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Le blog de la souris jaune

Articles avec #amour

La traversée de l'été :))

1 Mars 2017, 08:13am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Cet auteur-là restait pour moi un auteur à découvrir. Un nom qui brille et dont on ne sait pas grand chose. Le 'passage' est venu un vendredi soir de novembre alors que j'étais sur la route d'un week-end, par le biais d'un échange au coeur d'une émission de radio. Je me souviens m'être arretée sur le côté de la route pour m'empresser de noter ces références. J'ai mis un peu de temps à l'avoir entre les mains, et puis je l'ai trouvé ! Ce qui accompagne l'entrée dans un livre conditionne un peu nos dispositions à son égard, j'en suis persuadée.

Mais bref. Roman qui chavire, sur fond de canicule new-yorkaise. La chaleur étouffante y semble être un ingrédient à part entière, que dis-je un ingrédient, un personnage, tant son humanisation effrayante, accablante, est réellement réussie. Elle tisse donc la toile de fond d'un été new-yorkais, où la jeune Grady, 17 ans, décide de rester pendant que ses riches parents et sa soeur vont traverser l'Atlantique raffraîchissante en bateau pour un voyage en France. Grady dispose de l'appartement parental pour se rapprocher de Clyde, le jeune garçon du parking sur lequel elle a flashé. 

J'ai trouvé formidablement prodigieuse la narration de cette histoire. Formidablement peints les personnages, comme par grandes touches de couleur qu'il vient modifier ensuite, et par lesquelles il vient modifier notre vision. Ainsi, le jeune homme Clyde, qu'on met très rapidement dans une case, a plus de profondeur qu'on croit. Un passé familial qui le marquent et qui fait qu'il ne sera plus jamais le même (la perte de sa soeur cadette à laquelle il était tant attaché, le seul de la famille, Anne) ; Grady est touchante, de même que la personnalité de Clyde prend toute sa 'couleur' renforcée par la juxtaposition de celle de Peter, le meilleur ami, épris de Grady. Evidemment, voir les deux fonctionner renforce notre ressenti quant à ces personnages et quant aux choix amoureux, pardon, quant aux amours électives...

Ainsi on a tout lieu de se dire 'ah mon dieu, quelle cruelle roulette russe que l'amour, et surtout, qu'est ce qui fait qu'il nous emporte si sûrement vers les mauvaises personnes alors qu'un regard objectif pourrait nous en dissuader si tant est qu'on en serait pas aveuglé... C'est ce qui se passe ici, mais... les choses ne sont pas si simples ! Le narrateur nous plonge tour à tour au coeur de Grady, puis de Clyde, aussi, on a tout lieu de se rendre compte que les événements ne sont peut-être pas toujours si simples qu'il n'y paraît...

En l'occurence, on a l'impression d'une inexorable chute, qu'il est impossible d'enrayer. 

La différence de classe, aussi, y tient subtilement sa place.

C'est une lecture qui surprend. 

J'ai beaucoup aimé.

Et quand on sait que ce livre qu'on a en main est presque un miracle : c'est un livre posthume. Ses cahiers ressurgis chez Sotheby's que son ami en lien avec la New York Public Librairy s'arrange pour récupérer, lire, et faire le choix d'éditer. La traversée de l'été, émouvant îlot qui n'était pas forcément destiné à venir jusqu'à nous.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La traversée de l'été, Truman Capote, éd. Grasset, 2006 (US) et 2006 (France).

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Cassandra au mariage :)

20 Janvier 2017, 19:22pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il est étonnant, ce livre-là. Un roman de l'intériorité double, gemelle, fraternelle, tout autant qui fait écho à toutes les parts d'ombre et de lumière qu'on peut avoir en nous...

