Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

difference

La solitude des nombres premiers :))

4 Janvier 2021, 18:18pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre-là, dès le début, dès les premières pages. J'avais envie de retrouver les personnages, de continuer à les côtoyer sans que le livre se termine. Il m'a un peu fait penser à "l'étrangeté" d'un Pour vous, de Dominique Maynard, que j'avais aussi beaucoup aimé, ou encore à un Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro. 

C'est un livre qui ne se laisse pas saisir, qui me semble à ce titre ressembler à la vie imprévisible... Les personnages sont imprévisibles et même ce qui leur arrive ne manque pas de nous surprendre ; c'est comme si une option pouvait être choisie à chaque instant et que tout découlait de cet instant, un instant, et ça change tout... 

J'ai aimé le point de départ, fort, pour chacun des deux protagonistes ; de là, tout découle, bien sûr, mais rien de si évident qu'on aurait pu prévoir... Donc : elle : marquée par un épisode désagréable puis tragique aux sports d'hiver : sa vie marquée par ce traumatisme. Comme Matthia, un traumatisme encore, mais différent : pour lui c'est la perte de sa soeur jumelle... Ca parle de tout ce que l'on s'inflige, face à un traumatisme, ou pour vivre quand même, avec un traumatisme. 

Il y a la souffrance, bien sûr, et la solitude de ces deux-là ; plutôt la façon dont ils vivent, coûte que coûte... Quelle extraordinaire force de vie, c'est ce qui m'a marqué je crois essentiellement dans ce roman, finalement ! Le roman est fort, non conformiste, non attendu ; c'est véritablement une très belle découverte pour moi, et je suis bien contente de l'avoir acheté, par hasard, chez un de mes bouquinistes à Bécherel !

. La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, 2008 ; traduit de l'italien, le Seuil, 2009. 

Voir les commentaires

Ma reine :)

21 Décembre 2020, 10:57am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Alors, alors. Ma Reine. LE premier roman de Jean-Baptiste Andréa, que j'ai découvert sur un coup de coeur absolu, total, avec Cent millions d'années et un jour. J'ai attendu avant de le trouver, attendu avant de l'avoir enfin dans les mains grâce à ma bibliothécaire préférée, et à le lire... Alors l'horizon d'attente s'élargit, et puis... Bref. J'ai aimé, oui, bien sûr. Mais ce n'est pas forcément un coup de coeur sans que je sache pourquoi. J'ai aimé l'écriture, bien sûr, évidemment, belle, poétique et juste, au plus près de cet enfant simple de 13 ans. J'ai aimé la rencontre, bien sûr, avec Viviane. Mais j'ai sans doute naïvement, stupidement un peu souffert des raisonnements de cet enfant naïf, qui pourraient faire sourire mais qui, en ce qui me concerne, déchire... Et je n'ai pas aimé la fin, cette fin qui fait mal parce qu'on crie quelque chose (que je ne peux pas vous dire) au héros pour qu'il ne fasse pas quelque chose et il ne nous entend pas... 

Je suis quand même contente d'avoir lu Ma reine, et j'attends avec impatience la prochaine oeuvre de Jean-Baptiste Andréa !

. Ma Reine, Jean-Baptiste Andréa, édition l'Iconoclaste, 2017.

Voir les commentaires

L'inaperçu

19 Mars 2020, 10:39am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Enfin. J'ai entretenu un rapport poussif avec ce livre... On ne peut occulter cependant le contexte dans lequel je le lis... Je ne pourrai pas l'égratigner, car j'ai bien l'impression que c'était moi qui ne voulait plus de ce livre-là... Il me fallait tout de même le finir, il le méritait ? Car l'écriture est là... Mais je l'ai trouvé trop cruel, disons qu'il ne nous épargne pas les souffrances intimes et qu'on les ressent. C'est donc un talent. Mais pour moi, là, c'était trop. Ainsi, l'inaperçu. Cette part, en nous, que personne ne connaît, à laquelle personne n'a accès. Il est question de ça, déjà, bien sûr. Edith, la tante chut, et son vaste secret, indiscible, et déjà si choquant... l'inaperçu désigne bien sûr Pierre, cet homme à qui on s'est attachés, et qui un jour disparaît... Personne ne comprend pourquoi, or, nous, on comprend, on sait, et dans cette famille, le monstre à l'origine de sa disparition poursuit sa vie tranquille et heureux... Tous de s'interroger quant à la disparition de ce Pierre... Il est des souffrances intimes qui bouleversent, détruisent, anéantissent. Et puis il y a ce que chacun lui prend, ensuite, en plus, en douce, comme si cela ne suffisait pas... 

