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Le blog de la souris jaune

deuil

Betty :))

4 Septembre 2021, 09:21am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'étais bien partie pour donner 3 sourires à ce livre. Mais si finalement j'ai choisi d'en mettre deux, c'est que je me suis dit que je ne recommanderais pas ce livre à un ami sans explications, sans mises en garde. En effet, les 250 dernières pages (il y en a 700) sont tristes, oui, tristes, profondément tristes. Vraiment. Je ne peux sans doute pas vous expliquer pourquoi, mais elles peuvent être parfois insoutenables de tristesse, je trouve.

L'histoire nous est livrée du point de vue de Betty Carpenter, et cette voix qui nous confie son histoire familiale est à couper de souffle. Elle emporte. De la rencontre de ses deux parents jusqu'à la naissance de tous leurs (nombreux) enfants, leurs années d'enfance... Comment vous dire : c'est insouciant et à la fois terrible, poignant sans que ce soit larmoyant, une, des vies comme un souffle... 

Le père est évidemment extraordinaire, incontournable dans cette histoire : c'est lui, le cherokee, puisque je ne vous l'ai pas dit, Betty est le fruit de l'union d'une femme blanche avec cet homme aux racines cherokee ; elle n'est pas l'aînée, mais c'est elle qui physiquement, portera les stygmates de ses origines. Un véritable calvaire enfantin, déjà, pour cette fillette des années 60, confrontées à l'intolérance et le rejet primaire de tous dans ce petit village...

Au fil du roman, des extraits de la gazette locale nous rapportent la survenue de coups de feu mystérieux... Ils jalonnent le livre, ainsi que leur narration, et la réaction des habitants, qui en lit long encore sur leur personnalité...

La poésie du père est extraordinaire. Il donne sens, illumine chaque détail du quotidien. C'est extraordinaire. Proche de la nature par sa culture, il soigne les habitants par ses décoctions, etc. C'est un magnifique personnage.

Pas d'illusions dans ce livre quant à la cruelle condition d'une fille ; accrochez-vous, le réel mord souvent. Le destin frappe fort, aussi.

Cependant, on suit avec un profond intéret la vie de cette famille simple, ce couple et leurs enfants. Handicap, fêlures, aspirations, déviances... C'est très très fort, difficile de quitter cette famille. Et pourtant... c'est un chant de Betty, ça ressemble à l'ôde d'amour d'une enfant qui a bien grandi et s'apprête à vivre sa vie... C'est vraiment, vraiment époustouflant, mais je vous préviens, extrêmement triste, quand même.

Merci à Nolwenn à qui je dois cette lecture.

. Betty, Tiffany McDaniel, éd. Gallmeister, rentrée 2020.

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Quand nous étions orphelins :(

20 Mai 2021, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Beaucoup d'agacement, à la lecture de ce Quand nous étions orphelins. Dire ici que j'ai eu envie de prolonger ma découverte de cet auteur après la lecture de Auprès de moi toujours, appréciée. J'ai retrouvé son écriture, sa lenteur, sa façon d'installer les atmosphères, ses personnages qu'on a l'impression de regarder à travers une focale inconnue... Presque sortis d'un rêve, ou d'un cauchemar, ou d'un récit surréel... L'histoire se grignotant par petites touches... Mais là... Trop c'est trop ! Je me suis surprise à me dire à la 200eme page : bon, ok, j'aurais pu commencer le livre-là, j'aurais pu me dispenser des 200 premières pages. Evidemment, vous me direz, l'ambiance s'installe, et tout ne tourne pas autour d'une histoire à raconter, en effet, et bien entendu ! Mais... Bref, je n'ai pas accroché du tout. Evidemment, mon intérêt a été souvent relancé, puisque je voulais savoir ce qu'il était advenu des parents du narrateur...

