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Le blog de la souris jaune

femme

Reste aussi longtemps que tu voudras

24 Octobre 2021, 12:31pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre-là n'est pas si simple à évincer d'un revers de manche ou d'un haussement de sourcil dédaigneux. Car, il y a quand même un point de vue, pas si fréquent, et même si on peut contester les choix de l'héroïne, l'histoire interpelle, quand même. En outre, le livre est assez épais, et il n'est pas si mal écrit, ni ennuyeux. Je n'ai pas adoré les personnages, pour autant, et tout particulièrement la meilleure amie, que je trouve peu intéressante - et c'est dommage - dommage, une fois encore.

Bon : la narratrice est une jeune femme, qui arrive en Italie, chez sa meilleure amie qu'elle n'a pas vu depuis 3 ans, avec ses valises pour une durée indéterminée. La meilleure amie, qui est mariée, vit avec son acariâtre et infecte belle-mère, tient des chambres d'hôtes, l'accueille. On découvre petit à petit qu'elles sont dans des problématiques de vie inversées, ce qui va avoir tendance à ne pas les lier, en tout cas à faire qu'aucun lien profond ne se tisse ou se retisse (car quel était-il, ce lien, alors qu'elles étaient en fac toutes les deux ?Peut-être un peu superficiel ? ). En tout cas : Hannah, la meilleure amie, veut un enfant qui ne vient pas, est en phase de tests de fertilité ; notre héroïne débarque après un événement de sa vie qui tarde à être dit (ce suspense, ou cette retenue dans ce qu'on imagine terrible est plutôt bien travaillé, bien vu) ; on craint le pire autour d'un enfant, autour d'une naissance, d'un enfant mort-né peut-être... Du coup, pour ceux qui voudraient le lire, arrêtez-vous là à la lecture de ce billet ! Pour les autres, je divulgache un peu plus : en fait, l'enfant est bien en vie, il a quelques mois, elle l'a laissé avec son père à sa naissance, n'acceptant pas sa nouvelle maternité. N'acceptant pas non plus ce qu'elle a vécu pendant l'accouchement. Son point de vue de femme blessée est intéressant même si on ne le partage pas . Elle part, donc, et décide de tenter d'oublier, de vivre comme une jeune femme sans liens, de faire des rencontres et de retrouver une féminité/sexualité oubliée, jamais connue ? Entre liens purement sexuels et amitiés se tissant en Italie, le choix d'éloignement d'une jeune femme incapable de rentrer... Et l'animosité entre les deux amies qui continuent à vivre sous le même toit et ne se comprennent pas/plus. C'est intéressant, même si je n'ai pas adoré les choix et peut-être regretté que cette échappée ne ressemble pas à une façon de se soigner, d'avancer, d'apprendre à savoir où est son chemin, et en même temps : est-ce que cela ne ressemble pas à la vie, parfois ?

Une auteure, en outre que je ne connaissais pas du tout.

Je serais curieuse de voir quelles autres thématiques ou quels autres sujets elle a par ailleurs exploré.

. Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet, Eyrolles Poche, 2018 ; 2020 pour l'édition de poche.

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Là où chantent les écrevisses :)))

1 Octobre 2021, 16:41pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Gros coup de coeur pour ce livre qui se dévore de bout en bout sans qu'on ait envie de le lâcher.

Je l'avais vu passer, j'en avais entendu du bien, il me tentait sans en savoir beaucoup plus que cela et que cette couverture et ce titre qui me faisaient de l'oeil... Et je l'ai enfin eu entre les mains !

Le début du roman n'a pas été sans me rappeler un peu quelques bribes de Betty, par son contexte familial très compliqué. Ainsi, c'est l'histoire de Kya (Catherine Danièle Clark de son nom entier) dont la mère s'en va un jour, et qu'elle voit partir, pour ne plus revenir, au détour d'un chemin, alors que Kya n'a que 5 ans. Restent ses frères et soeurs qui eux aussi, vont partir. A cause d'un père mauvais quand il boit. C'est le début de l'histoire... Toujours est-il que Kya va grandir et finir par être obligée de se débrouiller seule dans le marais où elle est née, et où elle grandit, en lisière d'une ville où là encore les préjugés, dans les années 60, sont peu tendres avec la différence... 

