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Le blog de la souris jaune

Articles avec #adolescence

Une bouteille dans la mer de Gaza :)

3 Mai 2017, 08:04am

Publié par LaSourisJOne

Roman ado. (A partir de 15 ans)

D'abord un attentat, à Jérusalem en 2003. Les jours d'après, dans cette ville. Par le prisme d'une jeune fille d'environ 19 ans. Comment vivre avec, après ça. Quotidien récurrent, bouleversé. Quotidien d'étudiante aussi. Et puis soudain, celle qui a la chance de grandir dans une famille intelligente et aimante réfléchit : comment enrayer cette guerre de deux peuples, vivant à une centaine de kilomètres l'un de l'autre ? Elle connaît l'Amérique, par internet et tout ce qu'elle peut y voir, mais elle ne connait rien de la bande de Gaza. Alors elle décide d'écrire une lettre, et de faire passer cette lettre dans cette bouteille "à la mer", par le biais de son frère, militaire... Le frère est prudent, mais dépose quand même l'objet sur une plage de Gaza, et... un jeune homme, qui se surnomme "Gazaman" va lui répondre, à l'adresse mail qu'elle a créée et indiquée. 

Va suivre un échange de mails basé sur la personnalité de chacun, et donc épisodique, construit sur la peur, le rejet, la colère au départ, de Gazaman. Colère de cette vie-là, qu'il reporte contre l'optimisme de cette fille-là, et puis un attachement qui naît. Une inquiétude, sollicitude, lorsqu'un attentat frappe d'un côté ou de l'autre, aussi, après... 

Ils ont réussi à se parler et à devenir amis, de part et d'autre de cette ligne, et pour chacun d'eux c'est une victoire, un espoir...

Une jolie histoire, qui permet une immersion au coeur du quotidien d'une jeunesse confrontée à une guerre qui dure depuis tant d'années...

Une agréable lecture.

. Une bouteille dans la mer de Gaza, Valérie Zénatti, éd. L'Ecole des Loisirs, 2005.

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Les règles d'usage :))

15 Décembre 2016, 08:53am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

New-York. Sans qu'on le sache - quelle autre pire manière de flinguer son récit et son suspense aurait été que de nous le dire avant ? - on est en 2001. 11 septembre. Mais la date est trop forte, trop submergée d'informations pour être écrite comme telle et dénuée de sens pour écrire une histoire. Alors, c'est un jour comme les autres. Wendy, 13 ans, va au collège. Ses tracas de collégienne. Ses embrouilles avec sa mère... Son attachement à son petit frère, 4 ans, un peu collant. Le chéri de sa mère, chouette, parfait même, mais contre lequel elle ronchonne quand même... En cours. Et puis, soudain, par les fenêtres du collège... Un fracas... Une pluie de cendres... Le collège qu'on boucle sans rien savoir, sans rien comprendre, en attendant que les familles viennent récupérer leur enfant... Ces premières scènes, ces pages dans le quotidien de la jeune fille, alors qu'elle ne sait pas encore... 

Enfin, le compagnon de sa mère arrive, portant Louie (comme Louis Amstrong) dans ses bras. Il lui apprend ce qui s'est passé, ce 11 septembre... Or : sa mère était ce matin-là partie travailler, légère, sa robe et ses sandales à talons rouges, à son bureau, comme chaque jour... dans l'une des deux tours jumelles. 

Commence alors, à la mesure de la personnalité des trois protagonistes, l'attente. Avec ce que chacun y met. L'espoir... longtemps... Et puis Wendy comprend. Son vrai père, celui qui ne l'a pas élevée et dont sa mère, belle et lumineuse, lui traçait le portrait d'un homme vivant pour lui, sans se soucier des autres, arrive un jour, à l'improviste, et veut emmener Wendy... Alors, elle se résout à partir pour la Californie, comme un déchirement au départ... Mais elle part.

On va la voir, pas à pas, lentement, avancer. A son rythme, avec ses moyens. Les choses qu'elle met en place, le temps qui fait son oeuvre... Les rencontres qu'elle fait, alors qu'elle ne peut plus aller au collège - qui lui paraît alors si vain. Le libraire. Mais aussi cette jeune femme, si jeune, qui a donné la vie à un bébé, alors qu'elle même n'a pas fini de grandir ou presque... 

Les souvenirs affluent, à leur rythme, sans aucune maîtrise. C'est tellement juste, ça paraît tellement proche du réel... Ce passage du temps est véritablement très bien donné à voir. Et puis cette lente, inexorable reconstruction. Juste parce qu'on n'a pas le choix. Sans leçon, sans manuel, parce qu'il n'y en a pas...

