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Le blog de la souris jaune

Articles avec #amour

Trajet d'une amoureuse éconduite

28 Avril 2016, 21:29pm

Publié par LaSourisJOne

Trajet d'une amoureuse éconduite

J'ai emprunté ce livre pour son titre, son format, ses illustrations (des photographies de lieux sans humains en règle générale) et le fait qu'il était court. J'aurais aimé rester vierge des identités des deux personnages jusqu'à au moins l'écriture de ce billet, seulement, j'ai su malencontreusement trop tôt. Mais je vais tacher d'écrire mon billet comme si je ne savais rien, et de prendre ce livre juste pour ce qu'il est indépendamment de ses protagonistes. (Ca vous intrigue, là, non ?).

C'est l'histoire d'une rencontre amoureuse, d'un coup de foudre sans doute, du début jusqu'à sa fin contrainte. Ou jusqu'à la prise de conscience nécessaire, indispensable, douloureuse, que l'histoire ne mènera à rien d'autre que de la souffrance. Elle est racontée avec le 'je' pour la narratrice, le 'vous' pour l'homme qui la fait succomber. Ca donne de la théâtralité à l'histoire, sans doute une mise à distance nécessaire pour la narratrice. D'autant que lorsque les deux protagonistes basculent dans le tutoiement, et qu'on est presque dans le présent, le 'vous' peut surprendre ; en même temps, c'est le choix narratif, et pourquoi pas.

Sans doute ce procédé renforce l'universalité de l'histoire, et c'est sans doute ce qui la rend attachante. Elle raconte sans excès de psychologisation les étapes de l'histoire, les attentes de la jeune femme, ses déceptions, et aussi (ce qui nous ramène tous sans doute à une histoire vécue !) le processus d'attachement, pour des raisons inexpliquées, à un type qui se fout de nous, ou dont la sincérité est très relative, et circonstanciée. Douloureux chemin entre attentes, désillusions, volontés de s'accrocher encore, dépendance aux appels, au téléphone, la façon de gérer cette dépendance, le rapport au téléphone objet de torture : il est ma foi sidérant de voir qu'on peut tous tomber dans ce piège... Pourquoi ? Fragilité ? Volonté d'aimer à tout prix ? Idéalisation du compagnon ? Manque de maturité ?

Les photos sont assez laides, elles sont 'brutes' et sans poésie, sans fioritures, là aussi sans doute à dessein pour créer le décalage avec ce que l'on vit, et la réalité, qui n'a pas changée, les lieux sont là, et peuvent être sordides, ils sont sublimés par notre aveuglement pour l'autre...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Trajet d'une amoureuse éconduite, Anne Brochet, éd. du Seuil, 2005.

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Désolée, je suis attendue :)

17 Avril 2016, 21:33pm

Publié par LaSourisJOne

Désolée, je suis attendue :)

Roman.

Lancée dans un roman extrêmement dense de 963 pages (oui, oui, tu as raison Delphine, presque mille...), je dois dire que faire une pause avec un roman d'Agnès Martin-Lugand sorti jeudi dernier était bienvenu. Comme un trou normand, en quelque sorte ! Un mets léger en plein milieu d'un repas copieux et très dense !!

Donc, je l'ai lu d'une traite, comme ses précédents, et celui-là fonctionne encore. Je ne sais pas si on peut parler de 'chick litt', ça n'en a pas toutes les caractéristiques, c'est plus 'fouillé' quand même, en tout cas ça doit être une lecture 'féminine' (si la lecture peut avoir un genre, mais il semble que oui, pour celles-là)...

