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Le blog de la souris jaune

Articles avec #amitie

... 468

18 Février 2017, 15:02pm

Publié par LaSourisJOne

"J'ai horreur des amitiés qui ne se fondent que sur la commémoration d'un passé commun".

Sophie DIVRY

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La musique des Kerguelen :)

23 Janvier 2017, 22:05pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai beaucoup aimé ce livre, que je n'ai pas lâché, sur la fin, tenue par l'histoire de ce personnage secondaire qui devient central... Vassili.

Donc : dépaysant, pour qui n'a pas l'habitude des récits maritimes, moi en l'occurence. Parce que soudain vous êtes en mer, En mer, avec le narrateur, même s'il vous entraine par le biais d'un récit de son passé, puisqu'il boucle la boucle avec un concert, fort, et riche de sens une fois qu'on a lu le milieu, le coeur du récit.

Le navire, le Marion Dufresne, sur lequel navigue le narrateur se rend sur l'île de la Réunion. Il a un certain nombre de missions, et on vit avec lui la navigation, la fatigue, les quarts, les responsabilités vis à vis de l'état... Et puis, un navire doit être arraisonné, un navire qu'ils croisent, en plein ocean, et qui a à son bord deux scientifiques, un staff de japonnais, et des marins russes. Et puis une mutinerie, pressentie par une des scientifiques. Des morts. Et le Marion Dufresne doit intervenir, prendre à son bord les survivants. Le narrateur va se prendre d'affection pour l'un des marins russes, Vassili, pour lequel on s'attache de plus en plus en même temps que le narrateur. Et même si l'on apprend qu'il est recherché par les autorités russes... Il y est question d'amitié, de confiance au ressenti. Confiance que lui inspire ce marin russe, petit à petit et de plus en plus. Question de choix, ensuite, de prises de décisions, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques ou si graves... Qu'est ce qu'on peut faire, à son niveau, pour infléchir les choses, le cours des choses, et sauver une vie ? Sans doute beaucoup, sauf si on décide de fermer les yeux. Ou si l'on rivalise de déveine. Ou si l'on se fie à son supérieur hiérarchique...

J'ai été emportée par l'histoire touchante, bouleversante, qui nous est livrée petit à petit, si bien que l'on doute aussi, de Vassili, le marin russe violoniste, aux doigts arrachés... C'est très beau, et très touchant, jusqu'à la fin. Histoires d'amitié, d'amour, de foi...

Un joli récit, qui nous mène aux confins des Kerguelen, et de la musique que le vent fait naître dans la petite chapelle qui constitue un des rares hâves de paix de l'île...

Médiathèque de Saint-Malo.

. La musique des Kerguelen, Olivier Bass, éd. La Découvrance, oct. 2009.

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La variante chilienne :))

28 Décembre 2016, 09:42am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Dès le début, je me suis coulée avec plaisir dans le livre de Pierre Raufast. Avec plaisir, jubilation... J'avais envie de revenir à ces trois pieds nickelés de la vie - non, ces deux pieds nickelés et cette adolescente - réunis par le partage. J'allais écrire par les souvenirs, mais ce n'est pas tout à fait ça. Ce qui prévaut ici, c'est plus la générosité, car les récits de souvenirs peuvent être tellement chiants et ennuyeux ! Je suppose que ce qui détermine et change cela, c'est l'intention... Bref. Là, j'ai été conquise par ces deux personnages, le professeur de lycée qui part avec son élève, absolument pas pour une romance, mais pour l'aider à changer d'air. Cachée sous une couverture... Et qui ont loué un gîte dans un endroit paumé, non loin de la maison d'un retraité... Qu'il ne tarderont pas à rencontrer. Un type qui, marqué par un coma, perdit il y a longtemps les émotions. Aussi, comme les souvenirs seraient liés aux émotions, il a gardé de sa vie dans des bocaux des petits cailloux, tous différents les uns des autres, et chacun lui permet de retrouver son souvenir. C'est charmant. Tout aussi charmant et attachant que ces cailloux qui volent en éclat parce qu'ils ont sans doute moins de prix qu'un seul moment présent intense vécu... 

