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Le blog de la souris jaune

amour

La Maison Au Bord de la Nuit :))

7 Octobre 2021, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Tout d'abord, je dois dire que j'ai commencé par être étonnée de ces majuscules dans ce titre... Mais j'ai compris à sa lecture que ce n'était pas une erreur, puisque cela désigne un lieu/un nom propre donc, bien spécifique.

Une belle découverte, que je dois à mon fils et je l'en remercie : il a choisi ce livre pour moi et il ne s'est pas trompé. Et je crois que je ne connaissais pas cette auteure. 

Elle m'a un peu fait penser à Victoria Hislop et à ses sagas situées dans des contrées du sud de l'Europe. Ici, donc, grande fresque/saga familiale sur plusieurs générations, en Italie. Essentiellement à Castellamare, une petite île minuscule au large de la Sicile. 

C'est là qu'un jeune homme, orphelin, Amédéo va atterir et construire sa vie... On s'attache assez vite à tous ces personnages qui peuplent ce rocher reculé, loin de toute grande ville... J'ai aimé découvrir et suivre la vie de ces habitants, de cette petite bourgade où il n'y a qu'un café... Et un conte, une comtesse ! Comme le récit est découpé en tranches d'années, je confesse cependant que la dernière partie (à partir de 1989) m'a ennuyée : j'ai trouvé cette partie superflue, un peu comme la partie 3 des Déracinés de Catherine Bardon... Ici, j'ai trouvé que l'histoire des descendants était délayée et moins bien tenue. Mais c'est peut-être aussi que le destin de ces descendants m'a moins intéressé que celui des aïeuls...

Enfin, le récit ne manque pas de poésie, sur fond de légendes locales...

J'ai beaucoup aimé.

. La Maison Au Bord de la Nuit, Catherine Banner ; Pocket. 2016.

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Là où chantent les écrevisses :)))

1 Octobre 2021, 16:41pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Gros coup de coeur pour ce livre qui se dévore de bout en bout sans qu'on ait envie de le lâcher.

Je l'avais vu passer, j'en avais entendu du bien, il me tentait sans en savoir beaucoup plus que cela et que cette couverture et ce titre qui me faisaient de l'oeil... Et je l'ai enfin eu entre les mains !

Le début du roman n'a pas été sans me rappeler un peu quelques bribes de Betty, par son contexte familial très compliqué. Ainsi, c'est l'histoire de Kya (Catherine Danièle Clark de son nom entier) dont la mère s'en va un jour, et qu'elle voit partir, pour ne plus revenir, au détour d'un chemin, alors que Kya n'a que 5 ans. Restent ses frères et soeurs qui eux aussi, vont partir. A cause d'un père mauvais quand il boit. C'est le début de l'histoire... Toujours est-il que Kya va grandir et finir par être obligée de se débrouiller seule dans le marais où elle est née, et où elle grandit, en lisière d'une ville où là encore les préjugés, dans les années 60, sont peu tendres avec la différence... 

Et Kya va tisser son chemin. Seule. Dans cette maison abandonnée au coeur du marais. Avec les oiseaux pour amis. Et aussi un garçon, puis deux... Je ne dois pas vous en dire plus !

Cependant : deux temporalités se succèdent, très peu éloignées l'une de l'autre. Il s'est évidemment passé quelque chose, et il semble assez évident qu'on devrait le découvrir, entre 1960 et 1969... Tout est passionnant : ces années, sa vie dans le marais, cette nature qui nous est donnée à voir, ses débrouillardises, ses rares amis, ce suspense autour d'une mort irrésolue... 

Véritablement passionnant, surprenant jusqu'au bout, et c'est rien de le dire.

On ne lache pas le livre, on tremble, on est cueillis, c'est vraiment très très réussi.

Coup de coeur de ma bibliothécaire qui l'avait mis en avant, et du coup j'ai pu tomber dessus : joie !

Bibliothèque de Lanvallay.

. Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, éd. Seuil, 2018.

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Le premier amour

21 Septembre 2021, 13:19pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il y a des livres qui, indépendamment de leur sujet, sont plombés et plombants. Emplis de pathos. Je classerais celui-ci dans cette catégorie. 

C'est l'histoire d'Emilie, la cinquantaine, heureuse à priori dans sa vie ; ses 3 filles sont grandes, font leur vie. Alors qu'elle attend son mari chauffeur de taxi pour fêter leurs 25 ans de mariage - elle a préparé cette occasion toute la journée - elle développe une bouteille de vin d'un papier journal et, choc : elle lit une annonce signée d'un certain Dario invitant une certaine Emilie à le retrouver à Gênes. 