Alors : c'est l'histoire de Yael. Qu'on rencontre à travers quelques épisodes de sa vie étudiantine (un peu caricaturaux), mais on passe vite à autre chose. On retrouve la demoiselle 10 ans plus tard, devenue 'work addict', qui ne vit que par le travail. D'abord le travail en tant que 'compensation', ce qu'on comprendra petit à petit... En tout cas, cette Yael a une bande d'amis de ses années étudiantes, moins, un, le fameux Marc, pour lequel on voit un attachement qu'elle ne s'avoue que bien tard... En cela c'est pas mal fait, ce déni. Donc, cette Yael délaisse petit à petit ses amis pour se noyer petit à petit de plus en plus dans le travail et adopter une vie 'chirurgicale' au service de la perfomance, et là aussi c'est plutôt bien fichu, ce qu'elle coupe, ce qui disparaît de sa vie, de sa personnalité happée qu'elle est par son boulot, puis par son ambition. Le beau Marc, nonchalant et à la vie diamétralement opposée de la sienne va recroiser son chemin, et tout va chanceler, mais pas aussi simplement que ça...

Et dans la fin du livre, on recroisera avec plaisir quelqu'un... mais je n'en dis pas plus, car j'ai eu moi-même trop de plaisir de la surprise pour la déflorer ici.

Elle agace, elle émeut, elle touche, c'est une Yael bien vivante qu'on suit ici, et j'avoue que je me suis bien laissée entrainer ; quelques passages un peu longs, mais si peu... Alors j'ai goûté, et je ne regrette pas ce 'trou normand' pas normand, malouin (l'auteure est malouine).

Le premier que j'avais lu d'elle était son troisième, suite du premier, La vie est facile, ne t'inquiète pas.

. Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon, avril 2016.

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La vie quand elle était à nous :)))

15 Février 2016, 12:39pm

Publié par LaSourisJOne

La vie quand elle était à nous :)))

Roman.

Encore une auteure espagnole que je découvre, et qui m'a procuré un vif plaisir de lecture. On est à Madrid, dans les années 40. Une femme de 51 ans, vivant seule, suit un jour un homme transportant un paquet de livres et découvre une librairie planquée dans une ruelle... Le libraire, Matias, a décidé de mettre en vitrine un livre qu'il a trouvé et aimé, ouvert, et l'offre à la lecture aux passants, décidant que le premier qui le lirait en entier se le verrait offert... Une idée séduisante, mais qui ne marche pas du tout. Il faut replacer ça dans un contexte difficile, où l'argent manque, la culture compliquée à porter, les éditions d'ouvrages compliqués... On vit la rage et la résistance de ce couple de libraires face à un régime. Ce couple est beau, attachant ; et surtout cette femme de 51 ans va se mettre à lire le livre de la vitrine, 'La femme aux cheveux de lin', avec Lola, la libraire. Naît leur complicité, fait tout à la fois de retenue, de partage, de compréhension... Et l'on se passionne autant pour les deux histoires qu'on lit simultanément : celle du livre lu par les deux femmes, et la vie du couple de libraires et de la femme de 51 ans... Nimbe ce texte une atmosphère charmante, très réussie, merveilleusement désuète, que l'on soit en Angleterre, en Normandie, à Paris ou à Madrid. J'ai adoré le mélange de ces récits... dont je suis bien obligée de vous cacher l'essentiel !

Il y a de superbes personnages dans ce livre, auxquels on s'attache vraiment.

Il y est question d'amour, bien sûr aussi, d'amour en miroir, belles mises en abymes habiles, très fines : l'histoire de Rose Tomlin, la femme aux cheveux de lin, son amour, la perte de son amour et... la prise de conscience pour les jeunes Lola et Matias, au moment où leur histoire aurait pu chanceler, de l'importance et du prix de cette histoire. Comment pourrais-je vivre après, sans lui, si je le perdais ? C'est merveilleusement illustré et on le ressent au coeur via l'histoire de Rose Tomlin... Histoires d'amour et remariages, aussi, ou plutôt nouvelle union après un premier mariage, à une époque où cela ne se faisait pas, comment vit-on avec...

C'est aussi une histoire qui parle de ses racines, de leur prolongement, sur la durée, et de l'attachement.

C'est un très beau roman.

Médiathèque de Saint-Malo.

