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Le blog de la souris jaune

Articles avec #amour

Beaux rivages :(

18 Décembre 2016, 09:31am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je voulais le lire, ce livre. 

Sans doute parce que j'avais vu l'auteure à La Grande Librairie, et que tout ce qui s'y disait me faisait envie. La fin d'un amour, la difficulté de couper une histoire et de faire le deuil compte tenu des réseaux sociaux aujourd'hui, la lumière sensée être dans ce livre, et l'espoir... 

Et puis je voulais donner une autre chance à cette auteure, dont Appelez-moi par mon prénom m'avait laissé... à la lisière. Je sais maintenant que je ne renouvelerai pas l'expérience ! Tout m'a déçu dans ce livre... On ne garde rien de ce qui se passe, là. C'est une rencontre de nombrils... Je n'ai trouvé aucun des personnages sympathiques, aucun, même en cherchant bien ! On ne s'y attache pas du tout, ils sont tellement (juste) bobo... La narratrice nous plonge dans l'engluement de sa déception sentimentale sans nous en sortir vraiment, en fait, on dirait que c'est écrit à chaud, sans recul, et j'avoue être restée sur ma faim. Histoires d'egos... Même ses blessures, dont elle nous dit peu, même son travail psychanalytique nous paraît superficiel, ou en tout cas, n'apporte guère de fermeté à l'ensemble. Le hic, c'est que c'est encore une histoire d'amour qui finit mal, enfin, l'histoire d'une femme quittée par un homme, alors, forcément, on n'a guère envie d'être déçus, parce que quitte à en lire encore une, autant qu'elle apporte au moins du plaisir ?... Même la fin, laisse sur sa faim, ou plutôt agace, parce que finalement, c'est l'homme qui a quitté qui garde son emprise sur elle alors même qu'elle a avancé, travaillé (un peu)... A moins que ce ne soit toujours ça ? On travaille, on avance, mais tout nous ramène toujours au grand amour ? Alors si c'était ça, je n'aime pas la manière hasardeuse dont elle nous y mène et qu'il faille un roman pour y arriver là. 

Quant au titre, je n'aurai pas besoin de pester, cette fois, puisqu'elle nous l'explique, sur la fin du roman : la narratrice invite un jeune homme qui l'aime à ne jamais se fermer aux sentiments, et les compare (les sentiments) à une côte : "Je lui fais promettre de ne jamais craindre les sentiments, ces rivages que l'on accoste sans en mesurer ni le danger ni la beauté". Et en tout cas, dans ce livre, il n'est surtout pas question de beaux rivages, ni même en perspective, puisque même la phrase de fin nous ramène, encore, à l'amoureux perdu. Aussi, ce serait plutôt tout le contraire de ce qui fut annoncé, l'espoir n'est que dans le titre, pas dans le livre...

. Beaux rivages, Nina Bouraoui, éd. JC Lattès, août 2016.

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24 heures de la vie d'une femme :))

23 Novembre 2016, 22:14pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Parfois, revenir aux fondamentaux fait du bien. C'est étonnant toutefois de voir que je garderai encore en tête précisément les scènes, les passages, qui y étaient déjà gravées : celles des mains, fascinantes, au casino, et celle de la balade en fiacre, au long de la corniche, ce moment de partage, serein, suspendu, entre ces deux protagonistes... Le reste se diluait dans ma mémoire, et ma mémoire travaillera de même, je pense avec le reste du texte. Alors, sauver de l'oubli, cette mise en situation, chère à Zweig, d'un début qui fait naître l'histoire, mais qui n'est pas l'histoire ; un début qui évoque au protagoniste une scène de son souvenir, une tranche de son histoire, et qui va nous la livrer. Là, la disparition de Mme Henriette, accusée par certains de s'être envolée en une nuit avec un homme inconnu encore la veille... Le narrateur, ou celui qui écoutera l'histoire de la protagoniste, va encore se révéler dans ce qui est cher à l'auteur : l'absence de jugement. Et c'est ce qui fera venir, naître la confidence, la confession. 