Dario, c'est ce bel italien, flottant, touchant, quand même, qu'elle a connu et aimé follement à 17 ans. Trente ans les sépare, et pourtant elle laisse tout en plan, saute dans sa voiture et prend la direction de Gênes. 

Ses escales, son trajet, sont chouette : cette narration m'a plu. Mais l'auteure ne rate pas une occasion pour plomber l'atmosphère en truffant son récit de considérations nostalgiques et négatives sur le passage du temps, que j'ai trouvé très agaçantes ! J'attendais l'histoire, qui est attachante, il faut le reconnaître, et j'ai été gênée par le reste. 

Difficile de faire abstraction du reste, justement, surtout vu où il nous mène : il reste plombé jusqu'au bout. 

Pas de lumière ici. Ce que je lui reconnais, c'est d'avoir pourtant tissé une histoire haletante, et en rien convenue, quant à ce premier amour qu'on court retrouver : évidemment, rien n'est ce qu'on attendait, et ça c'est bien. Le suspense est là. On a envie de savoir. De comprendre. On saura.

Mais l'atmosphère, la marque de fabrique de l'auteure peut-être ? - je ne me souviens plus des autres Véronique Olmi que j'ai pu lire - restera bien plombée jusqu'à la dernière ligne. J'ajouterai que le personnage de Dario est pourtant très attachant, très réussi.

Mais je ne le garderai pas dans ma bibliothèque !

. Le premier amour, Véronique Olmi, Grasset, 1999.

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Betty :))

4 Septembre 2021, 09:21am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'étais bien partie pour donner 3 sourires à ce livre. Mais si finalement j'ai choisi d'en mettre deux, c'est que je me suis dit que je ne recommanderais pas ce livre à un ami sans explications, sans mises en garde. En effet, les 250 dernières pages (il y en a 700) sont tristes, oui, tristes, profondément tristes. Vraiment. Je ne peux sans doute pas vous expliquer pourquoi, mais elles peuvent être parfois insoutenables de tristesse, je trouve.

L'histoire nous est livrée du point de vue de Betty Carpenter, et cette voix qui nous confie son histoire familiale est à couper de souffle. Elle emporte. De la rencontre de ses deux parents jusqu'à la naissance de tous leurs (nombreux) enfants, leurs années d'enfance... Comment vous dire : c'est insouciant et à la fois terrible, poignant sans que ce soit larmoyant, une, des vies comme un souffle... 

Le père est évidemment extraordinaire, incontournable dans cette histoire : c'est lui, le cherokee, puisque je ne vous l'ai pas dit, Betty est le fruit de l'union d'une femme blanche avec cet homme aux racines cherokee ; elle n'est pas l'aînée, mais c'est elle qui physiquement, portera les stygmates de ses origines. Un véritable calvaire enfantin, déjà, pour cette fillette des années 60, confrontées à l'intolérance et le rejet primaire de tous dans ce petit village...

Au fil du roman, des extraits de la gazette locale nous rapportent la survenue de coups de feu mystérieux... Ils jalonnent le livre, ainsi que leur narration, et la réaction des habitants, qui en lit long encore sur leur personnalité...

La poésie du père est extraordinaire. Il donne sens, illumine chaque détail du quotidien. C'est extraordinaire. Proche de la nature par sa culture, il soigne les habitants par ses décoctions, etc. C'est un magnifique personnage.

Pas d'illusions dans ce livre quant à la cruelle condition d'une fille ; accrochez-vous, le réel mord souvent. Le destin frappe fort, aussi.

Cependant, on suit avec un profond intéret la vie de cette famille simple, ce couple et leurs enfants. Handicap, fêlures, aspirations, déviances... C'est très très fort, difficile de quitter cette famille. Et pourtant... c'est un chant de Betty, ça ressemble à l'ôde d'amour d'une enfant qui a bien grandi et s'apprête à vivre sa vie... C'est vraiment, vraiment époustouflant, mais je vous préviens, extrêmement triste, quand même.

Merci à Nolwenn à qui je dois cette lecture.

. Betty, Tiffany McDaniel, éd. Gallmeister, rentrée 2020.

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Le manoir de Tyneford :))

13 Juillet 2021, 10:24am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai retrouvé avec plaisir l'univers de Natacha Solomons, dont j'avais rafolé avec son Jack Rosenblum rêve en anglais.

