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Le blog de la souris jaune

vie

La vie de Marianne :)

5 Août 2022, 13:02pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Surprenant et intéressant roman de Marivaux, sur la condition de la femme au XVIIIe siècle !

C'est ce que j'en retiendrais pour faire court.

Il est long, ce roman, il faut le reconnaître, découpé en 11 parties ; son processus de narration est intéressant, il intrigue : c'est Marianne qui semble nous raconter sa vie, s'adressant pour se faire à une amie, et il semble qu'elle lui adresse 11 parties de sa vie, non sans la commenter.

Elle part mal dans la vie, cette pauvre Marianne : ses parents sont tués alors qu'elle a 2 ans et demi dans une attaque de diligence... Elle est aussi dans la diligence, mais elle est épargnée... Et en même temps, elle se construit à partir de ça, avec pragmatisme et force d'âme, la petite Marianne...

Ici aussi, la générosité, le sens de l'accueil et du don, des personnes de ce siècle, qui n'hésitent pas à reccueillir une fillette dans le besoin... Marianne grandit et un jour que, très jolie et coquette, elle tombe au sortir de la messe, un jeune homme, Valville, la ramasse et l'emmène chez elle... S'en éprend... Marianne avait rencontré sa mère préalablement et noué une forte amitié avec celle-ci... Marianne épousera-t-elle Valville ? Elle n'a pas un sou... Est-ce possible, en ce temps ?

Le récit de Marivaux fait plus vrai que vrai, on a l'impression de voir, d'entendre Marianne penser ; 

sur la fin, il s'entremèle avec celui d'une religieuse au couvent qui lui confie l'histoire de sa propre vie, peut-être pour la dissuader d'entrer au couvent... A l'époque, c'était cette alternative pour la femme : un mariage, quel qu'il soit, ou le couvent...

J'ai aimé ; même si j'ai éprouvé parfois un peu de lassitude à voir les personnages dans leur "transport" de sentiments : se baiser les mains, pleurer d'émotion à torrent, homme comme femme... C'est parfois un peu indigeste, sans doute pour une lectrice du 21e siècle que je suis... 

Il faut que je précise ici que le roman est inachevé... Alors évidemment, après 500 pages, ça s'achève brutalement ! A noter qu'une Suite de la vie de Marianne a été écrite par une femme de l'époque qui s'est targuée d'écrire comme Marivaux (il faut préciser que la Vie de Marianne fut un très grand succès auprès de ses contemporains !)

. La Vie de Marianne, Marivaux, publié entre 1731 et 1742. 

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Célestine du Bac :)

18 Juin 2022, 14:32pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre m'a été offert deux fois, en moins d'un mois : par mon fils et mon amie Nolwenn. Il était donc tout à fait inévitable que je le lise un jour ! J'ai donc été doublement impatiente de m'y plonger.

Mon avis aurait pu être beaucoup plus enthousiaste si la deuxième partie du roman avait été autre, je dois l'avouer : car plus le roman avançait, plus j'étais un peu sceptique... 

Cependant, une chose, qui est vraie : je l'ai dévoré, et n'ai eu de cesse de le terminer, tant j'avais plaisir à le retrouver. Ce qu'on appelle un plaisir addictif très très précieux !

Je dois dire ici que l'écriture ne m'a pas convaincue ; est-ce parce que c'est un livre très particulier pour Tatiana de Rosnay, un livre "de jeunesse", qu'elle explique avoir ressorti des cartons 26 ans après (alors il avait été refusé par l'éditeur), l'a trouvé tout à fait digne d'être publié d'où sa parution très récente ! 

Drôle, ça, je trouve... Le fait est cependant que je n'ai pas été convaincue par son écriture. C'est une auteure que je ne "rencontre" pas toujours ; cependant, je me souviens d'une belle lecture avec Le Coeur d'une autre

Je vais avoir du mal à vous parler de ce livre-ci sans trop divulgacher, mais je vais essayer !

