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Le blog de la souris jaune

... 423

28 Janvier 2016, 22:51pm

Publié par LaSourisJOne

"Je crois que la vie peut changer grâce aux hommes, je ne parle pas de hausser le ton, je ne parle pas de poings dans la gueule, je te parle de regarder plus haut et de tenir à l'Idée".

Didier CASTINO

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Lady Roxane :)

26 Janvier 2016, 22:03pm

Publié par LaSourisJOne

Lady Roxane :)

Roman.

C'est le dernier roman de l'Anglais Daniel Defoe (auteur de Robinson Crusoe), publié en 1724. Bond dans un autre temps, des siècles en arrière, et j'avoue que j'ai apprécié de me frotter à une autre langue, une autre époque, d'autres moeurs... Mentionné par un invité dans une émission de France Culture il y a peu de temps, j'avais noté la référence, et ai pu l'emprunter en édition 'La Pléiade', ce qui m'a évité de me rendre compte que c'était un pavé d'environ 400 pages. C'est raffraîchissant, malgré la narration relativement ampoulée, et les nombreux détails d'une histoire fleuve. Impossible cela dit, et c'est étonnant, d'en sauter quelques uns, le livre se lit comme un roman foisonnant dont il ne faut rater une ligne. C'est l'histoire d'une vie singulière, narrée par le personnage féminin principal, Lady Roxana. Tout est à replacer dans l'époque, et m'a paru intéressant : ce destin d'une femme qui choisit sa vie, avec grand pragmatisme, grand sens des affaires, après un mariage malheureux et choisit une grande partie de sa vie de ne pas transiger avec sa liberté. Aussi, il y a ce premier mariage qui la marque, parce que l'époux inconséquent la laisse avec plusieurs enfants sans le sou, et dans la misère. Pour sauver sa peau, et celle de ses enfants elle les quitte et les fait confier à une partie de sa famille plus fortunée, même si l'on verra que le rapport aux enfants, pour cette femme, ou pour cette époque, est tout autre, puisqu'ils arrivent sans que l'on puisse en maîtriser la venue, que la mortalité est sans doute élevée on imagine et l'on voit ici un attachement très très relatif. Reconstituant sa fortune, profitant de la vie et de son physique avantageux, ne rechignant pas aux honneurs et à être courtisée, sans toutefois jamais céder aux sentiments, elle mène ses affaires financières, assure ses placements financiers et associe son destin à des hommes dont elle pense ne rien avoir à craindre en matière de revers de fortune. Il y a aussi l'amie, la servante Amy, confidente, qui la sert presque jusque la fin ; finalement elle va tout de même, - et on lit là un véritable contrat bourré de garanties - épouser à nouveau un homme, après avoir juré qu'il n'en serait plus jamais le cas : le destin des femmes à cette époque est intéressant à contempler, celle que l'on surnomma Lady Roxane explique qu'une fois mariée, tout pouvoir appartient au mari, et il en est fini de son libre-arbitre. Elle se gardera de cela jusqu'à la fin. Mue par une peur d'y concéder plus forte que tout. Puis viennent les remords, quant aux enfants, les tractations qu'elle établit pour leur venir en aide sans ruiner sa réputation, car à l'époque aussi, grandement, et pour elle, il y a au coeur de tout, la préoccupation d'une réputation. Ces remords l'accompagnent, la minent, et finalement, la fin est quand même très étonnante (voire un peu courte ?) : cinq lignes, et elle qui roulait sur l'or et avait tout fait pour, essuie des revers de fortune - à nouveau, malgré ses précautions extrêmes - dont elle ne nous dit rien. Mais qui la plongent à nouveau dans la misère. Comme s'il y avait une "morale" ? Evidemment, il y a ici encore des excès dont on s'amuse parfois, qui peuvent être lourds, mais qui font partie du charme du récit : les flots de larmes, les défaillances en cas de bouleversements, les conversations très longues pour en arriver à convaincre un interlocuteur, mais tous ces excès restent charmants. Je ne dirais pas que c'est un grand livre dans sa forme et dans son écriture, redondant souvent, toutefois, je trouve le témoignage vraiment précieux quant à un destin féminin, qui en dit beaucoup sur lui et sur celui des autres, d'un autre temps, où la femme était si peu maître -normalement - de son destin.

Médiathèque de Saint-Malo.

Lady Roxane, Daniel Defoe, 1724.

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... 422

26 Janvier 2016, 21:47pm

Publié par LaSourisJOne

"Il ne faut jamais révéler les secrets tant qu'il n'y en a pas une utilité évidente".

Daniel DEFOE

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... 421

21 Janvier 2016, 21:01pm

Publié par LaSourisJOne

"Si j'avais l'infortune d'être femme, j'étais décidée à ne pas empirer ma condition par des questions de sexe ; et que, la liberté semblant être le privilège des hommes, je serais une femme-homme : née libre, je mourrais telle".

Daniel DEFOE

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... 420 !

