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Le blog de la souris jaune

Articles avec #amour

La vie est facile, ne t'inquiète pas

4 Juillet 2015, 21:23pm

Publié par LaSourisJOne

La vie est facile, ne t'inquiète pas

Décidément, ce que j'aime le moins avec cette auteure, ce sont ses titres. Que je trouve vraiment peu apropriés. Celui-là, encore...

Alors j'ai pris l'histoire en cours, puisque ce troisième livre d'Agnès Martin-Lugand est la suite du premier, 'Les Gens heureux lisent et boivent du café'. Après avoir compris ce qu'étaient 'Les Gens', le nom du café littéraire créé par l'héroïne, vraisemblablement avec son mari de l'époque Colin, et sa fille, décédés dans un accident de voiture, on entre bien dans l'histoire. Qui se fait un peu fleuve, un peu trainante, pour nous emmener exactement là où sait assez vite qu'elle va nous emmener. Et même si l'expression 'river les yeux dans ceux de' finit par profondément nous agacer à force d'être utilisée trop de fois, eh bien, on accroche quand même. Bon. Les personnages ne sont pas très fouillés, un peu basiques ; peu importe, l'histoire prend quand même. Donc, Diane se reconstruit, dans et avec son café, et son meilleur ami Félix. Et puis elle rencontre Olivier, qui tombe amoureux d'elle, et elle se dit qu'elle aussi. Renaissance amoureuse, sentimentale, après ce traumatisme de la perte et du deuil de son mari et de sa fille. Mais l'Irlande, où elle semble qu'elle soit allée pour se retrouver un an auparavant, après la perte de mari et fille ; un homme, Edward, dont on comprend que leur histoire a été passionnelle. On sait d'emblée qu'en se revoyant d'abord par hasard, l'histoire va nous mener là. Bon. Plaisir de voir la lutte contre soi (euh, pas longue), et la reconnaissance de l'inclinaison qui nous fait basculer dans une autre vie. Plaisir de ces liens qui comptent, de la chaleur qu'ils procurent, et qui passent à la lecture. Plaisir de la lecture, malgré tout.

Merci à Samuel de m'avoir permis de lire ce livre.

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon, avril 2015.

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L'élixir d'amour

30 Juin 2015, 17:49pm

Publié par LaSourisJOne

L'élixir d'amour

Un roman pas trop long, qui parle d'amour, et sous la forme d'une correspondance : allez, ça se tente. Ce livre a commencé par m'agacer, je dois l'avouer. Propos trop attendus, personnages trop stéréotypés, et un principe 'facile', l'échange de lettres, prétexte pour parler des relations hommes-femmes. D'autant qu'autant être clair : ces lettres, ou présentées comme telles, entre un homme à Paris, et une femme à Montréal, ne sont pas des lettres ! Je sais que je pinaille, mais on a du mal à imaginer ces courriers qui s'échangent par voies d'avion, et ne contenant parfois que quelques lignes... Ce sont plutôt des mails, qui ne se présentent pas comme tels. Premier élément bancal, donc, mais passons.

Puis, quand même, il faut avouer, heureusement, quelques 'rebondissements', quelques retournements de situations qui font retrouver un (léger) regain d'intérêt pour le livre : le séducteur, psy de surcroit, qui se la raconte sur les femmes et son rapport aux femmes finit par tomber dans le piège de l'amour ; et finalement, on découvre que l'écriveuse, l'interlocutrice (ils ont vécu une passion de plusieurs années ensemble avant de se séparer) a tout fomenté pour qu'ils se retrouvent. Bon, c'est assez peu crédible, mais ça fait sourire, un peu.

Je pense toutefois que j'oublierai assez vite ce roman d'Eric-Emmanuel Schmitt...

Médiathèque de Saint-Malo.

L'élixir d'amour, Eric-Emmanuel Shcmitt, éd. Albin Michel, Avril 2014.

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Entre mes mains le bonheur se faufile :))

27 Juin 2015, 08:31am

Publié par LaSourisJOne

Entre mes mains le bonheur se faufile :))

L'embellie est venue de ce livre, finalement, que j'avais dans ma bibliothèque depuis un certain temps sans avoir eu envie plus tôt de le lire. Finalement, ce que j'aime le moins dans celui-ci, c'est son titre : certes, le rapport avec le tissu qui passe dans la machine à coudre, mais je ne le trouve absolument pas en adéquation avec le propos ! Peu importe.