Et Kya va tisser son chemin. Seule. Dans cette maison abandonnée au coeur du marais. Avec les oiseaux pour amis. Et aussi un garçon, puis deux... Je ne dois pas vous en dire plus !

Cependant : deux temporalités se succèdent, très peu éloignées l'une de l'autre. Il s'est évidemment passé quelque chose, et il semble assez évident qu'on devrait le découvrir, entre 1960 et 1969... Tout est passionnant : ces années, sa vie dans le marais, cette nature qui nous est donnée à voir, ses débrouillardises, ses rares amis, ce suspense autour d'une mort irrésolue... 

Véritablement passionnant, surprenant jusqu'au bout, et c'est rien de le dire.

On ne lache pas le livre, on tremble, on est cueillis, c'est vraiment très très réussi.

Coup de coeur de ma bibliothécaire qui l'avait mis en avant, et du coup j'ai pu tomber dessus : joie !

Bibliothèque de Lanvallay.

. Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, éd. Seuil, 2018.

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Les victorieuses :))

24 Juillet 2021, 14:46pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai emprunté ce roman par hasard, sans avoir gardé de souvenir particulier de La Tresse, surtout pour le titre, la couverture, la quatrième de couverture... Cette histoire de burn-out et de reconstruction après celui-ci me tentait bien. En fait, ce roman est beaucoup plus que ça, et il m'a beaucoup plu. J'ai même eu de grandes émotions de lecture, ce qui n'arrive pas si souvent. Bien sûr, je ne suis pas fan de l'écriture, que je dois avouer trouver plutôt "plate", cependant, rien de malhabile, aussi rien qui ne gâche le plaisir de lecture. 

C'est donc l'histoire de Solène, brillante avocate, qui, après le suicide devant ses yeux d'un client non acquitté, tombe en dépression. S'enferme chez elle, sous cachetons. Voit un psy qui lui conseille de tenter le bénévolat et d'aider les autres... C'est ainsi qu'elle rencontre Léonard, qui lui fait savoir qu'on a besoin d'un "écrivain public" pour aider des femmes en difficulté, un jeudi soir par semaine...

Pas à pas, Solène va s'y rendre. Se familiariser avec le lieu, le milieu, inconnus pour elle... Et nous avec. Et nous faire découvrir l'existence - je confesse que je ne connaissais pas - Blanche Peyron. Ainsi, ce roman choral alterne la vie de Solène et celle de Blanche, en 1925. A l'origine de la création, projet pharaonique possible grâce à l'extraordinaire volonté et détermination de cette femme, du Palais de la Femme, à Paris. Lié à l'Armée du Salut. Passionnant de découvrir les dessous, la gestation de cette Armée du Salut en France, ainsi que celle de ce Palais de la Femme à Paris... Où Solène va évoluer, comme elle peut, au milieu de toutes ces femmes cassées mais dignes, fières, aux histoires si diverses et à qui le Palais de la Femme, gigantesque foyer de vie, redonne une chance...

Très très beau.

Je recommande.

Bibliothèque de Lanvallay.

. Les victorieuses, Laetitia Colombani, éd. Grasset, 2019.

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Le manoir de Tyneford :))

13 Juillet 2021, 10:24am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai retrouvé avec plaisir l'univers de Natacha Solomons, dont j'avais rafolé avec son Jack Rosenblum rêve en anglais.