J'avais - comment est-ce possible ! - presque oublié l'excès, qui sourd chez Zweig. L'excès en émotion, sentiment, ressenti, en première fois, en tout... Qui renforce le côté exceptionnel des instants. Et puis il y a la course après le temps, dont je ne me souvenais plus, dans ce livre précis, de l'héroïne, quel suspense, où tout va se jouer, ou se perdre, les minutes qui défilent alors qu'elle doit retrouver le jeune homme pour prendre son train à la gare, et le suivre, alors qu'il ne le sait pas... La vieille tante, qui l'accapare, Zweig a tant fait monter la pression, qu'on est agacé nous même par cette cruche qui va tout faire rater, alors que les minutes défilent, et on est las, comme l'héroïne, alors que le train part... Non, c'est impossible ! Et puis le récit ne s'arrête pas là, bien sûr... Reste encore un rebondissement, et une fin d'histoire qui n'en est pas une, qui pourrait laisser sur sa fin, comme souvent dans la vie... Ce jeune homme qu'elle retrouve, il n'a pas tenu sa promesse, elle essaye de lui faire entendre raison, à chaud il ne l'entend pas, alors déboussolée, alors qu'il ne lui donne que sa colère, elle va fuir, loin, loin... Et nous on se demande (même si on a tort de se le demander) : que se serait-il passé, si elle avait attendu ? Si elle l'avait retrouvé à froid ? Non, c'est stupide, ce qui ne doit pas être ne doit pas être, tout simplement, et Zweig excelle à nous livrer des histoires fortes et tellement proches de l'entendement humain...

Une belle plongée dans un livre aimé.

. 24 heures de la vie d'une femme, Stefan Zweig, 1ère édition 1927. (Ed. Le Livre de poche)

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Appelez-moi par mon prénom

19 Novembre 2016, 17:24pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'avais encore jamais lu cette auteure, qui est à l'honneur avec un nouveau livre pour la dernière rentrée littéraire. Ce livre-là, acheté lors d'un désherbage de médiathèque, m'en donnait l'occasion.

En tout premier lieu, ce titre restera un mystère : j'avoue que je ne comprends pas vraiment son sens... Et que je n'en vois pas le lien avec le livre, surtout... Alors, en cherchant bien, je pourrais imaginer que... puisqu'elle nous livre (ou semble nous livrer, comment savoir si c'est de la fiction ou si ça n'en est pas ?) son autre versant, celui de la femme derrière l'auteure, ou accrochée à l'auteure, eh bien, il s'agirait de cela ? Mouai... 

En tout cas, c'est l'histoire d'une histoire d'amour provoquée par la volonté qu'elle naisse de l'auteure (ou de la narratrice). Tout découle de son envie de vivre cette histoire. A partir d'une rencontre, dans une librairie, lors d'une dédicace. On ne sait pas bien pourquoi elle va se mettre à fantasmer sur ce très jeune homme de 25 ans, mais c'est ce qui se passe, ou plus à lui construire une réalité, comme on construirait un roman : elle semble romancer sa vie. Elle transforme ce jeune homme en obscession, le cherche par le biais de ce qu'elle peut trouver de lui, un blog notamment. Va suivre une correspondance entre eux (qu'on ne lira pas, mais c'est ce qu'elle nous dit), et la naissance d'un amour véritablement. On ne sait pas bien dans quelle mesure la force avec laquelle elle l'a désiré est l'artisan de cette réussite, mais après tout... En tout cas, ils vont se voir, chez l'une à Paris, chez l'autre à Lyon (ou en Suisse ? je ne sais plus), et finalement tomber amoureux. Mais comme le livre s'arrête à peu près là, on dira que c'est le récit d'un amour fantasmé, puis concrétisé, et donné à voir dans ses prémisses. 