Deux soeurs, jumelles, donc, Cassandra, et Judith. Nées à 11 minutes d'intervalle. On les rencontre alors qu'elles ont 25 ans, leur voix nous fait oublier leur âge, d'ailleurs... On lit l'une, Cassandra, d'abord, puis l'autre, Judith. Et leurs deux visions, les deux manières qu'elles ont d'aborder la vie tout en étant, tout en ayant été extrêmement liées. Cassandra reste véritablement 'éprise', irrémédiablement liée à cette soeur pour qui elle respire. Elles ont vécu ensemble, pendant leurs années étudiantes. Et puis on apprend que Judith, partie, va se fiancer. Cassandra rame, avec sa solitude, sa vie, et s'accroche à cette seule idée qu'elle va revoir Judith. Et puis on lit Judith. Qui elle a fait le choix d'aimer l'autre, pour avoir une vie 'normale'. Alors, un fiancé, qu'elle aime, et va épouser. Ce que Cassandra ne peut, d'abord, comprendre. Hors de son entendement. L'histoire commence avec le voyage qu'elle entreprend pour retourner à la maison familiale, pour retrouver JUdith, et sans doute lui faire comprendre qu'elle ne peut épouser personne... 

Huis-clos de la famille, avec le père, et la grand-mère. La mère est morte. Famille lettrée, père philosophe, grand-mère attachée à ce qui se fait... Ils sont attachants ces personnages-là, avec leurs manies, leurs fragilités, leurs certitudes, qu'on nous donne à voir. Ils nous sont rendus attachants, sans doute parce qu'ils nous sont donnés à voir par le prisme du regard de l'une ou l'autre des frangines, et qu'il y a de l'amour, en plus de l'agacement quant à tout ce qu'on connaît si bien de ses 'parents', et qu'il se sent. 

Et puis il y a Cassandra, le geste, lorsqu'elle perd pied. Ceux qui la sauvent ou la veillent. L'abdication. Entre force et fragilité, cette abdication ressemble à celle qu'on n'a d'autre choix d'avoir quand l'être aimé est parti/doit partir.

J'ai aimé ce roman profond, intime, et sa double voix.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Cassandra au mariage, Dorothy Baker, 1962 (Etats-Unis) ; éd. Pavillons poche, Robert Laffont, 2013.

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Lettre d'une inconnue

25 Décembre 2016, 10:37am

Publié par LaSourisJOne

Période où je relis les Stefan Zweig que j'ai tant aimés.

Celui-ci ne m'a pas conquise. Evidemment, est encore prodigieuse cette histoire, mais là, les personnages m'ont laissé en dehors, même le propos, je l'ai trouvé ressassé, répétitif, ce cher Zweig si génial a bien le droit à ses 'fragilités' me suis-je dit... 

En tout cas, une enfant, 13 ans. Qui vit à Vienne, avec sa mère, une existence austère. Sans doute sans évasion. Son évasion, elle va la trouver tout enière à travers son voisin, dont elle décide de tomber éperdument amoureuse. Et ce jusqu'à sa mort. C'est le récit d'une obsession monomaniaque - ça ne nous étonne pas, Zweig y excelle à les dépeindre - une passion amoureuse exclusive et excessive - là aussi. Conjuguée à une personnalité effacée, qui peut se justifier par la rugosité de son milieu social, du cadre où elle a grandi, cela donne aussi un personnage fier, peu sûr de sa valeur, et qui va sacrifier sa vie à son souvenir. Mythifié, le garçon ne lui apportera jamais d'attention. Même lorsqu'elle le retrouve alors qu'elle a 18 ans, et qu'en séducteur il l'invite à dîner et qu'ils passent la nuit ensemble, même encore 9 ans plus tard alors qu'elle s'est débrouillée pour avoir les faveurs d'un riche amant, et qu'ils élèvent -momentanément, car elle ne veut épouser personne autre que son cher amour - le fis qu'elle a eu de cette union de quelques nuits, de cet homme dont elle s'est épris. 