Ici, il est encore question de comment l'on vit pendant cette terrible période de l'avant deuxième guerre mondiale et guerre mondiale pour les Juifs, mais d'une autre manière : cette fois-ci, il s'agit de l'histoire d'une jeune fille qu'on envoie en Angleterre, en 1938, comme domestique, pour échapper aux tourments de l'Autriche et se sauver... Il faut pour cette jeune femme d'une petite vingtaine d'années se séparer de ses parents, et de sa soeur. Les événements sont toujours adoucis par le regard de Natacha Solomons, et j'aime particulièrement sa manière d'écrire : on sait la souffrance, mais il n'y a pas de pathos ; ce sont les faits du quotidien, et si possible dans leur poésie, ou avec un peu d'humour, qui sont donnés à voir. C'est une façon de voir qui me plaît. Alors Elise arrive au Manoir de Tyneford, elle qui a toujours été habituée à être servie, dans un milieu relativement aisé, à Vienne... Elle est cultivée, aime la culture, mais elle doit se transformer en domestique qui astique et fait des feux... Sa nature est toujours là, elle lie des liens avec les propriétaires du lieu, et d'autres jeunes femmes et hommes alentours... Cette terre anglaise devient la sienne, même si le manque de ses parents et de sa soeur est toujours là ; et deux hommes prendront une place particulière dans sa vie... Ce récit nous est livré comme raconté du point de vue intérieur d'Elise, qui semble écrire alors que beaucoup de temps a passé ; j'aime aussi ce regard vers un passé lointain.

J'ai beaucoup aimé.

. Le Manoir de Tyneford, Natasha Solomons, 2011, Angleterre ; 2012 pour la traduction française chez Calmann-Lévy. Le Livre de Poche.

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Tu seras ma beauté

13 Juin 2021, 11:00am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je m'apprête sans doute à faire au moins une déçue...

C'est donc l'histoire d'une rencontre hasardeuse, ou improbable, entre une prof de sports de lycée et un écrivain en vue. Alors que celle-ci ne lit pas ou peu, et qu'elle va chercher une dédicace pour sa mère. Et puis alors qu'elle ne sait rien de lui, que les hommes ne lui manquent pas puisqu'elle en trouve facilement, elle décrète qu'il le lui faut et qu'elle va faire écrire une de ses collègues à sa place. Elles ne sont pas amies, mais elle convainc quand même Irène, la prof de français, d'écrire ces lettres... Pourquoi le fait-elle ? Pourquoi le fait-elle pour Lisa et non pour elle ? En tout cas une correspondance se noue, une rencontre se fait ; et puis Lisa va au rendez-vous de l'écrivain, et Irène tombe en dépression qui ne dit pas son nom... 

Je confesse que je n'ai pas aimé ce livre. Je me suis ennuyée, vraiment, comme avec le souvenir que j'en ai de Madame Bovary (qui pourrait être un compliment !)... Après tout, n'est ce pas l'histoire d'une femme qui s'ennuie en province ? Peut-être que cela tient au fait que je n'ai pas aimé ces personnages, la dichotomie de départ entre la prof de sport futile et la prof de lettres profonde... J'ai regretté que le roman soit basé sur cette opposition, d'autant que j'ai trouvé le personnage de Lisa (la prof de sport) maltraitée, abandonnée... Ok, ce n'était pas l'histoire, me direz-vous... J'ai pensé un peu à L'Amour et les forêts, de Reinhardt, pour son point de départ (une enseignante qui écrit à un auteur), un peu à Odette Toutlemonde (cette femme simple qui transforme l'auteur en vue), ce film d'Eric-Emmanuel Schmidt... 

En tout cas, et ça c'est un point positif, merci à ce livre pour cela : le livre m'a donné envie de lire Cyrano de Bergerac, qui traverse le récit comme une référence, où l'un des protagonistes est l'esprit, et l'autre, prend l'apparence du corps, et donc "sera la beauté".

. Tu seras ma beauté, Gwenaëlle Robert, éd. Robert Laffont, 2017

 

 

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A cent lieues de Kensington

29 Mai 2021, 20:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Au début j'ai trouvé ce livre tout à fait savoureux et puis je m'y suis ennuyée, alors que pourtant il n'est pas très épais... 