Joyce Maynard une fois encore (J'avais vraiment beaucoup aimé L'homme de la montagne, déjà) s'empare d'un fait-divers - et pas des moindres, cette fois-ci, tellement indissociables d'histoires, déjà - et le travaille dans le registre de l'intime. Du point de vue de l'intériorité d'un ou plusieurs personnages.

Merci à Mélanie, pour le partage !

Les règles d'usage, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, septembre 2016

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Continuer :)))

30 Novembre 2016, 07:48am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis entrée doucement, à petits pas, dans ce livre. Un peu déconcertée par l'emploi du présent et les paysages. Et puis plus le récit avançait, plus j'étais prise. Captivée, capturée par cette histoire...

Alors : ce fils de 16 ans qui déraille, qui s'isole, s'emprisonne dans un monde de plus en plus dénué de mots, et amorce une grosse connerie... La mère, qui l'élève, comme elle peut, avec sa volonté, sa force et ses faiblesses humaines, regarde, voit, et décide... La beauté de cette décision qui va tout changer ! La luminosité d'un choix qui porte parce que c'est celui qu'on avait l'impression devoir faire ! La petitesse de ce père qui revient épisodiquement, qui se croit au dessus d'eux, d'elle, et qui est au dessous de tout... Mais rien de trop psychologique, là dedans. Un merveilleux dosage sans pathos non plus. 

Les temporalités du récit s'emmêlent très naturellement et se donnent de la force mutuelle pour éclairer qui le présent (la chevauchée à cheval), qui le passé (du fils, de la mère). Je sais que l'épopée sauvage ne m'aurait pas suffi en elle-même qu'elle est amplifiée par ces morceaux de quotidien d'avant.

Il y a du David Vann dans ce Laurent Mauvignier, dans ce face-à-face entre cette mère et son fils de 16 ans. Rugueux sur l'intériorité de chacun, sans consession, sans faux-semblant jusqu'à l'âpreté. La fragilité, les failles, la grande errance qui est la notre, les tatonnements... 

Ca interroge beaucoup sur ce qu'on fait, et sur cette vigilance que malgré le tourbillon de la vie, il ne faut jamais perdre. C'est touchant, merveilleusement touchant et source d'espoir de voir le progressif retour à la vie de l'adolescent, venu d'une volonté, et du retour à l'essentiel. Ca donne la foi en ce que l'on croit et qui est si souvent mis à mal par beaucoup de choses alentours (les bien-pensants, le temps, la course au temps, ...). C'est une magnifique trouée de lumière, qui donne envie d'y revenir. Je pense d'ailleurs que j'aurai envie de le relire, ce livre.

Un grand merci à Sandrine pour sa transmission :)

Bibliothèque d'Evran.

. Continuer, Laurent Mauvignier, éd. de Minuit, septembre 2016

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Ma mère, le crabe et moi :)

20 Novembre 2016, 19:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman ado.

Bon, Anne Percin, j'en ai de toute façon de bons souvenirs, volatiles, sans doute, mais bons, d'un plaisir certain ! (Comment bien rater ses vacances, 2010 notamment). Alors, ne boudons pas notre plaisir ! Evidemment, celui-là, légère réticence, puisqu'il y était question, je le savais, de cancer, du sein. Et puis me dire, si j'y arrive pas, je m'arrêterai ! Et puis, en fait, même si rien ne nous est épargné, c'est narré avec tellement d'humour, que ça fait du bien. Humour, auto-dérision de l'héroïne, 15 ans, aussi... J'adhère ! Donc, l'ado. Blog gothique, etc. Et puis la mère, avec qui elle vit seule parce que son père l'a larguée pour une pétasse, qui a un cancer du sein. J'aime la manière dont elle commence à s'en méfier, à s'interroger, regrettant, pestant contre sa mère qui fait la brave pour la protéger et tente de le lui dire au dernier moment ; j'ai aimé le côté 'deux pieds dans le plat' volontaire, plein d'humour, de l'ado ; sa façon d'affronter, parce qu'il n'y a pas le choix, parce qu'il faut bien traverser, coûte que coûte... Son soutien impulsif lorsque sa mère a honte de sortir sans cheveux et qu'elle se rase violemment la tête et les sourcils devant sa mère, lui disant mais ça repousse ! Son courage d'affronter son collège, empruntée et de plus en plus forte, avec cette toute nouvelle tête, née de l'impulsion, la complicité qui naît entre la mère et sa fille, sur le mode du rire, le discret soutien, l'affection qui se voit et s'accepte, et puis la volonté alors de l'ado, de se dépasser... Parce qu'on a qu'une vie, parce que pourquoi pas ?

