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Le blog de la souris jaune

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27 Septembre 2015, 22:35pm

Publié par LaSourisJOne

"Je découvrais que les mots pouvaient cacher des pièges, comme des champs de guerre. Des armes qu'il fallait désamorcer au risque de blessures profondes. Des mines spirituelles, à retardement, qui implosaient plus tard, au fond des esprits les plus défendus, à l'effleurement d'un chagrin".

Antoine SENANQUE

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L'atelier des miracles :)

21 Septembre 2015, 15:50pm

Publié par LaSourisJOne

L'atelier des miracles :)

J'ai pris beaucoup de plaisir avec cette balade humaine, au coeur de cette petite galerie humaine de tronches abîmées ou en souffrance. Aucun destin n'avait à priori de point commun, et c'est ça qu'on aime. Il y a la gueule cassée, ex-militaire, dur au coeur tendre, qui vit sous un porche parce qu'il ne voulait plus concéder à la hiérarchie militaire dont il ne partageait pas toutes les vues, il y a la gamine (23 ans ?), Millie, qui subit un incendie à son domicile et qui décide de redessiner son histoire en simulant une amnésie, et il y a cette prof d'histoire-géo, que j'ai trouvée très attachante - qui n'est pas sans rappeler cette autre prof victime d'un homme qui la maintient sous son joug mental dans l'Amour et les forêts d'Eric Reinhardt. Et puis il y a ce type, vécu comme une icône, Jean Hart, celui qui prend soin des âmes cassées, et par le biais de son atelier, leur donne une deuxième chance.

Pourquoi les horloges, sur la couverture ? Parce que l'atelier est un ancien atelier d'horlogerie, où l'on réparait les montres, les horloges... Mais je m'égare !

J'ai trouvé très touchant, ce concept de la deuxième chance, de la deuxième vie, de nouveau départ possible pour tous.

Evidemment, je n'ai pas manqué d'être plutôt abasourdie et déçue (!), par ce personnage Jean Hart : l'icône déchoit d'une bien cruelle manière ; tout à coup apparaissent ses mobiles, ses failles, ses moyens... Et puis, si à titre individuel on est déçus, cela ne peut que donner du crédit au livre : eh non, on ne vit pas dans le monde de Oui-oui ! Et tout le monde a ses failles... Pourtant, comment comprendre le mal qu'il fait sciemment à deux ex-résidentes qu'il avait pourtant entrepris d'aider ? Pourquoi une telle cruauté à leur égard ? Ok : il est tombé amoureux de Millie-Zelda et il se venge impulsivement ; mais Mariette ? Pourquoi annuler le bien qu'il lui a fait, même si c'était parce qu'il était mandaté par le mauvais mari (financeur de l'Atelier) ? Hum... On ne peut s'empêcher quand même de se dire que fondamentalement, le bonhomme, pourtant admiré de tous, a l'affection et la générosité à géométrie variable... Le livre en tout cas plaide finalement avant tout contre le règne des apparences, et invite à recevoir et accepter les mains qu'on peut nous tendre parfois. Parce que les choses ne sont jamais écrites et qu'elles peuvent changer. De belles rencontres (Monsieur Mike - Millie, ou Millie- Mariette), et de belles leçons de volonté.

Merci profond à Delphine pour ce joli cadeau.

. L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong, éd. Lattès, Janvier 2013. Ed. J'ai Lu : mars 2014.

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20 Septembre 2015, 09:50am

Publié par LaSourisJOne

"Nous faisons tous les mêmes erreurs. Fuir nos fantômes plutôt qu'apprendre à vivre avec".

Valérie TONG CUONG

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J'ai eu des nuits ridicules

13 Septembre 2015, 12:52pm

Publié par LaSourisJOne

J'ai eu des nuits ridicules

Histoire moderne, histoire de femme moderne. Ayant choisi, en tout cas vivant hors couple. Expérience des histoires qui meublent, et du détachement.

Intéressant en cela.

