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Le blog de la souris jaune

construction d'identite

La définition du bonheur

10 Mars 2022, 18:23pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre est une nouveauté, et c'est un cadeau, deux raisons pour me réjouir. En outre, le titre était très prometteur, de même que l'auteure, que j'ai lu plusieurs fois. Je crois que je gardais de Catherine Cusset un bon souvenir, et je sais que j'en ai 2 dans ma bibliothèque. Aussi ce cadeau était vraiment à priori, un très bon choix.

Et pourtant... 

J'ai vraiment accroché au début, et puis de moins en moins, et jusqu'à finir par être ennuyée et même agacée par ce livre.

Je n'ai pas aimé l'écriture, je l'ai trouvée très inégale, assez plate et hachée.

Deux histoires qui s'entremèlent. 

Je ne sais pas si le livre est autobiographique, je suppose qu'il faudrait que j'aie plus de clémence, s'il l'était. Cela m'en inspirerait davantage, en tout cas, alors que cela ne devrait pas, n'est ce pas, finalement ?

En tout cas : histoires de femmes. Avec, au coeur de leurs vies parallèles (elles ne se connaissent pas au début), des problématiques importantes de femmes. Alors très bien. C'est intéressant. Des vies, le passage du temps. Et puis. Et puis quoi ? Bon, des liens qui se découvrent, je ne dirai pas ici pourquoi, pour ne rien divulgacher.

Ces personnages ne m'ont pas plu, en fin de compte. Sans savoir ce qui m'a le plus gêné. Finalement les "trous" dans leur biographie ne m'a pas convenu. Et a même gêné ma lecture. 

Cette histoire nous mène jusqu'à l'année dernière, si bien qu'elle arrive jusqu'au coronavirus qui s'invite dans l'histoire, je ne m'y attendais pas, c'est le premier roman que je lis qui lui donne une existence. Finalement, ce n'est pas au coeur de l'histoire, ça ajoute "juste" des contraintes à une histoire de vie, surtout si elle est autobiographique. Sinon... 

Je ne suis pas convaincue, et je pense que l'écriture y fait beaucoup, cela ne m'a vraiment pas emportée, alors même que les sujets pourraient être considérés comme "passionnés" et impliquants...

. La définition du bonheur, Catherine Cusset, Gallimard, 2021

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Sombre dimanche :))

24 Janvier 2022, 08:36am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'avais encore jamais lu cette auteure, ce livre me donne du coup envie de lire ses autres livres.

J'ai vraiment beaucoup aimé.

J'ai eu l'impression de retrouver un plaisir de lecture tant par l'histoire, que par l'ambiance et l'écriture. Je ne sais pas pourquoi, ce livre m'a fait penser à Bienvenue au Club, de Jonathan Coe, que j'avais lu et aimé il y a longtemps, sans doute pour la place souterraine mais essentielle que prend l'Histoire du pays dans les vies données à voir ; mais en plus slave et en plus "familial" !

L'histoire se passe en Hongrie. Une Hongrie balayée par le passage rapide des ans au cours du siècle, mais plus précisément depuis 1956 à 2003 environ. 

Le roman s'ouvre sur la souffrance du grand-père un 2 mai, jour anniversaire funeste, qu'il célèbre invariablement à sa manière, pour essayer d'enrayer la souffrance et en chantant "Sombre dimanche"... D'où le titre du livre.

Et puis autour de ce grand-père, on va découvrir le petit-fils (c'est de son point de vue que l'histoire se déroule, Imre), le père, la mère, la soeur... Leurs vies, et leur lieu de vie : ils vivent une maison comme un île à laquelle toutes les générations s'accrochent par tradition familiale parce que justement, elle représente tant à leur yeux pour cette raison mais qui pourrait ne rien avoir d'enviable : elle est serrée entre des rails, et les trains, leurs voyageurs et leurs déchets marquent le quotidien de cette famille.

J'ai beaucoup aimé la manière de dérouler la narration. 

