à moins qu'elle ne soit romancée ?) de l'histoire des grottes et des traces des hommes du fond des âges remontées jusqu'à nous, et aussi l'histoire de la licorne à travers les siècles, via ce qu'en ont écrit, peint les hommes... Une sorte de monstre du Loch Ness ? Evidemment, ça fascine... Et même si l'écriture, elle aussi, est emplie de références culturelles, mais, justement, que je n'ai moi, pas réussi à relier à l'histoire et m'ont laissée 'en dehors'.

Donc, j'aurais fait des coupes franches dans ce livre pour finalement ne garder que les passages des 15 août à la recherche de la licorne aperçue une fois sur le plateau de la Unarde ; ainsi que toute cette histoire autour de la grotte découverte par l'un des personnages ; mais certains personnages saoulent, vraiment, et j'ai trouvé le récit pollué par un tas de fatras dont, personnellement, je me serais bien passée...

Pourtant, il y avait quelque chose de prometteur, je trouve : autour de cet Antoine Nadal, son sabre japonais qu'il transforme en obsession, et de la licorne, dont évidemment on aime assez les descriptions puisqu'elle nous la fait passer dans un 'champ' plausible, donc... Mais j'avoue ne pas avoir compris grand chose à l'aspect économique du personnage (oui, on comprend que c'est une grande puissance du monde, qui d'ailleurs à la fin du roman veut la diversification de son champ d'activité, mais... dans quel domaine ?) ; je ne peux évidemment occulter le sens symbolique de l'histoire, de l'idée... faut-il croire en ses rêves ? Jusqu'où croire en ses rêves ? L'illusion est parfois plus chère à nos yeux que tout ce qu'il y a de réel ? Admettons, je précise que c'en serait une parabole, mais que ce qui se dégage de ce récit, n'est pas assez cela, justement, je trouve...

Cet auteur, que je ne connaissais pas, a par ailleurs énormément et plutôt écrit sur la déportation dans les années 1960-1970.

Nadal, l'homme à la licorne, Christian Bernadac, éd. Michel Lafon, 1996.

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