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Le blog de la souris jaune

Nadja :)

26 Août 2012, 21:21pm

Publié par la souris jaune

9782070360734-1-.jpgJe viens de relire Nadja, un des livres qui m'ont beaucoup marqués, surtout quand on les lit comme ce fut mon cas jeune. Qui viennent râtisser toutes vos certitudes en matière de littérature, et vous faire comprendre à quel point rien ne sera plus comme avant ! Dans cet esprit, il y aura eu ce livre, et puis bien sûr Sarraute, la grande Nathalie Sarraute. Alors évidemment, écrire sur Nadja comme si j'écrivais sur n'importe quel autre livre ne va pas être un exercice facile mais je vais essayer.

Fidèle à son crédo du livre "ouvert et battant comme une porte", la première partie est arride... Tournant autour de ce qu'il dénonce, la vanité, la vacuité d'écrire un roman et de s'essayer à des tentatives de psycholosigation des personnages, comme à l'apogée du roman psychologique au XIXème siècle... Breton pervertit notre rapport au roman, il enchasse, pour tenter de faire naître l'improbable, le fugace, ce qui palpite... Et évidemment le personnage de Nadja palpite, qu'il nous livre au gré de leurs rencontres, et jusqu'à l'annonce de l'entrée de celle-ci dans un asile psychiatrique. Ce personnage qui porte le nom du "commencement du mot espérance, et parce que ce n'en est que le commencement".

La rencontre avec Nadja l'aura livré à la "fureur des symboles", lui qui la recherche, avec son groupe d'amis du surréalisme. Les photos, dessins égrènent ce livre pour mieux donner à voir ce que le couple aura vu. La fureur des symboles, à condition de s'arrêter en chemin, au nom de "l'instinct de conservation", ce qui n'était pas possible pour Nadja. J'ai aimé cette tentative de nous restituer le réel transfiguré, vu par leurs deux regards, au gré de leurs pérégrinations parisiennes ; la ville, la rue, prennent une autre dimension quand on regarde autrement et au delà des apparences... Sa vision de la folie, du confort des asiles psychiatriques pour ceux qui vivent au dehors, est évidemment une idée très intéressante : comment s'en sortir lorsqu'on y est, que les codes sont tout autres, et que l'on est livrés à la rationnalité imparable et sans faille de grands professeurs ? Evidemment ça interpelle.

Breton aura-t-il poussé Nadja jusqu'aux portes de la folie, qui lui tendait les bras ? Bien sûr il s'interroge, avant de sauver l'amour, et d'écrire quelques pages, en guise d'ôde à l'amour... Car pour Breton il y avait la poésie, bien sûr, la beauté (non conformiste) et l'amour... Tant de choses, et les idées chères au pape du surréalisme contenues dans ce petit livre !

 

. Nadja, André Breton, éd. Gallimard Folio, 1964. Ecrit en 1926.

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26 Août 2012, 10:22am

Publié par la souris jaune

"Il peut y avoir de ces fausses annonciations, de ces grâces d'un jour, véritables casse-cou de l'âme, abîme, abîme où s'est rejeté l'oiseau splendidement triste de la divination".

André BRETON

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25 Août 2012, 21:49pm

Publié par la souris jaune

"Subjectivité et objectivité se livrent, au cours d'une vie humaine, une série d'assauts desquels le plus souvent assez vite la première sort très mal en point".

André BRETON

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Le porte-bonheur

23 Août 2012, 18:41pm

Publié par la souris jaune

Je ne connaissaLe_porte_bonheur_hd-1-.pngis pas Nicholas Sparks. Si, si je vous jure ! J'ai donc découvert en empruntant ce livre qu'il est "l'auteur des romans d'amour les plus lus dans le monde" ! Dingue.

C'est donc l'histoire de Logan, ex-soldat en Irak. Celui-ci y passa cinq ans, et en ressortit mystérieusement indemne. Il est vrai que là-bas, et comme le lui assène son compagnon de combat, il trouve une photo d'une jeune femme et d'un chien, et la jeune femme semble devenir son porte-bonheur.