Ce livre est très certainement bouleversant, mais je n'étais pas en mesure d'être bouleversée par autre chose que de la légèreté en ce moment. 

. L'inaperçu, Sylvie Germain, éd. Albin Michel, 2008

Voir les commentaires

Miss Islande :)

17 Novembre 2019, 15:13pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Evidemment, expérimenter sans hésiter le nouveau livre d'Audur Ava Olafsdotir, après le vrai bonheur de Rosa Candida (2010). C'est toujours aussi plaisant que de se plonger entre ses lignes.

On pourrait sans doute parler d'une livre "militant" que celui-là... Pour la cause des femmes, des homosexuels et des Noirs... Elle situe l'action de ce livre en 1963, en Islande.

L'héroïne est une jeune femme qui porte, parce que c'est la passion de son père, le nom d'un volcan. Son meilleur ami, comme un frère pour elle, comme une évidence, est homosexuel. Elle écrit. L'un comme l'autre semblent devoir affronter le carcan d'une société intolérante à ce qui n'est pas dans les moeurs, et rejeté. Elle raconte en disant "je", mais ce qui est troublant, c'est qu'on a jamais ses ressentis. Ainsi, ses actions, ses volontés, ses aspirations, mais pas ce qu'elle ressent. En tout cas, à travers tout cela, sourd sa détermination sans faille...

Il y a aussi la meilleure amie, dont j'ai aussi beaucoup aimé la personnalité, qui forme également la garde rapprochée, indispensable, de l'héroïne. Elle a choisi d'être mère, ses tentatives pour concilier sa part intime de soi avec le rôle qu'elle se choisit bientôt sont belles, touchantes... 

J'aime beaucoup ces personnages, et le récit qui nous en est fait.

La nature, de son côté est brute, souvent extrême, islandaise ! 

Quant au produit de la nature, lorsqu'il est destiné aux hommes, il nous l'est livré dans sa crudité, brutalement, sans filtre ni couleurs sépias.

J'ai beaucoup aimé.

. Miss Islande, Audur Ava Olafsdottir, éd. Zulma, 2019.

Voir les commentaires

Le Grand Loin :)

8 Novembre 2019, 10:14am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aurais probablement mis deux sourires sans la fin. J'aurais préféré le doute...

Marc vit une vie d'homme en couple avec Chloé. Il est un peu ailleurs, ou justement tout à fait là, Marc, au moment où on le saisit dans son histoire.. Il a une fille, d'une première union. On l'apprend petit à petit, mais assez vite. Elle a 34 ans, cette fille et, fragile psychologiquement, elle vit en structure psy.

Marc passe la voir, une fois par an.

Et un jour... Il décide qu'il ne comprend plus vraiment sa propre vie. Il n'est jamais allé "Loin"... Ni même à Agen... Va commencer une étrange odyssée entre ces deux êtres, qui finalement, renoueront un lien, comme sans doute jamais, ou il y a très longtemps... Ils emmènent le chat, Boudu... Mais... que se passe t-il réellement dans la tête d'Anne ?

C'est humain, profond. Bien écrit. Mais... la fin, cette fin, pour nous dire une nature, était-elle nécessaire ? Qu'en penser ? Que se dire ? Peut-on impunément soustraire quelqu'un de fragile à l'établissement psychiatrique, même pour son bien, au risque de... ? Et ce lien qui bouge, était-ce nécessaire ? Sans doute est-ce la façon de l'auteur de donner à voir un personnage "sans limites"... 

La fin dérange. Pourtant, c'est un livre qui mérite d'être lu.

. Le Grand Loin, Pascal Garnier, éd. Zulma, 2010

 

Voir les commentaires

La petite conformiste

7 Novembre 2019, 10:18am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Bon. Je prendrai quelques pincettes pour ce livre-là. Parce que, s'il est autobiographique, il prendrait des aspects touchants. Il en deviendrait par certains aspects, touchant. Maintenant, puisque c'est une fiction, que j'ai entre les mains, je vais vous donner mon point de vue de lectrice de fiction : je suis passée par plusieurs phases, avec celui-ci.

