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Le blog de la souris jaune

... 264

29 Janvier 2014, 13:27pm

Publié par LaSourisJOne

"L'aide est proposée par une personne rendant des services en dehors de sa sphère de responsabilité, par bonté de coeur. L'aide est dangeureuse parce qu'elle existe en dehors de l'économie humaine : la gratitude est son seul moyen de paiement".

Rachel CUSK

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Un oiseau blanc dans le blizzard

27 Janvier 2014, 12:41pm

Publié par LaSourisJOne

Un oiseau blanc dans le blizzard

Une couleur : le blanc. Mais ce n'est pas ici le blanc de la pureté qui prévaut, mais le blanc froid, dur, qui coupe, qui heurte. La glace. Le blanc qui étouffe (le coton). L'univers de Laura Kasischke n'est pas un univers de confort, il est comme une lumière crue en plein visage... C'est un univers d'images, et de symboles avec lequel il faut se familiariser. Si tant est qu'on s'y familiarise. En tout cas, on évolue ici sur plusieurs années dans l'univers d'une adolescente, lycéenne, qui voit soudainement sa famille se disloquer : du jour au lendemain, sa mère disparaît. Une mère qu'au fil du récit il nous est donné de découvrir, à travers les souvenirs expurgés de l'héroïne, une mère au foyer qui s'ennuie, tranchante et sans concession avec sa fille.

La jeune fille vit donc avec cette disparition. Cette situation est donnée à voir comme une nouvelle inquiétude structurelle plus que comme un traumatisme. Même si elle va voir, un peu comme un rituel, une psychologue, qui l'aide pourtant, le récit n'est surtout pas donné à voir dans son aspect psychologique. Les personnages font avec. Avancent. Se cotoient plus qu'ils n'échangent. Finalement, assez remarquablement à l'image d'un univers d'adolescent(e). Et c'est sans doute en cela que c'est fort : la puissance de Laura Kasischke à retraduire par son récit le malaise, le "en cours de construction", le "à l'état brut" de l'adolescence ; toute tentative de glose est superflue, l'adolescent se débat comme il peut. Point. Exit la psychologisation. Et c'est ce qu'il en ressort de ce livre. Sur fond quand même de traumatisme familial, et d'intrigue qui se noue l'air de ne pas y toucher, mais sûrement, autour de quelque chose de glauque, de profondément symbolique, sans doute, mais de glauque... Puisqu'on finira par savoir où est la mère... Et bien sûr, sur fond de construction d'une personnalité dans l'âge de l'entre-deux, qui se bricole, contraint de se bricoler, car ado, dans un univers d'adultes, quel autre choix ? L'habileté de Laura Kasischke est incontestable ; cela dit, je confesse que ce n'est pas du tout ma tasse de thé...

. Un oiseau blanc dans le blizzard, Laura Kasischke, Christian Bourgois éditeur. Parution : août 2012.

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... 263

22 Janvier 2014, 21:05pm

Publié par LaSourisJOne

"Comme tout le monde, elle transportait partout avec elle un million de peurs, de phobies, de tremblements et de sujets d'anxiété, dont la plupart étaient sans fondements, comme dans une jolie petite boîte de fer-blanc, comme celles dans lesquelles les grand-mères rangeaient les perles et les boutons, une boîte pleine de petits poissons, d'étoiles et de breloques".

Laura KASISCHKE

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Le lion :)

18 Janvier 2014, 10:56am

Publié par LaSourisJOne

Le lion :)

Mon passeur pour ce livre est un autre livre : formidable, quand un livre nous donne envie d'en lire un autre ! Il faudra donc là que je remercie Guenassia, via son Club des Incorrigibles optimistes, de m'avoir donné envie de lire ce livre, alors même que rien, jusqu'alors ne m'y avait attiré. Par ses quelques lignes sur celui-ci, décrivant l'histoire d'une fillette ne pouvant vivre en compagnie des hommes, mais qu'avec un lion, m'a interpellée et guidée vers cette lecture. Passage que je ne regrette pas, donc !

J'ai aimé. Mais ce qui m'a surprise, c'est le réel sujet du livre. Je dirais la nature, la nature vierge, mais aussi, étrangement, car je ne m'attendais pas à ça, les jeux de pouvoirs. Le récit est basé sur la fascination du narrateur pour cette aventure qu'il raconte à postériori, son passage de quelques jours dans un parc Royal en Afrique, et sa rencontre avec des êtres qu'il a admiré, et qui l'ont marqué plus que de raison. Quatre personnages, essentiellement : la fillette, le lion bien sûr, mais aussi le père de la fillette, et le guerrier Massaï. Tous incarnant une certaine forme d'invincibilité pour le narrateur ; le guerrier Massaï dans sa virilité, son outrecuidance absolue, le lion sa force phsysique, et évidemment en cela qu'il est craint de l'ensemble des animaux et des hommes, le père, farouche et mature, revenu de sa passion de chasseur émérite et fervent protecteur de ses bêtes, et la fillette, bien sûr, dans le paradoxe de sa jeunesse, et de sa fragilité physique, mais forte de son agilité et de sa connaissance des animaux, renforcée par la transmission du père, et qui fait qu'elle a une maîtrise absolue du lion. Le lion se retrouve "le jouet" de ces forces en présence, bien loin finalement, et en tout cas au delà de l'attachement qu'on peut lui porter... Il est plutôt un enjeu de pouvoir... Moi qui pensais lire une ôde à l'amour des bêtes, j'ai été surprise... C'est plutôt un récit sur la fascination. En tout cas, ce récit tend vers un destin funeste, un affrontement terrible dont personne ne sort gagnant... Un récit intéressant !