Très plaisant !

Médiathèque de Saint-Malo.

Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin, sept 2015. Prix ados 2016-2017 35.

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Au bout du voyage

2 Juillet 2016, 17:52pm

Publié par LaSourisJOne

Au bout du voyage

... Bon, ce livre est bizarre. Lorsque j'étais tentée de me couler dans une histoire qui pouvait avoir son petit piment, son suspense, il y avait de loin en loin des petites choses qui me gênaient. D'abord, l'incohérence de l'âge, quand même, selon moi : l'héroïne, Mila, a 12 ans. Pourquoi lui avoir donné 12 ans ?? Ah oui, parce que le sujet du livre était : l'apprentissage, parfois rude (ça c'est intéressant) du monde adulte par un enfant. En cela, c'est plutôt bien fichu, puisque le livre nous donne à voir qu'il n'est pas si simple de juger, et que donc, dans la posture d'un enfant on peut se retrouver face à des adultes qu'on pourrait vouloir juger très sévèrement, alors qu'ils ont pu, par faiblesse, par lâcheté, par maladresse, se laisser embarquer dans des situations d'erreurs... Ca a le mérite de dire : eh oui, les vies ne sont pas parfaites, on se goure, on fait du mal, et parfois on est encore plus empêtré pour s'en sortir parce qu'on a alors à gérer le cortège de culpabilité, de perte de confiance en soi, etc... Ca c'est plutôt pas mal, surtout qu'on découvre cela au fil de l'histoire au rythme de l'héroïne, Mila, 12 ans, donc. Ce qui m'a beaucoup gêné, c'est la maturité psychologique de l'enfant, et le décalage entre le père et Mila, justement : on a un père ici très agaçant, très faible d'ailleurs dans sa caratérisation, et j'avoue qu'il m'a beaucoup saoulé, ce père qui va à Etats-Unis avec sa fille donc, parce que c'était prévu comme ça pour un petit voyage : dont le meilleur ami - qu'ils vont voir, là-bas - s'est fait la malle, qui met une mollesse absolue dans toute cette histoire, y compris semble t-il dans les échanges alors même que c'est son meilleur ami, et la femme de son meilleur ami. Et en plus on apprend au fil de l'histoire qu'il avait été prévenu par lui qu'il partait, il ne dit rien à Mila, alors qu'elle se pose énormément de questions quant à cette disparition et qu'elle la prend très à coeur. Je ne comprends pas dans le parti-pris narratif pourquoi il n'a pas été décidé que cette aventure, ils la vivent, mais qu'au moins, il ne la prenne pas pour une conne, avec ce jeu de dupe, où elle cherche, espère, alors que lui, le père, a déjà des éléments de réponse ?

M'ont agacé encore de petites choses ponctuelles, moins gênantes : pourquoi Mila appelle t-elle son père et sa mère, dans la narration par leur prénom ? J'ai eu du mal à m'y faire.

Je trouve en outre qu'en lui donnant 15 ans, le roman aurait tout autant fonctionné, et aurait même été plus crédible.

Je précise encore qu'on reste quand même un peu sur sa faim au niveau de l'histoire, tout cela s'effiloche un peu finalement...

Hormis ces réserves, eh bien on est dans la peau d'une adolescente (euh, d'un âge indéterminé), plutôt observatrice et psychologue, et on traverse des contrées américaines enneigées (on retient surtout la neige, pas de caractérisation de l'Amérique particulière dans ce récit je trouve que ça pourrait finalement se passer n'importe où).

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au bout du voyage, Meg Rosoff, éd. Albin Michel, Wiz, septembre 2014.

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Highline :)

11 Août 2015, 23:41pm

Publié par LaSourisJOne

Highline :)

Roman ado.

Petite gourmandise que ce livre-là. Raffraîchissant, vif, tendu... comme une corde entre deux immeubles de 100 mètres chacun. Car c'est toute l'histoire de ce livre-là : il commence par un pile ou face entre deux amis, on ne comprend pas trop l'enjeu, puis le héros va se retrouver suspendu au dessus du vide, devant traverser sur une corde sans filets cinquante mètres en funambule. On tremble, avec lui. On vit, comme lui, avec les soubresauts de peur, sa traversée, au gré de ses pensées, entre force mentale et doutes. C'est très très attachant : car le récit est mené efficacement, avec souvent des phrases courtes, parfois nominales, qui font mouche. Et l'on se prend d'affection pour ce personnage dont on finit par deviner les motivations qui l'ont poussé à ce geste de folie : la jeunesse, la volonté de fuir la médiocrité, l'absence de mère, et on aime la force d'esprit dont il fait preuve, sur le fil, ainsi que ses prises de conscience, alors que tout cela se passe sans doute en quelques minutes : oui, la vie doit être vécue, oui, beaucoup de choses dont on ne prend pas forcément la mesure valent la peine d'être vécues, sont belles, tout simplement. C'est un très bel hymne à la vie, finalement.

