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Le blog de la souris jaune

Articles avec #chemin de vie

Le dernier amour d'Attila Kiss :))

16 Juillet 2017, 23:18pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un très beau roman d'amour que celui-là. Plus que cela, d'ailleurs. Un roman sur une lutte, sur la résilience, sur l'histoire, sur ce qui sépare deux êtres et sur ce qui les unit, plus fort que tout, l'amour. 

C'est une belle voix, mélancolique, forte qui nous susurre à l'oreille cette histoire. Attila, sa vie, ses duretés. Son chemin aride, mais il n'en a pas d'autre. Alors son premier mariage, sa vie parallèle, ses trois filles, sa vie illégale auprès de son beau-père, son départ ; son nouveau départ, et sa vie de travail, dix ans dans une usine pour gaver des poussins. Et la peinture, pour garder, immortaliser ce qu'il n'a plus. Et une jour, comme une tornade, une rencontre, à la terrasse d'un café. La jeune femme ne le quittera plus. Malgré tout ce qui les sépare. Malgré leur passé historique, qui le remplit de haine, parce qu'elle est viennoise, riche, et qu'il est pauvre, et hongrois. Il va lutter, lutter, contre cet amour. Dire ses douleurs, tenter de détruire. Mais... Elle est forte, elle l'aime et...

C'est un beau roman que ce Dernier amour d'Attila Kiss. Un beau roman, bien écrit, sensible, fort. 

Je vous le recommande.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le dernier amour d'Attila Kiss, Julia Kerninon, éd. La Brune Le Rouergue, 2016.

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Les vies multiples d'Amory Clay :)))

5 Juin 2017, 21:00pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quel vif plaisir de lecture ! Je souhaitais tout à la fois avancer très vite, et que cette lecture ne se finisse jamais. Je n'ai pas lu beaucoup de William Boyd, mais je n'ai jamais été emportée ainsi par un de ses livres. 

La première prouesse réside dans le miracle d'incarnation de ce personnage féminin. On est elle, on est avec elle, et c'est merveilleux, et troublant d'imaginer qu'un homme peut créer cela avec une telle justesse. Ensuite, autre prouesse, on a la sensation que cette femme éxiste vraiment (mais là j'avoue, je n'ai pas vérifié) entre autres parce qu'on a ses photos, en noir et blanc, prises par elle, légendées... Bref, un mystère merveilleux de véracité. Et il me va de ne pas en savoir plus (mais ma curiosité me poussera peut-être, sûrement même, à vérifier si elle a existé ou non réellement). 

Nous voici donc plongés tout à la fois dans le journal, et le quotidien d'Amory Clay, photographe britannique. Aussi, le narrateur nous entraine avec une dextérité impressionnante tout autant dans son âge qu'on peut imaginer, petit à petit, et plus avance le récit, avancé, que dans son tout jeune âge. On va suivre les deux spirales jusqu'à ce qu'elles se lient. Amory est une photographe, une femme, elle va être photographe de guerre ; pourquoi ? Parce que c'est l'intensité qu'elle souhaite pour sa vie ; mais elle vivra tout en même temps ses histoires d'amour, on la suivra au fil de ses amants, ses amours, ses coups de coeur... Une vie de femme, extraordinairement bien racontée. Entre Londres, New-York, Saigon pendant la guerre du Vietnam et Paris, son chemin est souvent celui qui s'impose lorsqu'elle a un amoureux, en fonction de celui-ci ou pour exister ; il mèle l'histoire, la vraie, à l'histoire intime, c'est époustouflant, j'ai adoré. 

Merci, merci à Mélanie qui m'avait chaudement recommandé ce livre, encore une fois elle ne s'était pas trompée.

. Les vies multiples d'Amory Clay, William Boyd, 2015, Le Seuil (Poche).

 

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Murmures dans un mégaphone

10 Mai 2017, 13:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Deux vies.

Deux vies qui se font résonnance. Deux vies marquées par des trajectoires différentes. Mais qui vont se retrouver soudain, de façon fort improbable, comme la vie le permet souvent - car la vie, c'est l'improbabilité - dans les bois, un soir, par hasard, pour des raisons qui leur appartiennent, à chacun. 