C'est donc l'histoire d'un jeune garçon, qui passe son bac, Martin. Un jeune garçon un peu solitaire même s'il a un ami Oscar (euh, cette amitié est d'ailleurs bien étrange, car ils semblent n'avoir aucune proximité et Oscar semble n'être qu'un rouage du récit !). Martin a perdu sa mère il y a 16 ans dans une catastrophe aérienne, son corps n'a jamais été retrouvé... Il vit avec son père, un avocat qui collectionne les conquêtes féminines, sa plaie de coeur étant, on l'a compris, mal ressoudée...

Martin se prend d'affection pour une SDF, Clémentine, qui "campe", rue du Bac. Clémentine du Bac... C'est cette histoire qui est plaisante, attachante, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le No et moi de De Viguan. J'avoue avoir été moins convaincue par la suite de l'histoire, qui entrainera Martin au Maroc sur les traces de... Pourquoi ? Je ne le comprends toujours pas. Pour nous offrir une fable moderne, sans doute, mais que je trouve finalement assez amère, même si Martin, évidemment, en se rendant au Maroc, ne perdra pas son temps...

Bon, j'ai fait ce que j'ai pu pour ne pas trop divulgacher, j'espère que vous n'avez pas trop lu entre les lignes !

Merci tout à fait chaleureux à mon fils et à Nolwenn pour ce cadeau, chacun de leur côté...

. Célestine du Bac, Tatiana de Rosnay, éd. Robert Laffon, mai 2021.

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Le professeur :)))

22 Mai 2022, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je sais que ce roman est présenté comme malhabile, "de jeunesse"...

C'est en effet le premier roman (même s'il est publié après sa mort en 1857) de Charlotte Bronté, qu'elle écrit avant Jane Eyre. Pourtant, j'ai éprouvé un profond plaisir à lire ce livre, sans doute du même ordre qu'en lisant le Delphine de Mme de Stael. J'ai beaucoup aimé suivre ces personnages à pas lents, tout près de leur psychologie, à travers des analyses de caractères denses. 

J'ai aimé aussi trouver les traces du 19e siècle dans cette oeuvre, "même" chez une auteure anglaise : ainsi le Romantisme s'exprime à plein ici : la nature n'est jamais en ce qu'elle exprime de l'homme n'est jamais très éloignée dans cet ouvrage ; les personnages ne manquent pas de lyrisme et d'exaltation des sentiments.

Le narrateur est donc un jeune homme anglais ayant perdu ses parents, et qui doit se débrouiller au monde avec ce handicap. En premier lieu pour gagner sa vie. Il commence par rompre ses attaches de famille encombrantes, ce qui n'est pas pour faciliter sa tâche, puis ira travailler chez un irascible et odieux frère aîné... C'est à Bruxelles que cette ultime rupture lui vaudra de poursuivre son chemin, encore une fois pour essayer de survivre en trouvant un emploi. Le hasard des événements finit par le faire professeur, dans un, puis deux pensionnats, de jeunes garçons puis de jeunes filles. Là, des rencontres... Le directeur du premier lieu, la directrice du second.. Une élève-professeure méritante... Des scènes, des tranches de narrations qu'on aime... Les balades au jardin... Une fenêtre obstruée qui nous rappelle des morceaux de Stendhal...

J'oublie un étrange ami anglais, étrange, vraiment, ambivalent, Hudsen, dont on ne saura finalement tout au long du roman s'il est bénéfique, machiavélique, manipulateur ou bienveillant... La force de la romancière sans doute résidera entre autre dans la conception d'un tel personnage complexe...

Quant à l'écriture de ce roman... Moi qui lis abondamment Jules Verne... Je dirais que Charlotte n'aurait pas à rougir de son écriture ! 

Une savoureuse découverte.

. Le Professeur, Charlotte Bronté, 1857.

 

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Les Jardins de Zagarand :)

8 Avril 2022, 11:04am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai pris plaisir à lire ce livre même si je me suis essouflée vers la fin. 

Cela paraît très autobiographique, fait penser à des livres de développement personnel ou à L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle (en mieux écrit et en plus poétique !!). 

La découverte d'une micro-société vivant sur des terres "d'où l'on ne revient jamais", aux portes du désert, et selon de très nombreux rites qui rythment les vies de chacun.