Le principe de ce récit est un vaste enchevêtrement d'histoires, en poupées gigognes... Et pourtant tout se tient, se répond ; on ne se demande même pas si c'est crédible, on s'en fout. Ce qui compte, ce sont ces trois-là, ce qu'ils se donnent ; le monde pourrait avoir disparu. 

Le titre aurait pu me faire peur, il désigne en fait la variante d'un jeu de cartes (d'Amérique du Sud) dont la partie peut durer des heures, ou plusieurs jours, comme notre Florin (le voisin) le raconte, lors d'une savoureuse narration d'une partie épique...

J'ai vraiment adoré.

Bibliothèque d'Evran.

. La variante chilienne, Pierre Raufast, éd. Alma, août 2015.

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Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

21 Août 2016, 22:08pm

Publié par LaSourisJOne

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

Roman par lettres.

Eh bien, encore un roman par lettres ! On pourrait croire que la lecture de celui-ci juste après Et je danse aussi aurait souffert du précédent, mais même pas.

Cette histoire-là est un échange de lettres entre deux femmes, à une autre époque, pendant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. Ces deux-là se choisissent un peu au hasard, parce qu'il faut tuer le temps et l'angoisse, en l'absence d'êtres aimés, envoyés à la guerre. Alors, elles se choisissent, par hasard, et l'amitié naît, et croît, solidement. J'ai beaucoup aimé me plonger dans la vie de ces deux protagonistes ; leurs fréquentations, les recettes (de cuisine) qu'elles s'échangent, sur fond de disette, les trucs et astuces pour agrémenter un plat lorsque tout manque et tout est rationné, et puis surtout les conseils, les encouragements, le soutien, l'amour que ces deux-là finissent par se porter, et qui les aide à affronter leur quotidien. Sur fond de conquête des droits des femmes. On voit où on en est, en 1943, alors les femmes n'ont pas par évidence le droit au travail, elles sont en pleine conquête, et j'ai trouvé passionnant de les voir, l'une en particulier, Glory, la plus jeune, issue d'un milieu aisé, découvrir que les discours peuvent faire avancer et changer les mentalités. Et puis, l'attente, de l'être aimé. La craine, de le perdre. Les mots qu'on choisit, qui ont tellement de sens, de poids, alors qu'il est en guerre ; tout prend de la force, et du sens. Il y a celle qui attend son époux, élevant ses deux tout petits, aux côtés du meilleur ami, qu'elle a toujours aimé presque autant que son mari ; alors, évidemment, l'attente, les rapprochements, la dignité malgré tout, la culpabilité ; et puis Rita, la plus âgée, dont le mari et le fils sont mobilisés. Rita qui va découvrir que son fils était amoureux, et avancer sur ce chemin de l'acceptation d'une autre, évoluer, grandir... J'ai vraiment passé un très beau moment, et la rencontre de ces deux-là m'a bouleversée.

Petite anecdote qui ajoute à l'attachement à ce livre-là : les deux auteures qui ont écrit ce livre se sont rencontrées sur un blog, ont pris la décision d'écrire ce livre, et se sont fait l'engagement ne se rencontrer qu'une fois le livre écrit. C'est ce qu'elles ont fait...

. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan, 2013 (US), éd. Belfond, Pocket 2014.

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Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce :)

21 Août 2016, 08:49am

Publié par LaSourisJOne

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce :)

Roman.

Véritablement conquise par La petite communiste qui ne souriait jamais (2014), j'avais très envie de lire un autre Lola Lafon. J'avais trouvé celui-ci, que j'ai lu pendant mes récentes vacances.

Evidemment, ce livre est loin, loin d'être une lecture légère. Mais je crois qu'avoir du temps pour le lire a été une très bonne chose. C'est le deuxième livre de Lola Lafon qui me fait me dire que véritablement, il y a 'quelqu'un' derrière ces pages.

Encore une fois, le rapport au corps, à son corps de femme est au coeur du livre. Toujours un rapport souffrant, contraint, lié à ce que les autres en font. Cette lecture n'est pas facile, mais extrêmement intéressante. Elle interroge beaucoup sur ce que l'on accepte de la société, sur la révolte, sur la trace que laissent des blessures ; sur la proximité entre deux êtres qui ont vécu le même trauma. Sur l'absence de limites, et la frontière, ténue, qui peut décider de faire sauter les limites... Sur la folie et la raison, donc évidemment.

