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Le blog de la souris jaune

... 539, la nostalgie

31 Mars 2018, 14:40pm

Publié par LaSourisJOne

"La nostalgie est un sentiment bien étrange qui s'attache au plus futile. La chair de l'âme tiendrait-elle à si peu de chose ?"

Léonor de RECONDO

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Le dernier des nôtres :))

30 Mars 2018, 22:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Mon intérêt pour ce roman est allé croissant.

J'ai commencé par être moyennement accrochée par ce couple un peu trop cliché, un peu trop attendu, d'êtres qui s'attirent parce qu'ils sont beaux et indépendants. Mais le roman est plus que ça, et autant vous le dire tout de suite, c'est à partir du moment où ça dysfonctionne que ça devient intéressant.

Parallèlement vous est racontée l'histoire du personnage principal depuis sa naissance, en pleine seconde guerre mondiale. 

Personnage, Werner, qui a tout pour déplaire, en tout cas, qui moi, m'a horripilé du début jusqu'à la fin. 

Cependant, le récit avançant, son histoire familiale se dessinant, certes, on le comprend un peu plus...

En tout cas : c'est une histoire qui nous rend attachante une bonne brochette de personnages (Rebeccas, Marcus, Lauren, le chien Shakespeare...), les personnages prennent de plus en plus de densité au fur et à mesure des récits croisés, des retours dans le passé ; les fils se nouent et se dénouent habilement, et les rebondissements sont là jusqu'au bout, au risque même de rendre l'histoire un peu emberlificotée, mais peu importe ; ça fonctionne. pourquoi Rebecca a t-elle la maladie du sommeil ? Pourquoi fuit-elle régulièrement ? Pourquoi sa mère richissime montre-t-elle ses cicatrices à Werner ? Qu'est devenu Johann, le père naturel de Werner ? 

Les questions maintiennent notre intérêt très vivace, et on sombre dans les heures les plus sombres des années 44 et 45, en Allemagne... 

Comment se reconstruit-on après ? 

C'est à la fois léger et absolument pas léger, Adélaïde de Clermont-Tonnerre sait décidement raconter les histoires.

Merci, Sandrine, pour la découverte et le partage !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, éd. Grasset, août 2016.

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... 538

30 Mars 2018, 10:07am

Publié par LaSourisJOne

"Il est facile de trouver la solution quand les années ont passé, mais c'est dans le brouillard du présent que les décisions se prennent".

Adélaïde CLERMONT-TONNERRE

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Chanson de la ville silencieuse :(

26 Mars 2018, 13:07pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est vrai, je n'ai jamais été une grande fan d'Olivier Adam. Cependant, je sais lui reconnaître son talent, le talent de son écriture.

Pourtant, là, je ne l'ai que très peu trouvé. Bien sûr, il sait, et ses descriptions en témoignent, assortir les mots, afin de transfigurer la réalité, lui donner de la densité. Pourtant, je ne suis pas allée à Lisbonne avec lui ! Moi qui y fut réellement il n'y a pas si longtemps. Les lampions, les azulejos, le fado, ok... ça ne m'a pas suffi. J'attendais plus d'Olivier Adam. Alors que Lisbonne avait dans son histoire une place importante, et que la narratrice s'y perd, enfin, est dans une ville étrangère, cela s'y prêtait. 

De la même manière, cette fois, je n'ai pas cru à l'incarnation de ce personnage féminin (la fille d'un chanteur très connu) : pas une fois. Et je me suis souvent demandé pourquoi il avait décidé de camper un personnage féminin, ok, ce n'est pas la même chose, le rapport au père, cependant, j'ai la sensation encore que de ce rapport au père spécial pour une fille, il ne fait pas grand chose. 

J'ai aussi souvent été gênée par ses phrases au couteau, enfin, ses mots plaqués en guise de phrase, et je n'avais pas souvenir que cela caractérisait autant sa façon d'écriture. Cela m'a souvent gênée, d'autant que ça n'apporte rien, on a une histoire languide, une histoire qui se perd dans les limbes, alors le tranchant ma foi est resté incompréhensible pour moi.

Evidemment, quelques passages m'ont plu, mais sans réellement parvenir à m'émouvoir. Même si on imagine le destin terrible de cette jeune femme qui s'en accomode entre deux parents qui ne la désiraient pas et se soucient peu d'elle, prisonniers de la difficulté de leur propre destin. Le sujet était intéressant : être rock star et en vivre en même temps qu'on en "crève", ou plutôt, en même temps qu'on nous vole tout de notre vie.