C'est plutôt littéraire, enfin, plutôt une littérature de l'esprit, pas du corps. J'ai fini par m'agacer un peu de ses "J'avais l'idée" que... qui reviennent souvent, et lui servent à lancer un certain nombre de ses réflexions, cela dit, puisque c'est assez bien écrit, et loin d'être creux, on passe... Toutefois, on ne peut pas dire que cette lecture m'ait passionnée !

A tenter à nouveau, par le biais d'un autre livre ? Peut-être...

. Appelez-moi par mon prénom, Nina Bouraoui, éd. Stock, 2008.

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Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

21 Août 2016, 22:08pm

Publié par LaSourisJOne

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

Roman par lettres.

Eh bien, encore un roman par lettres ! On pourrait croire que la lecture de celui-ci juste après Et je danse aussi aurait souffert du précédent, mais même pas.

Cette histoire-là est un échange de lettres entre deux femmes, à une autre époque, pendant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. Ces deux-là se choisissent un peu au hasard, parce qu'il faut tuer le temps et l'angoisse, en l'absence d'êtres aimés, envoyés à la guerre. Alors, elles se choisissent, par hasard, et l'amitié naît, et croît, solidement. J'ai beaucoup aimé me plonger dans la vie de ces deux protagonistes ; leurs fréquentations, les recettes (de cuisine) qu'elles s'échangent, sur fond de disette, les trucs et astuces pour agrémenter un plat lorsque tout manque et tout est rationné, et puis surtout les conseils, les encouragements, le soutien, l'amour que ces deux-là finissent par se porter, et qui les aide à affronter leur quotidien. Sur fond de conquête des droits des femmes. On voit où on en est, en 1943, alors les femmes n'ont pas par évidence le droit au travail, elles sont en pleine conquête, et j'ai trouvé passionnant de les voir, l'une en particulier, Glory, la plus jeune, issue d'un milieu aisé, découvrir que les discours peuvent faire avancer et changer les mentalités. Et puis, l'attente, de l'être aimé. La craine, de le perdre. Les mots qu'on choisit, qui ont tellement de sens, de poids, alors qu'il est en guerre ; tout prend de la force, et du sens. Il y a celle qui attend son époux, élevant ses deux tout petits, aux côtés du meilleur ami, qu'elle a toujours aimé presque autant que son mari ; alors, évidemment, l'attente, les rapprochements, la dignité malgré tout, la culpabilité ; et puis Rita, la plus âgée, dont le mari et le fils sont mobilisés. Rita qui va découvrir que son fils était amoureux, et avancer sur ce chemin de l'acceptation d'une autre, évoluer, grandir... J'ai vraiment passé un très beau moment, et la rencontre de ces deux-là m'a bouleversée.

Petite anecdote qui ajoute à l'attachement à ce livre-là : les deux auteures qui ont écrit ce livre se sont rencontrées sur un blog, ont pris la décision d'écrire ce livre, et se sont fait l'engagement ne se rencontrer qu'une fois le livre écrit. C'est ce qu'elles ont fait...

. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan, 2013 (US), éd. Belfond, Pocket 2014.

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En attendant Bojangles :)))

6 Août 2016, 08:38am

Publié par LaSourisJOne

En attendant Bojangles :)))

Roman.

Ah, quel plaisir j'ai eu, du début jusqu'à la fin, à la lecture de cet En attendant Bojangles ! Il m'avait fait saliver à sa sortie en janvier 2016, j'en avais encore entendu parler il y a quelques mois au moment des prix qu'il a rafllé : prix du roman des étudiants France Culture Télérama 2016, prix France Télévision, et grand prix RTL Lire.

Mais je n'avais pas l'avoir entre les mains.

Enfin, c'est fait. J'ai tout aimé dans ce premier roman d'Olivier Bourdeaut, qui se lit avec le sourire, parce que c'est beau, parce que c'est bien écrit, parce que c'est fin, et raffiné. Ce n'est pas toujours crédible ? Alors là, on s'en fout mais alors comme d'une guigne. C'est d'ailleurs la dernière question qu'on se pose.