On lit tout cela par le biais d'une lettre, qui arrive entre les mains de ce voisin adulé, et alors que Zweig a pris soin de nous ôter tout espoir d'union ou de rapprochement : on sait d'emblée que le fils est mort, et qu'elle va l'être aussi, s'il reçoit sa lettre. Tragique, évidemment. Mais j'avoue que, si d'habitude je me laisse sans aucune hésitation emporter par la fougue et le talent de Zweig, il n'a pas suffi cette fois-ci. Sans doute que c'était trop, cet excès, cette obstination, cette sottise, cet entêtement... Même si en effet elle explique que si elle a préféré ne pas se faire connaître de lui en lui disant qu'elle avait un fils de lui, c'est parce qu'elle ne voulait pas qu'il l'aide à contre-coeur. J'ai été peu séduite par ces deux personnages-là, je l'avoue, et sans doute moins qu'à la première lecture.

. Lettre d'une inconnue, Stefan Zweig, 1922. Ed. Le Livre de Poche. 

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Did I Mention I Need You ? :(

23 Décembre 2016, 16:45pm

Publié par LaSourisJOne

Roman ado (plus de 14 ans)

On le sait, parfois, qu'on ne devrait pas lire le tome 2. Ou une quelconque suite à un bouquin qu'on a aimé, mais dont n'a pas de mal à imaginer que le 'filon' pourrait être tiré... Eh ben voila. Je me suis fait avoir, mais j'aurais dû m'en douter ! J'avais aimé Did I Mention I love you, DIMILY, le premier tome, malgré tous les indicateurs qui pouvaient inciter à s'en méfier. 

Ce second est un délayage raté. Je n'oublie pas que l'auteure est une très jeune femme, mais ça n'excuse rien, cette fois-ci. 

Donc : les personnages restent monolithiques, les situations se reproduisent et patinent, pour tourner autour du principal point d'échoppement déjà soulevé dans le premier tome : Eden et Tyler se retrouvent après deux ans de séparation (ou à peu près), elle a essayé de l'oublier, lui a construit sa reconstruction en pensant à elle : mais ils sont demi-frères. Enfin, non, absolument pas, puisqu'ils sont les enfants des deux parents qui se sont mis ensemble ! En clair, ils n'ont évidemment aucun lien de parenté, et ils ont même absolument pas vécu ou grandi ensemble, ils se rencontrent juste un été. Seulement c'est là dessus qu'on fait reposer tout le second tome : on se revoit, finalement on sort ensemble et on découvre qu'on s'aime, mais on devrait pas parce qu'on est demi-frères et soeurs. Ca fait tout le bouquin, alors que nous, on s'agace, on sait bien qu'ils ne le sont pas par le sang, et il y a un moment, va bien falloir qu'ils se le disent, et réagissent ! Bref. Là dessus tout est décliné, le couple incompris, les copines absolument pas compréhensives, les connasses qu'on sait connasses et qui changent pas, et cette cruche d'Eden qui se fait encore avoir par la perfide Tiffany ; on la découvre alors sans personnalité, juste parce que ça arrange l'auteure cette trahison qui est un rouage de son tome 3 à venir, on ne sent bien, et elle est alors naïve, incapable de réfléchir, peu courageuse, dans tout le bouquin, d'ailleurs. Bref. Une déception.

Il faudra que j'évite le tome 3 ! 

. Did I Mention I need you, Estelle Maskame, éd. PKJ, 2016

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Beaux rivages :(

18 Décembre 2016, 09:31am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je voulais le lire, ce livre. 

Sans doute parce que j'avais vu l'auteure à La Grande Librairie, et que tout ce qui s'y disait me faisait envie. La fin d'un amour, la difficulté de couper une histoire et de faire le deuil compte tenu des réseaux sociaux aujourd'hui, la lumière sensée être dans ce livre, et l'espoir... 