Elle est marquée par un destin très lourd, et un choix très lourd qu'elle a décidé il y a trois ans : ne plus sortir de chez elle. On rencontre donc Myriam après ces trois ans passés, qui vit hors du monde. Et puis il y a Ralph, qui croit agir sa vie mais finalement l'a certainement subie. Lui, le psychothérapeute. Marié à Sadie, qui passe son temps à mettre en scène leur vie sur les réseaux sociaux... Miroir au passage de notre société, telle qu'elle est aujourd'hui, en tout cas pour certains. Deux enfants, des jumeaux, de 16 ans. Dont il ne connaît rien, dont on voit assez bien la vie autonome, parallèle. Vies tissées sur du factice, vies contigues et non les unes avec les autres...

D'ailleurs, c'est un peu le phénomène étrange de ce livre : il avance lentement, de manière assez composite finalement, et forme quelque chose d'assez flottant ; d'intéressant, mais de flottant. C'est ce qui fait que je ne peux pas crier mon enthousiasme, pour cette sensation étrange de "délitement" qu'il procure. En même temps... Les vies qui se délitent, qui se vivent comme elles peuvent, c'est bien le propos. Où les deux protagonistes du couple central vont d'ailleurs aller sur les traces de ce qu'ils pensaient vérité originelle avant de l'avoir abandonnée : leur premier grand amour, auquel ils ont renoncé. Avec cette question intéressante : on ne se marie pas avec la personne qui compte le plus pour soi. Question loin d'être classique, et très intéressante... Comme si notre part d'ombre, de secrets, restaient à jamais autre et séparée de celui qu'on décide d'épouser... 

Les murmures, ce sont ceux de Myriam, elle qui s'est condamnée à murmurer à cause du mère cinglée et mal aimante. 

J'ai aimé le lent tableau qui donne à voir les évidences assumées, puisqu'elle re-naît au monde au bout de trois ans : pas de faux-semblants. Elle cherche le vrai. 

Ralph, au contraire... a du mal avec le vrai, il s'est fait croire au faux... Ou on lui a fait croire au faux... La reconstruction de l'une sera, malgré tous ses traumatismes, plus sûre et plus probable que celle de Ralph, qui semble suspendu au dessus de rien. Cette thématique est intéressante. Mais je n'ai pas été emportée...

Merci à Delphine, toujours découvreuse, de ce cadeau.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Murmures dans un mégaphone, Rachel Elliott, Payot et Rivages, 2016.

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Je vous écris dans le noir :))

28 Janvier 2017, 16:49pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un roman bouleversant que celui-là. Extrêmement impressionnant par sa force et sa justesse, sa sensibilité : l'auteur incarne ici un personnage féminin de manière saisissante, et troublante. Mais évidemment, on sait qu'écrire n'est pas une histoire sexuée, on le sait depuis toujours ! :)

C'est l'histoire de Pauline Dubuisson. Une femme qui a vraiment existé, et qui a été condamnée pour l'assassinat de son fiancé. L'auteur reprend cette histoire en réhabilitant cette femme, en nous livrant son histoire, en lui donnant semble t-il, pour la première fois, une chance d'être comprise. Il faut savoir que Clouzot en a aussi fait un film, où il accable vraisemblablement cette femme, incarnée à l'écran par Brigitte Bardot. Seigle fait partir son histoire de ce film, que Pauline Dubuisson est allée voir. Du mal qu'il imagine il a pu lui faire. Bref, il humanise cette femme comme personne auparavant n'avait semble-t-il souhaité le faire.

C'est vraiment troublant à plus d'un titre. Déjà, parce que ça donne à voir un fait-divers dans sa dimension humaine, la part non maîtrisable du destin dans l'accomplissement d'histoires sordides. Ainsi, on ne peut qu'être sensible au terrible destin de cette Pauline, qui fut tondue à la Libération, alors qu'elle avait 17 ans.

L'auteur nous livre trois cahiers, les écrits qu'auraient écrit Pauline, avant de se donner la mort. On va voir comment le destin va s'acharner contre elle. De terrifiante manière. A de multiples reprises. Et comment le pardon, ou le droit à l'oubli est bien relatif, et combien elle est condamnée à échouer dans ses reconstructions.