Voici un roman que j'ai dévoré ; il n'a pas été sans me rappeler par certains aspects 'Fourrure', d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre, même si tous deux sont très différents. Sans doute l'univers (du luxe), et aussi le mystère d'une femme distinguée crucifiée par sa terrible solitude ; il y a de cela dans le personnage de Marthe, cette femme puissante, adulée, propriétaire des Ateliers de couture où débarque l'héroïne. Cette Marthe est loin d'être le personnage principal, bien sûr, il reste donc en second plan, et il y aurait eu matière à le développer davantage, évidemment ; ce personnage trouble, qui se perd dans le besoin de possession, qui n'est décrit que par les autres, son majordome, et puis par les deux personnages principaux. Peu importe. C'est donc l'histoire d'une jeune femme, Iris, la trentaine ; mariée à un fieffé égoïste, un médecin, qui lui ment et la trompe, on le sent longtemps avant de le savoir. Et puis il y a ce deuil mal cicatrisé pour elle qui tente pourtant de vivre malgré tout une vie qui ne lui convient que moyennement, mais qu'elle accepte, parce qu'elle pense que c'est la vie. Ce deuil d'une carrière de couturière, qu'elle n'a pas pu faire, pensant avoir été recalée à une école de couture ; on apprend alors en même temps qu'elle, en plein dîner de famille, qu'en réalité ses parents, bourgeois, voulant la modeler à leur image, bien peu compréhensifs du bonheur de leur enfant finalement, ne lui ont jamais dit, qu'en réalité elle avait été retenue à cette école. Le drame, si longtemps après, et qu'on comprend. Malheureuse dans son métier (elle travaille dans une banque), elle retente, et est reçue. Il faut aller à Paris pour six mois. Sous la coupe de son mari, cela est particulièrement bien décrit : le drame 'individuel' des femmes qui se sacrifient au nom des convenances, de ce qui se fait, pour un supposé bonheur familial, de couple, alors qu'en réalité il s'agit du confort de l'homme... Tant, tant de situations comme celles-là, encore, toujours et même aujourd'hui... Mais bref, jamais de bourreaux sans victimes. Bref : elle, Iris, bien qu'en douceur secoue son joug, et finit par raffler le deal d'aller vivre ces six mois. Six mois qui vont changer sa vie évidemment. Entre Marthe, le 'mentor', celle qui la modèle à son image, son talent révélé, ses doigts de fée, l'univers luxueux qu'elle découvre, et ce magnifique Raphaël, séducteur, sous l'emprise de Marthe, également. Un jeu mortel va se jouer entre ces trois-là, sans que ce soit jamais pesant ; entière jusqu'au bout, naïve mais pas idiote Iris ne va pas se trahir, et c'est ça qu'on aime : même si elle cède une fois, et rentre, brisant son rêve une nouvelle fois et sa carrière sous l'impulsion d'un mari soudain jaloux, elle découvre enfin son adultère, qui dure depuis un an ; alors elle refait ses valises et remonte là où sa vie, celle qui lui ressemble finalement, celle où il y a moins de confort, plus de risques, mais plus vraie, l'attend. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre !

Entre mes mains le bonheur se faufile, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon. Juin 2014.

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La fin d'une liaison :)

16 Janvier 2015, 21:58pm

Publié par LaSourisJOne

La fin d'une liaison :)

J'ai beaucoup aimé ce livre. L'ambiance de celui-ci. Etre plongée dans les sentiments de trois personnages principaux, autour d'une passion amoureuse, dévastatrice. Décriptée, passée au crible comme un kaléidoscope, sous toutes ses faces ou presque. Avec la retenue des temps passés, et les limites de l'époque. Pendant la seconde guerre mondiale. Les bombardements sont là, ont leur place sur l'avenue des Allées à Londres, mais ils sont presque comme en retrait, tant on est 'à l'intérieur' des personnages. Et même si l'un des bombardements a des conséquences cruciales, sur l'histoire des protagonistes, même si c'est de façon inattendue (via le serment à Dieu que si son amant s'en sort, elle le laissera vivre sa vie, et ne le reverra plus).

