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Le blog de la souris jaune

... 776, individu et société

29 Septembre 2022, 09:23am

Publié par LaSourisJOne

"En Amérique, l'individu n'est rien. Il fait l'objet d'un culte abstrait ; en le persuadant de sa valeur individuelle, on arrête en lui l'éveil d'un esprit collectif ; mais ainsi réduit à lui-même, on lui ôte tout pouvoir concret. Sans espoir collectif, sans audace personnelle, que peut faire l'individu ?"

Simone de BEAUVOIR, 1947

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... 775, vivre dans le monde

23 Septembre 2022, 09:05am

Publié par LaSourisJOne

"On ne peut pas plus accepter ou refuser un monde le monde. Il s'agit d'y choisir ses amis et ses ennemis, d'y affirmer ses projets et ses révoltes singulières".

Simone de BEAUVOIR

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L'Oiseau Canadèche :)

23 Septembre 2022, 08:50am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce petit roman traduit de l'américain se lit rapidement et avec plaisir.

Nous ne sommes pas dans une histoire légère, si l'on s'en tient aux faits, pourtant ce n'est pas ce qu'il en ressort, car les événements sont traités comme des faits sans pathos, avec distance et humour.

L'histoire : perdant sa mère, le petit Titou va se retrouver élevé par son grand-père à la personnalité bien trempée. Dans un ranch, aux Etats-Unis. On va les voir vivre, vieillir mais surtout vivre tout simplement, avec un animal domestique à la personnalité elle aussi bien trempée : une canne ! Le grand-père confectionne et boit son wkisky, le petit-fils a la passion des clotures, et la canne, la canne a ses habitudes et ses goûts !

J'aime beaucoup l'épisode où ils vont au ciné tous les trois (à l'ancienne, le récit se déroule dans les années 60 : le film qu'on regarde de sa voiture) et les préférences cinéphiliques de Canadèche...

Le récit n'est pas chronologique, c'est aussi ce qui le rend léger aussi peut-être, il mèle les temporalités rapidement pour en arriver au personne finalement central de ce roman : l'oiseau canadèche ! 

Ca a un côté "En attendant Bojangles" avec cet étonnant animal domestique qui prend une place dans le roman, sans rien avoir à voir bien sûr et les sentiments amoureux en moins.

Je mettrais un bémol sur la fin et ses morts que je n'ai pas aimée.

. L'Oiseau canadèche, Jim Dodge, USA 1984, tradutit de l'américain éd. Cambourakis, 2010

 

 

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Croire aux fauves :)

18 Septembre 2022, 09:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman... 

Roman, et récit autobiographique : on se doute que c'est aussi cela.

J'ai commencé par être très emballée par ce livre : j'aimais sa narration, l'histoire, le rythme...

Mais l'analyse a pris le pas sur l'histoire, et je l'ai regretté... J'aurais aimé que ce livre reste sur le plan de la narration, puisque tout pouvait y être palpitant, avec un tout petit peu d'anlyse pourquoi pas... Ici, elle prend beaucoup beaucoup de place, doublée de réflexion sur la vie et cet aspect-là ne m'a pas plu. Ce sont donc mes réserves quant à ce livre.

Le point de départ est donc tout à fait extraordinaire : nous rencontrons l'héroïne, anthropologue, sur de hautes plaines du Kamtchaka en URSS, alors qu'elle vient de livrer combat à un ours, sanguinolente... 

Et elle en réchappe. Evidemment, c'est la chose incroyable. La femme qui a survécu à l'ours. 

Nous suivrons son après, sa tentative de reconstruction, physique tout d'abord : d'hôpitaux en hôpitaux, d'abord en Russie, puis en France, à la SAlpêtrière et à Grenoble pour "récupérer" un visage en partie emporté par l'ours... Rudes épreuves, péripéties hospitalières peu encourageantes : tout cela est très intéressant.

Ce qui est tout à fait intéressant aussi, et qui reste assez peu raconté finalement même si ça tisse l'arrière-plan du livre pour une partie du livre cependant, c'est sa vie là-bas, sa vie au contact de la population, les liens qui se tissent et le contexte de défiance gouvernemental à l'égard des étrangers, voir de certains civils par rapport à des zones stratégiques où elle passe...

Nous la voyons écrire, tenter de se reconstruire, et tenter de comprendre, évidemment. Ce qu'on peut comprendre, aussi ! Pourquoi elle y est allée, pourquoi elle a survécu, ce qu'elle va devenir... Mais tout cela est souvent très métaphysique, ce que je regrette donc.

