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Le blog de la souris jaune

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24 Octobre 2012, 08:33am

Publié par la souris jaune

"C'est quelque chose, sans doute, pour rapprocher les oppositions, que d'avouer sur quoi l'on est d'accord et sur quoi l'on diffère. Les discussions aimables valent mieux pour s'entendre que les insinuations calomnieuses, les inculpations forcenées, les haines de rivalités, les machinations de l'intrigue et la malveillance..."

Mirabeau, Harold COBERT

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Les hommes en général me plaisent beaucoup :)

21 Octobre 2012, 21:47pm

Publié par la souris jaune

Les-hommes-en-general-me-plaisent-beaucoup_2-1-.jpgC'est le troisième livre de Véronique Ovaldé que je lis, après Et mon coeur transparent (2008), et Ce que je sais de Véra Candida (2009), que j'avais adoré. Ce qui frappe, c'est la force de cet auteur, à travers trois livres très, très différents. Et qui ne laissent pas indifférents.

Etrange titre que celui-ci, au regard de cette histoire. A moins qu'on y voie toute l'innocence, la perméabilité, la dépendance aux hommes de Lili tel que son destin l'a ourdie. On la découvre alors qu'elle a 23 ans ; elle vit avec un homme maternant, Samuel, qui l'a prise sous son aile après l'avoir sortie de prison. Elle vit, comme en équilibre. Elle vit en lisière d'un zoo dont les bruits nimbent et accompagnent le récit. Et soudain une silhouette, comme un fantôme la replonge dans son passé, alors qu'elle n'avait que 14 ans ; elle va nous livrer les bribes de son passé en même temps que celles de son présent. Petit à petit, on réalise et on comprend la fragilité cassée de cette jeune femme ; fille d'un père autoritaire, qu'elle méprise et craint, appartenant au "parti", nazillon ; tragédie du couple parental, la mère en souffrance, subissant ce que l'homme qu'elle s'est choisie allait devenir, jusqu'à sa mort brutale. Alors le père "abandonne" tout en les enfermant, ses deux enfants... Et l'homme, l'autre homme, Yoim arrive tel le messie et profitera de l'innocence de la toute jeune fille à sa merci, qui se rue dans cette histoire pensant que c'est l'amour... Un amour auquel elle restera engluée, incapable de s'en séparer, ourdissant une dépendance au sexe, et à cet autre qui fascine par sa monstruosité tranquille... On aime la description que le personnage fait d'elle-même, traversée par le membre de l'autre, devenant liquide et perméable... Dans un style très particulier, ce roman marque par sa force et sa voix unique dont les mots résonnent longtemps en nous. Par son côté chtonien, je crois que ce livre m'a rappelé quelques auteurs haïtiens et cette littérature si particulière (Trouillot notamment)...

 

. Les hommes en général me plaisent beaucoup, Véronique Ovaldé, Babel Actes Sud, 2003.

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20 Octobre 2012, 22:13pm

Publié par la souris jaune

"J'écoute mon coeur me dire "C'est ça ma jolie, c'est ça dont tu as besoin" - mais est-ce bien mon coeur, ne serait-ce pas plutôt mon père ma mère mon frère et la Vieille que j'héberge dans ma chair et qui se permettent trop souvent des sermons et des intrusions" ?

Véronique OVALDE

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Les heures souterraines :)

20 Octobre 2012, 21:07pm

Publié par la souris jaune

70254218-1-.gifJe n'avais lu de Delphine de Vigan que "No et moi", celui-ci dont on m'avait parlé à plusieurs reprises m'attirait. Merci donc à Nico d'avoir exaucé mon souhait en me prêtant "Les heures souterraines".

C'est l'histoire croisée de Mathilde et de Thibaud, tous deux parisiens. Mathilde vit seule avec ses 3 enfants, elle est cadre dans une grosse entreprise et tout se passe bien jusqu'à ce qu'elle ose... suggérer une discrète contestation de son patron. A partir de ce moment, commence une descente aux enfers, extrêmement bien rendue, de la jeune femme, qui se retrouve petit à petit évincée par le dit patron. Tuée professionnellement. On touche du doigt sa souffrance au travail. Thibaud est médecin urgentiste, il intervient à domicile, pour tous ceux qui souffrent, sont au bout du rouleau... Il sort d'une histoire sentimentale douloureuse, éreinté par le manque d'amour de sa compagne, quand lui en attendait trop. On sent dans ce livre toute l'apesanteur qui pèse sur les épaules des êtres solitaires, contraints de poursuivre une vie nécessaire. L'isolement, l'individualisme, sont au coeur de ce livre, même s'il y a de très très rares percées humaines, mais qui ne suffisent pas à remettre à flot le naufragé isolé...

Les déplacements dans l'espace parisien sont une des métaphores de ces vies qui ne se rencontrent jamais : Thibaud dans sa voiture régulièrement prisonnier des embouteillages, seul dans l'habitacle de sa voiture ; Mathilde dans les couloirs souterrains du métro, où tous, petites fourmis besogneuses, doivent répondre à des itinéraires efficaces et vains...

Je me suis dit qu'il y avait un "trop" dans ce livre : en plus de ce qui lui arrive, Mathide a une histoire extrêmement douloureuse, sentimentalement : son mari est mort dans un accident de voiture alors qu'ils partaient prendre une bouffée d'oxygène le temps d'un week-end qui s'annonçait heureux... Ca, je me suis dit que c'était trop ! Cela dit, j'ai beaucoup aimé la manière dont était donnée à voir ces vies solitaires, et particulièrement ce que pouvait être la machine destructrice du travail, lorsqu'un grain de sable s'immisce ; et ce à quoi on se raccroche, pour ne pas sombrer, et sortir la tête de l'eau coûte que coûte, alors que la tentation est si grande de se laisser submerger... Très sensible.