La vie quand elle était à nous, Marian Izaguirre. Publié en 2013 en Espagne ; éd. Albin Michel en 2015.

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A propos d'amour :)

14 Janvier 2016, 08:05am

Publié par LaSourisJOne

A propos d'amour :)

Chick litt.

Le titre est commun et ne dit rien du livre.

Mais c'est un bon livre de 'chick litt' ! Avec des personnages certes (un peu) caricaturaux au départ, mais dont la psychologie nous est vraiment livrée, qui ne sont pas monoblocs, et qui vont surtout évoluer, et même changer. Je n'ai donc pas lâché ce livre de 500 pages, pour suivre et retrouver à chaque moment du jour, dès que possible, la vie quotidienne de Sylvie (55 ans ?), Diana et Lizzie, ses deux filles, adultes toutes les deux ; l'une, Diana, femme 'parfaite' aux yeux de tous, médecin, mais dont on découvre le cheminement et ce qu'elle s'impose sans être heureuse pour en arriver là, et Lizzie, étiquetée depuis toujours (mais surtout dans sa propre tête) comme la fille 'ratée', et donc qui galère, ex-junkie, et qui est si attachante et si belle lorsqu'elle se fait confiance.

Ah : Sylvie est la femme (sacrifiée, euh, autosacrifiée !) d'un homme politique en vue, Richard ; aussi sa vie tourne autour de lui, et de ce qu'elle fait, sans aucun doute, par amour et parce qu'elle aime vraiment son mari, pour son mari. Seulement voila : un jour, le scandale éclate à la télé (américaine, m'enfin, en France, est-ce que cela maintenant n'aurait pas été pareil !?) : il a trompé son épouse, il a eu une liaison avec son assistante, et lui a trouvé un boulot. Le scandale s'étale sur tous les écrans. Comment les trois femmes vont-elles vivre l'événement ? On va donc être dans la tête et la peau de celles-ci après tout ça. Et c'est super. Colère, reconstruction, découverte de soi : véritablement, j'ai adoré toutes ces étapes. Et puis ces certitudes qui s'ébranlent ; Diana qui croyait tout maîtriser et devient folle éprise d'un jeune médecin prête à faire chanceler sa mécanique familiale bien huilée, Lizzie qui pense ne pas avoir droit au bonheur, comment va t-elle faire ? Alors qu'elle rencontre enfin un type bien ? La nouvelle vie de Sylvie, qui part dans une maison d'enfance au Connecticut et sa nouvelle personnalité qui se reconstruit petit à petit est un pur bonheur. J'aurais fait arrêter ce livre au grand repas de Thanksgiving, par contre (ceux qui liront comprendront) autrement dit supprimant les 50 dernières pages ; je crois que j'aurais laissé en suspens, tout ce petit monde en pleine reconstruction sans nous donner de certitudes, ou de choix définitifs. J'ai aimé ce repas de Thanksgiving, où chacun vient avec ce qu'il est... J'ai regretté la suite, j'aurais préféré m'énerver contre l'auteure et ne pas savoir...

Merci à Nolwenn pour ce grand plaisir de lecture !

A propos d'amour, Jennyfer Weiner, US, 2010 ; éd. Belfond Livre de Poche février 2012.

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Le nageur

12 Novembre 2015, 18:38pm

Publié par LaSourisJOne

Le nageur

.. J'aurais bien aimé être enthousiaste pour ce livre. Le fait est qu'il m'a ennuyée, souvent, et qu'il m'a fallu tous les efforts de la raison pour ne pas empêcher mon esprit de divaguer quand je me plongeais dans sa lecture.