On est dans un récit intime, un voire deux, ou trois d'ailleurs, melés. Des jeunes femmes. Deux se sont rencontrées dans un groupe de parole, le mardi soir, groupe de parole des victimes d'un viol ; avec ses mots à la fois pudiques et trashs, la narratrice va nous livrer la vie de ces femmes fracassées par la prise de force de leur corps. Elle ne s'arrête pas à la surface d'un instant, pour voir le trauma et ses conséquences, là, à un moment de vie ; non, elle fouille en profondeur, et donne à voir comment cet acte peut modifier jusqu'aux fondements. Elle ne s'arrête pas en chemin, et explore, au delà de la plainte qui peut être déposée, au dela de la justice, ce qu'un corps, ce qu'un être pourrait faire, pour vivre après.

Là, on est aux prises avec un quotidien qui doit se vivre, sans appitoiement, à partir d'un événement qui forcément, a tout modifié. Cela c'est ce qu'on se dit, à la lecture. En rien ce n'est formalisé. Il y a ces proximités naissantes, ces amitiés électives entre filles, qui réchauffent et grisent ; et puis il y a la fille qui va loin, qui va très loin dans l'analyse, dans la réflexion, dans les actes et le rejet d'une société peu satisfaisante. Entre dans des actions révolutionnaires, faisant naître un collectif "Les petites filles au bout du chemin". Il y a un peu de Nadja (Breton) dans ce livre-là, et particulièrement dans ce personnage-là. Il y a la fille qui est aux prises avec le réel, garde pied dedans, et celle qui est passée outre. Et la troisième amie, qui elle vit un coma, ce qui permet d'interroger le corps dans un autre de ses aspects, le corps qui s'arrête, quoi, comment, après un coma ?

Là encore, dans ce livre-là, la danse n'est pas loin. La danse, dans sa version 'travail' qui mène à la libération du corps, la danse comme exercice rude, presque maltraitant, mais finalement moins maltraitant que ce qu'un être humain peut faire à un autre en décidant de le 'prendre' sans son consentement... Il y a là encore, des pistes de réflexion extrêmement riches, c'est un travail très impressionnant, même s'il est parfois difficile, et pesant à lire.

. Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, Lola LAFON, Flammarion, 2011 ; puis éd. Babel Actes Sud mai 2014.

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La vie quand elle était à nous :)))

15 Février 2016, 12:39pm

Publié par LaSourisJOne

La vie quand elle était à nous :)))

Roman.

Encore une auteure espagnole que je découvre, et qui m'a procuré un vif plaisir de lecture. On est à Madrid, dans les années 40. Une femme de 51 ans, vivant seule, suit un jour un homme transportant un paquet de livres et découvre une librairie planquée dans une ruelle... Le libraire, Matias, a décidé de mettre en vitrine un livre qu'il a trouvé et aimé, ouvert, et l'offre à la lecture aux passants, décidant que le premier qui le lirait en entier se le verrait offert... Une idée séduisante, mais qui ne marche pas du tout. Il faut replacer ça dans un contexte difficile, où l'argent manque, la culture compliquée à porter, les éditions d'ouvrages compliqués... On vit la rage et la résistance de ce couple de libraires face à un régime. Ce couple est beau, attachant ; et surtout cette femme de 51 ans va se mettre à lire le livre de la vitrine, 'La femme aux cheveux de lin', avec Lola, la libraire. Naît leur complicité, fait tout à la fois de retenue, de partage, de compréhension... Et l'on se passionne autant pour les deux histoires qu'on lit simultanément : celle du livre lu par les deux femmes, et la vie du couple de libraires et de la femme de 51 ans... Nimbe ce texte une atmosphère charmante, très réussie, merveilleusement désuète, que l'on soit en Angleterre, en Normandie, à Paris ou à Madrid. J'ai adoré le mélange de ces récits... dont je suis bien obligée de vous cacher l'essentiel !

Il y a de superbes personnages dans ce livre, auxquels on s'attache vraiment.