Ici, il est encore question de comment l'on vit pendant cette terrible période de l'avant deuxième guerre mondiale et guerre mondiale pour les Juifs, mais d'une autre manière : cette fois-ci, il s'agit de l'histoire d'une jeune fille qu'on envoie en Angleterre, en 1938, comme domestique, pour échapper aux tourments de l'Autriche et se sauver... Il faut pour cette jeune femme d'une petite vingtaine d'années se séparer de ses parents, et de sa soeur. Les événements sont toujours adoucis par le regard de Natacha Solomons, et j'aime particulièrement sa manière d'écrire : on sait la souffrance, mais il n'y a pas de pathos ; ce sont les faits du quotidien, et si possible dans leur poésie, ou avec un peu d'humour, qui sont donnés à voir. C'est une façon de voir qui me plaît. Alors Elise arrive au Manoir de Tyneford, elle qui a toujours été habituée à être servie, dans un milieu relativement aisé, à Vienne... Elle est cultivée, aime la culture, mais elle doit se transformer en domestique qui astique et fait des feux... Sa nature est toujours là, elle lie des liens avec les propriétaires du lieu, et d'autres jeunes femmes et hommes alentours... Cette terre anglaise devient la sienne, même si le manque de ses parents et de sa soeur est toujours là ; et deux hommes prendront une place particulière dans sa vie... Ce récit nous est livré comme raconté du point de vue intérieur d'Elise, qui semble écrire alors que beaucoup de temps a passé ; j'aime aussi ce regard vers un passé lointain.

J'ai beaucoup aimé.

. Le Manoir de Tyneford, Natasha Solomons, 2011, Angleterre ; 2012 pour la traduction française chez Calmann-Lévy. Le Livre de Poche.

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Les filles au lion :)

26 Juin 2021, 10:35am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Deux histoires s'entrecroisent, à deux époques différentes, à une trentaine d'années d'écart : A Londres en 1967, et en Espagne en 1936. Autour de l'histoire d'un tableau et de son mystérieux peintre... En 1967 c'est Odelle, une jeune femme noire venant des Caraïbes installée pour l'âge adulte à Londres ; là, je confesse que je n'ai pas vu en quoi cela apportait quelque chose véritablement à l'histoire qu'elle soit noire, à une époque où en effet le racisme est toujours bien là : c'est esquissé dans le roman, mais ça ne prend pas une place essentielle, enfin, de mon point de vue. Car je ne suis pas à l'abri d'avoir manqué des fils, des symétries, on se doute que ce livre est empli de symétries. 

En Espagne, on est au plus près d'Olive (Olive/ Odelle...), fille de Sarah et Harrold, expropriés aisés. Le père est marchand d'art. Olive peint mais sa famille ne le sait pas. Un duo pauvre apparaît soudain, Theresa et Isaac, et ils deviennent des employés de la famille en question. Isaac peint aussi. Des liens particuliers se tissent entre tous ; Olive tombe amoureuse d'Isaac, une grande proximité proche de l'adoration se crée entre Théresa et Olive... Et puis, un jour, l'usurpation d'identité, qui part d'une "blague" et qui finit en acceptation : un jour Theresa présente au marchand d'art un tableau d'Olive qu'elle fait passer pour étant oeuvre de son frère... Coup de foudre général, qui remonte jusqu'à Peggy Guggenheim, et la mécanique s'enclenche, et l'histoire se tisse, jusqu'à Londres en 1967...

J'ai aimé, mais sans plus. C'est long, quand même ; ça m'a plu mais sans me passionner sans pouvoir expliquer pourquoi.

Les filles au lion, motif essentiel peint par Olive/Issac est issue de légendes espagnoles très connues là-bas, et ayant inspiré un grand nombre de grands peintres dont Goya apparemment, autour de Sainte-Juste et de Sainte-Rufine. Je ne connaissais pas ces légendes.

Je ne connaissais pas non plus cette auteure, dont le livre "Miniaturiste" semble avoir été particulièrement apprécié par les lecteurs. Quelqu'un connaît ?

Bibliothèque de Lanvallay.

. Les filles au lion, Jessie Burton, 2016 ; traduit de l'anglais : Gallimard, 2017 pour la traduction française.  

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Tu seras ma beauté

13 Juin 2021, 11:00am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je m'apprête sans doute à faire au moins une déçue...

C'est donc l'histoire d'une rencontre hasardeuse, ou improbable, entre une prof de sports de lycée et un écrivain en vue. Alors que celle-ci ne lit pas ou peu, et qu'elle va chercher une dédicace pour sa mère. Et puis alors qu'elle ne sait rien de lui, que les hommes ne lui manquent pas puisqu'elle en trouve facilement, elle décrète qu'il le lui faut et qu'elle va faire écrire une de ses collègues à sa place. Elles ne sont pas amies, mais elle convainc quand même Irène, la prof de français, d'écrire ces lettres... Pourquoi le fait-elle ? Pourquoi le fait-elle pour Lisa et non pour elle ? En tout cas une correspondance se noue, une rencontre se fait ; et puis Lisa va au rendez-vous de l'écrivain, et Irène tombe en dépression qui ne dit pas son nom... 