Bojangles, vous savez ce que c'est ? Moi je ne le savais pas. Le titre d'une chanson de Nina Simone, M. Bojangles. Or, l'un des trois personnages principaux du livre, la mère, qui écoute des chansons et danse si souvent, a son préféré, et son rituel, avec ce morceau précis. 'En attendant Bojangles', c'est ce qui représente cette femme...

Je vais essayer de vous en parler sans trop en dire : on lit, raconté avec grâce et innoncence par le fils, l'histoire de ses parents. Des parents hors du commun, à la personnalité hors du commun, qui semblent avoir choisi cette voie pour exister, pour défier le quotidien. Alors l'excès est souvent au bout du chemin, un excès raffiné et on aime. On aime la rencontre de ces deux-là ; puis leur vie aux côtés de Mademoiselle Superfetatoire, ce grand échassier qui vit avec eux dans leur appartement, et de l'Ordure, leur ami sénateur. Où l'expression chateau en Espagne est prise au pied de la lettre ! C'est un manuel qui semble militer contre la morosité possible d'une vie, pour la fantaisie, parce qu'on a qu'une vie, et qu'il vaut mieux la rendre belle, pour ce qui nous appartient. Un hymne à l'amour, et la différence. Il y a ce chancellement, au coeur de la mère, jusqu'à un dénouement d'abord épique puis bouleversant, je dois m'arrêter là pour ne rien déflorer, mais ce livre est beau, si beau, et il finit avec une explosion d'émotion qui prolonge la magie de ce livre.

Je pense que je l'achèterai, pour pouvoir le relire.

En attendant, mille mercis à Delphine d'avoir sacrifié une de ses lectures d'été pour me le prêter !

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, édition Finitude, janvier 2016.

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Trajet d'une amoureuse éconduite

28 Avril 2016, 21:29pm

Publié par LaSourisJOne

Trajet d'une amoureuse éconduite

J'ai emprunté ce livre pour son titre, son format, ses illustrations (des photographies de lieux sans humains en règle générale) et le fait qu'il était court. J'aurais aimé rester vierge des identités des deux personnages jusqu'à au moins l'écriture de ce billet, seulement, j'ai su malencontreusement trop tôt. Mais je vais tacher d'écrire mon billet comme si je ne savais rien, et de prendre ce livre juste pour ce qu'il est indépendamment de ses protagonistes. (Ca vous intrigue, là, non ?).

C'est l'histoire d'une rencontre amoureuse, d'un coup de foudre sans doute, du début jusqu'à sa fin contrainte. Ou jusqu'à la prise de conscience nécessaire, indispensable, douloureuse, que l'histoire ne mènera à rien d'autre que de la souffrance. Elle est racontée avec le 'je' pour la narratrice, le 'vous' pour l'homme qui la fait succomber. Ca donne de la théâtralité à l'histoire, sans doute une mise à distance nécessaire pour la narratrice. D'autant que lorsque les deux protagonistes basculent dans le tutoiement, et qu'on est presque dans le présent, le 'vous' peut surprendre ; en même temps, c'est le choix narratif, et pourquoi pas.

Sans doute ce procédé renforce l'universalité de l'histoire, et c'est sans doute ce qui la rend attachante. Elle raconte sans excès de psychologisation les étapes de l'histoire, les attentes de la jeune femme, ses déceptions, et aussi (ce qui nous ramène tous sans doute à une histoire vécue !) le processus d'attachement, pour des raisons inexpliquées, à un type qui se fout de nous, ou dont la sincérité est très relative, et circonstanciée. Douloureux chemin entre attentes, désillusions, volontés de s'accrocher encore, dépendance aux appels, au téléphone, la façon de gérer cette dépendance, le rapport au téléphone objet de torture : il est ma foi sidérant de voir qu'on peut tous tomber dans ce piège... Pourquoi ? Fragilité ? Volonté d'aimer à tout prix ? Idéalisation du compagnon ? Manque de maturité ?