C'est l'histoire d'une jeune femme, 28 ans, très forte (en terme d'embonpoint). Ce n'est pas annexe dans l'histoire ! Elle nous raconte trente ans plus tard au moins, une tranche de son existence, quelques unes de ses années dans les années 50, en Angleterre, alors qu'elle vivait dans un petit appartement dans un immeuble collectif, chez une logeuse. Cet aspect-là m'a plu ; découvrir les personnalités de chacun, d'autant que l'écriture est plutôt attachante. La narratrice est très efficace et travaille dans l'édition. Et puis un jour, une rencontre désagréable : un type, miéleux et antipathique, qui veut à tout prix se faire publier. Or, elle n'en démord pas : c'est un véritable "pisseur de copies !" (en français dans le texte : c'est d'ailleurs le titre que porta la première traduction de ce livre, et finalement, c'était un titre qui correspondait bien à l'histoire)... Car le type va très mal le prendre, a des fréquentations haut placées, et la narratrice va perdre son boulot... Une fois, deux fois... Et pire ! Ce sont ces péripéties autour de ce personnage qui m'ont moins intéressée, alors évidemment je ne pouvais qu'être "mitigée" avec ce livre ! La narratrice va un jour décider de maigrir, et ce fait-là même, interprété par d'autres va engendrer un certain nombre d'événements forts, marquants plutôt inattendus.... 

C'était une lecture plaisante, mais sans excès, je pense... Je me dis que j'oublierai assez rapidement ce livre... 

Pourtant très prometteur, bien écrit, et qui ne manque pas d'humour...

. A cent lieues de Kensington, Muriel Spark, 1988 (édition originale, Angleterre) ; 1989 pour la première traduction française.

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Belle Greene :)))

3 Mai 2021, 11:46am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Trois sourires. J'ai hésité entre deux et trois, mais au vu du plaisir de lecture que j'y ai eu, et de l'intérêt que j'ai porté à cette histoire et à ce personnage que je découvrais totalement, j'ai opté pour trois !

J'ai donc découvert ce personnage hors du commun, pour le moins, de Belle Greene. C'est un roman, pas une biographie, notons le. Cependant, l'auteure a effectué un travail d'enquête et de recherche de trois ans pour écrire son livre qui s'efforce avant tout de ne pas trahir la vérité (connue). 

Ainsi, Belle est une jeune femme naissant au début du XXe siècle, aux Etats-Unis. Dans une famille... noire. Mais dont le teint, ainsi que celui de sa mère et de ses frères et soeurs, est clair. Aussi, ce petit groupe se concerte bientôt, alors que les enfants atteignent environ 18 ans et décident de tenter l'impensable (mais qui avait cours alors pour tenter de vivre une vie normale, sans entrave relative à la couleur de peau et aux préjugés) : the passing, ou le passage, autrement, dit, le passage d'une couleur à l'autre, du noir au blanc. Ce qui implique de déménager, évidemment, de ne plus jamais revoir sa famille réellement "noire", de modifier leur nom de famille (le leur de Greener devient Greene), de s'inventer une généalogie (pour eux, portugaise) et de modifier un peu leur âge. Ah, et... : d'accepter de ne jamais avoir d'enfant, et bien sûr de garder le silence à vie. La famille fait ce choix, parce que chacun de ses protagonistes veut se forger une vie, une vie grâce à des études, une vie confortable, une vie réussie... Belle, notamment, la plus déterminée, deviendra bibliothécaire... l'illustre et libre bibliothécaire d'un milliardaire avec lequel elle va constituer un fonds colossal, impressionnant, pouvant rivaliser avec les plus grands lieux du monde... Un lieu que lui comme elle rêvent d'ailleurs d'offrir au public, aux chercheurs... Accessoirement, l'homme, le patron, celui-ci, JP Morgan est aussi le propriétaire du fameux paquebot insubmersible... Le Titanic. Alors on découvre toute cette époque, ces personnages historiques méconnus, on se passionne pour leur destin, pour leur choix, leur détermination... 

C'est certes un peu long, car aucun détail ne nous est ménagé, mais c'est véritablement passionnant.

Une découverte bénie !

Que je dois à ma bibliothécaire une fois de plus, c'est elle qui l'avait mis en évidence sur le présentoir de sa bibliothèque : je ne l'aurais jamais découvert sinon, et même sans doute pas emprunté, car le titre ne dit pas grand chose à celui qui ne connaît pas le personnage...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Belle Greene, Alexandra Lapierre, éd. Flammarion, janvier 2021.