Alors nous avons le personnage principal, écrivain, qui semble s'ennuyer, finalement. Ecrit des livres qui sont souvent des commandes. Rencontre Sarah, la femme d'un dignitaire de l'Etat anglais, et se met en tête de capter des éléments sur lui, ou sur sa fonction, pour ses romans. Et finalement, on ne sait pas si c'est l'amour, le désoeuvrement ou l'intérêt qui l'emporte ; toutefois, il vit petit à petit une passion amoureuse avec elle. Elle, bien que mariée, mais extraordinairement loin de son époux par la pensée, s'éprend semble-t-il plus sincèrement de cet amant. Et avec une grande naïveté, sincérité, humilité quant à elle même, elle entre dans sa vie. L'autre (l'amant) est rongé de jalousie (sans doute par orgueil), très vite, jalousie destructrice de leur idylle cachée.

Et puis il y a cet homme qui donne des conférences sur l'avenue des Allées, là où tout le monde se croise; et puis le détective privé, chargé d'enquêter finalement d'étrange manière sur Sarah. Beaucoup de lâcheté de beaucoup de personnages, de faiblesse aussi, comme chez ce mari, donné à voir comme peu aimable, tant il est veule, et dépendant (malgré ses hautes fonctions) ; et puis ces attachements naissants de tous, à l'égard de Sarah, qui se dévalorise tant, et s'accroche à son sermon fait à un Dieu auquel elle ne croit pourtant pas. La question de la foi, est finalement assez centrale dans ce livre, tout autant que celle de l'amour, la passion, l'amour de soi, la vie, ses choix, et la mort. Des réflexions nourries qui viennent étayer et donner une densité supplémentaire à ce roman, sans que ce ne soit jamais indigeste.

La fin d'une liaison, Graham Greene (Anglais). éd. 10/18. 1951.

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Le rendez-vous de Venise :))

29 Octobre 2014, 23:11pm

Publié par LaSourisJOne

Le rendez-vous de Venise  :))

Ce livre est une petite pépite. Je l'ai découvert par hasard, ainsi que son auteur. Quel régal, quelle belle promenade avec cette poignée de personnages en miroir, et surtout au gré de la peinture, que ce livre nous amène à regarder différemment, avec tant d'humanité ! J'ai adoré. Dans la peau d'un homme, d'une trentaine d'année, qui vit dans l'aura de son oncle, érudit, savant connaisseur, extrêmement pointu, et reconnu de la peinture et des peintres italiens et flamands... Déjà celui-ci, l'oncle, nous offre des voyages savoureux au gré de ces peintures qu'il nous invite à revisiter et à regarder à nouveau comme il les voit, et ce, par le prisme du neveu, qui trace sa route dans les pas de son oncle, sans douter, sans ciller, pétri d'admiration. Lui donc, aussi, va devenir connaisseur de peinture. Vivant, accompagnant l'oncle au gré de ses déplacements, qui à Venise, qui à Rome... Et à son décès, il trouve un carnet. Carnet qu'il se met à lire, et dont il nous livre la lecture, entremélée de ses commentaires, carnet qui lui révéle... une femme dans la vie de son oncle. Quoi ? Mais il ne le savait pas. C'est savoureusement jaloux ; on s'amuse de son énervement à découvrir un autre (une en l'occurrence !) privilégié, dans les secrets de cet oncle... Il résiste, refuse, réfute, non ce n'est pas son oncle, et puis il va bien devoir se rendre à l'évidence, son oncle a aimé, à son insu, et n'était-ce pas son droit ? Le neveu va rencontrer cette femme, par hasard, leur entrevue est vraiment savoureuse ; quelle vision, croisement des regards, autour de cet oncle, absent, mais pourtant tellement là, ayant marqué leurs deux vies ! Et puis il y a cette histoire en miroir, que vivre le neveu, avec la fille de Judith, l'aimée de son oncle. C'est drôle, touchant, vraiment vraiment bien. Brillant.

. Le rendez-vous de Venise, Philippe Beaussant, éd. Fayard, 2003. Paru en Poche en 2005.

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... 311

27 Octobre 2014, 08:32am

Publié par LaSourisJOne

"Le labyrinthe : rien que le monde souterrain, sans forme, que chacun porte en soi, et où il tremble de descendre parce qu'il y fait noir et qu'il a peur, terriblement peur, qu'il y ait en effet, tout au fond, un minotaure. Et chacun tâtonne dans le noir et crie : "Ariane, ma soeur, ton fil, où est ton fil ?".