Je confesse que je n'ai pas aimé ce livre. Je me suis ennuyée, vraiment, comme avec le souvenir que j'en ai de Madame Bovary (qui pourrait être un compliment !)... Après tout, n'est ce pas l'histoire d'une femme qui s'ennuie en province ? Peut-être que cela tient au fait que je n'ai pas aimé ces personnages, la dichotomie de départ entre la prof de sport futile et la prof de lettres profonde... J'ai regretté que le roman soit basé sur cette opposition, d'autant que j'ai trouvé le personnage de Lisa (la prof de sport) maltraitée, abandonnée... Ok, ce n'était pas l'histoire, me direz-vous... J'ai pensé un peu à L'Amour et les forêts, de Reinhardt, pour son point de départ (une enseignante qui écrit à un auteur), un peu à Odette Toutlemonde (cette femme simple qui transforme l'auteur en vue), ce film d'Eric-Emmanuel Schmidt... 

En tout cas, et ça c'est un point positif, merci à ce livre pour cela : le livre m'a donné envie de lire Cyrano de Bergerac, qui traverse le récit comme une référence, où l'un des protagonistes est l'esprit, et l'autre, prend l'apparence du corps, et donc "sera la beauté".

. Tu seras ma beauté, Gwenaëlle Robert, éd. Robert Laffont, 2017

 

 

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A trop aimer :))

22 Avril 2021, 22:45pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre-là m'a fait de l'oeil avec sa couverture rouge et rose, moderne, stylisée évoquant un pas de tango entre un homme et une femme, alors j'ai eu envie de tenter... Et je l'ai dévoré, sans avoir envie de le lâcher ! Il parle d'un amour destructeur, auto-destructeur, même, je dirais... D'un amour qui entraine au fond... 

Par l'histoire, un peu, il m'a un peu fait penser à L'Amour et les forêts, d'Eric Reinhardt. Pas par le style, car celui d'Eric Reinhardt est plus dense, plus fouillé, moins brut... Difficile de ne pas voir de la perversité, quand même, dans certains êtres qui vont si loin dans la destruction de l'autre... Et puis il m'a aussi évoqué le Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives, sans doute plus dans l'écriture, dans l'urgence qu'il décrit, comme une logorrhée narrative, même si l'histoire est autre, j'y ai trouvé des liens : c'est la part de liberté qu'on concède à l'autre, ou la part d'aliénation qu'on prend, qu'on subit... 

Là, donc, l'héroïne raconte une rencontre avec Tristan, un coup de foudre, une belle histoire qui se détériore et devient un cauchemar pour la jeune femme... C'est leur histoire de couple, leur histoire quotidienne, durant la durée de leur histoire : cinq ans... On voit comment elle est aux prises avec cette histoire, comment elle s'y accroche, puisqu'elle aime ce garçon, pourquoi partirait-elle ? Et pourtant tout à la fois on voit aussi l'horreur, l'ambivalence terrible de ce jeune homme qui se révèle un type odieux, même s'il a un passé difficile, même si un diagnostic se pose... Odieux tout en même temps qu'il est poétique par moments, mais tellement odieux... L'héroïne va nous raconter cette histoire "d'amour" qui l'amène aux portes de l'enfer, tâcher de nous montrer pourquoi elle ne parvient pas à partir, puis sa très très lente prise de conscience, et reconstruction... Finalement, on se dit que lorsqu'on se trompe, une histoire n'a rien d'une histoire d'amour, elle peut tellement être cela et son contraire...

J'ai dévoré ! Pas loin d'être un coup de coeur, et par les temps qui courent cela ne m'arrive pas si souvent.

Merci à ma bibliothécaire préférée d'avoir mis ce livre en avant, sans elle il ne serait pas tombé entre mes mains.

Bibliothèque de Lanvallay.

. A trop aimer, Alissa Wenz, éd. Denoël, 2020.

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Expiation

16 Avril 2021, 13:13pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Roman en trois parties, je devrais même dire quatre, puisque c'est cette dernière, la plus courte qui m'a décidé à ne pas mettre de sourire du tout, quand peut-être je m'apprêtais à en mettre un. 