Et puis je voulais donner une autre chance à cette auteure, dont Appelez-moi par mon prénom m'avait laissé... à la lisière. Je sais maintenant que je ne renouvelerai pas l'expérience ! Tout m'a déçu dans ce livre... On ne garde rien de ce qui se passe, là. C'est une rencontre de nombrils... Je n'ai trouvé aucun des personnages sympathiques, aucun, même en cherchant bien ! On ne s'y attache pas du tout, ils sont tellement (juste) bobo... La narratrice nous plonge dans l'engluement de sa déception sentimentale sans nous en sortir vraiment, en fait, on dirait que c'est écrit à chaud, sans recul, et j'avoue être restée sur ma faim. Histoires d'egos... Même ses blessures, dont elle nous dit peu, même son travail psychanalytique nous paraît superficiel, ou en tout cas, n'apporte guère de fermeté à l'ensemble. Le hic, c'est que c'est encore une histoire d'amour qui finit mal, enfin, l'histoire d'une femme quittée par un homme, alors, forcément, on n'a guère envie d'être déçus, parce que quitte à en lire encore une, autant qu'elle apporte au moins du plaisir ?... Même la fin, laisse sur sa faim, ou plutôt agace, parce que finalement, c'est l'homme qui a quitté qui garde son emprise sur elle alors même qu'elle a avancé, travaillé (un peu)... A moins que ce ne soit toujours ça ? On travaille, on avance, mais tout nous ramène toujours au grand amour ? Alors si c'était ça, je n'aime pas la manière hasardeuse dont elle nous y mène et qu'il faille un roman pour y arriver là. 

Quant au titre, je n'aurai pas besoin de pester, cette fois, puisqu'elle nous l'explique, sur la fin du roman : la narratrice invite un jeune homme qui l'aime à ne jamais se fermer aux sentiments, et les compare (les sentiments) à une côte : "Je lui fais promettre de ne jamais craindre les sentiments, ces rivages que l'on accoste sans en mesurer ni le danger ni la beauté". Et en tout cas, dans ce livre, il n'est surtout pas question de beaux rivages, ni même en perspective, puisque même la phrase de fin nous ramène, encore, à l'amoureux perdu. Aussi, ce serait plutôt tout le contraire de ce qui fut annoncé, l'espoir n'est que dans le titre, pas dans le livre...

. Beaux rivages, Nina Bouraoui, éd. JC Lattès, août 2016.

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24 heures de la vie d'une femme :))

23 Novembre 2016, 22:14pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Parfois, revenir aux fondamentaux fait du bien. C'est étonnant toutefois de voir que je garderai encore en tête précisément les scènes, les passages, qui y étaient déjà gravées : celles des mains, fascinantes, au casino, et celle de la balade en fiacre, au long de la corniche, ce moment de partage, serein, suspendu, entre ces deux protagonistes... Le reste se diluait dans ma mémoire, et ma mémoire travaillera de même, je pense avec le reste du texte. Alors, sauver de l'oubli, cette mise en situation, chère à Zweig, d'un début qui fait naître l'histoire, mais qui n'est pas l'histoire ; un début qui évoque au protagoniste une scène de son souvenir, une tranche de son histoire, et qui va nous la livrer. Là, la disparition de Mme Henriette, accusée par certains de s'être envolée en une nuit avec un homme inconnu encore la veille... Le narrateur, ou celui qui écoutera l'histoire de la protagoniste, va encore se révéler dans ce qui est cher à l'auteur : l'absence de jugement. Et c'est ce qui fera venir, naître la confidence, la confession. 