L'histoire : le narrateur, donc, a vécu son enfance à Shanghaï avec ses parents. Son père travaille pour une grosse entreprise aux enjeux louches, ou troubles, mais souterrains, sa mère semble combattre contre cela... (c'est ainsi que les personnages sont donnés à voir à travers le regard du narrateur). Et puis un jour, ils disparaissent. D'abord le père, dont on commence à espérer qu'il reviendra ; et puis la mère. 

Et alors le fils est envoyé vivre chez une tante (qu'on ne verra pas dans le roman) en Angleterre. Le fils se construit ainsi, et devient détective privé. Et puis un jour, il songe à retourner chercher ses parents, en même temps qu'à régler "tous les problèmes du monde" (cela se passe avant la deuxième guerre mondiale). 

Comme dans un film de David Lynch, on assiste aux actes étranges du narrateur...

Persuadé qu'il va retrouver ses parents, il finit en effet par remonter leur piste : là, aucune cruauté ne nous est épargnée. L'oncle Philip, l'histoire telle qu'elle nous est livrée, du père et de la mère, et ce après avoir traversé une ville en décombres en pleine guerre avec les Japonais : pourquoi nous imposer ça ?

Je crois que ma rencontre avec Kazuo Ishiguro va s'arrêter là.

J'ai atteint l'overdose avec ce livre-là.

. Quand nous étions orphelins, Kazuo Ishiguro, Folio Gallimard ; 2009.

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Le secret de la manufacture de chaussettes inusables :)))

10 Février 2021, 21:02pm

Publié par LaSourisJOne

Roman. 

Rien à faire, j'aime décidément les livres de cette auteure : le premier, Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates m'avait déjà totalement conquise. Idem pour celui-ci, dont je viens de dévorer les 650 pages. 

L'histoire lente, digeste, absolument savoureuse, d'une famille. Une famille en Virginie occidentale, dans une toute petite ville où tout le monde se connaît. Deux points de vue : celui de Jottie, l'une des tantes, et surtout celui de Willa, enfant, 12 ans. Enfant mûre, réfléchie... Un été de 1938. Alors que la maison de famille, qui accueille des pensionnaires, accueille pour lors une jeune femme, Melle Beck, expédiée là par son père, le patriarche sénateur, pour lui apprendre ce qu'est le travail parce qu'elle n'a pas voulu épouser l'homme de son choix. Bref : ici l'incendie de l'entreprise locale La Manufacture des chaussettes Inusables en 1920 a laissé ses traces profondes, indélébiles... Les relations familiales se donnent à voir, profondes, entières, parfois douloureuses sur fond de traumatisme, et les personnalités vont s'éclairer, se révéler, notamment celle du frère, le père de Willa (et de Bird, 9 ans), Félix... Bref, tout cela est tout à fait savoureux, ça se déguste avec plaisir, d'autant que l'écriture est enjouée, gaie, et n'hésite pas à nous narrer quelques faits via des lettres que certains protagonistes s'envoient. Bref, quel plaisir total de lecture !

Ca fait du bien...

Heureusement, il va maintenant être dans ma bibliothèque, puisque c'est encore une miraculeuse bouquinerie qui l'a mis sur mon chemin :)

. Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows, 2015. (10/18).

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Une bouteille à la mer

29 Décembre 2019, 09:44am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais déjà lu Nicholas Sparks, je savais donc à peu près à quoi m'en tenir (Le porte-bonheur) ; Il est probable que si je n'avais pas été à l'étranger avec cette seule lecture, j'aurais abandonné ce livre à sa première partie. 

Première partie que j'ai trouvée : mièvre, bourrée de clichés en tout genre, notamment sur les codes de séduction, les hommes et femmes, le cadre idyllique de la Caroline du Sud renforce tout ça, bref, de quoi lâcher le bouquin à coup sûr.