 

. Les heures souterraines, Delphine de Vigan, août 2009.

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20 Octobre 2012, 14:27pm

Publié par la souris jaune

"Vivre ensemble, au même endroit, respirer le même air, chaque jour partager le même lit, la même salle de bain, peut-être que ça n'arrive qu'une fois, oui, et qu'ensuite plus rien de cet ordre n'est possible, ne peut être recommencé".

Delphine de VIGAN

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19 Octobre 2012, 19:48pm

Publié par la souris jaune

"L'échec amoureux n'est ni plus ni moins qu'un calcul coincé dans les reins. De la taille d'un grain de sable, d'un petit pois, d'une bille ou d'une balle de golf, une cristallisation de substances chimiques susceptibles de provoquer une douleur forte, voire insoutenable. Qui finit toujours par s'éteindre".

Delphine de VIGAN

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19 Octobre 2012, 09:45am

Publié par la souris jaune

"L'âme a sa météo que la météo ne connaît pas".

Laurent DANCHIN

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10 Octobre 2012, 21:35pm

Publié par la souris jaune

"Si la nature ne nous avait faits un peu frivoles, nous serions très malheureux ; c'est parce qu'on est frivole que la plupart des gens ne se pendent pas".

VOLTAIRE

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Fermer l'oeil de la nuit

10 Octobre 2012, 15:10pm

Publié par la souris jaune

Fermer L oeil de la nuit Klein[1]D'abord j'avoue sans honte avoir acheté ce petit livre pour son aspect extérieur : sa couverture et son "oeil de boeuf" qui pousse à la curiosité, son titre, la sobriété de sa 4ème de couverture qui réside en une seule phrase ("grâce à vous, il va peut-être m'arriver autre chose"), et la douceur extrême du papier de ce petit objet...

C'est un livre étrange que celui-ci... Tournant autour de l'idée de l'imbrication du dedans et du dehors, symbolisé sans doute pour le mieux par le motif de l'oeil de boeuf, lien parfait, trait d'union entre l'extérieur et l'intérieur : l'oeil de boeuf nous donne ce qu'on ne devrait pas voir, dérobe ce qui se cache de l'autre côté...

La prison (en tant que lieu emblématique fermé sur l'extérieur) est une des thématiques clé du livre. Même si on pourrait se dire que finalement, ce sont les lettres (lien entre le dedans de la prison et le dehors) qui s'échangent entre un détenu et sa correspondante qui sont plus là au coeur du livre : la narratrice va se mettre à écrire des lettres à celui qu'elle imagine être son frère, et ces courriers (ceux qu'elle envoie et ceux qu'elle reçoit) vont jalonner le récit.

Les entre-deux encore, avec la rue, le couloir : les lieux (l'un extérieur, l'autre intérieur) où l'on rencontre, les lieux où la vie peut se densifier et se transformer. Où la narratrice rencontre son voisin. Qu'elle aperçoit par l'oeil de boeuf. Et bien sûr, finalement, puisque c'est ce sujet qu'elle décline, elle explore aussi cette question : "que se passe t-il de l'autre côté de la cloison ?" : l'autre côté de la cloison c'est à la fois l'extérieur et l'intérieur, avec l'idée que par les bruits, les deux univers s'interpénètrent. Au coeur de ce livre encore, donc, ses voisins (ils habitent au dessus), à qui la narratrice vole des bribes d'intimité... Un couple étrange, d'artistes.

Le livre est fondé comme un objet cérébral sur ce triptique : elle (la narratrice), lui (le frère ou assimilé), et le couple de voisins. Pour faire aussi voler en éclat les évidences : elle malgré sa liberté, vit comme une recluse volontaire (sortant très peu de chez elle) ; lui, qui par ses lettres a "de l'effet sur l'extérieur", ayant "le sentiment d'être ici et là-bas" et le couple, prisonniers de faux semblants mine de rien, et de leur incapacité à communiquer...

Un livre que j'ai trouvé intéressant finalement, mais véritablement mental, cérébral, voire conceptuel.... Je crois que ce qui m'a plu cela dit, c'est que l'auteur nous épargne une psychologie sans finesse trop souvent caractéristique de nombreux romans "trop" classiques de ce point de vue-là.

 

. Fermer l'oeil de la nuit, Pauline Klein, éd. Allia. Septembre 2012

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Comment (bien) rater ses vacances :)

7 Octobre 2012, 22:07pm

Publié par la souris jaune

34306737_7046793-1-.jpgRoman ado.

Si vous cherchez un livre qui détend, léger, qui vous plonge dans le quotidien d'un ado de 17 ans... ce livre est pour vous !

L'histoire est donc racontée par le jeune Maxime, qui ne manque pas d'humour, en témoignent les notes de bas de pages, toujours décalées... On va donc suivre les vacances d'un jeune adolescent de 17 ans, qui croit échapper à la corvée d'accompagner ses parents en randonnée en Corse en se réfugiant chez sa grand-mère ; des vacances qui commencent paisiblement, au Kremlin (Bicêtre). Le garçon s'accommode donc à merveille des manies, caprices de sa mère-grand, compte tenu des larges compensations qu'il en retire (crêpes à volonté, du temps, l'ordinateur à loisir)... jusqu'au jour où tout bascule, non sans cet humour qui caractérise la narration, lorsqu'il retrouve son aïeulle écroulée par terre, victime d'un arrêt cardiaque, qui le contraint malgré lui à une série d'actions et de prise de décisions d'adulte, sur fond de péripéties nombreuses et cocasses. J'avoue que ça m'a souvent fait rire !

 

. Comment bien rater ses vacances, Anne Percin, éd. du Rouergue, oct 2010.

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