J'avais - comment est-ce possible ! - presque oublié l'excès, qui sourd chez Zweig. L'excès en émotion, sentiment, ressenti, en première fois, en tout... Qui renforce le côté exceptionnel des instants. Et puis il y a la course après le temps, dont je ne me souvenais plus, dans ce livre précis, de l'héroïne, quel suspense, où tout va se jouer, ou se perdre, les minutes qui défilent alors qu'elle doit retrouver le jeune homme pour prendre son train à la gare, et le suivre, alors qu'il ne le sait pas... La vieille tante, qui l'accapare, Zweig a tant fait monter la pression, qu'on est agacé nous même par cette cruche qui va tout faire rater, alors que les minutes défilent, et on est las, comme l'héroïne, alors que le train part... Non, c'est impossible ! Et puis le récit ne s'arrête pas là, bien sûr... Reste encore un rebondissement, et une fin d'histoire qui n'en est pas une, qui pourrait laisser sur sa fin, comme souvent dans la vie... Ce jeune homme qu'elle retrouve, il n'a pas tenu sa promesse, elle essaye de lui faire entendre raison, à chaud il ne l'entend pas, alors déboussolée, alors qu'il ne lui donne que sa colère, elle va fuir, loin, loin... Et nous on se demande (même si on a tort de se le demander) : que se serait-il passé, si elle avait attendu ? Si elle l'avait retrouvé à froid ? Non, c'est stupide, ce qui ne doit pas être ne doit pas être, tout simplement, et Zweig excelle à nous livrer des histoires fortes et tellement proches de l'entendement humain...

Une belle plongée dans un livre aimé.

. 24 heures de la vie d'une femme, Stefan Zweig, 1ère édition 1927. (Ed. Le Livre de poche)

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Appelez-moi par mon prénom

19 Novembre 2016, 17:24pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'avais encore jamais lu cette auteure, qui est à l'honneur avec un nouveau livre pour la dernière rentrée littéraire. Ce livre-là, acheté lors d'un désherbage de médiathèque, m'en donnait l'occasion.

En tout premier lieu, ce titre restera un mystère : j'avoue que je ne comprends pas vraiment son sens... Et que je n'en vois pas le lien avec le livre, surtout... Alors, en cherchant bien, je pourrais imaginer que... puisqu'elle nous livre (ou semble nous livrer, comment savoir si c'est de la fiction ou si ça n'en est pas ?) son autre versant, celui de la femme derrière l'auteure, ou accrochée à l'auteure, eh bien, il s'agirait de cela ? Mouai... 

En tout cas, c'est l'histoire d'une histoire d'amour provoquée par la volonté qu'elle naisse de l'auteure (ou de la narratrice). Tout découle de son envie de vivre cette histoire. A partir d'une rencontre, dans une librairie, lors d'une dédicace. On ne sait pas bien pourquoi elle va se mettre à fantasmer sur ce très jeune homme de 25 ans, mais c'est ce qui se passe, ou plus à lui construire une réalité, comme on construirait un roman : elle semble romancer sa vie. Elle transforme ce jeune homme en obscession, le cherche par le biais de ce qu'elle peut trouver de lui, un blog notamment. Va suivre une correspondance entre eux (qu'on ne lira pas, mais c'est ce qu'elle nous dit), et la naissance d'un amour véritablement. On ne sait pas bien dans quelle mesure la force avec laquelle elle l'a désiré est l'artisan de cette réussite, mais après tout... En tout cas, ils vont se voir, chez l'une à Paris, chez l'autre à Lyon (ou en Suisse ? je ne sais plus), et finalement tomber amoureux. Mais comme le livre s'arrête à peu près là, on dira que c'est le récit d'un amour fantasmé, puis concrétisé, et donné à voir dans ses prémisses. 

C'est plutôt littéraire, enfin, plutôt une littérature de l'esprit, pas du corps. J'ai fini par m'agacer un peu de ses "J'avais l'idée" que... qui reviennent souvent, et lui servent à lancer un certain nombre de ses réflexions, cela dit, puisque c'est assez bien écrit, et loin d'être creux, on passe... Toutefois, on ne peut pas dire que cette lecture m'ait passionnée !

A tenter à nouveau, par le biais d'un autre livre ? Peut-être...

. Appelez-moi par mon prénom, Nina Bouraoui, éd. Stock, 2008.

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Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

21 Août 2016, 22:08pm

Publié par LaSourisJOne

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

Roman par lettres.