Alors, déstructuré lorsqu'il rentre dans son pays les Etats-Unis, il décide de partir à la recherche de cette femme, traversant le pays à pied, accompagné d'un berger acquis spécialement en Allemagne, et comme sur la photo, qu'il appelle Zeus. Trouvant du même coup un but à son existence...

Il trouve alors la jeune femme, grâce aux indices de la photo et beaucoup, beaucoup de chance, et finit par se faire embaucher dans le chenil où celle-ci veille sur les jours de sa grand-mère. Elevant seule son fils unique, conçu avec un parfait imbécile...

Bref, l'idylle naît, bien sûr. Le jeune homme tarde à confier son secret, malgré l'amour qui les lie... Et tout cela finira dans un terrible cataclisme, dont la demesure n'a rien à envier à certaines productions hollywoodiennes, et dont je ne vous dirai pas si ça se termine bien, ou mal...

J'aurai du mal à ne pas écrire que j'ai trouvé les personnages assez caricaturaux ; je confesse notamment avoir eu du mal avec le militaire mal dégrossi, complètement abruti, dont on peine à imaginer qu'il pût être le mari de l'héroïne, même si l'auteur tente de largement nous l'expliquer. Cela dit, je me suis quand même plu avec l'ensemble de ces personnages (hormis celui-là)...

 

. Le porte-bonheur, Nicholas Sparks, éd. Michel Lafon, 2008 (2011, traduction française).

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Pour l'amour du chocolat

12 Août 2012, 10:58am

Publié par la souris jaune

9782246763918_1_75-1-.jpgSi vous aimez les romans courts, qui vont droit au but, celui-ci est pour vous ; si vous préférez les romans qui prennent leur temps pour s'installer et se déployer... passez votre chemin !

L'auteur, José Carlos Carmona est un professeur de musique : il est vrai que les personnages ici ont souvent un rapport naturel et essentiel avec la musique ; ils sont chef d'orchestre, violononiste ou pianiste...

Bref. Il tricote la vie d'Adrian Troadec, marqué par sa rencontre avec une jeune femme dont il s'éprend obsessionnellement et presque maladivement. De cette rencontre découleront tous ses choix de vie : comme il aime Alma qui ne l'aime pas mais qui aime les sucreries et le chocolat après avoir joué du violoncelle, Adrian va lancer sa fabrique de chocolats... Les circonvolutions de la vie sont parfois bien compliquées pour finalement un aboutissement qui paraissait si proche : c'est l'idée au coeur du roman. Parfois la vie prend des tours, et des détours impressionnants pour ne pas avoir su avec simplicité saisir la chose évidente qui nous tendait les bras, mais que nous ne pouvions pas voir, parce que trop jeunes, et à la recherche de plus clinquant, plus brillant, plus loin...

Le livre semble aussi une démonstration de l'idée qu'il faut du temps pour créer un être, du temps et d'autres êtres finalement, et qu'un rien peut détruire et emporter comme un souffle. C'est effroyable d'y penser, mais c'est assez juste. Et c'est l'idée illustrée dans le roman.

Si la concision est un art, je sais qu'en matière de roman, il n'est guère à mon goût, il contribuera au fait que son souvenir disparaîtra vite. Car certains personnages ici, nécessaires au roman et à tout l'édifice, justement, apparaissent en une page, et l'auteur a efficacement tracé leur vie et enchassé à une autre... Souvent en mettant cette vie en perspective (en une ligne) avec de grandes dates de l'Histoire mondiale... Ce qui tend encore à rendre négligeable, infime, le poids d'une vie sur la terre... "A quoi bon tant d'efforts, tant de générations qui ont lutté pour survivre, tant d'amour condensé en une personne pour que les puissants de ce monde mettent fin à toute une lignée ?".

Quant au chocolat, puisqu'il en est question quand même (!), il est au coeur du livre, mais pas plus que la musique, l'amour ou les échecs (le jeu). Il est juste un point d'ancrage pour les personnages. Il suscite la passion, parfois irraisonnée, il est le point de départ d'un amour et la construction d'une réussite financière plus qu'un plaisir charnel en bouche (puisqu'il ne s'appesantit guère sur cet aspect des choses)...

