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Le blog de la souris jaune

Le pouvoir du chien :))

24 Juin 2018, 09:47am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quelle force souterraine, ce livre ! 

Il avance, il rampe comme un mauvais serpent.

Il est d'un incroyable richesse et dextérité narrative : les points de vue sont emmêlés sûrement, loin d'être plaqués les uns après les autres, ils vous tombent dessus.

C'est une espèce de huis clos au milieu de grands espaces sauvages aux Etats-Unis, en tout cas ce qui se passe entre les personnages est de l'ordre du huis clos. 

Ce ranch est le ranch des Burbanks. Le père et la mère (Le Vieux Monsieur et La Vieille Dame, dans le récit) sont partis vivre ailleurs ; les deux fils, d'une quarantaine d'années probablement, y vivent tous les deux, et dans les baraquements à côté les cow-boys qui travaillent au ranch.

On commence dans la tête de Phil très probablement, qui se réjouit de sa vie identique à toujours aux côtés de son frère... Frère taiseux qui va pourtant aller au village et tomber amoureux de Rose, qu'il va épouser. Et le couple va revenir habiter au ranch, avec le fils unique d'un autre lit de Rose. C'est là que commence le huis clos, les rouages d'une vie de cohabitation forcée...

Imaginez une Emma Bovary transposée chez David Vann ! C'est un peu à cela que m'a fait penser cette pauvre Rose. 

Pulsions enfouies et transformées en haines, manières d'affronter et de survivre au quotidien... C'est vraiment, vraiment très fort, et le dénouement, qui vient de loin et souterrain est lui aussi extraordinairement percutant.

Je crois bien que c'est chez Luocine, qui l'avait adoré, que je l'ai découvert, alors, merci Luocine !

. Le pouvoir du chien, Thomas Savage, 10/18 domaine étranger (américain) ; 1967 ; 2002 pour la traduction française chez Belfond.

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... 553, l'impatience

24 Juin 2018, 08:38am

Publié par LaSourisJOne

"L'impatience, c'est une marchandise qui se paie cher".

Thomas SAVAGE

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... 552, l'amour

18 Juin 2018, 13:15pm

Publié par LaSourisJOne

"Il savait tout ce qu'il y a à savoir de l'amour : c'est un régal de se trouver en présence de la personne qu'on aime".

Thomas SAVAGE

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This is not a love song :)

10 Juin 2018, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Retrouver Jean-Philippe Blondel. Se couler avec toujours autant de plaisir dans son écriture, dans ses récits sensibles, qui nous font ressentir ce qu'ils veulent nous faire ressentir. 

Il est parvenu avec celui-ci à densifier de manière très inattendue et totale la phrase, dans une conversation mondaine et apparemment superficielle : "ah j'ai vu un reportage sur les SDS, c'est terrible". Evidemment, convenu. Et c'est ce qu'on se dit de celle qui la prononce. Et soudain, le récit se poursuit et les personnages sont éclairés d'un jour nouveau, vif et cru, brut très intéressant. Ces personnages qu'on croyait connaître et avoir rangé dans des cases, il faut bien les en sortir, et les redessiner, tous ou presque. Au moins le frère du narrateur, et la belle-soeur. Pas si simple, de ne pas les aimer. Finalement...

Histoire d'attaches familiales, de famille qu'on quitte pour survivre, et se reconstruire ailleurs. En l'occurence en Angleterre pour le narrateur. Histoire d'un passé qui nous rattrappe quand on retourne au plus près de son passé, parce que peut-être on ne peut rester installé dans le déni toujours. Alors savoir, souffrir. Souffrir, vivre avec et accepter, puis reprendre son chemin, en sachant, plus tout à fait le même. Mais en ayant aggloméré son passé recomposé.

. This is not a love song, Jean-PHilippe Blondel, Pocket. 2007.

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... 551, être avec

9 Juin 2018, 19:39pm

Publié par LaSourisJOne

"Parfois composer un numéro de téléphone c'est beaucoup plus difficile que de négocier avec les banques et de monter de ses propres mains une affaire qui tourne".

Jean-Philippe BLONDEL

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Cinq heures du soir à Grenade :)

6 Juin 2018, 21:23pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai bien aimé ce livre.

Je l'ai trouvé habilement structuré, bien écrit, et l'histoire nous prend, et fait naître notre intérêt, curiosité. 

En 1985, une petite fille disparaît. L'homme qui dirige le centre où elle est hébergée n'oubliera jamais. Sans savoir, sans comprendre, il y aura toujours une part de lui restée avec ce passé.