15 Janvier 2016, 13:43pm

Publié par LaSourisJOne

"Mesdemoiselles, prenez n'importe quoi, mais pas un niais ; que dis-je ? Soyez n'importe quoi, restez même vieille fille, ce qui est la pire des malédictions, plutôt que de vous mettre en ménage avec un niais".

Daniel DEFOE !

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A propos d'amour :)

14 Janvier 2016, 08:05am

Publié par LaSourisJOne

A propos d'amour :)

Chick litt.

Le titre est commun et ne dit rien du livre.

Mais c'est un bon livre de 'chick litt' ! Avec des personnages certes (un peu) caricaturaux au départ, mais dont la psychologie nous est vraiment livrée, qui ne sont pas monoblocs, et qui vont surtout évoluer, et même changer. Je n'ai donc pas lâché ce livre de 500 pages, pour suivre et retrouver à chaque moment du jour, dès que possible, la vie quotidienne de Sylvie (55 ans ?), Diana et Lizzie, ses deux filles, adultes toutes les deux ; l'une, Diana, femme 'parfaite' aux yeux de tous, médecin, mais dont on découvre le cheminement et ce qu'elle s'impose sans être heureuse pour en arriver là, et Lizzie, étiquetée depuis toujours (mais surtout dans sa propre tête) comme la fille 'ratée', et donc qui galère, ex-junkie, et qui est si attachante et si belle lorsqu'elle se fait confiance.

Ah : Sylvie est la femme (sacrifiée, euh, autosacrifiée !) d'un homme politique en vue, Richard ; aussi sa vie tourne autour de lui, et de ce qu'elle fait, sans aucun doute, par amour et parce qu'elle aime vraiment son mari, pour son mari. Seulement voila : un jour, le scandale éclate à la télé (américaine, m'enfin, en France, est-ce que cela maintenant n'aurait pas été pareil !?) : il a trompé son épouse, il a eu une liaison avec son assistante, et lui a trouvé un boulot. Le scandale s'étale sur tous les écrans. Comment les trois femmes vont-elles vivre l'événement ? On va donc être dans la tête et la peau de celles-ci après tout ça. Et c'est super. Colère, reconstruction, découverte de soi : véritablement, j'ai adoré toutes ces étapes. Et puis ces certitudes qui s'ébranlent ; Diana qui croyait tout maîtriser et devient folle éprise d'un jeune médecin prête à faire chanceler sa mécanique familiale bien huilée, Lizzie qui pense ne pas avoir droit au bonheur, comment va t-elle faire ? Alors qu'elle rencontre enfin un type bien ? La nouvelle vie de Sylvie, qui part dans une maison d'enfance au Connecticut et sa nouvelle personnalité qui se reconstruit petit à petit est un pur bonheur. J'aurais fait arrêter ce livre au grand repas de Thanksgiving, par contre (ceux qui liront comprendront) autrement dit supprimant les 50 dernières pages ; je crois que j'aurais laissé en suspens, tout ce petit monde en pleine reconstruction sans nous donner de certitudes, ou de choix définitifs. J'ai aimé ce repas de Thanksgiving, où chacun vient avec ce qu'il est... J'ai regretté la suite, j'aurais préféré m'énerver contre l'auteure et ne pas savoir...

Merci à Nolwenn pour ce grand plaisir de lecture !

A propos d'amour, Jennyfer Weiner, US, 2010 ; éd. Belfond Livre de Poche février 2012.

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Victor Hugo vient de mourir

8 Janvier 2016, 22:44pm

Publié par LaSourisJOne

Victor Hugo vient de mourir

L'idée de me plonger dans une fresque historique, ou au moins un roman autour d'un grand homme me plaisait bien. J'avoue que je n'ai pas été conquise. Fouillis, fatras, pas hiérarchisé... On apprend à la fin pourquoi l'auteure se lance dans ce récit, assez inégal, de la mort d'Hugo, hommage posthume à son père... Je crois que j'aurais bien aimé le savoir avant. Cela dit, ça finit sur une note pessimiste, sombre, sans ouverture, et je ne suis guère fan, je me dis : tout ça pour ça ! Nous livrer la mort d'un grand homme pour nous dire qu'il n'a laissé aucune trace, sans espoir d'ouverture !? J'ai été agacée par les 'rapports de police', les tractations autour de ses funérailles, cela ne m'a guère intéressée. Par contre, quelques idées auraient à mon sens mérité d'être creusées ; ah, ceux qui 'finissent', au Panthéon, honneur absolu, demeurent privés d'honneurs éternels, enfermés sans que personne, ni même les oiseaux puissent venir leur rendre hommage, pour le reste des jours, j'ai aimé cette idée ; j'ai regretté que les deux personnages des amis d'Hugo, sa garde rapprochée, Meurice et Lockroy ne soient pas plus développés, finalement, toute cette vie qu'ils construisent autour de ce grand homme, dans une fidélité absolue, je l'ai découvert, c'était intéressant à creuser, malheureusement, on reste un peu sur sa faim. Les rouages de la mise en place du cortège sont chiants, le cortège en lui-même quand enfin il arrive et qu'il est décrit l'est joliment, mais... finalement ce n'est pas le coeur du récit ! Dommage. En tout cas, je crois que cela m'a donné envie de (re)lire du Hugo et de comprendre en quoi il a pu marquer à ce point, plus qu'un autre, son époque.