Philippe BEAUSSANT

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L'amour et les forêts :))

26 Octobre 2014, 12:27pm

Publié par LaSourisJOne

L'amour et les forêts :))

Il ne faut pas s’attendre à de la demi-mesure avec Eric Reinhardt. Déjà son Système Victoria (août 2011) mettait en scène la perversité de rapports entre une femme, directrice des ressources humaines d’une grosse entreprise, et un homme, responsable de travaux. Ici, Eric Reinhard ne nous recrache pas avant de nous avoir détaillé par le menu les affres quotidiennes d’une certaine Bénédicte Ombredanne,’écrasée’par son mari. Et il va loin, Eric Reinhardt, très loin.

L’auteur lui-même commence par se mettre en scène et introduire cette lectrice, qui lui écrit, et qu’il va rencontrer à deux reprises. Et qui va lui raconter sa vie matrimoniale, l’objet même de ce livre. C’est majestueusement bien écrit. On s’attache à ce personnage, on s’offusque, on souffre avec elle de la voir tellement sous la coupe de son mari. Eric Reinhardt nous livre cette spirale machiavélique, vénéneuse qui se noue, s’enroule, avec toutes ses complexités, autour de Bénédicte Ombredanne, professeur de lettres agrégée. Prisonnière du harcèlement incessant de son mari, et alors même qu’elle aurait pu sauver sa peau, s’offrant une incroyable parenthèse magique, la jeune femme ne parvient pas à s’extraire de cette vie qui la détruit. Il y a une force, une puissance qui nous retient nous aussi captif, dans ce qu’il relate, notamment cette alchimie entre culpabilité et la part de ce qu’on s’autorise.

Le récit nous tient en haleine jusqu’au bout ; les frères et sœurs d’âmes rencontrés dans la maison de repos sont criants et touchants de justesse, d’autant qu’ils viennent renforcer par contraste l’extrême aridité de la vie affective de Bénédicte. Le témoignage de la sœur, dans la dernière partie du livre pousse le récit jusqu’aux limites de l’insoutenable, mais reste toujours d’une superbe sensibilité. Ce texte est beau, ciselé comme le bijou, la bague d’un autre temps que l’héroïne aime tant à porter dans les grandes occasions.

L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, éd. NRF Gallimard. Août 2014.

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L'art d'écouter les battements de coeur :))

28 Septembre 2014, 15:06pm

Publié par LaSourisJOne

L'art d'écouter les battements de coeur :))

C'est une belle découverte, hasardeuse, mais guidée par une lectrice bienveillante qui se reconnaîtra :), que celle-ci. Et j'ai vraiment pris un plaisir infini, progressif, croissant, à la lecture de ce livre, à cotoyer tous ses personnages. J'ai aimé l'enchassement de la narration. J'ai connu la même impatience que l'héroïne (enfin, est-ce vraiment l'héroïne, pas vraiment !), cette trentenaire qui quitte New-York sur un coup de tête à la recherche improbable de son père, disparu mystérieusement il y a quatre ans. Que va t-elle vraiment chercher à Rangoon, elle semble ne pas le savoir vraiment, ou plutôt si, 'la vérité'. Celle que sa mère a deviné, et dont elle ne veut surtout rien savoir de plus. Alors on est entrainé dans les 20 premières années de celui qui semble bien être son père, à travers le récit merveilleux, tel un conte, d'U-Ba. Personnage rencontré sans que le hasard semble y être pour quelque chose, et qui semblait l'attendre et la connaître. C'est à une réconciliation avec les sens, la puissance des autres sens que la vue, qu'on y invite ici. Et que c'est beau, et touchant, et tellement fort cette idée qu'on ne voit pas bien avec les yeux, ni avec les pieds qu'on voyage ! Cette osmose qu'on découvre, par delà la séparation, entre deux êtres frappés de cécité, et de handicap, est d'une beauté à couper le souffle ; on aime ces personnages, on les voit, arpenter le village de terre, lui bien campé sur ses pieds, elle sur ses épaules; lui servant de regard... On aime l'accuité de l'ouïe du jeune homme, privé de sa vue ; la force de l'attachement, à travers ces gens simples, tant celui, inconditionnel de ces deux personnages, mais aussi entre Su Kui, qui prend l'enfant (le père) sous son aile, l'aimant intuitivement, dans ses premières années de vie... Et la manière dont les destins se dessinent, se tracent, se marquent, et la façon dont les personnages s'y plient.