 

. Pour l'amour du chocolat, José Carlos Carmona. éd. Grasset. Traduit de l'espagnol. Publié à Madrid en 2008, traduction française, 2010.

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Le mur invisible :)

9 Août 2012, 21:52pm

Publié par la souris jaune

le-mur-invisible--50754-250-400-1-.jpgOuh la ! La claque !! Etonnant roman que celui-ci, écrit par l'Autrichienne Marlen Haushofer, et paru en 1963. Je peux tout à fait imaginer qu'il habite longtemps, longtemps son lecteur...

C'est le récit d'une femme, d'âge mûr, qui a élevé deux filles, veuve, qui se rend de temps à autres chez des amis en montagne. Nous la découvrons au cours de l'un de ces séjours. Un après-midi, le couple qui la reçoit s'absente pour aller au village d'à côté. Habitués à fonctionner en autonomie, chacun vaque à ses occupations... Elle  se couche, et ferme la porte à clé... Oubliant de se réveiller pour leur ouvrir au cas où ils reviennent en pleine nuit. Au matin, elle découvre qu'ils ne sont pas rentrés et part à leur recherche, à pied, quand elle se heurte violemment la tête contre un obstacle transparent... Il s'avère que cet obstacle est un mur invisible, qui semble avoir été érigé pendant la nuit, et qui se présente à elle dans quelque direction qu'elle tente d'emprunter... Elle finit par planter des branches d'arbres le long de celui-ci, pour ne plus avoir à s'y cogner...

Elle est alors prisonnière de la vallée, avec quelques animaux domestiques, sans compagnie humaine : règne une ambiance de fin du monde... D'autant que de l'autre côté du mur, les rares humains qu'elle aperçoit sont figés, comme de pierre...

Cela m'a rappelé la nouvelle de Simak, le "voisin"...

C'est le quotidien de cette femme qu'on lit ici, pendant un peu plus de deux ans (puisqu'elle a un réveil, et qu'elle note le passage du temps)., la façon dont elle va devoir s'organiser, ce qu'elle va devoir apprendre, réapprendre ou désapprendre... Son récit s'arrête lorsqu'elle n'a plus de papier pour écrire...

C'est étrange parce qu'il se passe évidemment peu de choses dans ce récit, mais chaque petit événement a une énorme résonnance ; on les vit avec une réelle intensité, comprenant , ressentant même presque ce qu'ils peuvent représenter pour elle dans sa situation. Il se passe peu de choses, et souvent des choses répétitives, et pourtant on se passionne pour cette histoire, on suit ses pensées, ses cheminements, et surtout on attend de savoir quelle issue aura cette histoire... Evidemment le récit tend à faire relativiser beaucoup de choses, le superflu par rapport au strict nécessaire, au coeur de ce texte... Avec pour moi deux pages marquantes d'ailleurs, où elle fustige le rythme quotidien et normal en ville, qui ruine les nerfs, alors qu'on devrait toujours tendre à se rapprocher de la nature, et à ne pas se mentir...

Un texte très fort, que je remercie Jérôme de m'avoir fait découvrir...

 

. Le mur invisible, Marlen Haushofer, éd. Babel. Paru en 1968, Actes Sud en 1985. 

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9 Août 2012, 14:02pm

Publié par la souris jaune

"L'ennui que j'éprouvais souvent était celui d'un paisible cultivateur de roses à un congrès de fabricants d'autos".

Marlen HAUSHOFER

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...155

9 Août 2012, 13:58pm

Publié par la souris jaune

"En ville on peut vivre de longues années de façon trépidante, le système nerveux s'en trouve ruiné mais on peut tenir longtemps. Mais personne n'est pas capable de faire des ascensions de montagne, de planter des pommes de terre, de couper du bois ou de faucher pendant plusieurs mois de façon trépidante".

Marlen HAUSHOFER

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