Je n'ai eu d'autre choix que de le poursuivre, donc ; la seconde partie se poursuit dans la même veine, mais... éveille un intérêt dans son déroulement. Qui n'est pas celui qu'on attend de ce genre de bleuet sentimental (oh, pardon, c'est pas sympa pour Nicholas Sparks qui est le maître des histoires romantiques, isnt-it ?) ; déchirante, mais intéressante et poussant à réfléchir : jusqu'à quel point peut-on laisser le passé envahir et gâcher sa vie ? Parfois, il peut être trop tard et on ne vit pas ce qu'on devrait vivre, on se prive d'autre chose, d'autres belles choses... 

Bref, l'histoire, quand même : Theressa est une femme (âgée, déjà 36 ans, ouaff, ouaf, ouaf, Nicholas Sparks !!) qui écrit des chroniques pour un journal, et élève seule son fils de 12 ans. Son mec l'a trompée il y a trois ans, et ils se sont quittés, elle panse encore ses plaies. Un jour sur la plage, elle trouve une bouteille, avec... une lettre, d'amour, destinée à une certaine Catherine, signée d'un certain Garett, dedans... La lettre la touche pour son amour inconditionnel, éternel... D'autant qu'elle comprend que cette Catherine n'est sans doute plus, elle est sans doute décédée... Je vous passe les détails, mais... Théresa va avoir envie de retrouver ce Garrett... La fin de l'histoire n'est pas celle qu'on aurait pu imaginer pour un tel livre, elle est déchirante, mais heureusement, je pense qu'elle sauve le livre.

. Une bouteille à la mer, Nicholas Sparks, 1998.

 

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Maïmaï :)

15 Novembre 2019, 09:50am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ma bibliothécaire préférée m'a dit quand elle me l'a vu entre les mains : "je l'ai lu comme un petit bonbon".

C'est vrai que ça coule, que ça se lit très légèrement, agréablement, et avec plaisir, alors même que le livre pourrait, si on le racontait de manière factuelle, être tout sauf léger. C'est assez magique de ce point de vue là, la vie se fait, coule, du point de vue d'une idylle amoureuse, et s'écoule bien différemment à partir, ou autour de cela. 

J'ai été surprise par le style, l'écriture directe et efficace. L'utilisation du présent pour la narration, dont je ne suis pas forcément fan... (Aki Shimazaki vit au Québec et écrit directement en français).

Donc Taro, trente ans, artiste, en couple avec une jeune mannequin comme lui, et sourd-muet. Rien n'est présenté comme extra-ordinaire, dans ce roman là, et là encore je trouve que c'est fortement intéressant : ainsi, de façon factuelle Taro est sourd-muet et mannequin.

Il va découvrir pans après pans, un peu de son passé, et de celui de sa mère, mais, au gré des événements...

J'ai aimé la vie telle qu'elle est donnée à voir, au Japon : les familles unies comme une évidence, les générations imbriquées, la grand-mère qui habite naturellement sous le toit du petit-fils... La vie que se vit avec chaleur. Et puis bien sûr, Taro lui-même, et son histoire d'amour qui se modifie...

On découvre une autre culture, où il est de mise d'être sûr du passé de l'amoureux, ou de l'amoureuse, pour accepter une union.....

Et je découvre que ce livre est le cinquième opus d'une pentalogie. Dingue ! Et qu’apparemment les opus se font écho, éclairent un pan ou un autre, et que tout cela constitue une oeuvre saisissante du point de vue de la construction, ce que je veux bien croire ; mais chaque livre se lit et se comprend en soi, seul, ce que je confirme avec celui-ci. J'irai donc, je pense, déguster les autres "bonbons" du paquet, de loin en loin, je pense, avec plaisir ! 

Merci à Delphine pour la découverte.

. Maïmaï, Aki Shimazaki, éd. Actes Sud, 2018.

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L'enfant du lac

30 Juin 2019, 11:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, ce livre-là, j'avais très envie de l'aimer. Symboliquement. 

