Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

Profanes :))

29 Mars 2013, 15:16pm

Publié par la souris jaune

9782330014285.jpgOctave a 90 ans et c'est dans sa vie et ses pensées que nous voila entraînés.

Petite pensée inévitable pour Mon Couronnement, de Véronique Bizot, qui a le même point de départ, mais la ressemblance s'arrête là. Beaucoup d'humour dans le second, et une belle vision de "ce qui se perd" en vieillissant, qui n'est pas du tout le sujet du premier.

Octave, donc, a 90 ans, et est un ancien chirurgien du coeur. Ancien chasseur également. Qui donne la vie d'un côté (sans jamais se prendre pour Dieu !) et l'ôte de l'autre. Une forme d'équilibre. C'est pourquoi il cessera de chasser quand il cessera d'opérer... Bref.

A l'orée de sa vie, celui-ci décide de façon touchante de reprendre les rênes de sa vie, et de l'humaniser à nouveau : car petit à petit, en vieillissant, une certaine solitude inévitable l'éloigne de ses frères humains. Ca c'est touchant. Il souhaite que des personnes familières, qu'il aura choisis, s'occupent de lui lorsqu'il ne le pourra plus. Il recrute quatre personnes pour se relayer auprès de lui, en divisant chaque journée en quatre "plages" horaires.

Du coup, il y a ces inconnus, qu'il a triés sur le volet, qui l'ont touché, et dans la vie desquels nous pénétrons. Entre ces cinq-là, entre cet Octave et chacun individuellement, se tisse une histoire. Une belle histoire d'attachement, loin du pathos et des sentiments qui dégoulinent à la Et puis Paulette (Constantine, que j'aime pourtant assez par ailleurs). Ici, c'est rugueux. Aucun n'a été épargné par les cabosses de la vie. Chacun se rebricole, se reconstruit comme il peut. Et puis au coeur du récit, il y a le drame d'Octave. La perte de sa fille unique, qu'il n'a pas sauvée après un accident de voiture. Sa femme, partie après cette mort. Les stigmates de ces pertes, qui réapparaissent et rejaillissent petit à petit, expurgés dans la douleur, autour d'une cabane où l'enfant avait trouvé refuge, où il entre comme en un sarcophage, petit à petit ; et l'écho des portraits du Fayoum, qui habite ce livre, puisqu'Octave, passionné par ceux-ci, va souhaiter qu'un tel portrait puisse être réalisé pour sa fille décédée... Et tous ces profanes, ce sont tous ceux qui se coltinent à la vie, comme ils peuvent, sans le soutien de la foi (comme son épouse)... C'est humain, c'est profond, beau, mais ce n'est pas toujours léger... A lire, toutefois.

 

Profanes, Jeanne Benameur, éd. Actes Sud, 2013

Voir les commentaires

...197

21 Mars 2013, 15:05pm

Publié par la souris jaune

"On ne peut donc jamais en sortir de cette possession qui empoisonne, dès qu'on s'attache ?"

Jeanne BENAMEUR

Voir les commentaires

...196

17 Mars 2013, 15:13pm

Publié par la souris jaune

"La peur du désastre fait partie de l'aventure. On peut sauver ou ruiner toute une vie quand on prend le risque".

Jeanne BENAMEUR

Voir les commentaires

...195

17 Mars 2013, 10:59am

Publié par la souris jaune

"J'ai besoin d'autres êtres humains, comme moi, doutant, s'égarant, pour m'approcher de ce que c'est que la vie".

Jeanne BENAMEUR

Voir les commentaires

...194

16 Mars 2013, 10:12am

Publié par la souris jaune

"C'est l'arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d'élan, plus de vie".

Jeanne BENAMEUR

Voir les commentaires

Des illusions :)

6 Mars 2013, 10:02am

Publié par la souris jaune

des_illusions.jpgEt dire que j'ai failli laisser glisser ce livre, et passer à autre chose : cela aurait été vraiment dommage ! Zapper, parce que sa quatrième de couverture est un extrait du premier texte qui le constitue, celui qui me parle le moins, parce que j'aime si peu les récits d'enfance... Pourtant cette voix d'enfant trouve sa place dans ce joli ensemble.