Ce qui pourrait paraître insolite s'inscrit, s'insère dans l'histoire de la Hongrie avec douleur, comme une évidence. Le regard posé sur les personnages ne manque pas de tendresse, ni d'humour, même si souvent la souffrance qu'on imagine est grande, parce que le résultat d'un vrai drame profond.

Vraiment une lecture passionnante.

. Sombre dimanche, Alice Zeniter, éd. Albin Michel, 2013.

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L'amant japonais

9 Janvier 2022, 08:43am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ouuuuuuf. Ce petit mot d'attaque est dur et sans doute non mérité. Mais la lecture de ce livre m'a parue longue, longue (comme un jour sans pain ! dit le proverbe d'antan)... J'aurais aimé aimer ce livre, je crois, et peut-être mon ressenti est-il lié une fois encore au contexte... Une chose est sûre c'est que j'ai lu ce livre-là avec un grand détachement, il n'est pas parvenu à accaparer mon esprit.

Souvent l'âge est au coeur du récit, l'âge, et là, ainsi, cela ne m'a pas intéressée (moi qui aime tant les récits où une personne d'un certain âge est le héros ou l'héroïne). Je ne me suis pas attachée aux personnages sans comprendre pourquoi.

Le récit est très entrecoisé (trop ?).

C'est l'histoire d'Alma, qu'on rencontre à 80 ans dans une maison de retraite américaine. Elle a de l'argent. Elle parvient à garder un style de vie comme avant, avec échappées, liberté, autonomie... Elle prend une jeune assistante, Irina, qui l'aide dans sa paperasse, etc. Il y a sans doute un peu de similitude dans les deux destins de départ : Alma est arrivée aux Etats-Unis de Pologne, déracinée pendant la guerre, enfant, pour rester en vie. Irina d'extraction très pauvre vient elle aussi d'un pays d'où elle est arrivée enfant, et son destin familial est plus qu'horrible.

Il y a donc en second plan, l'histoire de reconstruction lente de cette jeune femme. Dommage peut-être qu'il soit tant en second plan ? Je ne sais.

Alma, donc : a grandi dans une famille aimante, chez un oncle, aux côtés de ses trois enfants. Elle devient vite complice du garçon, Nathaniel, ou plutôt elle en fait comme un grand frère protecteur... 

Dans ce foyer il y a aussi une famille japonaise, dont là encore on va suivre le terrible destin (j'ai découvert le sort atroce réservé aux Américains d'origine japonaise dans les années 45, au moment de la guerre avec les Japonais) ; ce sont les jardiniers de la demeure. Alma et le fils Ichimei, seront très proches, et amoureux, jusqu'à la fin de leurs jours. Seulement, ils ne s'épouseront pas... C'est cette hisoire, dont je n'ai pas aimé particulièrement le traitement, je crois... Bon, ce livre et moi, on s'est ratés !

Passer à autre chose.

. L'amant japonais, Isabel Allende, 2015.

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Là où chantent les écrevisses :)))

1 Octobre 2021, 16:41pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Gros coup de coeur pour ce livre qui se dévore de bout en bout sans qu'on ait envie de le lâcher.

Je l'avais vu passer, j'en avais entendu du bien, il me tentait sans en savoir beaucoup plus que cela et que cette couverture et ce titre qui me faisaient de l'oeil... Et je l'ai enfin eu entre les mains !

Le début du roman n'a pas été sans me rappeler un peu quelques bribes de Betty, par son contexte familial très compliqué. Ainsi, c'est l'histoire de Kya (Catherine Danièle Clark de son nom entier) dont la mère s'en va un jour, et qu'elle voit partir, pour ne plus revenir, au détour d'un chemin, alors que Kya n'a que 5 ans. Restent ses frères et soeurs qui eux aussi, vont partir. A cause d'un père mauvais quand il boit. C'est le début de l'histoire... Toujours est-il que Kya va grandir et finir par être obligée de se débrouiller seule dans le marais où elle est née, et où elle grandit, en lisière d'une ville où là encore les préjugés, dans les années 60, sont peu tendres avec la différence... 