Chaque jour, chaque acte est ainsi empli de symboles, d'altruisme, de partage et d'amour. Proche de la nature, et du sens. Chaque homme et femme fait quelque chose pour sa communauté et pour les générations futures, les poètes, écrivains ont une place sensée qui apporte à la communauté...

On se dit que ça fait envie, mais que ça pourrait enfermer, tout de même, puisque sa part de manoeuvre est très réduite.... Cependant, on ne peut pas tout avoir ?

En tout cas, le personnage principal et narrateur a perdu son fils et est dans une grande douleur. J'ai passé le premier chapitre car je ne me sentais pas capable de le lire. Et puis il rejoint sa soeur qui a choisi de quitter le monde occidental pour vivre à Zagarand, intrigué... Cette expérience va profondément le marquer.

Ses rencontres, ses découvertes, ce qu'il va recevoir...

C'est à méditer, à relire pour certaines choses...

C'est intéressant à lire pour le beau qui jalonne ce territoire, cette communion avec les choses qui ont du sens et qui donnent du sens à l'ensemble...

Une belle découverte que je dois à la bibliothèque de Lanvallay.

. Les jardins de Zagarand, Eric de Kermel, éd. Flammarion, 2021

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La relieuse du gué :)

3 Avril 2022, 11:01am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Trouvé encore et acheté au hasard chez un bouquiniste des Côtes d'Armor. Sur une erreur insolite, sans doute : je me suis obstinée à lire le titre comme "La religieuse du gué" ! Allez savoir pourquoi j'ai mis du temps à lire le vrai titre qui est en l'occurrence La relieuse du gué, j'en ai souris...

Bref : c'est un roman entre le roman du terroir et le policier (je n'aime à priori ni l'un ni l'autre), entre parcours initiatique et opiniatre changement de vie... Aussi, j'ai aimé ce cocktail. J'oublie de dire que ce roman s'écoule scandé par des tyrades de Cyrano de Bergerac, à qui la narratrice voue une passion. (que je n'ai jamais lu, j'y reste encore désespéremment hermétique !).

Donc : une jeune femme a changé de vie et s'est installée dans une petite ville de Bourgogne, en tant que relieuse. Pas à pas, elle se bat pour réussir à vivre de son activité... Et puis un jour, un homme, un bel homme arrive, lui confie un très beau livre d'aquarelles à relier pour le samedi suivant, repart... et est tué accidentellement. Va commencer pour la narratrice une quête/une enquête autour de cet homme et de ce livre... J'ai aimé voir vivre ces petits artisans, ses voisins, la valeur du travail, des temps de pause, des rituels de partage... le prix des rencontres.

Ce livre m'a plu, même s'il n'est pas un coup de coeur absolu.

. La relieuse du gué, Anne Delaflotte Mehdevi, éd. Gaïa, 2008

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La maîtresse du commandant Castro :)))

29 Mars 2022, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà lu cet auteur, même s'il ne m'était pas inconnu.

J'ai dévoré ce roman-là, dégoté par hasard chez un bouquiniste, et comme happée par une histoire tout à fait palpitante.

Le récit est celui d'une femme qu'on sait à l'âge de la vieillesse, même si on l'oublie vite, absorbés par le déroulement des faits. Elle n'a jamais raconté son histoire à personne, aussi se dit-elle : ou bien je pars avec mon secret et personne ne le saura, ou bien je le raconte une unique et ultime fois... Ce qu'elle fait, et c'est ce livre que nous lisons donc.

Nous rencontrons donc notre personnage enfant, alors qu'elle grandit à Cuba, née d'un père cubain et d'une mère française. Dans une famille riche. Avec des domestiques. Son amie, la fille du couple de domestiques.

Et puis, la révolution cubaine. Les engagements de certains... 

L'héroïne va s'engager, malgré son extraction sociale, aux côtés des révolutionnaires. Et rencontrer, à 17 ans... le gourou, Fidel Castro... Et puis... Toute sa vie va être construite à partir de ces faits-là. Entre tentative d'oubli et tentative de guérison... Un grand parcours de vie nous est livré là, émaillé de rencontres évidemment, de choix, de travail sur soi, beaucoup sur fond d'histoire cubaine.