Les photos sont assez laides, elles sont 'brutes' et sans poésie, sans fioritures, là aussi sans doute à dessein pour créer le décalage avec ce que l'on vit, et la réalité, qui n'a pas changée, les lieux sont là, et peuvent être sordides, ils sont sublimés par notre aveuglement pour l'autre...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Trajet d'une amoureuse éconduite, Anne Brochet, éd. du Seuil, 2005.

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Désolée, je suis attendue :)

17 Avril 2016, 21:33pm

Publié par LaSourisJOne

Désolée, je suis attendue :)

Roman.

Lancée dans un roman extrêmement dense de 963 pages (oui, oui, tu as raison Delphine, presque mille...), je dois dire que faire une pause avec un roman d'Agnès Martin-Lugand sorti jeudi dernier était bienvenu. Comme un trou normand, en quelque sorte ! Un mets léger en plein milieu d'un repas copieux et très dense !!

Donc, je l'ai lu d'une traite, comme ses précédents, et celui-là fonctionne encore. Je ne sais pas si on peut parler de 'chick litt', ça n'en a pas toutes les caractéristiques, c'est plus 'fouillé' quand même, en tout cas ça doit être une lecture 'féminine' (si la lecture peut avoir un genre, mais il semble que oui, pour celles-là)...

Alors : c'est l'histoire de Yael. Qu'on rencontre à travers quelques épisodes de sa vie étudiantine (un peu caricaturaux), mais on passe vite à autre chose. On retrouve la demoiselle 10 ans plus tard, devenue 'work addict', qui ne vit que par le travail. D'abord le travail en tant que 'compensation', ce qu'on comprendra petit à petit... En tout cas, cette Yael a une bande d'amis de ses années étudiantes, moins, un, le fameux Marc, pour lequel on voit un attachement qu'elle ne s'avoue que bien tard... En cela c'est pas mal fait, ce déni. Donc, cette Yael délaisse petit à petit ses amis pour se noyer petit à petit de plus en plus dans le travail et adopter une vie 'chirurgicale' au service de la perfomance, et là aussi c'est plutôt bien fichu, ce qu'elle coupe, ce qui disparaît de sa vie, de sa personnalité happée qu'elle est par son boulot, puis par son ambition. Le beau Marc, nonchalant et à la vie diamétralement opposée de la sienne va recroiser son chemin, et tout va chanceler, mais pas aussi simplement que ça...

Et dans la fin du livre, on recroisera avec plaisir quelqu'un... mais je n'en dis pas plus, car j'ai eu moi-même trop de plaisir de la surprise pour la déflorer ici.

Elle agace, elle émeut, elle touche, c'est une Yael bien vivante qu'on suit ici, et j'avoue que je me suis bien laissée entrainer ; quelques passages un peu longs, mais si peu... Alors j'ai goûté, et je ne regrette pas ce 'trou normand' pas normand, malouin (l'auteure est malouine).

Le premier que j'avais lu d'elle était son troisième, suite du premier, La vie est facile, ne t'inquiète pas.

. Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon, avril 2016.

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La vie quand elle était à nous :)))

15 Février 2016, 12:39pm

Publié par LaSourisJOne

La vie quand elle était à nous :)))

Roman.