. Le Lion, Joseph Kessel. Ed. Folio. Première parution en 1958.

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Le tour maudit :))

12 Janvier 2014, 15:22pm

Publié par LaSourisJOne

Le tour maudit :))

Un prestidigitateur... Dont la vie est essentiellement dépendante des tours qu'il fomente, puisque c'est son gagne-pain. Il rame, parvient péniblement à vendre ses prestations et en vivre... A Glasgow, et puis à Berlin. C'est dans ces deux villes que vont se nouer deux intrigues centrales de son existence, bouleversant celle-ci tout entière... On suit ici un anti-héros, plus qu'un héros. Les deux épisodes cruciaux vont plus s'imposer à lui, plus qu'il les aura choisis... Et il commencera par les fuir avant de tâcher de véritablement les affronter... Dans les deux cas son métier est responsable de ce qui lui arrive, à ses dépends. Le récit est bien mené, le suspense est vraiment bien ménagé ; on oscille d'une ville à l'autre, d'une temporalité à l'autre, jusqu'à ce que le tout se ressere et que cela devienne palpitant, et qu'on veuille de plus en plus savoir ce qui s'est passé, surtout à Berlin... Autres caractéristiques de l'anti-héros, loin de prendre les choses en main il se laisse aller, boit, est cynique et amer... Avant le sursaut. Mais le personnage n'en est pas moins attachant, d'autant qu'il est sincère. Son duo avec la belle Sylvie est intriguant, loin d'être aussi "téléphoné" qu'on n'aurait pu l'imaginer ; et outre Rich, l'agent, qui est une caricature de l'agent, de même que peut-être les personnages de flics (véreux) qui peuvent aussi être un peu caricaturaux, les autres personnages secondaires retiennent l'intérêt autant que l'univers et l'intrigue. Raffraîchissant !

Belle découverte que je dois à une blogueuse qui l'avait mis sur sa PAL ! Merci à Athalie.

. Le tour maudit, Louise Welsh. Ed. Métailié, Noir. Paru en 2007.

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... 262

6 Janvier 2014, 19:06pm

Publié par LaSourisJOne

"Le passé ressemble à un vieux rottweiler. Si vous l'ignorez, il vous laissera sans doute tranquille. Si vous le regardez dans les yeux, il bondira pour vous mordre" !

Louise WELSH

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La douceur des hommes :)

4 Janvier 2014, 14:02pm

Publié par LaSourisJOne

La douceur des hommes :)

C'est le personnage de Fosca, à la fin de sa vie, qu'il nous est donné de voir dans ce récit court. Une Fosca qui a décidé de livrer ses tranches de vie passées à une jeune femme de 36 ans, qui s'en occupe comme de sa grand-mère. Toutes les deux partent à l'aventure, vers l'Italie, en voiture, comme une espèce de road movie où Fosca n'aura de cesse de se confier... L'autre est plutôt déprimée, mais l'écoute comme on s'abreuve à une source, assoiffé... Puis la transmission, interrompue par la mort de Fosca va se poursuivre par le biais de lettres qu'elle va lire. La rencontre d'un jardinier avec Fosca va aussi modifier le cours de sa vie, et lui faire découvrir l'attachement, ce qui semble la sauver... Ici il est donc question d'amour, d'amours même, tout au long d'une vie ; ici ce qui compte ce sont les événements au regard de ce paramètre, en fonction des rencontres amoureuses et sentimentales, et dont Fosca dessine un vaste paysage. Pas de regrets exprimés, pourtant, elle aurait toutes les raisons d'en avoir... Vision en tout cas d'une vie sur sa durée, et ça c'est intéressant.

Avec l'idée qu'il est stupide de ne pas exprimer son amour, quand alors qu'on a le nez sur l'événement, cela paraît si peu une évidence, pourtant... C'est après, dans la fulgurance des années, qu'on se dit que vraiment, on ne devrait pas hésiter.

Difficile de s'attacher à ces personnages cela dit, tant le récit est court (efficacement mené) ; pourtant, le style fait vraiment mouche, c'est vraiment bien écrit et ça se lit très agréablement... Je trouve par ailleurs que le titre est assez peu approprié ; il n'y est pas question de "la douceur des hommes", c'est un raccourci, mais bien plutôt de la douceur que l'on peut trouver à aimer les hommes, ce qui n'est pas pareil... En autre, le sujet du livre est plus une épopée, un partage entre une femme et sa petite-fille, plus que "la douceur des hommes"..

. La douceur des hommes, Simonetta Greggio, éd. Stock 2005, Le Livre de Poche, 2007.

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... 261

4 Janvier 2014, 13:59pm

Publié par LaSourisJOne

"L'orgueil est une tare d'homme qui ne comprend rien. Ce n'est pas digne d'une femme. Quand on aime, on peut, on doit se traîner aux pieds de l'autre. Quand on aime, on n'a pas le droit de le crier aux oreilles de l'autre, des fois qu'il ne comprendrait pas... Croyez-vous que l'on trouve de l'amour à chaque coin de rue ?"

Simonetta GREGGIO

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... 260

1 Janvier 2014, 19:24pm

Publié par LaSourisJOne

"Quand je ne dormais pas, c'est que je ne faisais pas confiance à la vie. Rester éveillée était une manière de ne jamais faire baisser la pression, une sorte de chantage au sort".

Simonetta GREGGIO

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