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Le blog de la souris jaune

construction d'identite

Un barrage contre le Pacifique :))

4 Juin 2019, 20:39pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je ne me souvenais pas de l'avoir lu. Je ne savais pas si j'aimais Marguerite Duras... J'ai pris beaucoup de plaisir, un plaisir inattendu, à la lecture de ce livre.

Je n'aurais pas su dire ce dont il était question dans ce livre, très très connu, qui a d'ailleurs donné lieu à adaptation cinématographique ; 

c'est rugueux ; c'est du David Vann avant la lettre, et en mode nouveau roman !

L'histoire d'un trio familial. Imbriqué. Interdépendant. Indissociable. Très brillante architecture de leurs imbrications. Donc, la mère (et qui n'a pas d'autre nom que celui-ci), Joseph le fils et Suzanne, la fille. Elle s'est endettée pour changer de vie et construire des barrages contre le Pacifique, dans l'espoir d'avoir son domaine cultivé, et qui rapporte... Or, ce que l'administration lui a vendu est pourri, et s'autodétruit régulièrement. Les rapports avec l'administration, rude, est extrême et noir, mais tellement intéressant, puissant...

On voit la place du garçon, de Joseph, son rôle de pivot, et la place des deux autres mère et fille autour ; et Suzanne qui attend, attend que sa vie change, espère, vie misérable, écrite... Suzanne qui subit un peu l'un et l'autre ; avant de s'émanciper un peu, très peu, et avant même de décider que son salut, pour que l'amour sera la fuite hors de ce lieu, coûte que coûte...

Une très belle découverte.

. Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras, 1950.

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La mort du roi Tsongor :)))

19 Février 2019, 21:40pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 2002.

Splendide. Vraiment, je suis heureuse de l'avoir acheté, parce que je pense que je le relirai.

Il est fort, il est beau ce livre-là ; il a la force d'une tragédie, où le destin tire inéluctablement les êtres vers ce qu'ils ont cherché... Ou ne sont pas parvenus à éviter.

Ici, les hommes se font la guerre sans se rendre compte que l'orgueil les perd, stupidement, et que c'est leur vie, qu'ils perdent, à ne point vouloir céder ni réfléchir. 

Alors il y a Tsongor, le roi, qui quitta la terre de son père pour construire un royaume plus grand que le sien ; pendant vingt ans il combattit, jusqu'au jour où il en eut assez. Il fit son serviteur un de ses derniers hommes conquis, et ces deux-là échangent un pacte, un pacte de mort... Les années passent, le serviteur prendra la vie de son maître un jour, tel était le pacte. Et le jour arrive ; seulement, les deux hommes sont devenus amis... 

Et puis il y a sa fille, Samilia, que Tsongor promet à un riche époux. Tout va bien, nous sommes à la veille du mariage et tous sont heureux, y compris Samilia, à l'idée de cette union. Mais un voyageur solitaire surgit, sorti du passé, et il rapporte un serment d'enfance que lui et Samilia s'étaient échangés : ils se marieraient, et c'est pour acquérir de la valeur qu'il est parti sur les routes, pour mieux revenir et la mériter... 

Quel dilemne ! Que faire ? Tsongor, refusant de trancher ou pressentant la guerre, décide que le jour de sa mort est arrivé. Il laisse alors derrière lui, des hommes qui vont s'entretuer pendant des années, sans réfléchir, par orgueil, et dont le combat est absurde...

Et il y a le jeune fils de Tsongor, que celui-ci a chargé de construire sept tombeaux pour lui, et que mine de rien, en le condamnant à l'exil, il sauve de ces pêchés d'orgueil, de destruction, de haine, de guerre... 

Entre légendes et mythologies, force des paroles données, force des serments et des attachements, c'est beau, c'est très très beau...

J'ai adoré.

. La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud 2002 ; Le Livre de Poche 2018

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... 592, se construire contre

27 Octobre 2018, 11:36am

Publié par LaSourisJOne

"Se construire contre quelqu'un signifie aussi qu'on s'y appuie et dans les mois suivants sa disparition ma sensation la plus nette a été le déséquilibre".

Julia KERNINON

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... 587, la timidité

14 Octobre 2018, 17:29pm

Publié par LaSourisJOne

"La timidité : cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l'âge le plus avancé, qui refoule sur notre coeur nos impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments mêmes de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaître".

Benjamin CONSTANT (1816)

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Et rester vivant

29 Septembre 2018, 21:42pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

... Comment écrire sur ce livre-là ?