Il y est question d'amour, bien sûr aussi, d'amour en miroir, belles mises en abymes habiles, très fines : l'histoire de Rose Tomlin, la femme aux cheveux de lin, son amour, la perte de son amour et... la prise de conscience pour les jeunes Lola et Matias, au moment où leur histoire aurait pu chanceler, de l'importance et du prix de cette histoire. Comment pourrais-je vivre après, sans lui, si je le perdais ? C'est merveilleusement illustré et on le ressent au coeur via l'histoire de Rose Tomlin... Histoires d'amour et remariages, aussi, ou plutôt nouvelle union après un premier mariage, à une époque où cela ne se faisait pas, comment vit-on avec...

C'est aussi une histoire qui parle de ses racines, de leur prolongement, sur la durée, et de l'attachement.

C'est un très beau roman.

Médiathèque de Saint-Malo.

La vie quand elle était à nous, Marian Izaguirre. Publié en 2013 en Espagne ; éd. Albin Michel en 2015.

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Mon amie américaine :)

11 Décembre 2015, 19:47pm

Publié par LaSourisJOne

Mon amie américaine :)

Finalement, je suis 'remontée à cheval', plus vite que redouté. Et j'ai lu d'une traite ou presque ce livre-là. Même s'il est empreint d'une nostalgie, d'une mélancolie plutôt poignantes. C'est la lettre, la longue lettre, l'adresse d'une jeune parisienne à sa meilleure amie, américaine. Elle explore leur amitié, leurs différences, leurs complicités, leurs joies partagées. Ce qui est touchant c'est cette affection, cet attachement, cette connaissance de l'autre qui passent à travers ce livre. Jusqu'à l'accident, et la terrible issue de l'amie, Molly, dynamique jeune femme heureuse bossant activement dans le cinéma : une rupture d'anévrisme va changer sa vie, la placer en fauteuil et la rendre hémiplégique. Il y a sa déchéance physique, de cette femme qui a le même âge qu'elle, et qui était si coquette, et élégante, et ne peut plus l'être.

C'est dur, on lit la souffrance de cette amie parisienne pour sa meilleure amie. Son impuissance, sa colère, sa honte d'être en vie, et de pouvoir en profiter. J'ai moins aimé lorsque la narratrice se met à parler de son couple, et de cette classique suspicion d'une adultère, parce qu'elle ne peut pas s'en confier à sa meilleure amie, parce que ce serait si futile, mais en même temps, ça fait partie de ce qu'elle vit, aussi. Et il y a les chemins qui s'éloignent, durement, inéluctablement, parce que l'amitié repose sur ce qu'on est, à deux, à un instant, même long. Changer l'un, et l'autre restera-t-il ? Pas sûr... C'est la vie...

Mon amie américaine, Michèle Halberstadt, éd. Albin Michel, janvier 2014.

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L'ami de jeunesse :))

7 Octobre 2015, 15:46pm

Publié par LaSourisJOne

L'ami de jeunesse :))

J'avoue avoir pris plaisir à me couler dans ce livre. L'histoire d'un psychiatre de 48 ans, entouré de deux pieds nichelés - son meilleur ami de toujours, et son frère -, marié à Elisabeth. En pleine crise de vie sans doute, en plein creux de la vague sans doute, qui décide qu'il va changer de voie, et poursuivre celle qu'il n'a jamais osé poursuivre, celle du professorat. Et qui pour cela, s'inscrit à la Sorbonne, pour reprendre des études d'histoire. Où il rencontre, homme sorti de la séduction depuis longtemps, Charlotte, professeure d'histoire qui ne le laissera pas indifférent.

Tout dans ce livre est drôle. Certes, certes, le narrateur est un ronchon de première, et il fait preuve d'une acidité, d'une aigreur sans pareilles. Mais c'est tellement raffraichissant, en ces temps il est de bon temps d'être toujours consensuel ! Alors même si c'est sans doute excessif, sans doute injuste, j'avoue que j'ai beaucoup ri. Tout en prend plein son grade. Les rugbymen ! J'adore :) Les profs à la Sorbonne ! Ses malades ! La vie, la mort, ceux qui rient... Il y a à la fois une dureté sans nom et une certaine finesse de vue. L'écriture est habile, il ne cède à aucune facilité dans la façon d'écrire, à aucune évidence, et ça c'est plutôt agréable.