Sachant que l'héroïne sera loin de vivre toute sa vie à Cuba, pour se construire, c'est ailleurs qu'elle doit être...

Tout à fait passionnant.

. La maîtresse du commandant Castro, Edouardo Manet, Robert Laffont 2009, Grands romans Points.

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La définition du bonheur

10 Mars 2022, 18:23pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre est une nouveauté, et c'est un cadeau, deux raisons pour me réjouir. En outre, le titre était très prometteur, de même que l'auteure, que j'ai lu plusieurs fois. Je crois que je gardais de Catherine Cusset un bon souvenir, et je sais que j'en ai 2 dans ma bibliothèque. Aussi ce cadeau était vraiment à priori, un très bon choix.

Et pourtant... 

J'ai vraiment accroché au début, et puis de moins en moins, et jusqu'à finir par être ennuyée et même agacée par ce livre.

Je n'ai pas aimé l'écriture, je l'ai trouvée très inégale, assez plate et hachée.

Deux histoires qui s'entremèlent. 

Je ne sais pas si le livre est autobiographique, je suppose qu'il faudrait que j'aie plus de clémence, s'il l'était. Cela m'en inspirerait davantage, en tout cas, alors que cela ne devrait pas, n'est ce pas, finalement ?

En tout cas : histoires de femmes. Avec, au coeur de leurs vies parallèles (elles ne se connaissent pas au début), des problématiques importantes de femmes. Alors très bien. C'est intéressant. Des vies, le passage du temps. Et puis. Et puis quoi ? Bon, des liens qui se découvrent, je ne dirai pas ici pourquoi, pour ne rien divulgacher.

Ces personnages ne m'ont pas plu, en fin de compte. Sans savoir ce qui m'a le plus gêné. Finalement les "trous" dans leur biographie ne m'a pas convenu. Et a même gêné ma lecture. 

Cette histoire nous mène jusqu'à l'année dernière, si bien qu'elle arrive jusqu'au coronavirus qui s'invite dans l'histoire, je ne m'y attendais pas, c'est le premier roman que je lis qui lui donne une existence. Finalement, ce n'est pas au coeur de l'histoire, ça ajoute "juste" des contraintes à une histoire de vie, surtout si elle est autobiographique. Sinon... 

Je ne suis pas convaincue, et je pense que l'écriture y fait beaucoup, cela ne m'a vraiment pas emportée, alors même que les sujets pourraient être considérés comme "passionnés" et impliquants...

. La définition du bonheur, Catherine Cusset, Gallimard, 2021

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Le soleil des Scorta :)

3 Mars 2022, 20:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Oua. Il décoiffe, il secoue, il remue, il pique, ce roman-là ! Evidemment, Laurent Gaudé. On peut compter sur cet auteur pour écrire des livres qui ne laissent pas indifférents. Je me souviens avoir adoré La Mort du roi Tsongor

Un sourire, pour celui-ci, sans doute parce qu'il était "trop"... Trop fort, trop remuant... Et en même temps, j'ai retrouvé avec le même plaisir de lecture le conteur Gaudé, qui nous emporte avec brio dans tous les méandres de ses histoires.

Là : comme un récit en étoile, à plusieurs branches, un récit où toutes les branches se mèlent en même temps, quelle capacité de structuration, quel souffle qui tient malgré tout ! Ca, c'est une bravoure. 

Il raconte une famille sur plusieurs générations, mais à sa manière unique ; non de façon chronologique, bel et bien via la voix de ceux qui parlent, ou de celles qui se disent, ou disent la famille aux portes de la mort, pour que tout ne soit pas perdu, oublié, enseveli... Beaucoup de messages à se répéter dans ce livre-là ; mais aussi une affirmation de la non permanence de la vie, comme une claque, avec laquelle on n'a pas forcément envie d'être confrontés ! 

En tout cas, l'Italie, le soleil de l'Italie, les olives, mais rien d'idyllique. L'arridité, le soleil qui tape, qui frappe, qui tue... Une famille déshéritée par un mécréant de père au seuil de sa mort... Alors comment vont-ils vivre et leurs descendants ? Comment se relever, comment avancer ? Toute l'histoire de la construction de son destin, ici, au coeur de cette histoire puissante. Rien de facile, rien de gagné, jamais, mais des moments de bonheur. Même si le destin n'épargne pas, il vient d'ailleurs cueillir ceux qui doivent partir comme dans un conte. 

