Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

Articles avec #construction d'identite

La folle du logis :))

27 Février 2017, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman...

Roman, .... C'est une aventure, que cette lecture. 

Au dos du livre, Mario Varga Llosa écrit à son propos que "La Folle du Logis se lit d'une traite, avec un plaisir sans mélange". Je trouve qu'il ne se lit pas d'une traite au contraire, parce qu'il implique une disgestion progressive, lente et délicieuse, de tout ce qu'on y lit. Il est arrivé souvent de relire plusieurs fois certaines phrases, certains paragraphes, pour bien m'en imprégner. De lacher le livre pour digérer cette densité avec l'envie de le reprendre vite. Mais "plaisir sans mélange", oui, complètement.

Entrer dans ce livre fut aussi pour moi un moment particulier, entouré d'une envie nourrie d'appétit et d'une toute petite appréhension : ce livre-là, c'est Rosa Montero elle-même qui me l'a recommandé, après que je lui ai demandé sur le salon Etonnants Voyageurs l'année dernière de m'en conseiller un après avoir adoré L'idée ridicule de ne jamais te revoir. 

Et il est largement à la hauteur de mes attentes !

La narratrice (rarement, peut-être, ce vocable, n'aura autant d'importance, compte tenu de la teneur même de son propos...) nous entraine dans une réflexion riche, agréable, sur le fait d'écrire, sur l'imagination (La folle du logis), mais aussi sur la biographie, sur l'amour, la vie et ses choix... Une riche balade, alors même que l'on croit au coeur même de sa biographie, dont elle nous sert, à priori, quelques exemples réguliers... Mais... C'est fin et habile : est-ce vraiment son auto-biographie ? Je ne vous révèle rien, mais... En tout cas, sacrée pirouette, étonnante, qui se joue de notre souvenir et de notre mémoire de lecture que cette histoire de M... Qu'il nous semble bien avoir lue sous sa plume une fois... non, non, on a sans douté imaginé... Qu'elle est habile à jouer avec notre esprit, jusqu'à l'exemple ! 

Et sa soeur, Martina... !

Mais je ne peux pas trop en dire... 

Le livre est aussi agréablement truffé de références, de phrases d'auteurs, d'exemples biographiques d'écrivains, etc. ; c'est vraiment vivifiant. C'est un livre qui donne envie de lire, et même donne envie de lire d'autres livres précis (elle nous ouvre le champ de la littérature espagnole, entre autres). 

Un livre véritablement vivifiant. Merci Rosa Montero. Je sais maintenant que je chercherai une troisième expérience avec cette auteure.

. La Folle du logis, Rosa Montero, éd. Métailié, 2004. Traduit de l'espagnol par Bertille Hausberg.

Voir les commentaires

Les règles d'usage :))

15 Décembre 2016, 08:53am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

New-York. Sans qu'on le sache - quelle autre pire manière de flinguer son récit et son suspense aurait été que de nous le dire avant ? - on est en 2001. 11 septembre. Mais la date est trop forte, trop submergée d'informations pour être écrite comme telle et dénuée de sens pour écrire une histoire. Alors, c'est un jour comme les autres. Wendy, 13 ans, va au collège. Ses tracas de collégienne. Ses embrouilles avec sa mère... Son attachement à son petit frère, 4 ans, un peu collant. Le chéri de sa mère, chouette, parfait même, mais contre lequel elle ronchonne quand même... En cours. Et puis, soudain, par les fenêtres du collège... Un fracas... Une pluie de cendres... Le collège qu'on boucle sans rien savoir, sans rien comprendre, en attendant que les familles viennent récupérer leur enfant... Ces premières scènes, ces pages dans le quotidien de la jeune fille, alors qu'elle ne sait pas encore... 

Enfin, le compagnon de sa mère arrive, portant Louie (comme Louis Amstrong) dans ses bras. Il lui apprend ce qui s'est passé, ce 11 septembre... Or : sa mère était ce matin-là partie travailler, légère, sa robe et ses sandales à talons rouges, à son bureau, comme chaque jour... dans l'une des deux tours jumelles. 