Tout est marqué là par l'ère moderne : les échanges de SMS, la connexion permanente des êtres, les êtres qui se croisent et ne se 'nourrissent pas' ; et puis des discussions, échanges plutôt 'beauf' finalement, mais finalement ça aussi c'est l'air du temps, on ne satisfait de la surface des choses.

Et il y a ce jeune garçon, ado, de presque 15 ans, que l'héroïne trouve dans la rue. Désemparé, et un peu muet. Pourquoi va-t-elle lui ouvrir sa porte, dans une ère où on n'ouvre plus sa porte aux gens ? Ca... En tout cas, le livre prend là une autre tournure. Peu à peu, naît l'attachement, qui ne se nomme pas, qu'elle ne connaît pas... L'inquiétude pour ce garçon qu'elle ne connaît pas, les questions qu'elle se pose quand il n'est pas là, mêlés à l'ambivalence liée à ses habitudes, à sa façon de vivre solitaire. On apprend petit à petit que c'est un gamin du XVIème, fugueur pour échapper à un frère et probablement à des violences sexuelles, mais des violences qui dans ce milieu ne peuvent pas être entendues.

Le jeune garçon vient en tout cas, par sa présence, ses besoins, interroger l'héroïne sur ses choix de vie. Sur ses besoins de coucher un être à ses côtés quand vient la nuit, peu importe lequel, sur l'individualisme de notre ère. Pas déplaisant, mais pas non plus complètement conquise...

Médiathèque de Saint-Malo.

J'ai eu des nuits ridicules, Anna Rozen, éd. Le Dilettante, 2014.

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La guerre d'hiver :)

3 Septembre 2015, 13:26pm

Publié par LaSourisJOne

La guerre d'hiver :)

Une tasse de café qui gicle, 'La guerre d'hiver' un titre qui intrigue un peu, et le macaron, un peu étonnant sur la couverture : 'roman conjugal' : assez pour me donner envie de tenter le coup. D'autant que l'auteur était filandais, et que ça fleurait bon le dépaysement, voir la découverte de moeurs d'ailleurs. Je n'ai pas regretté, car ce livre m'a plu. Il m'a parfois pensé à ces livres avec un narrateur très vieux que j'aime généralement ; en tout cas, ici, on suit la vie quotidienne d'une famille au sens large, au plus près de chacun des protagonistes. Tous ont des traits de 'couples' bien particuliers (j'alais dire shématiques) ; cela dit, ils sont assez bien campés, on s'attache à ces personnages. Parfois les réflexions nous laissent sur notre faim, mais globalement la lecture est satisfaisante. Ainsi, un coupe d'âge mur (60 ans), Max et Katrina ; usé par de trop nombreuses années de vie communes et les travers de fonctionnement qu'ils n'ont pas soigné, ils se déchirent, et c'est particulièrement donné à voir. Lui ne fait plus d'efforts, même s'il dit l'aimer tendrement et ne pouvoir vivre sans elle, elle passe son temps à le chercher (et le trouver)... Et puis il y a Helen, la fille aînée, mariée avec deux enfants, dont on va suivre aussi la vie résignée des trentenaires-quadra avec enfants, calée sur le rythme des enfants, et la petite dernière, Eva, 27 ans, qui se cherche, y compris sentimentalement, dans son approche du couple... Elle part à Londres étudier les arts et se cherche, donc...

Le roman se déroule sur six mois, où certaines choses bougent. Notamment pour Max, qui, flatté de l'attention d'une jeune femme va céder à l'infidélité unique, presque vitale, maladroite...

Il y a aussi le personnage de la grand-mère, en maison de retraite, et son rapport aux autres. Comment chacun se définit par rapport à soi et dans cet ensemble familial, c'est un livre intéressant...

Quant au titre, il désigne en réalité une période historique de l'histoire de la Finlande, mais fait bien sûr, allusion à l'hiver, la dernière période d'une histoire d'amour, celle plus fraîche, éloignée de sa naissance ou de son bel âge...

Médiathèque de Dinard.

La guerre d'hiver, Philip Teir, éd. Albin Michel. Paru en 2013 en Finlande, et en 2015 chez Albin Michel.

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