Un jour, trente ans plus tard, il a l'occasion de revenir sur cette histoire. Il la saisit. La femme qui partage sa vie, belle et lumineuse, aussi. On va aussi rencontrer le neveu, plus lunaire, mais qui participe à nous rendre cette histoire attachante. Une histoire qui se passe entre Grenade et sa région, le village de Solignac, et un petit village proche de Saint-Malo. 

J'ai vraiment bien aimé ce livre. Et il m'a donné envie d'en savoir plus et de découvrir l'écrivain Garcia Lorca.

. Cinq heures du soir à Grenade, Jacques-Yves Bellay, éd. Yellow Concept, 2018.

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La petite fille de Monsieur Linh :))

2 Juin 2018, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Qu'il est beau, simple, pur, ce roman ! Un petit bonheur.

Empreint d'une mélancolie lumineuse, d'une candeur forte. Profondément humain. 

C'est l'histoire d'un vieil homme, tragiquement condamné à l'exil, ou plutôt qui choisit l'exil, parce qu'il a perdu son fils et sa belle-fille dans la guerre, et qu'il ne lui reste que le bébé de ceux-ci à sauver. Alors il prend le bateau, le bébé de quelques jours serrés contre lui, et l'amour qu'il lui porte est beau et touchant. C'est la bouée à laquelle il s'accroche, il trouve les forces pour continuer, pour elle. Elle, Sang Diu. Pour affronter ce monde nouveau, froid, inconnu d'un nouveau pays, dont il ne comprend pas les codes, la langue, les moeurs...

Le voir vivre, avancer simplement est touchant. Puis, il y a ce banc, où il va s'asseoir, toujours avec sa petite-fille. Et où il rencontre un autre homme, seul, lui aussi, gentil, qui lui cause, dans sa langue qu'il ne comprend pas. Pourtant, les deux hommes se comprennent si bien...

C'est beau, beau, beau... Puissant, sur ce qui compte vraiment, le sens des liens, qui peut suffire à continuer à vivre.

Sans jamais être mièvre, au contraire.

Une très belle découverte, que je dois à Eric L. Merci, Eric.

. La petite fille de Monsieur Linh, Philippe Claudel, Editions Stock, 2005.

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... 550, le lumineux espoir

2 Juin 2018, 21:08pm

Publié par LaSourisJOne

"Ainsi, ce peut être aussi cela, l'existence ! Des miracles parfois, de l'or et des rires, et de nouveau l'espoir quand on croit que tout autour de soi n'est que saccage et silence !"

Philippe CLAUDEL

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... 549, nostalgie de la lenteur

2 Juin 2018, 18:50pm

Publié par LaSourisJOne

"Il se souvient du rythme des charrettes tirées par les buffles, du long et souple balancement, qui fait parfois dormir, parfois rêver, et du paysage qui change avec une lenteur précieuse, une lenteur qui permet de regarder vraiment le monde, les champs, les forêts, les rivières, et de parler avec ceux que l'on croise, d'entendre leurs voix, d'échanger des nouvelles".

Philippe CLAUDEL

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La fin de Mame Baby

2 Juin 2018, 16:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre-là, je l'ai découvert par hasard, en même temps que son auteure, lors d'une rencontre littéraire à Etonnants Voyageurs intitulée Le courage de la liberté, samedi 19 mai dernier. J'ai eu envie de l'acheter. 

Et je regrette qu'il ne m'ait pas davantage conquise : je n'exclus pas de tenter de le relire, à une autre période ?

Sur le papier, il avait tout pour me plaire. Et puis je suis restée relativement en dehors...

On rencontre donc Mariette, une dame âgée qui vit seule aidée d'une infirmière. Qui fut d'abord une jeune femme blanche, avant que n'arrive une autre infirmière, noire, la narratrice. On va plonger dans la vie de toutes ces femmes, vies entremêlées sans que l'on sache forcément avant : Mariette, la jeune femme blanche, l'infirmière noire, Mame Baby : Mame Baby, amie d'enfance de Mariette. Partie, ayant réussi, devenue une icône dans le quartier. Destins entrelacés, peut-être que ce sont les figures masculines, qui soustendent tout cela, qui sont trop peu dessinées, alors qu'elles sont des clés des liens entre toutes ces femmes...

Je ne sais.

En tout cas, nous savons assez vite qu'on ne saura rien de cette fin de Mame Baby, mais... on voit que c'est aussi une histoire de solitudes, de blessures, d'abandons, de choix de vie amicaux qui marquent définitivement des destins...

. La fin de Mame Baby, Gaël Octavia. Gallimard Continents noirs, 2017.

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