Le personnage principal est plein de failles, plein de défauts, il se regarde avec une sincérité touchante. Il avance comme il peut, malgré sa vie bien rangée, établie, son statut de psychiatre... La vision de l'amour est assez belle, loin d'être elle, dénigrée pour le coup, c'est finalement la seule qui échappe au laminage général. Et ces deux pieds nichelés ! Le frangin qui vit en parasite chez lui, et le copain ado attardé qui tient pourtant son resto... Le trio est savoureux. Et sans doute assez proche d'un trio amical de garçons comme on peut en connaître. Certaines scènes sont désopilantes !

Comme quoi le hasard (en l'ocurrence le stand d'une braderie) réserve parfois de belles surprises.

L'ami de jeunesse, Antoine Sénanque, éd. Grasset. Septembre 2008.

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Replay :)

21 Août 2015, 21:22pm

Publié par LaSourisJOne

Replay :)

Roman ado.

Encore un plaisir, que de retrouver Blondel. Ici avec Replay, et l'univers de lycéens, comme souvent. Un héros sensible, masculin. En Terminale. Qui fait de la gratte, joue dans un groupe. Ou jouait, avant que le groupe n'éclate, et on le suit dans l'année qui suit l'explosion du groupe. L'amitié, les interrogations sur l'avenir, les rapports aux adultes, les encouragements ; j'aime bien, décidément, l'univers de J-P Blondel.

Médiathèque de Saint-Malo.

Replay, Jean-Philippe Blondel, avril 2011, Actes Sud Junior.

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Comment j'ai perdu mon amie :))

22 Juillet 2015, 19:48pm

Publié par LaSourisJOne

Comment j'ai perdu mon amie :))

J'ai apprécié ce changement d'ambiance, ce voyage trouble en Inde avec ces deux amies, et aussi ce suspense bien rythmé, marqué par une légère tension psychologique... Et un livre qui nous oblige à revoir à la toute fin notre copie, alors qu'on avait déjà notre avis sur le livre, notre histoire presque bien rangée, bien estampillée, étiquetée, tout est chamboulé et aucune conclusion hâtive ne peut s'imposer. Les visions des personnages se bousculent, et doivent se redessiner...

Donc, deux ados partent en Inde, des meilleures amies comme on en connaît, très très réalistes. Il y a la narratrice, jolie, qui semble réussir tout ce qu'elle touche, en tous cas avec les mecs, et dans les études. Et Gemma, boulotte, souffre de son apparence, n'a pas de relations amoureuses satisfaisantes, et rate son entrée en fac parce qu'elle se débrouille pour ne pas avoir son bac alors qu'elle est brillante. Des parents compliqués, un père qui a disparu, et une mère dépressive. Tout le tableau presque tracé.

En Inde, c'est la narratrice qui a l'habitude des voyages qui mène la barque, avec sa fougue, son inconscience... Et c'est elle qui semble entrainer tout ce qui arrive, sa traine de mises en dangers, par ses caprices dangeureux. Et elle abandonne son amie malade avant d'être rongée de remords, et de revenir et de la découvrir.... croire morte, immolée. Terrifiante et glaçante découverte.

Six ans plus tard on retrouve la narratrice, sa culpabilité, ses erreurs, ses échecs, son incapacité à vivre...

Oui, ça parle de culpabilité ; oui ça attire l'attention sur les risques des fréquentations, des mauvaises fréquentations, sur les risques d'un manque de prudence surtout quand on ne connaît pas un contexte, à l'étranger, au péril de sa vie. Mais surtout, le livre retourne l'histoire comme un gant, et tout d'un coup, oui, c'est un chemin de vie qu'on lit ; avec ce que ça implique de mauvais jugements, de changements, d'évolutions qui nous sont inhérrentes, et qui font que nous devons laisser sur le chemin de nos routes des amitiés qui n'ont plus lieu d'être. Oui, ça revisite l'amitié, aussi, les choix que l'on fait en la matière, et les nécessaires abandons qu'on doit faire pour grandir...

C'est très très bien. Délicieusement glaçant parfois, mais on est vraiment tenus en haleine. D'ailleurs, je n'ai pas pu, surtout au début, m'empêcher de penser, même si c'est un autre contexte, un autre pays, au livre de Douglas Kennedy, Cul-de-sac.

Et j'ai vraiment beaucoup aimé. Attention, la fin surprend !

Médiathèque de Dinard.

Comment j'a perdu mon amie, Katy Gardner, éd. Denoël. 2002.

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