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Le blog de la souris jaune

construction d'identite

Comment j'ai perdu mon amie :))

22 Juillet 2015, 19:48pm

Publié par LaSourisJOne

Comment j'ai perdu mon amie :))

J'ai apprécié ce changement d'ambiance, ce voyage trouble en Inde avec ces deux amies, et aussi ce suspense bien rythmé, marqué par une légère tension psychologique... Et un livre qui nous oblige à revoir à la toute fin notre copie, alors qu'on avait déjà notre avis sur le livre, notre histoire presque bien rangée, bien estampillée, étiquetée, tout est chamboulé et aucune conclusion hâtive ne peut s'imposer. Les visions des personnages se bousculent, et doivent se redessiner...

Donc, deux ados partent en Inde, des meilleures amies comme on en connaît, très très réalistes. Il y a la narratrice, jolie, qui semble réussir tout ce qu'elle touche, en tous cas avec les mecs, et dans les études. Et Gemma, boulotte, souffre de son apparence, n'a pas de relations amoureuses satisfaisantes, et rate son entrée en fac parce qu'elle se débrouille pour ne pas avoir son bac alors qu'elle est brillante. Des parents compliqués, un père qui a disparu, et une mère dépressive. Tout le tableau presque tracé.

En Inde, c'est la narratrice qui a l'habitude des voyages qui mène la barque, avec sa fougue, son inconscience... Et c'est elle qui semble entrainer tout ce qui arrive, sa traine de mises en dangers, par ses caprices dangeureux. Et elle abandonne son amie malade avant d'être rongée de remords, et de revenir et de la découvrir.... croire morte, immolée. Terrifiante et glaçante découverte.

Six ans plus tard on retrouve la narratrice, sa culpabilité, ses erreurs, ses échecs, son incapacité à vivre...

Oui, ça parle de culpabilité ; oui ça attire l'attention sur les risques des fréquentations, des mauvaises fréquentations, sur les risques d'un manque de prudence surtout quand on ne connaît pas un contexte, à l'étranger, au péril de sa vie. Mais surtout, le livre retourne l'histoire comme un gant, et tout d'un coup, oui, c'est un chemin de vie qu'on lit ; avec ce que ça implique de mauvais jugements, de changements, d'évolutions qui nous sont inhérrentes, et qui font que nous devons laisser sur le chemin de nos routes des amitiés qui n'ont plus lieu d'être. Oui, ça revisite l'amitié, aussi, les choix que l'on fait en la matière, et les nécessaires abandons qu'on doit faire pour grandir...

C'est très très bien. Délicieusement glaçant parfois, mais on est vraiment tenus en haleine. D'ailleurs, je n'ai pas pu, surtout au début, m'empêcher de penser, même si c'est un autre contexte, un autre pays, au livre de Douglas Kennedy, Cul-de-sac.

Et j'ai vraiment beaucoup aimé. Attention, la fin surprend !

Médiathèque de Dinard.

Comment j'a perdu mon amie, Katy Gardner, éd. Denoël. 2002.

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Selon Faustin

8 Février 2015, 10:50am

Publié par LaSourisJOne

Selon Faustin

Roman ado.

(A partir de la 3ème).

Faustin est un ado qui habite quelque part où il fait toujours beau (sic), et où on fait toujours du surf. Où les garçons sont tous blonds, aux cheveux décolorés, et bronzés, voire cramés par le soleil. Ah, en France. Quelque part donc aux alentours de l'Aquitaine et de la Côte basque, genre Hossegor... Il a 15 ans.

Les thématiques abordées sont intéressantes : comment fait-on pour vivre dans un univers qui nous marque malgré soi, comment fait-on pour y échapper, peut-on y échapper ? (En l'occurence, le surf, et le conditionnement à la norme, le fait de faire du surf, y compris dans les têtes des parents, qui ne conçoivent rien autrement, notamment pour leurs enfants). Très intéressant aussi, cette complexité des rapports avec les parents, la difficulté des mots, de la compréhension intergénération, la nécessité qu'on a parfois, de creuser son sillon tout seul, ou avec un frère... Et puis le prisme que l'on incarne parfois, à ses dépens, pour ses parents, et qui est source de souffrance est assez bien donné à voir, notamment via les rapports au père.

Et puis, le désamour. Comment fait-on pour vivre quand on croyait aimer de toutes ses forces, quand l'autre ne veut pas de nous, vit sa vie hors de nous ? Comment cesser d'aimer ? Faustin traverse toutes ces étapes. D'abord la croyance que si, de toute façon, Lise lui reviendra ; puis la fuite, loin de tous les lieux où il risque de la croiser, et puis enfin la désillusion, l'acceptation que nous ne l'aimons plus, et que nos chemins sont distincts. Intéressant, l'exploitation de ce chemin dans la peau d'un ado.

Cela dit, je n'ai pas tellement aimé la narration, avec beaucoup de 'on', le style... Et cela ne m'a personnellement, pas passionné. Je lui reconnais cela dit des thèmes originaux, et je pense qu'il peut plaire aux ados.

Médiathèque de Pleurtuit.

. Selon Faustin, Emmanuelle Richard, éd. L'Ecole des Loisirs, Médium. 2010

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L'homme de la montagne :))

7 Novembre 2014, 11:37am

Publié par LaSourisJOne

L'homme de la montagne :))

Je n'avais pas particulièrement été emballée par ’Les Filles de l’Ouragan’ , que du coup je reprendrai peut-être. Car le dernier livre de la romancière américaine Joyce Maynard,’L’homme de la montagne’ qui vient de paraître en France m’a véritablement emballée ! J'ai été emportée comme par une spirale haletante, persistante. On ne lâche pas ce livre qui oscille entre le policier et le roman initiatique avant d’en avoir fini et espéré que la romancière ne nous laisserait pas sans nous dire qui est cet effroyable ’Etrangleur du Crépuscule’ !
Le récit nous est livré par Rachel (Farrah pour son père, inspecteur de police). Une Rachel qu’on rencontre enfant, mais aussi à 45 ans, alors qu’elle aura cheminé, vécu une partie de sa vie et sera véritablement devenue romancière. Comme par une astucieuse et très réussie mise en abyme, on aura l’impression de lire le livre de Rachel sur ’L’homme de la montagne’….
On est donc plongé dans le monde vu par une ado, dont l’univers est constitué par son inséparable et précieuse sœur, leurs jeux à la lisière de l’enfance et de l’âge adulte, son père, qu’elle adule et qu’elle adulera jusqu’à la fin de sa vie ; la mère, plus en arrière-plan, est à sa manière attachante, aimante à sa façon, même si elle laisse ses filles un peu désœuvrées, tourmentée par sa dépression, et se réfugiant dans ses livres.
Survient alors un meurtre horrible d’une femme, au pied de chez elles, dans la montagne, premier d’une série de meurtres infinis. La romancière manie à la perfection les rouages du suspense, sans en abuser. La narration par le prisme de cette adolescente qui se construit est extrêmement attachante ; l’angoisse qui sourd dans la petite communauté, l’ascension puis la chute du père, héros déchu parce qu’il échoue à trouver le coupable est elle aussi passionnante. Et puis quarante ans plus tard, la romancière qui n’a pas oublié, marquée par cette affaire comme au fer rouge, l’empêchant même de construire sa vie, y reviendra…
Palpitant !


L’homme de la montagne, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, Août 2014.

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