Il y avait des ingrédients, pourtant. Mais... Rien, dans le style. Oh, certes, des descriptions, des vues de paysages donnés à voir pour produire des effets, en Grande Bretagne, mais qui ne produisent aucune émotion. Et puis ces trois parties du roman, le hic, c'est que rien ne nous accroche aux personnages, malgré la dureté de leur histoire. Malgré sans doute aussi, la cinglante leçon à l'égard de nos sociétés permissives et intolérantes à l'égard de 'l'autre', incarné ici par un migrant. Sans doute, justement, peut-être rendu indigeste par une trop criante leçon. Je ne sais pas. Le fait est que je n'ai pas été conquise, alors même que l'histoire avait tout pour me plaire.

L'histoire se déroule donc sur une bonne quinzaine d'année, par le prisme de trois personnages. Ria, d'abord. 43 ans, vivant seule, dans sa maison de famille, avec un facho comme frère avec lequel elle s'efforce de garder de courtoises relations de surface ; femme poète, qui tente d'écriture des poèmes, qui se font rares depuis une histoire douloureuse, de dépit amoureux : son mari l'a quittée parce qu'elle ne peut avoir d'enfant. Arrive alors, un été, le lumineux, jeune médecin de 28 ans, nageant dans la rivière. Migrant, ayant quitté son pays le Sri Lanka en guerre, parce qu'il voulait sauver des vies et non en prendre. Et Ria, entre culpabilité et désir, renaît. Finalement, cette partie s'arrête trop vite, sur une terrible injustice qui cueille Ben en plein envol et Ria en pleine renaissance. Puis c'est Anula, qui raconte. On découvre que c'est la mère, au terrible destin, de Ben. Pas gai, pas gai. Enfin, Lydia, 16 ans, qu'on découvre en séance de thérapie, jeune Lydia, adolescente aussi légère qu'elle le peut, mais qui porte le lourd passé de son histoire. Lydia donc, qui n'est autre que la fille... de Ria et de Ben, qui n'aura donc pas connu son père...

Eric, le bel ami, père de substitution de Ria est finalement la belle trouée de lumière de ce roman là, même s'il est laissé au second plan.

Médiathèque de Saint-Malo.

Le nageur, Roma Tearne, ed. Albin Michel, 2015.

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L'ami de jeunesse :))

7 Octobre 2015, 15:46pm

Publié par LaSourisJOne

L'ami de jeunesse :))

J'avoue avoir pris plaisir à me couler dans ce livre. L'histoire d'un psychiatre de 48 ans, entouré de deux pieds nichelés - son meilleur ami de toujours, et son frère -, marié à Elisabeth. En pleine crise de vie sans doute, en plein creux de la vague sans doute, qui décide qu'il va changer de voie, et poursuivre celle qu'il n'a jamais osé poursuivre, celle du professorat. Et qui pour cela, s'inscrit à la Sorbonne, pour reprendre des études d'histoire. Où il rencontre, homme sorti de la séduction depuis longtemps, Charlotte, professeure d'histoire qui ne le laissera pas indifférent.

Tout dans ce livre est drôle. Certes, certes, le narrateur est un ronchon de première, et il fait preuve d'une acidité, d'une aigreur sans pareilles. Mais c'est tellement raffraichissant, en ces temps il est de bon temps d'être toujours consensuel ! Alors même si c'est sans doute excessif, sans doute injuste, j'avoue que j'ai beaucoup ri. Tout en prend plein son grade. Les rugbymen ! J'adore :) Les profs à la Sorbonne ! Ses malades ! La vie, la mort, ceux qui rient... Il y a à la fois une dureté sans nom et une certaine finesse de vue. L'écriture est habile, il ne cède à aucune facilité dans la façon d'écrire, à aucune évidence, et ça c'est plutôt agréable.

Le personnage principal est plein de failles, plein de défauts, il se regarde avec une sincérité touchante. Il avance comme il peut, malgré sa vie bien rangée, établie, son statut de psychiatre... La vision de l'amour est assez belle, loin d'être elle, dénigrée pour le coup, c'est finalement la seule qui échappe au laminage général. Et ces deux pieds nichelés ! Le frangin qui vit en parasite chez lui, et le copain ado attardé qui tient pourtant son resto... Le trio est savoureux. Et sans doute assez proche d'un trio amical de garçons comme on peut en connaître. Certaines scènes sont désopilantes !