Mais... Il faut reconnaître que je n'ai guère eu la patience de le goûter. Beaucoup trop long et dilué pour moi. Véritablement agaçant, tant l'auteure tourne autour du pot, nous emmène incessamment sur de fausses pistes qui l'en finissent pas d'éclore puis de lentement s'éteindre... Franchement, j'ai fini par déclarer forfait au bout de la 484ème et d'aller lire les deux derniers chapitres. Eh ben franchement, j'ai bien fait ! Je crois que j'aurais pesté, si non, en apprenant où elle nous menait après nous avoir perdus dans toutes les directions plausibles avant...

Donc : ça a l'allure d'un roman policier, mais, peut-on dire que cela en soit un ? Après tout, il est bien question d'enquête ici. Même s'il s'agit d'une enquête 70 ans plus tard... justifiée un peu lourdement par l'éviction passagère de la police de la jeune femme qui mène cette enquête, Sadie Sparrow, et un pseudo-alibi personnel, on l'imagine bien, autour de la perte d'un enfant (Sadie semble avoir été contrainte d'abandonner un enfant à 16 ans, elle va se plonger dans le mystère de la disparition du petit Théo, en 1933, au sein d'une grande et belle maison, famille d'un certain milieu, et jamais élucidée...

Aucune piste ne nous sera épargnée et largement délayée, autour des trois soeurs notamment du petit Théo, Alice Clemmie et Deborah, et du couple parental Eleanor et Anthony... Franchement, je n'ai pas eu assez envie de m'accrocher à ces personnages pour rester avec eux 740 pages....

Merci cependant à Manolo qui a pris le temps de me le choisir et de me l'offrir, merci du fond du coeur...

. L'enfant du lac, Kate Morton, 2015. Edition Pocket. 

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Antigone :))

14 Avril 2019, 21:03pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bonheur que de se replonger dans l'histoire d'Antigone, en grande fan que je suis de l'Antigone d'Anouilh. Celle, originelle, de Sophocle.

Elle est évidemment plus complexe, sans doute "chargée" par les strophes et antistrophes antiques poétiques et lyriques, des chants entre les scènes. Digeste, cependant, en tout cas, là, à cette période de ma vie, c'est ce que je me suis dit.

Alors : la version de Sophocle commence par une entrevue entre les deux frangines. Pas de nourrice ici. Ismène a plus de "solidité" que celle d'Anouilh.

Créon est très rude, "un", indivisible, peu nuancé, tranché, buté ; y compris avec son fils Hémon qui pourtant vient habilement lui parler et précher la raison. Y compris en tentant d'infléchir le père parce que le peuple donne raison à Antigone. Mais Créon ne veut rien entendre.

Chez Sophocle, c'est Tirésias (qui n'existe pas dans la version d'Anouilh), le devin, qui vient parler à Créon, pour lui dire de cesser tout cela, de donner sa sépulture au mort et de sauver Antigone, ou il lui arrivera malheur. Créon s'obstine encore, mais, à l'annonce du malheur, il finit par accepter de plier. Il va sur le corps de Polynice, lui donne un tombeau, va jusqu'à Antigone qu'il a condamnée à mourir sous terre, mais là il est trop tard : Antigone est déjà morte, Hémon est là, tente de l'atteindre, lui, son père, et se retourne alors son épée contre lui-même... Eurydice l'apprenant, se donne la mort à son tour. Et Créon se repend, comprenant ses erreurs ! Pas de repentance chez Anouilh, son Créon a juste le sentiment du devoir accompli...

Cette pièce, émanant des siècles passés, est décidément fascinante : qu'une femme ait pu avoir cette importance-là, il y a 25 siècles, chez Sophocle, et dans ce peuple, m'émeut... 

Parce que c'était il y a 25 siècles......

. Antigone, Sophocle, (440 av JC).

 

 

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Et rester vivant

29 Septembre 2018, 21:42pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

... Comment écrire sur ce livre-là ?