Au début le livre m'a plu. Il y avait dans la narration nous donnant à voir une fillette cherchant la normalité en dépit de parents complexes et différents quelque chose de frais, qui me faisait presque penser à l'Anglais Alan Bennett dans la fausse retenue de l'écriture. Plaisant. Et puis, je me suis ennuyée. Car cette trouvaille était bien sympa, mais elle ronronnait, et je me suis dit alors dans le corps du livre que je ne savais pas où ça allait m'amener, mais que les histoires de famille de celle-ci, pittoresque à souhait cependant, eh bien je m'en fichais. J'ai retrouvé un haussement de sourcil intéressé à dix pages de la fin, quand on en apprend un peu plus sur le père, ce qui tend à nous faire comprendre sa personnalité... et détesté la fin, à mon sens trop hâtive, et culpabilisante pour la fille, autour de la mère...

Intéressant cependant, et subtil au delà des apparences quant à la construction d'un enfant dans son rapport à la famille...

Merci à Delphine pour son partage et cette découverte, j'ai hâte qu'on en discute !

Quelqu'un l'a t-il lu ? J'attends vos avis...

. La petite conformiste, Ingrid Seyman, éd. Philippe Rey, 2019.

Voir les commentaires

Séduire Isabelle A :))

29 Septembre 2019, 22:15pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Plaisant.

Et moins léger et foutraque qu'il n'y paraît.

Donc Pierre tombe amoureux d'Isabelle, éperdu, mais il comprend que pour aller plus loin il lui faut connaître et apprécier sa famille... Pas une mince affaire, au vu de la première soirée en leur compagnie, puisqu'ils sont tous plus loufoques les uns que les autres...

Evidemment, c'est la question de la normalité, qu'on va être obligé d'aborder, ici, mais pas seulement... Que veut-on ? Ceux-là ont peut-être compris ce qu'était que le véritable attachement ? Aimer sans à priori ? Ils ont peut-être compris le sens de la vie, ou senti le sens de la vie, au sens où il vaut peut-être mieux vivre, vraiment, sans faux-semblants, puisqu'on en a qu'une, de vie ?

Cela ressemble à la leçon de ce livre, avec tous les excès, qu'on aime, finalement, même s'ils font parfois sourire ou peuvent fatiguer, de ce livre...

J'ai aimé...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Séduire Isabelle A., Sophie Bassignac, éd. JC Lattès, 2016.

Voir les commentaires

La cantatrice :)

5 Mai 2019, 22:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis entrée un peu réfractaire dans ce roman, un peu rebutée par le style, l'écriture, au début ; je le trouvais peu habile, pour le moins. Et puis je me suis laissée happer. Je ne sais pas si j'ai pu oublier le style, ou si l'auteur est parvenu à se couler de plus en plus dans l'ambiance de son roman, en tout cas, j'ai fini par me laisser prendre par la galerie de personnages.

Et ça m'a plu.

Donc, roman de moeurs, rurales. Dans le Bourbonnais. Il nous asseoit quelques portraits, qu'il cisèle de plus en plus ; on rencontre d'abord un couple, Paule et Hanry, leurs petits sadismes l'un envers l'autre, leur coexistence ; ils s'installent parce qu'ils le décident chez la soeur de Paule, à son grand déplaisir à elle, et sa mesquinerie s'accentuera, il s'éloignera d'elle via l'élément central du livre : la cantatrice ! Elle a grandi là, et elle revient sur ses vieux jours, s'installer au chateau du village. Rapports de la grande dame (qui est pourtant simple) avec ce petit village, on voit de près l'économie sociale de tous ces habitants, c'est plutôt très bien senti, perçu, et rendu...

Il a dû s'amuser à prendre chacun de ses personnages et à les faire bouger, sortir de leurs rails... jusqu'au dérèglement final ! J'ai vraiment aimé, finalement. Je regrette juste "la chute" : puisqu'il nous distille un "nous" au fil du récit qui laisse imaginer que celui qui raconte a pris part à cette petite communauté, ça aurait été vraiment renversant de nous révéler à la dernière ligne qu'il était l'un d'entre eux, pourquoi pas ?

Du coup, j'ai trouvé la dernière page abrupte, je trouve que cela aurait été plus approprié, un peu à la manière de La Planète des Singes.... :)

M'enfin, belle découverte !