Comme quoi le hasard (en l'ocurrence le stand d'une braderie) réserve parfois de belles surprises.

L'ami de jeunesse, Antoine Sénanque, éd. Grasset. Septembre 2008.

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Le sourire des femmes :))

20 Août 2015, 10:34am

Publié par LaSourisJOne

Le sourire des femmes :))

Pur bonheur que ce livre-là. Peut-être renforcé par le fait que je quittais un livre qui m'avait véritablement horripilée, mais véritablement réjouissant. Je ne l'ai pas lâché. Un peu dans l'esprit de Gilles Legardinier ; en tout cas, j'ai beaucoup ri en lisant ce livre. J'ai aimé chaque personnage. Ils sonnent 'vrai', ils ont leurs fragilités, leur sensibilité, leur caractère... C'est drôle, enlevé, sans temps morts. Et c'est un très joli livre sur l'amour... Ou ce que l'on peut faire pour un coup de foudre...

Pour André Chambenais, donc, la réponse est... beaucoup, et même à la folie ! Tout commence par un bobard entre amis, avec un de ses amis anglais, puisque les Français sont friands d'auteurs anglais qui écrivent sur Paris, qu'à cela ne tienne : on leur en invente un ! Le trentenaire écrit un livre, et ils camouflent leur supercherie en prêtant au faux auteur anglais une identité, celle du frère, d'ailleurs, dentiste... Seulement voila : Aurélie Bredin, qui travaille dans un joli petit restaurant parisien 'Au temps des Cerises', qui ne lit jamais va tomber par hasard sur ce livre, le dévorer, s'y reconnaître et vouloir à tout prix rencontrer l'auteur, pour comprendre... Et c'est le début d'une aventure cocasse, avec un personnage qui s'enferre dans ses mensonges... J'ai adoré.

Et finalement, seul le titre est assez 'niais', mais l'ensemble est tellement joli et attachant que franchement, on va pas pinailler.

Merci à Nolwenn pour ce prêt !

Le sourire des femmes, Nicolas Barreau, éd. Héloïse d'Ormesson, février 2014, Le Livre de Poche janvier 2015.

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Chambre à part :)

3 Août 2015, 10:35am

Publié par LaSourisJOne

Chambre à part :)

Je suis entrée dans ce livre en toute innocence. Parce qu'il m'a fait de l'oeil dans un rayon de médiathèque et qu'en lisant la 4ème de couverture, cela m'a intrigué, séduit : c'était tout un programme, une gageure : comment faire pour que l'amour survive, vive toujours fort, né de/en 68 et toujours trente ans plus tard ? Comment un couple se construisait au quotidien avec succès ? Ca a suffi à me donner envie de lire ce livre. Etrangement, je n'avais pas identifié le nom de l'auteur, qui pour moi restait inconnu. Petit à petit... le dessinateur de presse brillant et génial dont la narratrice s'éprend en 1968 n'est-il pas... Wolinski ? Evidemment, la coïncidence serait trop grande... Le témoignage, beau en soi, prenait plus de force encore,compte tenu de ce destin injuste qui lui ôta la vie le 7 janvier dernier. Ce livre ayant été écrit bien avant, il y a au moins 13 ans par sa femme, journaliste et écrivain.

C'est une jolie voix, que celle de Maryse Wolinski. Une singulière trajectoire, qu'elle nous livre là, qui ne cherche pas à dissimuler. Une trajectoire habitée par une présence à ses côtés, celle de Georges Wolinski, qu'elle ne nomme pas dans son livre, comme en une dernière pudeur respectueuse. Il est 'Il', 'lui', on sait... Ce qui marque, ce qui frappe, c'est l'extraordinaire histoire de ce couple, demeuré amoureux malgré les tourments, malgré les rencontres, malgré les milieux, malgré l'époque, en une beauté très touchante. Une incroyable ode à l'amour, réel.