Et ce qu'on conquiert fait qu'on ne regrette pas d'avoir vécu.

Merci à Samuel, qui me l'a mis entre les mains.

. Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, 2004, prix Goncourt 2004.

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Le prince à la petite tasse :)

25 Février 2022, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

Récit.

Récit, indique le livre, et pas roman. Ce qui autorise à penser qu'il est autobiographique et que c'est une aventure vécue même si elle peut avoir été romancée. 

C'est donc l'histoire d'une famille, probablement celle de l'auteure, donc, famille heureuse avec sa vie, ses deux enfants. Vivant dans un appartement à Paris. Et qui décide d'offrir l'hospitalité à un réfugié pendant 9 mois. Chacun fait de la place, et la salle de jeux devient, débarassée, la chambre d'un jeune Afghan de 22 ans. Reza. Qui marche sur des oeufs, pour ne pas les déranger. Qui ne parle pas le français mais l'apprend un peu, au jour le jour.

Ce livre est le journal de cette aventure, racontée avec sensibilité par Emilie de Turckheim, donc.

Et de son point de vue. Le partage est riche. Touchant, beau.

Il ne donne pas de leçon, il donne à voir.

Une humanité plus belle quand on ouvre, quand on s'ouvre, quand on ouvre ses portes.

Sans démagogie. Au quotidien. J'ai aimé ces partages du quotidien, le parcours douloureux de Reza dont le voile se lève par à coups...

Une belle lecture à mettre entre toutes les mains, en effet, comme le signalait judicieusement ma bibliothécaire :)

. Le prince à la petite tasse, Emilie de Turckheim, éd. Calman-Levy, 2018.

 

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La princesse de Clèves :)

12 Février 2022, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais envie d'un classique, puis de relire ce livre-là, que j'avais lu il y a longtemps. Voir quel plaisir j'en prendrais, voir quelle compréhension j'en aurais... 

Je n'ai pas trouvé aisé d'y entrer ; il est vrai que beaucoup, beaucoup de personnages constituent l'incipit de ce roman. Il faut accepter de passer partiellement outre, ou on se perd, dans la généalogie de ces nobles protagonistes ! 

Et puis dès qu'a commencé l'histoire et le vif du sujet, j'ai beaucoup aimé la richesse des points de vue, pour un livre si ancien, et où les analyses psychologiques ne se faisaient pas encore. J'ai aussi aimé, même si c'est déroutant, l'usage des subjonctifs, notamment de l'imparfait. 

La préciosité des moeurs et des pensées.

J'ai redécouvert quelques aspects, je sais maintenant, et j'apprécie ce qu'offrent les relectures pour cela : nous voyons les choses autrement...

Alors, oui, la fin, si tragique, qui avait dû me procurer tant de colère et d'incompréhension à l'époque, je la comprends mieux aujourd'hui. Après tout, même si c'est tragique, même si c'est un amour tragique, c'est une position - mâture, qui plus est, pour un si jeune âge : elle a 17 ans ! - qui peut s'entendre, bien qu'extrême...

Il faut vous imaginer cette jeune fille, de 16 ans, qui n'aime pas, élevée par sa mère dans une extrême droiture et dans le sens de la vertu, à qui l'on propose un mariage. Comme elle n'aime pas, et qu'elle n'a jamais aimé, pas de sacrifice alors : pourquoi pas... Le mariage se prononce, mais...

arrive un jour à la cour un jeune homme... le coup de foudre réciproque. Malheureusement, la jeune fille est mariée ! Anecdotes de cour, passions, histoires cachées, c'est tout à fait passionnant de vivre l'histoire intime des grands de ce monde, qui en sont tout occupés... Entre confidences, trahisons, jalousies, cela n'a rien de dépassé, et pourrait ressembler à tout ce qu'on se raconte et qui intéresse les hommes et femmes : des histoires de coeur ! 

. La princesse de Clèves, Mme de La Fayette, 1678

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