Médiathèque de Saint-Malo.

Highline, Charlotte Erlith, éd. Actes Sud Junior, 2015.

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Notre petite vie cernée de rêves :)

7 Mai 2015, 13:17pm

Publié par LaSourisJOne

Notre petite vie cernée de rêves :)

J'ai dû emprunter ce livre pour son titre que j'ai adoré, et sa couverture. Pas de regrêt. On est plongé dans la vie du jeune Albert Scully, 17 ans, qui entreprend de nous raconter son histoire. Non sans humour, et sensibilité. C'est un Albert différent des autres, et dieu sait que la différence, adolescent, n'est pas facile à vivre. Alors voila, lui, bien que très intelligent, il est nul à l'école, solitaire, et ne s'intéresse qu'à des sujets 'qui ne sont pas dans le manuel' : il aime jardiner, il aime la Nouvelle Zélande, Shakespeare et les remorqueurs.

Il vit au sein d'un couple qui subit son existence d'adulte : elle, jusqu'à la caricature vivant par procuration gavée de séries américaines à l'eau de rose, emplie de clichés, mais touchante, lui, l'assureur raté, qui passe son temps et éreinte sa vie à trimer pour acheter des robots-ménagers à n'en plus finir à madame... Et qui boit, sans doute pour oublier tout ça.

Ca se passe probablement dans les années 60 ou quelque chose comme ça...

Un jour, le jeune homme fait la connaissance de sa voisine, une vieille femme de 80 ans qui brûle ses déchets dans son jardin, vit comme une clocharde, et qu'il commence par juger 'foldingue', avant de tomber sous le charme d'une véritable rencontre. Lui aura-t-elle menti sur elle ? Est-ce l'important ? Ou ce qui compte n'est-il pas qu'il ait pu grandir, changer, s'accepter, aimer la vie grâce à la rencontre de l'autre et l'échange ?

C'est un joli livre, plutôt aérien, pas plombé, pas dans le pathos. Un livre sur la différence, bien sûr, mais aussi sur l'amour au sens large, le partage, les rencontres humaines qui changent une vie, et évidemment sur les concessions qu'on doit faire ou pas, pour être bien avec soi et dans sa peau.

Médiathèque de Saint-Malo.

Notre petite vie cernée de rêves, Barbara Wersba, éd. Thierry Magnier, 2008.

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Orages :)

31 Janvier 2015, 22:21pm

Publié par LaSourisJOne

Orages :)

"J'ai entendu un ami auteur dire un jour lors d'un débat que la seule question qui lui semblait importante quant il s'agissait d'écriture était de savoir d'où l'on écrit. J'écris de l'exil". C'est l'exergue du roman, mais finalement ça en dit beaucoup.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, roman d'un parcours initiatique, d'une jeune femme de 15 à 30 ans. Pragmatique. Qui vit. Sans pouvoir s'offrir le luxe de la glose. J'ai beaucoup aimé cette force, qui la guide par dela elle même ; une force qu'on n'a pas besoin de comprendre, ou que l'on n'a pas besoin que l'on nous explique, mais que l'on sens, finalement. Alors il y a cette jeune narratrice, dont le corps reste enfant, parce qu'elle pense qu'ainsi elle retiendra sa mère en train de mourir d'un cancer. Dont le père est parti pour reconstruire sa vie avec une autre famille. Et qui reste marquée par ce Sachat/Alexandre, qui appartient à son passé. A belgrade. Comment se construire avec cet héritage, et une ville qui affronte la guerre ? Pragmatiquement, en partant d'abord, puis en lambeaux, et en y revenant. Pas en conscience, plutôt en écoutant ce qu'impulse le corps. C'est ainsi que l'on suit la trajectoire de Tamara, le personnage principal. Elle est forte cette histoire avec cet Alexandre, devenu plus que mauvais garçon, mais que les souvenirs d'enfance lient l'un à l'autre. Comme s'ils faisaient revivre l'ancien temps, jeunes égarés, malmenés par les chemins qu'il faut se construire coûte que coûte, sans repère. Elle est forte cette histoire, et touchante, entre Tamara et Alexandre, entre Tamara et tous les gens qu'elle croise, elle qui est à vif, et qui se recout petit à petit, se reconsolide petit à petit, parce qu'il faut bien, parce que si l'on choisit de vivre, eh bien...