Et Kya va tisser son chemin. Seule. Dans cette maison abandonnée au coeur du marais. Avec les oiseaux pour amis. Et aussi un garçon, puis deux... Je ne dois pas vous en dire plus !

Cependant : deux temporalités se succèdent, très peu éloignées l'une de l'autre. Il s'est évidemment passé quelque chose, et il semble assez évident qu'on devrait le découvrir, entre 1960 et 1969... Tout est passionnant : ces années, sa vie dans le marais, cette nature qui nous est donnée à voir, ses débrouillardises, ses rares amis, ce suspense autour d'une mort irrésolue... 

Véritablement passionnant, surprenant jusqu'au bout, et c'est rien de le dire.

On ne lache pas le livre, on tremble, on est cueillis, c'est vraiment très très réussi.

Coup de coeur de ma bibliothécaire qui l'avait mis en avant, et du coup j'ai pu tomber dessus : joie !

Bibliothèque de Lanvallay.

. Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, éd. Seuil, 2018.

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Betty :))

4 Septembre 2021, 09:21am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'étais bien partie pour donner 3 sourires à ce livre. Mais si finalement j'ai choisi d'en mettre deux, c'est que je me suis dit que je ne recommanderais pas ce livre à un ami sans explications, sans mises en garde. En effet, les 250 dernières pages (il y en a 700) sont tristes, oui, tristes, profondément tristes. Vraiment. Je ne peux sans doute pas vous expliquer pourquoi, mais elles peuvent être parfois insoutenables de tristesse, je trouve.

L'histoire nous est livrée du point de vue de Betty Carpenter, et cette voix qui nous confie son histoire familiale est à couper de souffle. Elle emporte. De la rencontre de ses deux parents jusqu'à la naissance de tous leurs (nombreux) enfants, leurs années d'enfance... Comment vous dire : c'est insouciant et à la fois terrible, poignant sans que ce soit larmoyant, une, des vies comme un souffle... 

Le père est évidemment extraordinaire, incontournable dans cette histoire : c'est lui, le cherokee, puisque je ne vous l'ai pas dit, Betty est le fruit de l'union d'une femme blanche avec cet homme aux racines cherokee ; elle n'est pas l'aînée, mais c'est elle qui physiquement, portera les stygmates de ses origines. Un véritable calvaire enfantin, déjà, pour cette fillette des années 60, confrontées à l'intolérance et le rejet primaire de tous dans ce petit village...

Au fil du roman, des extraits de la gazette locale nous rapportent la survenue de coups de feu mystérieux... Ils jalonnent le livre, ainsi que leur narration, et la réaction des habitants, qui en lit long encore sur leur personnalité...

La poésie du père est extraordinaire. Il donne sens, illumine chaque détail du quotidien. C'est extraordinaire. Proche de la nature par sa culture, il soigne les habitants par ses décoctions, etc. C'est un magnifique personnage.

Pas d'illusions dans ce livre quant à la cruelle condition d'une fille ; accrochez-vous, le réel mord souvent. Le destin frappe fort, aussi.

Cependant, on suit avec un profond intéret la vie de cette famille simple, ce couple et leurs enfants. Handicap, fêlures, aspirations, déviances... C'est très très fort, difficile de quitter cette famille. Et pourtant... c'est un chant de Betty, ça ressemble à l'ôde d'amour d'une enfant qui a bien grandi et s'apprête à vivre sa vie... C'est vraiment, vraiment époustouflant, mais je vous préviens, extrêmement triste, quand même.

Merci à Nolwenn à qui je dois cette lecture.

. Betty, Tiffany McDaniel, éd. Gallmeister, rentrée 2020.

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Frangine :)

21 Août 2021, 15:30pm

Publié par LaSourisJOne

Roman ado.