Le contexte familial, est là encore extrêmement intéressant, et tellement pas manichéen : oui, la jeune fille va coucher avec un Allemand, mais poussé dans ses bras par son propre père, pour sauver leur mère de la déprime... C'est ce qu'il nous donne de l'histoire de Pauline Dubuisson et évidemment, son histoire prend l'allure d'un terrible et injuste gâchis.

Attention, je dois vous le dire : la profondeur de la confession fait que l'histoire de la tonte et surtout de ce qui suit pour Pauline est insoutenable. Autant le savoir.

En tout cas, c'est un coup de maître de la part de Jean-Luc Seigle, que j'avais apprécié déjà avec En vieillissant les hommes pleurent

Merci à Gaby pour sa recommandation.

. Je vous écris dans le noir, Jean-Luc Seigle, éd. Flammarion. 2015

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L'espionne de Tanger :))

6 Novembre 2016, 18:57pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

L'histoire de ce livre se déroule dans les années 30 en Espagne, puis pendant la seconde guerre mondiale en Espagne et dans le protectorat espagnol du Maroc. Autour du personnage principal, une jeune femme, Sira, espagnole, donc. A partir de son histoire d'amour, choix amoureux, point de départ de sa vie telle qu'elle le sera. On voit que ce coup de foudre, laissant alors l'homme avec qui elle s'apprêtait à se marier, va orienter toute sa destinée. 

A partir d'une trahison, Sira va lentement quitter la naïveté. Confrontée au réel brutal. A l'obligation de compenser la trahison pour pouvoir s'en sortir. 

Pas à pas, on va suivre la jeune femme dans la vie qu'elle se trace, avec cette marge de manoeuvre très ténue qui est la sienne. Et s'étonner de la rigidité qu'elle met dans certains choix. Comprendre comment cette femme, pragmatique, va se mettre au service d'un pays, parce que cela correspond à sa croyance d'éviter la guerre. La scène qui l'amène à s'y décider est assez intéressante, elle hésite, et c'est un échange avec sa mère, sobre, qui va la décider. Sa mère qui lui dit : si ton action peut aider l'Espagne à éviter de vivre encore une guerre, alors fais le. Et c'est ainsi que Sira va entrer dans un système de fonctionnement extrêmement contraignant pour elle, avec la conviction jamais remise en cause de servir son pays. J'aime ce journaliste qui croise sa route, on enrage de ne pas la voir tout lacher pour le suivre... On suit tous ces personnages avec bonheur, le récit est dense mais tient en haleine toute la durée de ses 600 pages. 

J'ai beaucoup aimé.

Et c'est à Luocine que je dois cette lecture ! Merci Luocine ! 

L'espionne de Tanger, Maria Duenas, éd. Robert Laffont, 2012 (2009 pour l'édition espagnole).

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Figurante :)

10 Mai 2016, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

Figurante :)

Roman.

J'ai bien aimé ce livre. Jolie balade, au gré d'une solitude, joliment écrit.

Une jeune femme vit en Province, et travaille dans un hôtel, en tant que femme de chambres, et serveuse. Elle partage sa vie avec Marc. Un jour à l'hôtel, une équipe de tournage s'est installée, et un vieux monsieur lui demande des croissants, à une heure où le service est passé. N'écoutant que son coeur, elle lui apporte les croissants. Ce monsieur se révèle être un réalisateur, et il voit en elle, une jeune femme avec un regard, une jeune femme qui pourrait être actrice, le premier rôle dans son prochain film... A partir de là, sa vie chancelle. Ou plutôt, celle qui vivotait, s'ennuyait, subissait, va interroger le sens des événements, et avec pragmatisme, pousser l'exploration jusqu'à savoir, comprendre... Le tout parallèlement à ses histoires de famille en pleine cristallisation, puisque son père est en train de mourir, et qu'elle n'a jamais connu sa mère. Elle va fouiller chez son père et découvrir un peu qui était sa mère... avant de tout quitter pour partir explorer son destin, quitte à revenir, sereine, après avoir vu.