Ca résonne comme un testament intime. Qu'il est, sans doute. En toute pudeur, à l'image de cet auteur que j'aime tant, qu'est Jean-Philippe Blondel. Se dire qu'il reste le doute, se dire que je ne savais pas, ce drame intime, et sur lequel il écrit peut-être... Sa mère et son frère, fauchés dans un accident de voiture ; son père, quatre ans plus de tard, de même. Alors, ses pas, pudiques, au garçon de 22 ans, pour s'en sortir. Aux prises avec la mort. Son épopée choisie aux Etats-Unis, avec ses deux meilleurs amis, Laure et Samuel. Sur les traces d'une chanson. Un périple qui s'intercale avec des souvenirs, passés, de ses êtres perdus. Réapprendre à vivre, un peu, dans la douleur, en frontale avec la vie. 

Blondel, toujours aussi juste, et jusque dans ce récit intime, ou qui semble intime.

. Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel, 2011, éd. Buchet-Chatel.

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La délicatesse du homard :)

16 Août 2018, 21:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Agréable lecture d'été !

Un roman choral, deux voix, plaisant.

Il aurait pu me sembler un peu long, mais j'ai pris plaisir à le lire.

Axelle échoue sur une plage et un homme à cheval la reccueille. Elle est mal en point psychologiquement, il vit seul et refuse les attaches... Ils vont apprendre à vivre ensemble, et à dépasser le pragmatisme d'un partage du quotidien.

Reconstructions à deux, qui font du bien.

Ce n'est pas qu'une histoire de reconstruction de l'amour de soi et de l'autre, mais aussi pour Axelle une reconstruction plus profonde, plutôt bien sentie et donnée à voir, sensible, quant à un parcours traumatique lié à l'enfance et des parents très maladroits (pour le moins). A ce niveau-là aussi, son parcours est très crédible et plutôt intéressant, et le cheminement de sa résilience aussi.

Merci à Nolwenn pour la découverte et le plaisir de lecture, 

. La délicatesse du homard, Laure Manel, éd. Michel Lafon, décembre 2016.

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Le pouvoir du chien :))

24 Juin 2018, 09:47am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quelle force souterraine, ce livre ! 

Il avance, il rampe comme un mauvais serpent.

Il est d'un incroyable richesse et dextérité narrative : les points de vue sont emmêlés sûrement, loin d'être plaqués les uns après les autres, ils vous tombent dessus.

C'est une espèce de huis clos au milieu de grands espaces sauvages aux Etats-Unis, en tout cas ce qui se passe entre les personnages est de l'ordre du huis clos. 

Ce ranch est le ranch des Burbanks. Le père et la mère (Le Vieux Monsieur et La Vieille Dame, dans le récit) sont partis vivre ailleurs ; les deux fils, d'une quarantaine d'années probablement, y vivent tous les deux, et dans les baraquements à côté les cow-boys qui travaillent au ranch.

On commence dans la tête de Phil très probablement, qui se réjouit de sa vie identique à toujours aux côtés de son frère... Frère taiseux qui va pourtant aller au village et tomber amoureux de Rose, qu'il va épouser. Et le couple va revenir habiter au ranch, avec le fils unique d'un autre lit de Rose. C'est là que commence le huis clos, les rouages d'une vie de cohabitation forcée...

Imaginez une Emma Bovary transposée chez David Vann ! C'est un peu à cela que m'a fait penser cette pauvre Rose. 

Pulsions enfouies et transformées en haines, manières d'affronter et de survivre au quotidien... C'est vraiment, vraiment très fort, et le dénouement, qui vient de loin et souterrain est lui aussi extraordinairement percutant.

Je crois bien que c'est chez Luocine, qui l'avait adoré, que je l'ai découvert, alors, merci Luocine !

. Le pouvoir du chien, Thomas Savage, 10/18 domaine étranger (américain) ; 1967 ; 2002 pour la traduction française chez Belfond.

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Le dernier des nôtres :))

30 Mars 2018, 22:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Mon intérêt pour ce roman est allé croissant.

J'ai commencé par être moyennement accrochée par ce couple un peu trop cliché, un peu trop attendu, d'êtres qui s'attirent parce qu'ils sont beaux et indépendants. Mais le roman est plus que ça, et autant vous le dire tout de suite, c'est à partir du moment où ça dysfonctionne que ça devient intéressant.

Parallèlement vous est racontée l'histoire du personnage principal depuis sa naissance, en pleine seconde guerre mondiale. 