Je ne me souviens plus du tout où j'ai entendu parler de Marion Brunet et de ses livres dont plusieurs semblaient être "à lire"... En tout cas, celui-ci, qui fait quand même du bien, d'un point de vue narratif, après des choses assez denses, Frangine

L'histoire de Pauline. En début de Seconde, confrontée à un harcèlement douloureux. Raconté par son frère, en classe de Terminale dans le même lycée.

La particularité de ce frère et soeur sont d'être des enfants nés par PMA, et donc ayant deux mères.

Le livre est assez clairement pédagogique, destiné à sensibiliser sur le sujet ; agréablement narré par le jeune homme de son regard de garçon voulant à tout prix protéger sa soeur... Alors ça parle de la souffrance de la personne harcelée, son désarroi, et puis de ses moyens de résoudre (ou pas) le problème... Le frère aimerait frapper pour protéger sa petite soeur, la soeur cherche son chemin pour s'en sortir à sa manière...

Evidemment, le point de vue étant celui de l'attachement du frère pour sa soeur, cela donne une "couleur" particulière, attachante, au roman. 

Ca parle évidemment aussi très largement de l'acceptation de la différence, du rejet par la société ou par les proches lorsque des choix de vie ne sont pas dans la norme... L'histoire est intéressante.

Je n'ai pas été captivée et je pense que je l'oublierai vite, mais le livre vaut la lecture.

Ah, c'est peut-être un détail, mais je n'ai pas aimé la fin, enfin, la fête du Nouvel An sans parents, narrée je trouve comme un focus de plus sur la vie d'ados, là encore assez "démonstrative" de ce que pourrait être une fête d'ados, et surtout je n'ai pas aimé ni trouvé nécessaire le joint, qui n'apporte rien ! : ainsi, je trouve que c'est un point de vue d'auteure contestable que de l'y mettre là : ce chapitre est ouvert sur Joachim qui trouve normal de fumer un joint "puisqu'il y en a et qu'il ne l'a pas acheté". Ca m'a gêné. A quoi bon ?

. Frangine, Marion Brunet. Edition Sarbacane. 2013

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La mélancolie des innocents :))

13 Août 2021, 09:39am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai retrouvé avec plaisir cet auteur que j'avais tant aimé à la lecture du Maître des paons. J'ai savouré, une fois encore, celui-ci, qui ne ressemble à aucun autre. Savouré, c'est le terme, car je trouve qu'il se goûte lentement ; je ne sais pas expliquer pourquoi on ne peut le lire vite. Cela m'a parfaitement convenu, en tout cas. 

Comment vous décrire ce livre ? Une fois encore, le processus narratif est en forme de clin d'oeil avec le nom de l'auteur du livre : nous sommes au plus près des souvenirs d'un personnage qui raconte ses racines familiales à un auteur, un certain monsieur Milanoff (voici donc d'où vient sans doute la confusion fréquente que j'ai quand je cherche le nom de cet auteur, Jean-Pierre Milovanoff... Vous suivez ? :).

Bref, premier aspect touchant, le narrateur est en fauteuil, une immobilité qu'il vit comme pesante, d'où son goût pour partir ailleurs : il convoque les souvenirs, re-tisse le passé, le passé disparu... Et il fait vivre sous nos yeux et dans notre coeur les hommes et femmes de son passé familial... Arrière-grand père, grand-mère, mère, oncle... Ah, l'oncle, l'oncle Léonce ! Je dois dire que j'ai beaucoup aimé l'oncle Léonce. Celui qui s'occupait de lui quand il était petit, l'emmenait avec lui dans les brocantes, Léonce le simple, si touchant... 

Vous verrez un beau couple aimant, si touchant dans l'apprivoisement du monde de l'un pour l'autre ; une jeune femme malheureuse de ses amants volages, un village du sud de la France, le passage du temps unique lorsqu'il est mis en mots par Jean-Pierre Milovanoff...

Vraiment, je reste très fan de cet auteur que je trouve brillant.