Encore une auteure espagnole que je découvre, et qui m'a procuré un vif plaisir de lecture. On est à Madrid, dans les années 40. Une femme de 51 ans, vivant seule, suit un jour un homme transportant un paquet de livres et découvre une librairie planquée dans une ruelle... Le libraire, Matias, a décidé de mettre en vitrine un livre qu'il a trouvé et aimé, ouvert, et l'offre à la lecture aux passants, décidant que le premier qui le lirait en entier se le verrait offert... Une idée séduisante, mais qui ne marche pas du tout. Il faut replacer ça dans un contexte difficile, où l'argent manque, la culture compliquée à porter, les éditions d'ouvrages compliqués... On vit la rage et la résistance de ce couple de libraires face à un régime. Ce couple est beau, attachant ; et surtout cette femme de 51 ans va se mettre à lire le livre de la vitrine, 'La femme aux cheveux de lin', avec Lola, la libraire. Naît leur complicité, fait tout à la fois de retenue, de partage, de compréhension... Et l'on se passionne autant pour les deux histoires qu'on lit simultanément : celle du livre lu par les deux femmes, et la vie du couple de libraires et de la femme de 51 ans... Nimbe ce texte une atmosphère charmante, très réussie, merveilleusement désuète, que l'on soit en Angleterre, en Normandie, à Paris ou à Madrid. J'ai adoré le mélange de ces récits... dont je suis bien obligée de vous cacher l'essentiel !

Il y a de superbes personnages dans ce livre, auxquels on s'attache vraiment.

Il y est question d'amour, bien sûr aussi, d'amour en miroir, belles mises en abymes habiles, très fines : l'histoire de Rose Tomlin, la femme aux cheveux de lin, son amour, la perte de son amour et... la prise de conscience pour les jeunes Lola et Matias, au moment où leur histoire aurait pu chanceler, de l'importance et du prix de cette histoire. Comment pourrais-je vivre après, sans lui, si je le perdais ? C'est merveilleusement illustré et on le ressent au coeur via l'histoire de Rose Tomlin... Histoires d'amour et remariages, aussi, ou plutôt nouvelle union après un premier mariage, à une époque où cela ne se faisait pas, comment vit-on avec...

C'est aussi une histoire qui parle de ses racines, de leur prolongement, sur la durée, et de l'attachement.

C'est un très beau roman.

Médiathèque de Saint-Malo.

La vie quand elle était à nous, Marian Izaguirre. Publié en 2013 en Espagne ; éd. Albin Michel en 2015.

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A propos d'amour :)

14 Janvier 2016, 08:05am

Publié par LaSourisJOne

A propos d'amour :)

Chick litt.

Le titre est commun et ne dit rien du livre.

Mais c'est un bon livre de 'chick litt' ! Avec des personnages certes (un peu) caricaturaux au départ, mais dont la psychologie nous est vraiment livrée, qui ne sont pas monoblocs, et qui vont surtout évoluer, et même changer. Je n'ai donc pas lâché ce livre de 500 pages, pour suivre et retrouver à chaque moment du jour, dès que possible, la vie quotidienne de Sylvie (55 ans ?), Diana et Lizzie, ses deux filles, adultes toutes les deux ; l'une, Diana, femme 'parfaite' aux yeux de tous, médecin, mais dont on découvre le cheminement et ce qu'elle s'impose sans être heureuse pour en arriver là, et Lizzie, étiquetée depuis toujours (mais surtout dans sa propre tête) comme la fille 'ratée', et donc qui galère, ex-junkie, et qui est si attachante et si belle lorsqu'elle se fait confiance.