Mais, j'ai trouvé que ça allait trop vite, et que l'atmosphère aurait mérité qu'on l'installe plus.

Même le titre du livre, je l'ai trouvé inapproprié : emprunté à Dominique A, il est joli évidemment, mais dans ce livre, seules les villes existent, plus que l'héroïne en tout cas, elles sont loin d'être silencieuses, ces villes, notamment Lisbonne qui résonne de ses chanteurs de rue, et Paris...

Bibliothèque d'Evran.

. Chanson de la ville silencieuse, Olivier Adam, éd. Flammarion, janvier 2018.

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... 537, continuer ou stopper

25 Mars 2018, 09:18am

Publié par LaSourisJOne

"Certains continuent. Savent qu'ils ont perdu le fil, l'intensité, la nécessité, l'inspiration ou appelez ça comme vous voudrez. Mais continuent. Ils composent à côté, écrivent à côté. Ils le savent. C'est derrière eux mais ils s'obstinent. Je ne veux pas être de ceux-là".

Olivier ADAM

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Ralentir :))

24 Mars 2018, 21:01pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Belle découverte que celle-ci, et qui tombe fort à propos juste après Elena Ferrante !

Je l'ai lu d'une traite, comme une balade simple et vivifiante. C'est l'histoire de David, à bloc, qui bosse comme un fou depuis dix ans, et prend un jour sans le vouloir une auto-stoppeuse aux antipodes de son mode et de ses choix de vie. S'ensuit un échange, une conversation dans la voiture, et un certain nombre de péripéties qui vont l'inciter à... ralentir (un peu).

A re-considérer sa vie, avec des yeux neufs, et à re-penser l'essentiel.

Confrontation de choix de vies. Avec de belles rencontres, de personnes ayant fait le choix de vivre dans la simplicité, en retrouvant le sens des choses. Les conversations font mouche, interrogent, posent le vrai et le sens. Le dessin fonctionne bien. 

Merci à la bibliothèque d'Evran et à sa bibliothécaire pour la découverte !

Bibliothèque d'Evran.

. Ralentir, Delphine Le Lay, Alexis Horellou, éd. Le Lombard, mars 2017

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L'amie prodigieuse, 4:))

24 Mars 2018, 14:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Alors voila. Je viens de refermer la dernière page du dernier tome de l'Amie prodigieuse. Voila un mois pile que je vis, je respire, je pense Elena Ferrante. Un mois pile, emportée de ligne en ligne, sans intermède, d'un livre à l'autre. J'ai ralenti, la lecture des quelques dernières pages, pour m'en imprégner vraiment, peu désireuse de quitter cette histoire, cette proximité avec Elena, cet univers. J'ai été avalée par ce livre et tout son histoire, ou par ces quatre livres et leur histoire. Avalée, oui, c'est ça. C'est troublant de refermer ce dernier tome en se disant que ces quelques dizaines de vie qu'elle vient de nous raconter, avec toute leur richesse, leur densité, pourrait très bien être sa vie, et de n'en rien savoir. Tellement agréable de se dire qu'on en saura rien, et prier pour que ce mystère demeure, moi ça me va bien.

Donc, dernier volet. Après quarante ans. Je ne peux évidemment pas en dire grand chose, bien entendu, pour tous ceux qui attendent de le lire avec impatience... :) Il y a donc un événement majeur, au coeur de ce livre-là, qui continue de marquer les destins, un destin en particulier, mais tous finalement, tant ils sont intrinsèquement liés.

J'aurais pu me dire que celui-ci bredouillait un peu, comme avec le second, mais si peu. Et c'est tellement proche de la vraie vie et de son rythme. Et puis le temps passe quand même, inexorable, vers le dénouement.

J'ai tant aimé l'histoire de cette amitié, et la toute fin, aussi, qui ne déçoit pas évidemment, puisqu'histoire est conçue en cercle, et qu'elle nous donne à la fin une note mystérieuse qu'on a envie de déguster, en y pensant, en cherchant la clé, sans jamais y parvenir.

. L'amie prodigieuse, IV, L'enfant perdue. Gallimard. Janvier 2018.