Et ce qui ne gâche rien, le livre trouvé sur une élégante étagère extérieure à l'abri d'un préau, dans une cabane à livres colorée me rappelle une villégiature récente à Chailland, village qui ne manque pas de charme...

. La Mélancolie des innocents, Jean-Pierre Milovanoff, 2002, éd. Grasset.

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L'obsession Vinci :)

10 Juin 2021, 20:42pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment intéressant. Parce que Sophie Chauveau a énormément travaillé et approfondi le sujet "Léonard de Vinci" avant d'écrire sa vie de Léonard de Vinci. Ca se lit comme un roman, et c'est sa force. Un roman qui m'a quand même éreintée, dans une bonne deuxième partie du livre. Certes, ce sont les détails qui sont intéressants, pour éclairer la vie d'un grand homme comme celui-ci ; cependant, c'était trop long à mon goût, on n'échappe pas à une certaine lassitude sur les 30 dernières années de sa vie.

En outre, trop c'est trop... et là, j'ai trouvé ça trop ! Ainsi place t-elle la sexualité au coeur de son oeuvre... Pourquoi pas, on peut imaginer que celle-ci occupait une certaine place à cette époque débridée, et aussi dans la vie de Léonard de Vinci, pourquoi pas. Mais elle ne nous épargne rien, et à la fin, c'est lassant... ! Ainsi, le parti-pris d'un traumatisme physique presque castré par son père est intéressant (je ne l'avais lu nulle part) ; mais tout ce qui en découle et toutes ses moeurs sexuelles est très souvent et largement détaillés au point que parfois on frise un peu l'overdose !

N'empêche : son travail, son récit dans son ensemble aide à visualiser très efficacement une vie d'homme aux XV et XVIe siècle, en Italie puis en France, c'est très intéressant, bien documenté, et également très riche du point de vue biographique sur Léonard de Vinci car beaucoup d'éléments, de personnages, etc, sont vrais...

J'ai beaucoup aimé lire la narration de l'amitié/coup de foudre entre Lisa, la jeune Lisa en deuil parce qu'elle vient de perdre un bébé, et Léonard : leur communion est instantanée, et le sourire les lie... La durée des pauses, puisque les deux inséparables éprouvent tant de plaisir à se retrouver pour ce moment d'un côté et de l'autre de la toile pendant des mois ; et puis l'attachement de Léonard pour ce portrait (cet attachement n'est pas contesté par les faits) comme un prolongement de cette amitié et de moments de vie (leurs séances) qu'il a toujours envie de prolonger : là encore, c'est très intéressant, c'est plausible, en fait...

. L'obsession Vinci, Sophie Chauveau, 2007 ; Folio.

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Quand nous étions orphelins :(

20 Mai 2021, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Beaucoup d'agacement, à la lecture de ce Quand nous étions orphelins. Dire ici que j'ai eu envie de prolonger ma découverte de cet auteur après la lecture de Auprès de moi toujours, appréciée. J'ai retrouvé son écriture, sa lenteur, sa façon d'installer les atmosphères, ses personnages qu'on a l'impression de regarder à travers une focale inconnue... Presque sortis d'un rêve, ou d'un cauchemar, ou d'un récit surréel... L'histoire se grignotant par petites touches... Mais là... Trop c'est trop ! Je me suis surprise à me dire à la 200eme page : bon, ok, j'aurais pu commencer le livre-là, j'aurais pu me dispenser des 200 premières pages. Evidemment, vous me direz, l'ambiance s'installe, et tout ne tourne pas autour d'une histoire à raconter, en effet, et bien entendu ! Mais... Bref, je n'ai pas accroché du tout. Evidemment, mon intérêt a été souvent relancé, puisque je voulais savoir ce qu'il était advenu des parents du narrateur...

L'histoire : le narrateur, donc, a vécu son enfance à Shanghaï avec ses parents. Son père travaille pour une grosse entreprise aux enjeux louches, ou troubles, mais souterrains, sa mère semble combattre contre cela... (c'est ainsi que les personnages sont donnés à voir à travers le regard du narrateur). Et puis un jour, ils disparaissent. D'abord le père, dont on commence à espérer qu'il reviendra ; et puis la mère. 