Ah : Sylvie est la femme (sacrifiée, euh, autosacrifiée !) d'un homme politique en vue, Richard ; aussi sa vie tourne autour de lui, et de ce qu'elle fait, sans aucun doute, par amour et parce qu'elle aime vraiment son mari, pour son mari. Seulement voila : un jour, le scandale éclate à la télé (américaine, m'enfin, en France, est-ce que cela maintenant n'aurait pas été pareil !?) : il a trompé son épouse, il a eu une liaison avec son assistante, et lui a trouvé un boulot. Le scandale s'étale sur tous les écrans. Comment les trois femmes vont-elles vivre l'événement ? On va donc être dans la tête et la peau de celles-ci après tout ça. Et c'est super. Colère, reconstruction, découverte de soi : véritablement, j'ai adoré toutes ces étapes. Et puis ces certitudes qui s'ébranlent ; Diana qui croyait tout maîtriser et devient folle éprise d'un jeune médecin prête à faire chanceler sa mécanique familiale bien huilée, Lizzie qui pense ne pas avoir droit au bonheur, comment va t-elle faire ? Alors qu'elle rencontre enfin un type bien ? La nouvelle vie de Sylvie, qui part dans une maison d'enfance au Connecticut et sa nouvelle personnalité qui se reconstruit petit à petit est un pur bonheur. J'aurais fait arrêter ce livre au grand repas de Thanksgiving, par contre (ceux qui liront comprendront) autrement dit supprimant les 50 dernières pages ; je crois que j'aurais laissé en suspens, tout ce petit monde en pleine reconstruction sans nous donner de certitudes, ou de choix définitifs. J'ai aimé ce repas de Thanksgiving, où chacun vient avec ce qu'il est... J'ai regretté la suite, j'aurais préféré m'énerver contre l'auteure et ne pas savoir...

Merci à Nolwenn pour ce grand plaisir de lecture !

A propos d'amour, Jennyfer Weiner, US, 2010 ; éd. Belfond Livre de Poche février 2012.

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Le nageur

12 Novembre 2015, 18:38pm

Publié par LaSourisJOne

Le nageur

.. J'aurais bien aimé être enthousiaste pour ce livre. Le fait est qu'il m'a ennuyée, souvent, et qu'il m'a fallu tous les efforts de la raison pour ne pas empêcher mon esprit de divaguer quand je me plongeais dans sa lecture.

Il y avait des ingrédients, pourtant. Mais... Rien, dans le style. Oh, certes, des descriptions, des vues de paysages donnés à voir pour produire des effets, en Grande Bretagne, mais qui ne produisent aucune émotion. Et puis ces trois parties du roman, le hic, c'est que rien ne nous accroche aux personnages, malgré la dureté de leur histoire. Malgré sans doute aussi, la cinglante leçon à l'égard de nos sociétés permissives et intolérantes à l'égard de 'l'autre', incarné ici par un migrant. Sans doute, justement, peut-être rendu indigeste par une trop criante leçon. Je ne sais pas. Le fait est que je n'ai pas été conquise, alors même que l'histoire avait tout pour me plaire.

L'histoire se déroule donc sur une bonne quinzaine d'année, par le prisme de trois personnages. Ria, d'abord. 43 ans, vivant seule, dans sa maison de famille, avec un facho comme frère avec lequel elle s'efforce de garder de courtoises relations de surface ; femme poète, qui tente d'écriture des poèmes, qui se font rares depuis une histoire douloureuse, de dépit amoureux : son mari l'a quittée parce qu'elle ne peut avoir d'enfant. Arrive alors, un été, le lumineux, jeune médecin de 28 ans, nageant dans la rivière. Migrant, ayant quitté son pays le Sri Lanka en guerre, parce qu'il voulait sauver des vies et non en prendre. Et Ria, entre culpabilité et désir, renaît. Finalement, cette partie s'arrête trop vite, sur une terrible injustice qui cueille Ben en plein envol et Ria en pleine renaissance. Puis c'est Anula, qui raconte. On découvre que c'est la mère, au terrible destin, de Ben. Pas gai, pas gai. Enfin, Lydia, 16 ans, qu'on découvre en séance de thérapie, jeune Lydia, adolescente aussi légère qu'elle le peut, mais qui porte le lourd passé de son histoire. Lydia donc, qui n'est autre que la fille... de Ria et de Ben, qui n'aura donc pas connu son père...

Eric, le bel ami, père de substitution de Ria est finalement la belle trouée de lumière de ce roman là, même s'il est laissé au second plan.

Médiathèque de Saint-Malo.

Le nageur, Roma Tearne, ed. Albin Michel, 2015.

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