Commence alors, à la mesure de la personnalité des trois protagonistes, l'attente. Avec ce que chacun y met. L'espoir... longtemps... Et puis Wendy comprend. Son vrai père, celui qui ne l'a pas élevée et dont sa mère, belle et lumineuse, lui traçait le portrait d'un homme vivant pour lui, sans se soucier des autres, arrive un jour, à l'improviste, et veut emmener Wendy... Alors, elle se résout à partir pour la Californie, comme un déchirement au départ... Mais elle part.

On va la voir, pas à pas, lentement, avancer. A son rythme, avec ses moyens. Les choses qu'elle met en place, le temps qui fait son oeuvre... Les rencontres qu'elle fait, alors qu'elle ne peut plus aller au collège - qui lui paraît alors si vain. Le libraire. Mais aussi cette jeune femme, si jeune, qui a donné la vie à un bébé, alors qu'elle même n'a pas fini de grandir ou presque... 

Les souvenirs affluent, à leur rythme, sans aucune maîtrise. C'est tellement juste, ça paraît tellement proche du réel... Ce passage du temps est véritablement très bien donné à voir. Et puis cette lente, inexorable reconstruction. Juste parce qu'on n'a pas le choix. Sans leçon, sans manuel, parce qu'il n'y en a pas...

Joyce Maynard une fois encore (J'avais vraiment beaucoup aimé L'homme de la montagne, déjà) s'empare d'un fait-divers - et pas des moindres, cette fois-ci, tellement indissociables d'histoires, déjà - et le travaille dans le registre de l'intime. Du point de vue de l'intériorité d'un ou plusieurs personnages.

Merci à Mélanie, pour le partage !

Les règles d'usage, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, septembre 2016

Voir les commentaires

... 445

26 Juillet 2016, 10:46am

Publié par LaSourisJOne

"Nous ne sommes rien. Mais nous sommes beaucoup à l'être, rien, ou à l'avoir été. Certaines encore emmurées vivantes dans des silences polis".

Lola LAFON

Voir les commentaires

Otages intimes :))

23 Juin 2016, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

Otages intimes :))

Je ne m'étonne pas que ce livre de Jeanne Benameur soit de ceux qui laissent leur empreinte.

C'est l'histoire d'Etienne, photographe de guerre. Retenu otage, lors d'une de ses missions. Le récit intime de son retour à la vie, après sa libération. Tout en nuances, en subtilité. Mais c'est aussi l'histoire d'un trio amical. Etienne était l'ami d'Enzo et de Jofranka. Ils ont grandi ensemble. Enzo a choisi de rester au village et de travailler le bois, avec sa force intérieure ; Jofranka a comme Etienne choisi l'ailleurs, rude, avocate des femmes victimes des guerres. L'histoire de ce trio, soudé par la musique également pendant leur enfance aux liens très forts, se fait écho. Et c'est aussi l'histoire d'Irène, institutrice, la mère d'Etienne, qui a accompagné ces trois-là. On lit les blessures laissées par la vie, laissant leur empreinte dans les orientations de chacun. Et il y a l'attente, de ceux qui restent. Le sens mis sur tout cela, sur les départs et sur les attentes. Les événements qui modifient, changent le cours d'une vie.

Sensible, et beau.

Médiathèque de Saint-Malo.

Otages intimes, Jeanne BENAMEUR, éd. Actes Sud, 2015.

Voir les commentaires

... 443

23 Juin 2016, 11:01am

Publié par LaSourisJOne

"Il y a parfois des vérités qui mettent longtemps à nous apparaître. Pourtant elles sont énormes, là, face à nous".

Jeanne BENAMEUR

Voir les commentaires

Aral

11 Juin 2016, 17:05pm

Publié par LaSourisJOne

Aral

Me voici confrontée soudain au doute quant à l'appréciation de ce livre : dois-je me fier à mon état d'esprit du moment, qui m'a fait peiner sur ce livre, ou à la qualité certaine de celui-ci, qui devrait me faire rajouter au moins un sourire aux côtés de son titre ?

En tout cas, le début m'a bien emportée, le milieu m'a fait souffrir, la fin m'a confirmée que c'était un bon livre... Mais il faut le traverser, et ce personnage n'est pas toujours très 'aimable' (depuis quand il me faut des personnages 'aimables' pour aimer un roman ?) : disons que ces réactions étonnent, parfois, voire pire, mais on essaie de se raisonner et de le comprendre, il a de sacrées circonstances atténuantes ?