Eh bien, encore un roman par lettres ! On pourrait croire que la lecture de celui-ci juste après Et je danse aussi aurait souffert du précédent, mais même pas.

Cette histoire-là est un échange de lettres entre deux femmes, à une autre époque, pendant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. Ces deux-là se choisissent un peu au hasard, parce qu'il faut tuer le temps et l'angoisse, en l'absence d'êtres aimés, envoyés à la guerre. Alors, elles se choisissent, par hasard, et l'amitié naît, et croît, solidement. J'ai beaucoup aimé me plonger dans la vie de ces deux protagonistes ; leurs fréquentations, les recettes (de cuisine) qu'elles s'échangent, sur fond de disette, les trucs et astuces pour agrémenter un plat lorsque tout manque et tout est rationné, et puis surtout les conseils, les encouragements, le soutien, l'amour que ces deux-là finissent par se porter, et qui les aide à affronter leur quotidien. Sur fond de conquête des droits des femmes. On voit où on en est, en 1943, alors les femmes n'ont pas par évidence le droit au travail, elles sont en pleine conquête, et j'ai trouvé passionnant de les voir, l'une en particulier, Glory, la plus jeune, issue d'un milieu aisé, découvrir que les discours peuvent faire avancer et changer les mentalités. Et puis, l'attente, de l'être aimé. La craine, de le perdre. Les mots qu'on choisit, qui ont tellement de sens, de poids, alors qu'il est en guerre ; tout prend de la force, et du sens. Il y a celle qui attend son époux, élevant ses deux tout petits, aux côtés du meilleur ami, qu'elle a toujours aimé presque autant que son mari ; alors, évidemment, l'attente, les rapprochements, la dignité malgré tout, la culpabilité ; et puis Rita, la plus âgée, dont le mari et le fils sont mobilisés. Rita qui va découvrir que son fils était amoureux, et avancer sur ce chemin de l'acceptation d'une autre, évoluer, grandir... J'ai vraiment passé un très beau moment, et la rencontre de ces deux-là m'a bouleversée.

Petite anecdote qui ajoute à l'attachement à ce livre-là : les deux auteures qui ont écrit ce livre se sont rencontrées sur un blog, ont pris la décision d'écrire ce livre, et se sont fait l'engagement ne se rencontrer qu'une fois le livre écrit. C'est ce qu'elles ont fait...

. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan, 2013 (US), éd. Belfond, Pocket 2014.

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En attendant Bojangles :)))

6 Août 2016, 08:38am

Publié par LaSourisJOne

En attendant Bojangles :)))

Roman.

Ah, quel plaisir j'ai eu, du début jusqu'à la fin, à la lecture de cet En attendant Bojangles ! Il m'avait fait saliver à sa sortie en janvier 2016, j'en avais encore entendu parler il y a quelques mois au moment des prix qu'il a rafllé : prix du roman des étudiants France Culture Télérama 2016, prix France Télévision, et grand prix RTL Lire.

Mais je n'avais pas l'avoir entre les mains.

Enfin, c'est fait. J'ai tout aimé dans ce premier roman d'Olivier Bourdeaut, qui se lit avec le sourire, parce que c'est beau, parce que c'est bien écrit, parce que c'est fin, et raffiné. Ce n'est pas toujours crédible ? Alors là, on s'en fout mais alors comme d'une guigne. C'est d'ailleurs la dernière question qu'on se pose.

Bojangles, vous savez ce que c'est ? Moi je ne le savais pas. Le titre d'une chanson de Nina Simone, M. Bojangles. Or, l'un des trois personnages principaux du livre, la mère, qui écoute des chansons et danse si souvent, a son préféré, et son rituel, avec ce morceau précis. 'En attendant Bojangles', c'est ce qui représente cette femme...