Personnage, Werner, qui a tout pour déplaire, en tout cas, qui moi, m'a horripilé du début jusqu'à la fin. 

Cependant, le récit avançant, son histoire familiale se dessinant, certes, on le comprend un peu plus...

En tout cas : c'est une histoire qui nous rend attachante une bonne brochette de personnages (Rebeccas, Marcus, Lauren, le chien Shakespeare...), les personnages prennent de plus en plus de densité au fur et à mesure des récits croisés, des retours dans le passé ; les fils se nouent et se dénouent habilement, et les rebondissements sont là jusqu'au bout, au risque même de rendre l'histoire un peu emberlificotée, mais peu importe ; ça fonctionne. pourquoi Rebecca a t-elle la maladie du sommeil ? Pourquoi fuit-elle régulièrement ? Pourquoi sa mère richissime montre-t-elle ses cicatrices à Werner ? Qu'est devenu Johann, le père naturel de Werner ? 

Les questions maintiennent notre intérêt très vivace, et on sombre dans les heures les plus sombres des années 44 et 45, en Allemagne... 

Comment se reconstruit-on après ? 

C'est à la fois léger et absolument pas léger, Adélaïde de Clermont-Tonnerre sait décidement raconter les histoires.

Merci, Sandrine, pour la découverte et le partage !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, éd. Grasset, août 2016.

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L'amie prodigieuse, 4:))

24 Mars 2018, 14:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Alors voila. Je viens de refermer la dernière page du dernier tome de l'Amie prodigieuse. Voila un mois pile que je vis, je respire, je pense Elena Ferrante. Un mois pile, emportée de ligne en ligne, sans intermède, d'un livre à l'autre. J'ai ralenti, la lecture des quelques dernières pages, pour m'en imprégner vraiment, peu désireuse de quitter cette histoire, cette proximité avec Elena, cet univers. J'ai été avalée par ce livre et tout son histoire, ou par ces quatre livres et leur histoire. Avalée, oui, c'est ça. C'est troublant de refermer ce dernier tome en se disant que ces quelques dizaines de vie qu'elle vient de nous raconter, avec toute leur richesse, leur densité, pourrait très bien être sa vie, et de n'en rien savoir. Tellement agréable de se dire qu'on en saura rien, et prier pour que ce mystère demeure, moi ça me va bien.

Donc, dernier volet. Après quarante ans. Je ne peux évidemment pas en dire grand chose, bien entendu, pour tous ceux qui attendent de le lire avec impatience... :) Il y a donc un événement majeur, au coeur de ce livre-là, qui continue de marquer les destins, un destin en particulier, mais tous finalement, tant ils sont intrinsèquement liés.

J'aurais pu me dire que celui-ci bredouillait un peu, comme avec le second, mais si peu. Et c'est tellement proche de la vraie vie et de son rythme. Et puis le temps passe quand même, inexorable, vers le dénouement.

J'ai tant aimé l'histoire de cette amitié, et la toute fin, aussi, qui ne déçoit pas évidemment, puisqu'histoire est conçue en cercle, et qu'elle nous donne à la fin une note mystérieuse qu'on a envie de déguster, en y pensant, en cherchant la clé, sans jamais y parvenir.

. L'amie prodigieuse, IV, L'enfant perdue. Gallimard. Janvier 2018.

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L'amie prodigieuse, 3 :)))

14 Mars 2018, 20:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Troisième et avant-dernier volet de l'Amie prodigieuse, donc, dévoré sans lassitude et avec tout autant de plaisir, d'impatience de me replonger dans sa lecture, et je pourrais dire que j'ai aimé (mais c'est très personnel), ce troisième tome autant que le premier. Sans occulter le second.

J'ai énormément aimé celui-ci pour les choix d'affirmation que fait la narratrice, pour la vision d'un écart entre deux mondes, un lettré, un de l'héritage familial, qui se creuse ; l'immersion dans un contexte politique, historique, et social, surtout social avec des entreprises à la Germinal sur la rude, très rude condition ouvrière : comment fait-on pour s'en sortir quand on a que ça ? qu'est ce qu'on accepte ? Jusqu'à quel point ? Et j'avoue que j'ai beaucoup aimé voir la narratrice gérer de main affirmée la difficile condition de son amie, dans son usine. 

Bien sûr, on le voit, la dissension se creuse, aussi, entre ces deux-là, mais...

Et puis le choix du coeur (même si on craint le pire), de la narratrice.

Toujours aussi palpitant.

. L'Amie prodigieuse, 3, celle qui fuit et celle qui reste, Folio.

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