Un recueil de nouvelles pas comme les autres, puisque les nouvelles se succèdent malicieusement et sont reliées toutes ensembles comme un collier de perles, par un clin d'oeil discret, qu'on voit ou qu'on ne voit pas, mais qu'on se surprend à chercher, d'un texte à l'autre... Ainsi, tel personnage si secondaire dans l'un des textes va soudain prendre la plus grande place dans le texte qui suit... et tous ces personnages se retrouver comme en un bouquet final au dernier (avant-dernier ?) chapitre, pour la fête des voisins... Chaque texte se lit comme un seul, mais fait partie d'un tout. Et c'est finalement une jolie métaphore de nos vies d'humains : elles se conçoivent dans leur solitude, mais aussi dans un ensemble, notre quartier, notre village, notre réseau d'amitiés, et revêtent un éclairage autre, parce que moins intime...

L'auteur nous offre une promenade dans une galerie de "portraits" ou plutôt une galerie de vies modernes... Etats d'âme d'une mère de famille, interrogations sur l'absurdité d'un monde administratif, souffrances des solitudes, après-rupture amoureuse, passion destructrice qui laisse exhangue... Chaque texte nous touche avec force. Tout y est juste, authentique, et bien écrit. J'avoue qu'il m'a souvent rendue mélancolique, tant ce qu'il vient interroger chez nous (notre rapport au passage du temps, nos changements, nos alliances et mésalliances) est juste... Coup de coeur pour Marthe et Georges, ce couple âgé indissociable l'un de l'autre, malgré Alzheimer ("Dans leurs regards délavés par le temps, reste l'incandescence des ultimes rendez-vous, là où les âmes se rejoignent, à l'origine de la vérité") ; Des illusions, ou le paradoxe de la recherche amoureuse alors même qu'on ne tricote plus les efforts d'échanges avec ses propres voisins, ou encore Hors Circuit, l'histoire de Ludo, au chômage, confronté à l'absurdité d'une inscriptions à l'agence pour l'Emploi... 

Quant aux petits dessins qui jalonnent le livre, chapitre après chapitre, vifs et aériens, ils sont une jolie respiration dans le livre. Une jolie découverte. Merci Arnaud ! 

 

. Des illusions, Elisabeth Berlan-Mary, illustrations Jeanne du Tertre, éd. Yellow concept, 2012.

Voir les commentaires

Le confident

4 Mars 2013, 21:10pm

Publié par la souris jaune

confidentCamille vient de perdre sa mère. Dans son courrier, chaque jour, des lettres de condoléances, auxquelles elle répond, un peu automatiquement. Et parmi tous ces petits mots, une lettre, plus longue, et puis d'autres, d'un mystérieux correspondant... Elle croit d'abord à une erreur, ces lettres ne lui sont pas destinées. Et puis peut-être que si, puisqu'elle travaille dans une maison d'édition, peut-être sont-elles celles d'un écrivain en demande de publication, qui utilise ce moyen original, pour lui adresser son manuscrit, et le lui faire lire... Et puis comme les lettres arrivent toujours et le récit avance, elle comprend, elle qui attend à son tour un enfant et vit une histoire d'amour torturée, que ces lettres parlent de son histoire, de sa mère... Elle apprend ainsi petit à petit la vérité sur son passé. 

Le récit est emberlificoté, plusieurs narrateurs peuvent un peu compliquer la lecture.

Pourtant, bien que terrible, il frappe. Il y a ce lien, fort, entre ces deux femmes. Celle qu'elle croit être sa mère, et celle qui l'a réellement portée. Leur destin intrinsèquement lié par un serment terrifiant, et qui détruit l'une et l'autre. Il y a les trahisons qu'on fait pour ne pas perdre ce que l'on a de plus cher, ce en quoi l'on croit... 

Et puis il y a la guerre, l'Histoire, grave, au regard des destins individuels, qui enserre ces destins : comment fait-on pour ressentir la puissance de sa vie dans tout ce qu'elle a de fort, alors même qu'on vit déjà une époque tourmentée ?

Ca interroge aussi sur les promesses qu'on fait, un jour, et leur devenir : comment concilier une promesse d'un temps avec celle/celui qu'on est devenu(e) ? Avec des aspirations qui peut-être n'iront plus, ne seront plus conciliables avec ce que l'on a pourtant accepté, choisi ? Peut-on revenir en arrière, ou reste-t-on prisonnier de ces serments ? La narratrice/l'auteur tranche pour la seconde option : on reste prisonnier, et aliéné, par ces serments dont on ne veut plus, et sans doute marquent-ils à jamais notre destinée...

C'est assez bouleversant, et peut-être même trop fort à concevoir... 

 

. Le Confident, Hélène Grémillon, éd. Plon, 2010 ; Livre de Poche.

Voir les commentaires

...193

2 Mars 2013, 10:33am

Publié par la souris jaune

"Rares sont les individus capables d'entendre que l'autre n'est pas ce qu'ils imaginent".

Elisabeth BERLAN-MARY

Voir les commentaires