. La cantatrice, Christophe Mercier, éd. Joëlle Losfeld, 2006.

Voir les commentaires

L'amie prodigieuse, 3 :)))

14 Mars 2018, 20:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Troisième et avant-dernier volet de l'Amie prodigieuse, donc, dévoré sans lassitude et avec tout autant de plaisir, d'impatience de me replonger dans sa lecture, et je pourrais dire que j'ai aimé (mais c'est très personnel), ce troisième tome autant que le premier. Sans occulter le second.

J'ai énormément aimé celui-ci pour les choix d'affirmation que fait la narratrice, pour la vision d'un écart entre deux mondes, un lettré, un de l'héritage familial, qui se creuse ; l'immersion dans un contexte politique, historique, et social, surtout social avec des entreprises à la Germinal sur la rude, très rude condition ouvrière : comment fait-on pour s'en sortir quand on a que ça ? qu'est ce qu'on accepte ? Jusqu'à quel point ? Et j'avoue que j'ai beaucoup aimé voir la narratrice gérer de main affirmée la difficile condition de son amie, dans son usine. 

Bien sûr, on le voit, la dissension se creuse, aussi, entre ces deux-là, mais...

Et puis le choix du coeur (même si on craint le pire), de la narratrice.

Toujours aussi palpitant.

. L'Amie prodigieuse, 3, celle qui fuit et celle qui reste, Folio.

Voir les commentaires

L'Amie prodigieuse, 2 :))

7 Mars 2018, 19:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai hésité à mettre trois, ou deux sourires. J'ai finalement opté pour deux, tout en me disant pourtant que je m'étais jetée dedans avec tout autant de passion que dans le premier ; je reconnais simplement tout petits patinements, dans la vie de Lila, mais qui à aucun moment ne m'ont donné envie de lâcher le livre bien au contraire. 

On lui reconnaîtra encore une fois ce talent de nous laisser en "suspens", comme à la fin d'un épisode ou saison d'une série : avec la volonté rageuse de savoir, tous les détails de ce qu'elle a amorcé.

C'est d'autant plus époustouflant, qu'on voit bien que ce récit prend toute son architecture comme vie de la narratrice (on ne se hasardera pas à dire vie de l'auteure, mais évidemment, c'est plausible, vu les circonstances), et qu'une fois encore chaque épisode, chaque anecdote nous sont livrés de la même manière : une phrase d'appel nous donne immédiatement envie de savoir ce qu'elle va nous raconter, et même s'il s'agit d'un petit événement, elle nous aspire dans les entrelacs de sa vie, et nous en voulons toujours plus.

C'est en tout cas ce que je ressens à l'issue de ce tome 2, donc, et donc environ 1200 pages plus tard : je suis soulagée parce que la vie de Lila et d'Elena m'attend encore, elle n'est pas terminée, et tout ces personnages que j'ai vu vivre dans ce quartier peu aisé de Naples, je vais les retrouver, sans doute pour le pire, mais aussi tout simplement à l'échelle d'une vie, de vies et de péripéties de vies.

L'amitié s'est évidemment transformée, la dépendance demeure, mais dans ces quelques années de vie, la concurrence, une concurrence souterraine, habite sans doute les deux protagonistes. 

Alors : je leur ai donné 18 ans à la fin du premier tome, elles étaient en réalité plus jeunes, elles avaient 16 ans, on dira que ce tome aborde donc les cinq années suivantes, pas plus.

Ce qui fait encore une fois son charme incomparable, c'est que la narration n'a rien de linéaire, la narratrice (dont on oublie pas qu'elle a 60 ans), nous livre ces deux histoires selon sa logique, sa mise en perspective, son souhait de raconter ces deux vies enchevêtrées par périodes, et à leur manière.

Je suis encore conquise par cette Amie prodigieuse n°2, la dimension sociale prend encore une fois tout son sens, là par rapport au mariage, aux études supérieures, et elle nous donne à voir comment on chemine, à Naples, sur ces problématiques-là, dans les années 60, et dans un quartier pauvre...

Je vais encore une fois me précipiter sur le tome 3...

. L'Amie prodigieuse 2, Le Nouveau nom, Elena Ferrante, Folio ; 2012 en Italie, 2016 pour la traduction française.

Voir les commentaires

1 2 3 > >>