Voici ici le destin croisé, dans un roman à 'atmosphère' incontestablement, d'un narrateur et de la mer d'Aral. Sourde tragédie parallèle... Dans cette partie du monde, dans un tout petit village de 700 âmes, Alexei est un héros maudit : à l'âge d'une douzaine d'années, il perd l'ouïe... Celui qui est en passe de devenir un grand joueur de violoncelle va vivre ce cruel coup du sort, ainsi que l'espèce de déni que son handicap occasionne chez ses parents... Notre Alexei a un double de coeur, depuis l'enfance : c'est Zena, son amie, son amoureuse à vie... Ces deux chemins sont magistralement donnés à voir, tout cela dans une atmosphère lourde, donc, à laquelle la disparition de la mer d'Aral, terrible désastre écologique, fait écho... L'angoisse de ce personnage, qui subit la plongée dans un monde sans 'bruit', sans paroles, et la disparition de cette source de vie est assez forte et assez insoutenable... Trois volets dans ce livre, et la transformation du héros, l'évolution du héros, après la révolte, la déception, la perte de l'être cher... tout cela lié à une interrogation sur la filiation ; l'orphelinat, qui résonne tant dans le coeur d'Alexei, est un bel aboutissement (je ne peux que rester vague, là, pour ne pas trop en dévoiler)... En filigrane discrète, mais en filigrane quand même, une toile de fond possible politique, avec le fait de subir la mainmise de la Russie responsable des maux de cette contrée, puisque ce sont les décisions de la Russie qui fut responsable de l'assèchement de la mer d'Aral... Sachant que cette histoire mèle deux temporalités à 10 ans d'intervalle, 1975 et 1985...

C'est un livre qui étouffe un peu, mais plutôt bien tenu, d'où la poésie n'est pas absente...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Aral, Cécile LADJALI, éd. Actes Sud, 2012.

Voir les commentaires

Monsieur l'archéologue

7 Mai 2016, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Monsieur l'archéologue

Roman.

Roman, court, ou roman ado, c'est possible aussi...

L'histoire d'une jeune fille de 16 ans, qu'elle nous raconte 30 ans plus tard. Pas de quotidien 30 ans plus tard, ne cherchez pas ; juste l'histoire, le rapport au père, pendant ces années-là, un exercice de souvenir peut-être, sur quelques étés. D'autant qu'on comprend que l'auteur a ces souvenirs émus de son père, ça ressemble à un hommage, une tranche d'autobiographie, même si le personnage principal est une jeune femme, peut-être pour provoquer la distanciation, Ariane. Histoire de ces étés, où elle est avec son père, archéologue, qui fait des recherches dans un tout petit village de Grèce. On vit le décalage entre ceux qui savent, ceux qui cherchent, et ceux qui vivent là, ceux dont le village périclite, et qui fondent tous leurs espoirs sur les trouvailles de ces archéologues ; ce décalage entre les trouvailles, et les attentes : les trouvailles ont du sens du point de vue de l'archéologie, mais pas pour le commun des mortels, pas pour celui qui espère une renaissance par le tourisme, par le biais de ces trouvailles... Même s'il y a de la démesure dans ce récit, il y a quand même cette leçon donnée par le village aux scientifiques, aux chercheurs, qui reconstituent, pugnaces, la cité de leur rêve, en pierre, loin de la véracité historique... Il y a cet épisode touchant. Sinon, il y a la constitution d'une personnalité, d'une fille, en demande du regard de son père ; la construction, le dégagement d'une icône, pour grandir, et être soi.

Je ne sais pas ce qui fait que je n'ai pas été plus emballée que ça ; il y a un côté féérie, ou incarnations de la nature, qui ne m'a pas enthousiasmée, dans ce récit ; je ne sais pas pourquoi je ne l'attendais pas forcément là. Pourtant, on peut imaginer qu'il va bien avec un peuple méditérannéen, marqué par ses croyances ?