J'aime bien, ce cheminement. Elle voit. Elle vivote, elle découvre qu'elle n'est pas heureuse, elle va chercher autre chose et comprendre que ce qu'elle trouve n'est pas pour elle, pour lui donner envie de sa vie d'avant ; je trouve que ça a beaucoup de sens. J'aime beaucoup ce personnage qui tatonne, la manière dont c'est écrit, décrit, avec poésie parfois.

C'est un joli livre sur les vies simples, les espoirs, les choix de vie.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Figurante, Dominique Pascaud, éd. La Martinière, 2015.

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Toujours avec toi :))

26 Décembre 2015, 08:12am

Publié par LaSourisJOne

Toujours avec toi :))

C'est un roman qui se goutte lentement, qui distille petit à petit la flamme qu'il inspire. Si j'ai pu être sceptique au début, et par moments un peu plus tard, c'est sans doute par manque de patience et avec l'habitude des liens plus vite. Maudite impatience. Ici, on ne comprend que plus tard, en son temps, la réelle utilité de la démarche de la jeune femme, Inga, éprouvée par un deuil mal refermé, la mort de son mari deux ans auparavant. Et l'histoire se forme, emplie petit à petit par les récits désolidarisés, de la grand-mère, et d'Inga, donc, à travers ses recherches sur les traces de son passé. L'ensemble finit par former un édifice attachant, et à nous montrer à quel point comprendre, ou tout du moins savoir, ce que notre passé n'a pas apporté jusqu'à nous, est parfois précieux. L'histoire de cette grand-mère, Rakel, va donc nous être révélée via plusieurs sources: les souvenirs des rares personnes qu'Inga peut interroger, un oncle auquel elle est très attachée, une femme qu'elle rencontre suite à ses recherches, le mot de son père, et le don d'une bague, lui qui s'est réfugié, trop marqué par son passé justement, dans son mutisme et sa fin de vie. Avec une lettre comme point de départ, trouvée dans un carton dans la maison de famille où Inga est allée tenter de se ressourcer. Une lettre qui n'a pas été mise là par hasard, mais qui, pourtant, aurait pu ne jamais être trouvée...

Et puis il y a cette Léa, ce double blond pour Rackel qui sans doute donne son nom au roman, 'Toujours avec toi' ; une rencontre fortuite pour la jeune Rackel, mais qui marquera son existence. J'ai aimé l'ambivalance qu'on imagine autour de cette lettre qui nous tient en haleine une grande partie du récit, puisque, cette lettre écrite par Léa évoque une nuit qui a tout changé... Evidemment on imagine quelque chose qui n'est pas, et c'est encore plus fort.

Il y a un fond de guerre, indissociable de l'histoire de sa grand-mère, en 1916 ; la bataille de Jutland, en mer, elle aussi indissociable de son histoire et d'un drame, d'une tragédie qui marqua sa grand-mère. Les femmes sont des personnages qui vont de l'avant, des personnages forts, centraux, et les hommes gravitent autour de ces atomes. Même s'il est difficile de les passer sous silence, notamment Anton, et Jakob, coup de foudre de Rackel (Anton, au destin tragique), et l'homme avec qui elle passera sa vie (Jakob), finalement.

Trois temporalités s'emmèlent pour servir ce récit : 1916, 2007 (celle d'Inga), et 1959, voix de Rackel sur la fin de sa vie, à l'hôpital à 61 ans, malade et mourante, revisitant ses souvenirs. Les deux récits se faisant écho. Avec cette tranche de temps inéliénable, infranchissable de toute façon pour ces deux qui sont de la même famille, dont le destin de l'une a marqué celui de l'autre, quand même, mais qui ne se connaîtront jamais.

Et puis Inga, flageolante dans sa vie professionnelle, talentueuse mais fragile, que les doutes peuvent balayer, apprend grâce à la 'sérénité' que lui apporte de découvrir et comprendre son passé à avoir confiance en elle. Renforce et affime cette photographe talentueuse, qui peut maintenant faire ses choix assumés et plus matures.

Une très belle et profonde balade au gré d'histoires intimes et de la grande histoire ; j'avais lu cette auteure sans avoir fait le lien, Le peigne de Cléopâtre ; j'avoue que sa singularité me donnera envie de retrouver une autre de ses fictions.