Etonnante découverte cependant, et évidemment fascinante. J'aimerais bien lire autre chose d'elle sur le sujet, je crois.

. Croire aux fauves, Nastassja Martin, ed. Verticales, 2019.

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Songe à la douceur :)

17 Septembre 2022, 09:09am

Publié par LaSourisJOne

Roman...

Difficile je suppose de considérer ce livre comme n'importe quel livre...

Je ne connaissais pas cette auteure, c'est une découverte. Cependant, on crie au génie.

Evidemment, elle marque sa patte, visuellement déjà, puisque le texte, loin de remplir les pages comme un roman imprimé classiquement, fait des vagues sur la page ; ainsi il est découpé à la manière d'un long poème de forme libre de 250 pages, accueille même des calligrammes ou parties du roman en calligramme (tout à fait réussi et approprié, celui des deux visages, à la fin...) ; on a aussi une "voix-auteur" présente de façon là encore particulière, comme un interlocuteur du livre, qui n'aurait pas tous pouvoirs sur ces personnages, comme un observateur. 

Alors : l'histoire mèle aujourd'hui et il y a dix ans ; nos personnages sont des ados qui avaient 14 et 17 ans, et qui donc en ont dix de plus aujourd'hui ; Tatiana et Eugène. Et puis la soeur de Tatiana, Olga, et comment l'occulter en arrière-plan crucial, comme rouage d'un drame, Lensky. 

Ce sont des amours de jeunesse, avec la force sincère, authentique de ceux-ci. 

Eugène rejette Tatiana, et puis ils se revoient, dix ans et plus tard, et là... 

C'est très bien écrit, on ne peut le nier ; l'auteure a même des façon extrêmement personnelles de décrire, ce n'est pas si fréquent.

Je dois avouer cependant que j'ai trouvé le temps long ; il y a beaucoup de "commentaire" dans le texte, c'est un peu sa patte, beaucoup dans l'air du temps, ai-je pensé ; ça gonfle, ça gonfle, ça prend de la place et en ce qui me concerne, cela m'agace un peu, car je le trouve bavard, ce texte... même s'il est habile.

Je souligne la fin ; je l'ai trouvée très belle, vraiment, je me suis même dit que la lecture valait pour la fin.

Il est sans doute à considérer comme conseil précieux pour la jeunesse, ou comme parabole : il faudrait sans doute, lorsqu'on a 17 ans, songer à la douceur, vraiment, profondément, or, à 17 ans, on semble programmé pour ne pas y penser...

. Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, 2016.

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Slade House :))

11 Septembre 2022, 08:33am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Eh bien, eh bien... Comment ce livre-ci m'est-il tombé entre les mains ?! Je ne saurais dire... En tout cas, je ne regrette vraiment pas ! 

Il est pour le moins surprenant. Très bien ficelé. Nous tient en haleine. On s'attache aux personnages, la narration est habile et bien menée. Mais... au pays des revenants ! Non, dit comme ça, ça marche pas. 

Comment vous expliquer ? Les chapitres se succèdent, non dans un ordre forcément chronologique, mais des bulles d'un temps commun se déroulant tous les neuf ans. J'ai trouvé que nous n'avons pas de mal à identifier les personnages, alors que dans ce type de livre, ça arrive parfois...

Bon, allez, j'essaie de vous le raconter un peu... Vous comprendrez pourquoi j'attends, j'hésite : 

les deux personnages principaux, enfin qui créent le fil de l'histoire sont un frère et une soeur, des jumeaux... non, je ne dois pas vous en dire plus !

Si je suis entrée dans ce livre, sans doute, c'est parce que le premier chapitre nous cueille : j'ai véritablement été happée par l'histoire, et j'ai forcément eu envie de voir ce qui se passait après...

Bon, je reessaie : dites-vous qu'il sera ici question d'une quête d'âmes, d'enquêtes, de maison hantée... Tout cela est à la frontière du réel, et bien au-dela, le suspense est haletant alors on fonce... Je trouve que c'est raconté avec une certaine distance, et avec brio alors on prend.

Bon, je ne suis pas parvenue à vous en dire plus ! Vous rencontrerez un enquêteur, une jeune femme et sa bande d'amis qui souffre de sa grosseur et de son apparence physique, la soeur de cette jeune femme, un garçon d'une douzaine d'années et sa mère... Une maison bourgeoise, dissimulée dans une réelle, derrière une petite porte sombre, presqu'invisible...

Et toujours, le frère et la soeur, machiavéliques...

Je sais, c'est mystérieux. Mais je vous recommande !

. Slade House, David Mitchell, anglais, 2016 ; traduction française 2019, éditions de l'Olivier.

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