Une famille, en Angleterre. Milieu aisé, en 1935. La première partie se concentre sur une seule soirée ou presque, une journée tout au plus. C'est ciselé, et la narration, vous l'aurez compris très lente, me plaît beaucoup. Il faut évidemment faire preuve d'une patience à laquelle il est triste de dire que nous ne sommes plus habitués (je devrais dire "je", et en matière de livres). Mais j'aime beau la narration de McEwan, il ne manque rien j'ai envie de dire, ni description ni introspection. Au cours de ce dîner, sentiments, désirs, amours vont engendrer des situations et événements qui laisseront trace pour longtemps. Nous sommes au plus près de plusieurs personnages, Briony, bien sûr, la fille cadette, 9 ans, écriveuse en herbe... la grande soeur, Cécilia, qu'on aime tant... Robbie, l'ami de la famille, modeste, et que la famille a pris sous son aile... Un événement, un drame ce soir-là, un témoignage et des vies qui basculent... Puis la guerre. Malheureusement, McEwan ne nous épargne rien. Je dirais donc que McEwan excelle encore, mais il faut avoir envie de lire ces pages (la deuxième partie) et c'est éprouvant. On y voit Robbie, essentiellement, donc. Et puis les troisièmes chapitres nous rapprochent de Briony... Et bien sûr il est question d'expiation... J'ai très peu aimé ce personnage de Briony, et encore moins le dénouement que McEwan fomente, après nous avoir manipulé... Enfin, c'est mon ressenti quand je tombe sur ce genre de fins. 

Bref, c'est mystérieux, je sais, mais j'essaie de ne pas divulgacher !

J'avais beaucoup aimé Opération Sweet Tooth,  du même auteur. Je continue à le percevoir comme un auteur plutôt brillant notamment en matière de narration d'une histoire.

. Expiation, Ian McEwan, 2001 ; 2003 pour la traduction française (traduction de l'anglais, Royaume-Uni).

 

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Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne... :)

1 Avril 2021, 19:03pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un roman, mais qui ressemble à un témoignage. Un livre qui m'a fait penser aux livres de Laurent Gounelle ou de Paolo Coelho. Sans finesse d'écriture, donc, autant être clair, et pour dire les choses de façon sympathique. Mais qui m'a beaucoup intéressée. J'ai aimé.

C'est donc l'histoire d'un "Je" qui raconte son expérience vers la fin de la peur. Vers le bonheur, aussi. Ainsi, le narrateur vit en robot (et un peu sans réflexion, avec beaucoup de mimétisme), et puis un jour il rencontre un personnage hors du commun, dans des circonstances très particulières (en prison)... Un personnage dont il a d'abord peur avant de comprendre... qu'il avait eu tort d'avoir peur. C'est le premier petit "gravier" de son chemin vers la compréhension de soi qui durera 8 ans. C'est très très intéressant... 

Plus précisément : le narrateur est un homme qui s'accroche à des préoccupations futiles, pétri dans le moule des conventions et de ce qu'il est sans doute pour certains de bon ton de souhaiter : grosses voitures, gros revenus... C'est pour cela qu'il monte une affaire avec son meilleur ami, aux Etats-Unis, en lien avec la santé, mais sans que ce soit des valeurs qui le pousse à le faire : autrement dit et pour dire les choses brutalement : pour faire de l'argent. Inutile de dire que ce personnage ne nous est guère sympathique ! Une nuit arrosée là-bas va alors le mener, lui l'homme d'affaires, une semaine en prison comme n'importe quel petit malfrat... Un homme baraqué de couleur noire partage sa cellule, et évidemment il redoute que celui-ci ne s'en prenne à sa personne par toutes les manières qu'on connaît des films et livres dans les prisons... Il a peur... Se surveille... Jusqu'à ce qu'enfin ces deux-là parlent, et qu'il se rend compte de la véritable identité de son compagnon de cellule. C'est une belle rencontre, un bel échange alors ! (Que j'espère ne pas trop divulgacher !). Cette rencontre va rester comme un "petit caillou" sur son chemin, un petit caillou qui finira par faire chemin au bout d'un certain temps, avant le changement, le réel changement et de se trouver lui-même... 

Donc plus tard, plus loin il y aura cette femme qu'il rencontre, et là encore la rencontre est donnée à voir de façon très intéressante : lui le coureur de jupons ne sait pas pourquoi il succombe, mais c'est là, incontestablement, cette femme qui n'a pas peur, qui est présente au monde le cueille malgré lui... Ca parle d'amour véritable au delà des clichés.

A méditer très certainement pour un certain nombre d'aspects... Peut très certainement faire réfléchir et aider beaucoup...

. Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne... Antoine Paje, Pocket. 2014.

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