Je n'ai pas véritablement vibré, en tout cas. Peut-être que je suis restée un peu sur ma faim. Peut-être que j'aurais aimé en savoir plus sur l'après ; c'est vrai qu'on a une retrouvaille dans le métro, rapide, où l'on apprend ce que tous sont devenus ; mais voila, on ne se projette pas dans sa vie à elle, et finalement, que ce récit ne soit pas mis en regard de ce qu'elle est devenue m'a sans doute manqué pour adhérer.

. Monsieur l'archéologue, François Coupry, éd. Gallimard, 1994.

Voir les commentaires

A propos d'amour :)

14 Janvier 2016, 08:05am

Publié par LaSourisJOne

A propos d'amour :)

Chick litt.

Le titre est commun et ne dit rien du livre.

Mais c'est un bon livre de 'chick litt' ! Avec des personnages certes (un peu) caricaturaux au départ, mais dont la psychologie nous est vraiment livrée, qui ne sont pas monoblocs, et qui vont surtout évoluer, et même changer. Je n'ai donc pas lâché ce livre de 500 pages, pour suivre et retrouver à chaque moment du jour, dès que possible, la vie quotidienne de Sylvie (55 ans ?), Diana et Lizzie, ses deux filles, adultes toutes les deux ; l'une, Diana, femme 'parfaite' aux yeux de tous, médecin, mais dont on découvre le cheminement et ce qu'elle s'impose sans être heureuse pour en arriver là, et Lizzie, étiquetée depuis toujours (mais surtout dans sa propre tête) comme la fille 'ratée', et donc qui galère, ex-junkie, et qui est si attachante et si belle lorsqu'elle se fait confiance.

Ah : Sylvie est la femme (sacrifiée, euh, autosacrifiée !) d'un homme politique en vue, Richard ; aussi sa vie tourne autour de lui, et de ce qu'elle fait, sans aucun doute, par amour et parce qu'elle aime vraiment son mari, pour son mari. Seulement voila : un jour, le scandale éclate à la télé (américaine, m'enfin, en France, est-ce que cela maintenant n'aurait pas été pareil !?) : il a trompé son épouse, il a eu une liaison avec son assistante, et lui a trouvé un boulot. Le scandale s'étale sur tous les écrans. Comment les trois femmes vont-elles vivre l'événement ? On va donc être dans la tête et la peau de celles-ci après tout ça. Et c'est super. Colère, reconstruction, découverte de soi : véritablement, j'ai adoré toutes ces étapes. Et puis ces certitudes qui s'ébranlent ; Diana qui croyait tout maîtriser et devient folle éprise d'un jeune médecin prête à faire chanceler sa mécanique familiale bien huilée, Lizzie qui pense ne pas avoir droit au bonheur, comment va t-elle faire ? Alors qu'elle rencontre enfin un type bien ? La nouvelle vie de Sylvie, qui part dans une maison d'enfance au Connecticut et sa nouvelle personnalité qui se reconstruit petit à petit est un pur bonheur. J'aurais fait arrêter ce livre au grand repas de Thanksgiving, par contre (ceux qui liront comprendront) autrement dit supprimant les 50 dernières pages ; je crois que j'aurais laissé en suspens, tout ce petit monde en pleine reconstruction sans nous donner de certitudes, ou de choix définitifs. J'ai aimé ce repas de Thanksgiving, où chacun vient avec ce qu'il est... J'ai regretté la suite, j'aurais préféré m'énerver contre l'auteure et ne pas savoir...

Merci à Nolwenn pour ce grand plaisir de lecture !

A propos d'amour, Jennyfer Weiner, US, 2010 ; éd. Belfond Livre de Poche février 2012.

Voir les commentaires

... 408

13 Novembre 2015, 19:38pm

Publié par LaSourisJOne

"Une simple question sur soi et l'on ne se connaît plus. Dur de passer du connu à l'inconnu, de soi à l'autre, tapi en nous-même comme dans une boîte de Pandore".

Boualem SANSAL

Voir les commentaires

... 387

3 Octobre 2015, 11:11am

Publié par LaSourisJOne

"On dirige les événements de sa vie, on les gouverne en ordres inconscients, selon un plan favorable à notre survie. Pas toujours dans le sens de la joie".

Antoine SENANQUE

Voir les commentaires

1 2 > >>