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... 536, le rapport aux autres

23 Mars 2018, 12:32pm

Publié par LaSourisJOne

"Tout rapport intense entre des êtres humains est truffé de pièges et, si on veut qu'il dure, il faut apprendre à les esquiver".

Elena FERRANTE

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L'amie prodigieuse, 3 :)))

14 Mars 2018, 20:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Troisième et avant-dernier volet de l'Amie prodigieuse, donc, dévoré sans lassitude et avec tout autant de plaisir, d'impatience de me replonger dans sa lecture, et je pourrais dire que j'ai aimé (mais c'est très personnel), ce troisième tome autant que le premier. Sans occulter le second.

J'ai énormément aimé celui-ci pour les choix d'affirmation que fait la narratrice, pour la vision d'un écart entre deux mondes, un lettré, un de l'héritage familial, qui se creuse ; l'immersion dans un contexte politique, historique, et social, surtout social avec des entreprises à la Germinal sur la rude, très rude condition ouvrière : comment fait-on pour s'en sortir quand on a que ça ? qu'est ce qu'on accepte ? Jusqu'à quel point ? Et j'avoue que j'ai beaucoup aimé voir la narratrice gérer de main affirmée la difficile condition de son amie, dans son usine. 

Bien sûr, on le voit, la dissension se creuse, aussi, entre ces deux-là, mais...

Et puis le choix du coeur (même si on craint le pire), de la narratrice.

Toujours aussi palpitant.

. L'Amie prodigieuse, 3, celle qui fuit et celle qui reste, Folio.

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L'Amie prodigieuse, 2 :))

7 Mars 2018, 19:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai hésité à mettre trois, ou deux sourires. J'ai finalement opté pour deux, tout en me disant pourtant que je m'étais jetée dedans avec tout autant de passion que dans le premier ; je reconnais simplement tout petits patinements, dans la vie de Lila, mais qui à aucun moment ne m'ont donné envie de lâcher le livre bien au contraire. 

On lui reconnaîtra encore une fois ce talent de nous laisser en "suspens", comme à la fin d'un épisode ou saison d'une série : avec la volonté rageuse de savoir, tous les détails de ce qu'elle a amorcé.

C'est d'autant plus époustouflant, qu'on voit bien que ce récit prend toute son architecture comme vie de la narratrice (on ne se hasardera pas à dire vie de l'auteure, mais évidemment, c'est plausible, vu les circonstances), et qu'une fois encore chaque épisode, chaque anecdote nous sont livrés de la même manière : une phrase d'appel nous donne immédiatement envie de savoir ce qu'elle va nous raconter, et même s'il s'agit d'un petit événement, elle nous aspire dans les entrelacs de sa vie, et nous en voulons toujours plus.

C'est en tout cas ce que je ressens à l'issue de ce tome 2, donc, et donc environ 1200 pages plus tard : je suis soulagée parce que la vie de Lila et d'Elena m'attend encore, elle n'est pas terminée, et tout ces personnages que j'ai vu vivre dans ce quartier peu aisé de Naples, je vais les retrouver, sans doute pour le pire, mais aussi tout simplement à l'échelle d'une vie, de vies et de péripéties de vies.

L'amitié s'est évidemment transformée, la dépendance demeure, mais dans ces quelques années de vie, la concurrence, une concurrence souterraine, habite sans doute les deux protagonistes. 

Alors : je leur ai donné 18 ans à la fin du premier tome, elles étaient en réalité plus jeunes, elles avaient 16 ans, on dira que ce tome aborde donc les cinq années suivantes, pas plus.

Ce qui fait encore une fois son charme incomparable, c'est que la narration n'a rien de linéaire, la narratrice (dont on oublie pas qu'elle a 60 ans), nous livre ces deux histoires selon sa logique, sa mise en perspective, son souhait de raconter ces deux vies enchevêtrées par périodes, et à leur manière.

Je suis encore conquise par cette Amie prodigieuse n°2, la dimension sociale prend encore une fois tout son sens, là par rapport au mariage, aux études supérieures, et elle nous donne à voir comment on chemine, à Naples, sur ces problématiques-là, dans les années 60, et dans un quartier pauvre...

Je vais encore une fois me précipiter sur le tome 3...

. L'Amie prodigieuse 2, Le Nouveau nom, Elena Ferrante, Folio ; 2012 en Italie, 2016 pour la traduction française.

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