Je vais essayer de vous en parler sans trop en dire : on lit, raconté avec grâce et innoncence par le fils, l'histoire de ses parents. Des parents hors du commun, à la personnalité hors du commun, qui semblent avoir choisi cette voie pour exister, pour défier le quotidien. Alors l'excès est souvent au bout du chemin, un excès raffiné et on aime. On aime la rencontre de ces deux-là ; puis leur vie aux côtés de Mademoiselle Superfetatoire, ce grand échassier qui vit avec eux dans leur appartement, et de l'Ordure, leur ami sénateur. Où l'expression chateau en Espagne est prise au pied de la lettre ! C'est un manuel qui semble militer contre la morosité possible d'une vie, pour la fantaisie, parce qu'on a qu'une vie, et qu'il vaut mieux la rendre belle, pour ce qui nous appartient. Un hymne à l'amour, et la différence. Il y a ce chancellement, au coeur de la mère, jusqu'à un dénouement d'abord épique puis bouleversant, je dois m'arrêter là pour ne rien déflorer, mais ce livre est beau, si beau, et il finit avec une explosion d'émotion qui prolonge la magie de ce livre.

Je pense que je l'achèterai, pour pouvoir le relire.

En attendant, mille mercis à Delphine d'avoir sacrifié une de ses lectures d'été pour me le prêter !

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, édition Finitude, janvier 2016.

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Trajet d'une amoureuse éconduite

28 Avril 2016, 21:29pm

Publié par LaSourisJOne

Trajet d'une amoureuse éconduite

J'ai emprunté ce livre pour son titre, son format, ses illustrations (des photographies de lieux sans humains en règle générale) et le fait qu'il était court. J'aurais aimé rester vierge des identités des deux personnages jusqu'à au moins l'écriture de ce billet, seulement, j'ai su malencontreusement trop tôt. Mais je vais tacher d'écrire mon billet comme si je ne savais rien, et de prendre ce livre juste pour ce qu'il est indépendamment de ses protagonistes. (Ca vous intrigue, là, non ?).

C'est l'histoire d'une rencontre amoureuse, d'un coup de foudre sans doute, du début jusqu'à sa fin contrainte. Ou jusqu'à la prise de conscience nécessaire, indispensable, douloureuse, que l'histoire ne mènera à rien d'autre que de la souffrance. Elle est racontée avec le 'je' pour la narratrice, le 'vous' pour l'homme qui la fait succomber. Ca donne de la théâtralité à l'histoire, sans doute une mise à distance nécessaire pour la narratrice. D'autant que lorsque les deux protagonistes basculent dans le tutoiement, et qu'on est presque dans le présent, le 'vous' peut surprendre ; en même temps, c'est le choix narratif, et pourquoi pas.

Sans doute ce procédé renforce l'universalité de l'histoire, et c'est sans doute ce qui la rend attachante. Elle raconte sans excès de psychologisation les étapes de l'histoire, les attentes de la jeune femme, ses déceptions, et aussi (ce qui nous ramène tous sans doute à une histoire vécue !) le processus d'attachement, pour des raisons inexpliquées, à un type qui se fout de nous, ou dont la sincérité est très relative, et circonstanciée. Douloureux chemin entre attentes, désillusions, volontés de s'accrocher encore, dépendance aux appels, au téléphone, la façon de gérer cette dépendance, le rapport au téléphone objet de torture : il est ma foi sidérant de voir qu'on peut tous tomber dans ce piège... Pourquoi ? Fragilité ? Volonté d'aimer à tout prix ? Idéalisation du compagnon ? Manque de maturité ?

Les photos sont assez laides, elles sont 'brutes' et sans poésie, sans fioritures, là aussi sans doute à dessein pour créer le décalage avec ce que l'on vit, et la réalité, qui n'a pas changée, les lieux sont là, et peuvent être sordides, ils sont sublimés par notre aveuglement pour l'autre...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Trajet d'une amoureuse éconduite, Anne Brochet, éd. du Seuil, 2005.

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