Enserrée par un incipit où elle raconte une soirée chez des amis, et la noble fragilité soudaine ressentie par son mari, qu'elle doit emmener à l'hôpital avant de lui dire : "toi tu ne vieilliras jamais ; je t'interdis de vieillir", et le retour narratif à l'hôpital à la toute fin du livre, l'écriture de ce livre résonne comme la mise en mots d'une peur, le défi à la mort, en faisant revivre par les mots la trajectoire touchante ; un livre qui résonne comme un acte d'amour.

On sait, pourtant, elle ne nous le cache pas, que cet amour commence par une admiration sans borne, une fascination éperdue pour cet homme ; qu'elle aurait pu se perdre, s'oublier, dans cet amour, face à cet homme... Mais le joli objet, "la petite jeune fille blonde" va devenir sujet, affirmer sa personnalité et l'un l'autre évoluer dans les méandres de l'amour, plus fort que tout. Elle s'affirmera féministe face à un personnage qui croquait les femmes comme des objets ; son attachement au communisme est passé au crible aussi, sans complaisance, objectivement, sous tous les angles ; leurs relations mondaines... L'un et l'autre deviennent touchants, parce qu'ils sont généreux, et qu'ils aiment, clé merveilleuse.

Médiathèque de Dinard.

. Chambre à part, Maryse Wolinski, éd. Albin Michel, 2002, Le Livre de Poche.

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... 378

1 Août 2015, 19:27pm

Publié par LaSourisJOne

"Le désir amoureux comme l'amour, finalement, échappe à toute analyse, à toute définition. Ils vous tombent dessus. Il faut croire qu'ils se vivent, mais ne se décortiquent pas".

Maryse WOLINSKI

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La vie est facile, ne t'inquiète pas

4 Juillet 2015, 21:23pm

Publié par LaSourisJOne

La vie est facile, ne t'inquiète pas

Décidément, ce que j'aime le moins avec cette auteure, ce sont ses titres. Que je trouve vraiment peu apropriés. Celui-là, encore...

Alors j'ai pris l'histoire en cours, puisque ce troisième livre d'Agnès Martin-Lugand est la suite du premier, 'Les Gens heureux lisent et boivent du café'. Après avoir compris ce qu'étaient 'Les Gens', le nom du café littéraire créé par l'héroïne, vraisemblablement avec son mari de l'époque Colin, et sa fille, décédés dans un accident de voiture, on entre bien dans l'histoire. Qui se fait un peu fleuve, un peu trainante, pour nous emmener exactement là où sait assez vite qu'elle va nous emmener. Et même si l'expression 'river les yeux dans ceux de' finit par profondément nous agacer à force d'être utilisée trop de fois, eh bien, on accroche quand même. Bon. Les personnages ne sont pas très fouillés, un peu basiques ; peu importe, l'histoire prend quand même. Donc, Diane se reconstruit, dans et avec son café, et son meilleur ami Félix. Et puis elle rencontre Olivier, qui tombe amoureux d'elle, et elle se dit qu'elle aussi. Renaissance amoureuse, sentimentale, après ce traumatisme de la perte et du deuil de son mari et de sa fille. Mais l'Irlande, où elle semble qu'elle soit allée pour se retrouver un an auparavant, après la perte de mari et fille ; un homme, Edward, dont on comprend que leur histoire a été passionnelle. On sait d'emblée qu'en se revoyant d'abord par hasard, l'histoire va nous mener là. Bon. Plaisir de voir la lutte contre soi (euh, pas longue), et la reconnaissance de l'inclinaison qui nous fait basculer dans une autre vie. Plaisir de ces liens qui comptent, de la chaleur qu'ils procurent, et qui passent à la lecture. Plaisir de la lecture, malgré tout.

Merci à Samuel de m'avoir permis de lire ce livre.

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon, avril 2015.

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