Ca résonne comme un testament intime. Qu'il est, sans doute. En toute pudeur, à l'image de cet auteur que j'aime tant, qu'est Jean-Philippe Blondel. Se dire qu'il reste le doute, se dire que je ne savais pas, ce drame intime, et sur lequel il écrit peut-être... Sa mère et son frère, fauchés dans un accident de voiture ; son père, quatre ans plus de tard, de même. Alors, ses pas, pudiques, au garçon de 22 ans, pour s'en sortir. Aux prises avec la mort. Son épopée choisie aux Etats-Unis, avec ses deux meilleurs amis, Laure et Samuel. Sur les traces d'une chanson. Un périple qui s'intercale avec des souvenirs, passés, de ses êtres perdus. Réapprendre à vivre, un peu, dans la douleur, en frontale avec la vie. 

Blondel, toujours aussi juste, et jusque dans ce récit intime, ou qui semble intime.

. Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel, 2011, éd. Buchet-Chatel.

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Le canapé rouge :))

4 Août 2018, 15:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Oh, c'est magnifique. 

Une magnifique balade, toute douce et puissante en même temps. Un chant intérieur qui vaut pour baume et tentative de guérison, entre vie et mort, mais toujours plus proche de la vie.

Entre quête d'une page qu'on tourne, et nostalgie d'une autre qui se referme, lié par un voyage, ainsi que de belles figures féminines, des mots d'écrivains, et un canapé rouge...

C'est superbe.

Et évidemment, il aura résonné pour moi de façon toute partculière, faisant étonnamment écho pour moi en ce moment...

La narratrice entreprend donc un voyage en train, qui a vocation à retrouver la trace d'un ancien amour perdu, Gil, dont elle sait qu'il est dans une ville de Russie. Il y a ce temps du voyage, des rencontres fugitives et des introspections, jusqu'au point de chute, et l'entreprise de guérison... Et puis il y a son présent, ou son tout juste passé, sa vie partagée avec sa voisine, une femme âgée de qui elle s'est rapprochée et avec qui elle partage de si beaux moments, à papoter, sur un canapé rouge... Voisine qu'elle a quittée pour son voyage, et qu'elle s'empresse de chercher à retrouver, après celui-ci, mais...

Roman-hymne à la vie, quoi qu'il arrive, et coûte que coûte quels que soient les cailloux qui s'en mêlent...

Une très très belle découverte, que je dois à Luocine, qui m'a donné envie de le lire. Mille mercis, Luocine, mille mercis !!

. Le canapé rouge, Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser, 2007.

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This is not a love song :)

10 Juin 2018, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Retrouver Jean-Philippe Blondel. Se couler avec toujours autant de plaisir dans son écriture, dans ses récits sensibles, qui nous font ressentir ce qu'ils veulent nous faire ressentir. 

Il est parvenu avec celui-ci à densifier de manière très inattendue et totale la phrase, dans une conversation mondaine et apparemment superficielle : "ah j'ai vu un reportage sur les SDS, c'est terrible". Evidemment, convenu. Et c'est ce qu'on se dit de celle qui la prononce. Et soudain, le récit se poursuit et les personnages sont éclairés d'un jour nouveau, vif et cru, brut très intéressant. Ces personnages qu'on croyait connaître et avoir rangé dans des cases, il faut bien les en sortir, et les redessiner, tous ou presque. Au moins le frère du narrateur, et la belle-soeur. Pas si simple, de ne pas les aimer. Finalement...

Histoire d'attaches familiales, de famille qu'on quitte pour survivre, et se reconstruire ailleurs. En l'occurence en Angleterre pour le narrateur. Histoire d'un passé qui nous rattrappe quand on retourne au plus près de son passé, parce que peut-être on ne peut rester installé dans le déni toujours. Alors savoir, souffrir. Souffrir, vivre avec et accepter, puis reprendre son chemin, en sachant, plus tout à fait le même. Mais en ayant aggloméré son passé recomposé.

. This is not a love song, Jean-PHilippe Blondel, Pocket. 2007.

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