Et alors le fils est envoyé vivre chez une tante (qu'on ne verra pas dans le roman) en Angleterre. Le fils se construit ainsi, et devient détective privé. Et puis un jour, il songe à retourner chercher ses parents, en même temps qu'à régler "tous les problèmes du monde" (cela se passe avant la deuxième guerre mondiale). 

Comme dans un film de David Lynch, on assiste aux actes étranges du narrateur...

Persuadé qu'il va retrouver ses parents, il finit en effet par remonter leur piste : là, aucune cruauté ne nous est épargnée. L'oncle Philip, l'histoire telle qu'elle nous est livrée, du père et de la mère, et ce après avoir traversé une ville en décombres en pleine guerre avec les Japonais : pourquoi nous imposer ça ?

Je crois que ma rencontre avec Kazuo Ishiguro va s'arrêter là.

J'ai atteint l'overdose avec ce livre-là.

. Quand nous étions orphelins, Kazuo Ishiguro, Folio Gallimard ; 2009.

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Belle Greene :)))

3 Mai 2021, 11:46am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Trois sourires. J'ai hésité entre deux et trois, mais au vu du plaisir de lecture que j'y ai eu, et de l'intérêt que j'ai porté à cette histoire et à ce personnage que je découvrais totalement, j'ai opté pour trois !

J'ai donc découvert ce personnage hors du commun, pour le moins, de Belle Greene. C'est un roman, pas une biographie, notons le. Cependant, l'auteure a effectué un travail d'enquête et de recherche de trois ans pour écrire son livre qui s'efforce avant tout de ne pas trahir la vérité (connue). 

Ainsi, Belle est une jeune femme naissant au début du XXe siècle, aux Etats-Unis. Dans une famille... noire. Mais dont le teint, ainsi que celui de sa mère et de ses frères et soeurs, est clair. Aussi, ce petit groupe se concerte bientôt, alors que les enfants atteignent environ 18 ans et décident de tenter l'impensable (mais qui avait cours alors pour tenter de vivre une vie normale, sans entrave relative à la couleur de peau et aux préjugés) : the passing, ou le passage, autrement, dit, le passage d'une couleur à l'autre, du noir au blanc. Ce qui implique de déménager, évidemment, de ne plus jamais revoir sa famille réellement "noire", de modifier leur nom de famille (le leur de Greener devient Greene), de s'inventer une généalogie (pour eux, portugaise) et de modifier un peu leur âge. Ah, et... : d'accepter de ne jamais avoir d'enfant, et bien sûr de garder le silence à vie. La famille fait ce choix, parce que chacun de ses protagonistes veut se forger une vie, une vie grâce à des études, une vie confortable, une vie réussie... Belle, notamment, la plus déterminée, deviendra bibliothécaire... l'illustre et libre bibliothécaire d'un milliardaire avec lequel elle va constituer un fonds colossal, impressionnant, pouvant rivaliser avec les plus grands lieux du monde... Un lieu que lui comme elle rêvent d'ailleurs d'offrir au public, aux chercheurs... Accessoirement, l'homme, le patron, celui-ci, JP Morgan est aussi le propriétaire du fameux paquebot insubmersible... Le Titanic. Alors on découvre toute cette époque, ces personnages historiques méconnus, on se passionne pour leur destin, pour leur choix, leur détermination... 

C'est certes un peu long, car aucun détail ne nous est ménagé, mais c'est véritablement passionnant.

Une découverte bénie !

Que je dois à ma bibliothécaire une fois de plus, c'est elle qui l'avait mis en évidence sur le présentoir de sa bibliothèque : je ne l'aurais jamais découvert sinon, et même sans doute pas emprunté, car le titre ne dit pas grand chose à celui qui ne connaît pas le personnage...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Belle Greene, Alexandra Lapierre, éd. Flammarion, janvier 2021.

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