Un très très bel hymne à la vie, simple. A la force de vie.

Et un très beau récit sur Belgrade et une partie de son histoire sombre.

Médiathèque de Pleurtuit.

Orages, Sonia Ristic, éd. Actes Sud Junior, 2008.

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Un oiseau blanc dans le blizzard

27 Janvier 2014, 12:41pm

Publié par LaSourisJOne

Un oiseau blanc dans le blizzard

Une couleur : le blanc. Mais ce n'est pas ici le blanc de la pureté qui prévaut, mais le blanc froid, dur, qui coupe, qui heurte. La glace. Le blanc qui étouffe (le coton). L'univers de Laura Kasischke n'est pas un univers de confort, il est comme une lumière crue en plein visage... C'est un univers d'images, et de symboles avec lequel il faut se familiariser. Si tant est qu'on s'y familiarise. En tout cas, on évolue ici sur plusieurs années dans l'univers d'une adolescente, lycéenne, qui voit soudainement sa famille se disloquer : du jour au lendemain, sa mère disparaît. Une mère qu'au fil du récit il nous est donné de découvrir, à travers les souvenirs expurgés de l'héroïne, une mère au foyer qui s'ennuie, tranchante et sans concession avec sa fille.

La jeune fille vit donc avec cette disparition. Cette situation est donnée à voir comme une nouvelle inquiétude structurelle plus que comme un traumatisme. Même si elle va voir, un peu comme un rituel, une psychologue, qui l'aide pourtant, le récit n'est surtout pas donné à voir dans son aspect psychologique. Les personnages font avec. Avancent. Se cotoient plus qu'ils n'échangent. Finalement, assez remarquablement à l'image d'un univers d'adolescent(e). Et c'est sans doute en cela que c'est fort : la puissance de Laura Kasischke à retraduire par son récit le malaise, le "en cours de construction", le "à l'état brut" de l'adolescence ; toute tentative de glose est superflue, l'adolescent se débat comme il peut. Point. Exit la psychologisation. Et c'est ce qu'il en ressort de ce livre. Sur fond quand même de traumatisme familial, et d'intrigue qui se noue l'air de ne pas y toucher, mais sûrement, autour de quelque chose de glauque, de profondément symbolique, sans doute, mais de glauque... Puisqu'on finira par savoir où est la mère... Et bien sûr, sur fond de construction d'une personnalité dans l'âge de l'entre-deux, qui se bricole, contraint de se bricoler, car ado, dans un univers d'adultes, quel autre choix ? L'habileté de Laura Kasischke est incontestable ; cela dit, je confesse que ce n'est pas du tout ma tasse de thé...

. Un oiseau blanc dans le blizzard, Laura Kasischke, Christian Bourgois éditeur. Parution : août 2012.

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Je crois que je t'aime :))

3 Septembre 2013, 11:50am

Publié par LaSourisJOne

Je crois que je t'aime :))

Que voici un roman réjouissant ! Frais, un petit bonheur. Autour de la thématique pas si fréquemment exploitée des idôlatries adolescentes.

Pétra en 1974, et en 1998. A 13 ans, une idole du chanteur "de charme" David Cassidy. Avec son amie Sharon, elles traquent tout ce qui les rapprochent de leur idôle, on l'a tous vécu ! Jusqu'au jour où elles participent à un grand quizz sur celui-ci, l'enjeu étant de le rencontrer... Mais n'apprennent qu'elles ont gagné qu'en 1998 ! Au décès de sa mère, rigide et d'origine allemande, qui avait caché le courrier à Petra : elle la retrouve alors dans l'armoire qu'elle vide... On a tout autant de plaisir à suivre les deux Pétra, dans deux temporalités différentes. L'amour, la naissance de l'amour, à travers le rôle joué par l'attachement à une pop-star est vu de façon sensible et drôle. La vision de la constitution de la personnalité par compensation de la distance parentale est une façon de scruter l'adolescence plutôt intéressante. Et il y a ce personnage, que l'on suit parallèlement, le journaliste qui écrit dans le magazine consacré à David Cassidy, et invente les réponses qui le concernent... Une lecture très plaisante et raffraîchissante !

Je crois que je t'aime, Allison Pearson, éd. Plon. Parution mai 2011.

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