Médiathèque de Saint-Malo.

Victor Hugo vient de mourir, Judith Perrignon, éd. de l'Iconoclaste, 2015.

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... 419

8 Janvier 2016, 22:33pm

Publié par LaSourisJOne

"Une torpeur démocratique s'est progressivement installée, comme l'électricité le long des rues, nous avons perdu l'habitude d'avancer dans l'obscurité, nous avons laissé l'algorithme économique gouverner, Marche ou crève. Nous sommes devenus de moins en moins sensibles aux épopées poétiques et au bonheur des peuples, moins tendres, moins naïfs aussi, plus froidement personnels".

Judith PERRIGNON

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Etta et Otto (Et Russel et James) :(

2 Janvier 2016, 11:02am

Publié par LaSourisJOne

Etta et Otto (Et Russel et James) :(

Bon alors. Ce roman-là m'avait drôlement donné envie. Une femme, sur la fin de sa vie, à 83 ans, décide qu'elle n'a jamais vu la mer et qu'elle veut la voir, qu'elle ira, à pied, pour cela jusqu'à elle. Elle part, un matin, subrepticement, sans prévenir son mari, Otto. On va suivre Etta dans son avancée, et Otto dans sa solitude, son attente ; une attente qu'il transforme avec courage en quelque chose de beau, j'avoue que j'ai adoré le voir aménager sa solitude ; petit à petit ; par les recettes de cuisine d'Etta qu'il va tenter de faire, on va trouver les traces de l'amour ou de la prévenance d'Etta pour Otto dans les recettes elles-mêmes, et puis il y a ces journaux qu'il achète en grand nombre parce qu'Etta (dont il ne peut qu'imaginer l'avancée) y est, photographiée par un curieux à son insu ; et ce qu'il va trouver pour habiter sa solitude pour utiliser tout ce papier : il va se mettre à sculpter, à confectionner tous ces animaux un peu partout, en papier maché. A l'image de ses artistes d'art brut, artistes sans le savoir, l'abbé Fouré, le facteur Cheval... Dans son avancée, Etta rencontre un coyotte, qu'elle appelle James, et qui va la suivre, et lui parler au long de son avancée. Mythe ou réel, déjà ? En tout cas, pourquoi pas. Ce livre m'a fait penser à tout un courant de littérature où la nature est chantre, personnage autant que les humains... Pourquoi pas... En tout cas, James ne m'a pas dérangée. Cela dit...

Les nombreux retour dans leur passé m'ont saoulée. La jeunesse d'Etta et d'Otto pendant la guerre 14-18, eh bien j'avoue que ça ne m'intéressait pas, je ne m'attendais pas à lire ça ici, et ça nous éloigne de l'épopée. Ah oui, si : on croit deviner avec cette narration quelque chose de profondément triste si tel est le cas : Etta a choisi Otto parce qu'ils se sont écrits pendant qu'il était à la guerre ; Russel aimait terriblement Etta, croyant mort Otto ils entreprennent une histoire, Otto revient et il semble qu'il s'installe dans la vie d'Etta. On a l'impression que c'est ainsi. Et en même temps, ce qui est frappant c'est l'absence de 'sentiments', dans le récit du passé ; il n'y en a pas, il n'y a que des faits, bruts.

Je crois que sans cette partie du passé le livre m'aurait beaucoup plus plu. Du coup, plus associé au fait que l'épopée s'effiloche sans qu'on comprenne bien comment (Otto se confond avec Etta, une journaliste sortie de nulle part en mal de vie concrète finit sa marche avec elle, James disparaît, on pense qu'il est mort, et puis il réapparaît...), c'est une tristesse insidieuse, une mélancolie diffuse que ce récit nous apporte. Pas de lumière, comme je l'avais imaginé, mais plus une fermeture. Finissent-ils en maison de retraite ? Les blouses qu'on voit sur la fin, sont-ce celles des maisons de retraite ? Ou l'auteur a t-elle finit par méler les deux temporalités (la blessure de guerre d'Otto, l'oreille, l'hôpital et l'hôpital pour Otto en fin de vie, et Etta au bout de son voyage) ? Je ne sais pas, et j'avoue que je n'ai pas vraiment envie de le savoir.

Si je suis contente d'avoir connu cette auteure, je suis avant tout contente d'avoir quitté son univers et son histoire.

Etta et Otto (Et Russel et James), Emma Hooper, traduit de l'anglais (Canada) par Carole Hanna, éd. Les Escales, octobre 2015.

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... 418

1 Janvier 2016, 17:37pm

Publié par LaSourisJOne

"Il y a bien d'autres façons d'être vieux, adulte, que le temps. Des tas d'autres façons. Je suis l'une des personnes les plus âgées que je connaisse. Parfois on dirait même que je suis le plus vieux de tous. Ce n'est pas nécessairement une bonne chose. Mais c'est vrai".

Emma HOOPER

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