Toujours avec toi, Maria Ernestam, éd. Actes Sud, avril 2010.

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Le carnet rouge :))

28 Avril 2015, 21:27pm

Publié par LaSourisJOne

Le carnet rouge :))

Roman ado. Filles.

Pur bonheur. Je l'ai dévoré, celui-là. Ce petit roman apparemment très neutre a le mérite d'entrer dans le réel et de le désacraliser. Le Népal, par exemple, et la vision 'carte postale' qu'on en a, malgré l'actualité cinglante de ce pays en ce moment. Au delà des clichés, un peu faciles qui font qu'on pourrait souhaiter y vivre, on est plongé là dans une histoire de racines familiales, via un carnet rouge, où l'héroïne découvre enfin, après 16 ans de silence subi et de déni de la part de sa mère, l'histoire de sa grand-mère, sacrifiée comme fille à 3 ans comme 'kumari' destin choyé mais transitoire dont la désillusion est rude, puis comme prostituée parce qu'elle n'a pas appris à se défendre de ce monde... L'héroïne, Marie, qui reçoit tout en pleine face sans dosage va apprendre à accepter ce que l'on ne maîtrise pas, ce qui fait partie de notre passé, et nous constitue. Et puis la parole, déliée, permet d'avancer.

Amitiés, force du lien qui se construit jour après jour, acceptation de son destin ; l'histoire de cette Marie qui rencontre un grand-père par hasard, bani de la famille et comprendra toute son histoire par son biais fut une belle découverte. Je vous la recommande. :)

Médiathèque de Saint-Malo.

Le carnet rouge, Anne-Lise Heurtier, éd. Castermann, 2011.

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... 351

21 Avril 2015, 22:13pm

Publié par LaSourisJOne

"Où se trouve l'endroit où ne plus pleurer, où ne plus penser à ce qui m'étouffe ? Je hais ma soumission à la peine".

Frédérique DEGHELT

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Orages :)

31 Janvier 2015, 22:21pm

Publié par LaSourisJOne

Orages :)

"J'ai entendu un ami auteur dire un jour lors d'un débat que la seule question qui lui semblait importante quant il s'agissait d'écriture était de savoir d'où l'on écrit. J'écris de l'exil". C'est l'exergue du roman, mais finalement ça en dit beaucoup.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, roman d'un parcours initiatique, d'une jeune femme de 15 à 30 ans. Pragmatique. Qui vit. Sans pouvoir s'offrir le luxe de la glose. J'ai beaucoup aimé cette force, qui la guide par dela elle même ; une force qu'on n'a pas besoin de comprendre, ou que l'on n'a pas besoin que l'on nous explique, mais que l'on sens, finalement. Alors il y a cette jeune narratrice, dont le corps reste enfant, parce qu'elle pense qu'ainsi elle retiendra sa mère en train de mourir d'un cancer. Dont le père est parti pour reconstruire sa vie avec une autre famille. Et qui reste marquée par ce Sachat/Alexandre, qui appartient à son passé. A belgrade. Comment se construire avec cet héritage, et une ville qui affronte la guerre ? Pragmatiquement, en partant d'abord, puis en lambeaux, et en y revenant. Pas en conscience, plutôt en écoutant ce qu'impulse le corps. C'est ainsi que l'on suit la trajectoire de Tamara, le personnage principal. Elle est forte cette histoire avec cet Alexandre, devenu plus que mauvais garçon, mais que les souvenirs d'enfance lient l'un à l'autre. Comme s'ils faisaient revivre l'ancien temps, jeunes égarés, malmenés par les chemins qu'il faut se construire coûte que coûte, sans repère. Elle est forte cette histoire, et touchante, entre Tamara et Alexandre, entre Tamara et tous les gens qu'elle croise, elle qui est à vif, et qui se recout petit à petit, se reconsolide petit à petit, parce qu'il faut bien, parce que si l'on choisit de vivre, eh bien...

Un très très bel hymne à la vie, simple. A la force de vie.

Et un très beau récit sur Belgrade et une partie de son histoire sombre.

Médiathèque de Pleurtuit.

Orages, Sonia Ristic, éd. Actes Sud Junior, 2008.

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