C'est une très très belle lecture, qu'on a toujours envie de prolonger...

Merci à Delphine, pour sa judicieuse recommandation, et sans qui je n'aurai sans doute pas lu ce livre.

L'art d'écouter les battements de coeur, Jean-Philippe Sendker, JC Lattès, mars 2014.

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Nebraska song :)

4 Août 2014, 21:45pm

Publié par LaSourisJOne

Nebraska song :)

Voici un roman qui m'a donné beaucoup de plaisir de lecture. Accrochée jusqu'au bout. Nous lisons en parallèle la vie d'une jeune femme, et puis sa vie, 27 ans plus tard... Sans qu'on n'en sache rien au départ. Même si on sait qu'il s'est passé une cassure, un choix, qui nous est revélé petit à petit, chapitre après chapitre. La jeune fille, Judith, vit un amour de jeunesse avant de partir en fac avec Willy, beau jeune homme charpentier. Un bel amour. Lui ne se remet jamais d'elle. Elle, en fac, fait sa vie avec un type plus conventionnel. En a un enfant. Et lorsqu'un jour, elle se demande si son mari la trompe, son univers chancelle, les migraines arrivent, et elle recherche son ancien amour... Qui, loin de là, toujours au Nebraska, l'Etat où elle a grandi, ne l'a pas oubliée. Elle le rejoint dans un endroit qu'il a construit en pensant à elle, même s'il a épousé sa meilleure amie, et eu deux enfants d'elle... Leurs retrouvailles sont belles, saisissantes, touchantes. Il est malade. Les personnages sont dignes, vraiment touchants. Beaucoup de surprises, dans ce roman, qui ne se laisse pas deviner. Qu'est-ce qui fait que l'on fait un choix de vie, plutôt qu'un autre ? Alors même qu'une autre voie nous bouleverse ? C'est un très beau roman d'amour, et de chemin de vie, que celui-ci.

. Nebraska Song, Tom McNeal, éd. Pocket. 2011, et 2012 en France.

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24 heures d'une femme sensible

9 Juillet 2014, 09:43am

Publié par LaSourisJOne

24 heures d'une femme sensible

Constance de Salm : je n'avais jamais entendu parler de cet auteur du XVIIIème, ni de ce livre, sur lequel je suis tombée par hasard chez un bouquiniste. Evidemment, c'est le titre qui m'a interpellée, en cela qu'il évoquait clairement celui de Zweig, 24 heures de la vie d'une femme. Un critique du Point repris sur la 4ème de couverture annonçait que Stephan Zweig s'en était visiblement inspiré, et qu'il était temps de retourner vers l'original... A la lecture de cet opus, donc, je me suis dit que pas du tout ! Ou bien il faudra que je relise 24 heures de la vie d'une femme....

Evidemment, pas le même siècle. La force prodigieuse de la mise en place d'une histoire, la dramatisation de l'installation de Zweig, rien à voir avec cela ! Ce critique ne s'était peut-être arrêté qu'au titre ? En tout cas, ce livre, ce livre-là : on retrouve avec étonnement, l'excès des sentiments. Comme dans un Laclos et ses 'Liaisons dangeureuses', autre récit par lettres. "Mon dieu je me meurs de vous aimer trop !". Dieu que cette époque paraît loin, loin, loin de l'époque contemporaine... Les lettres sont donc celles d'une jeune femme marquée par un excès d'amour pour le bien-aimé sur lequel elle a porté son dévolu ; elles font toutes suite à un épisode : elle le voit partir avec une autre femme dans une calèche. La jalousie est au coeur de ces lettres donc ; puis l'orgueil, les tourments de l'âme entretenus par la personne qui perd son temps en conjectures... Le déshonneur...

Ce qui trouble surtout c'est de se replonger dans une époque où les sentiments et les affaires de coeur ne sont pas reléguées au second plan, dans les trous de l'emploi du temps, quand il reste du temps ; elles sont au premier plan, pour les hommes comme pour les femmes. On écrivait alors de longues lettres pour exprimer ses sentiments et discourir sur ce lien, sur le désir, les sentiments, et l'amour... Aujourd'hui, on textote et on bazarde...

. 24 heures d'une femme sensible, Constance de Salm, éd. Libretto en 2007. Première édition : 1824.

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