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A trop aimer :))

22 Avril 2021, 22:45pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre-là m'a fait de l'oeil avec sa couverture rouge et rose, moderne, stylisée évoquant un pas de tango entre un homme et une femme, alors j'ai eu envie de tenter... Et je l'ai dévoré, sans avoir envie de le lâcher ! Il parle d'un amour destructeur, auto-destructeur, même, je dirais... D'un amour qui entraine au fond... 

Par l'histoire, un peu, il m'a un peu fait penser à L'Amour et les forêts, d'Eric Reinhardt. Pas par le style, car celui d'Eric Reinhardt est plus dense, plus fouillé, moins brut... Difficile de ne pas voir de la perversité, quand même, dans certains êtres qui vont si loin dans la destruction de l'autre... Et puis il m'a aussi évoqué le Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives, sans doute plus dans l'écriture, dans l'urgence qu'il décrit, comme une logorrhée narrative, même si l'histoire est autre, j'y ai trouvé des liens : c'est la part de liberté qu'on concède à l'autre, ou la part d'aliénation qu'on prend, qu'on subit... 

Là, donc, l'héroïne raconte une rencontre avec Tristan, un coup de foudre, une belle histoire qui se détériore et devient un cauchemar pour la jeune femme... C'est leur histoire de couple, leur histoire quotidienne, durant la durée de leur histoire : cinq ans... On voit comment elle est aux prises avec cette histoire, comment elle s'y accroche, puisqu'elle aime ce garçon, pourquoi partirait-elle ? Et pourtant tout à la fois on voit aussi l'horreur, l'ambivalence terrible de ce jeune homme qui se révèle un type odieux, même s'il a un passé difficile, même si un diagnostic se pose... Odieux tout en même temps qu'il est poétique par moments, mais tellement odieux... L'héroïne va nous raconter cette histoire "d'amour" qui l'amène aux portes de l'enfer, tâcher de nous montrer pourquoi elle ne parvient pas à partir, puis sa très très lente prise de conscience, et reconstruction... Finalement, on se dit que lorsqu'on se trompe, une histoire n'a rien d'une histoire d'amour, elle peut tellement être cela et son contraire...

J'ai dévoré ! Pas loin d'être un coup de coeur, et par les temps qui courent cela ne m'arrive pas si souvent.

Merci à ma bibliothécaire préférée d'avoir mis ce livre en avant, sans elle il ne serait pas tombé entre mes mains.

Bibliothèque de Lanvallay.

. A trop aimer, Alissa Wenz, éd. Denoël, 2020.

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Expiation

16 Avril 2021, 13:13pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Roman en trois parties, je devrais même dire quatre, puisque c'est cette dernière, la plus courte qui m'a décidé à ne pas mettre de sourire du tout, quand peut-être je m'apprêtais à en mettre un. 

Une famille, en Angleterre. Milieu aisé, en 1935. La première partie se concentre sur une seule soirée ou presque, une journée tout au plus. C'est ciselé, et la narration, vous l'aurez compris très lente, me plaît beaucoup. Il faut évidemment faire preuve d'une patience à laquelle il est triste de dire que nous ne sommes plus habitués (je devrais dire "je", et en matière de livres). Mais j'aime beau la narration de McEwan, il ne manque rien j'ai envie de dire, ni description ni introspection. Au cours de ce dîner, sentiments, désirs, amours vont engendrer des situations et événements qui laisseront trace pour longtemps. Nous sommes au plus près de plusieurs personnages, Briony, bien sûr, la fille cadette, 9 ans, écriveuse en herbe... la grande soeur, Cécilia, qu'on aime tant... Robbie, l'ami de la famille, modeste, et que la famille a pris sous son aile... Un événement, un drame ce soir-là, un témoignage et des vies qui basculent... Puis la guerre. Malheureusement, McEwan ne nous épargne rien. Je dirais donc que McEwan excelle encore, mais il faut avoir envie de lire ces pages (la deuxième partie) et c'est éprouvant. On y voit Robbie, essentiellement, donc. Et puis les troisièmes chapitres nous rapprochent de Briony... Et bien sûr il est question d'expiation... J'ai très peu aimé ce personnage de Briony, et encore moins le dénouement que McEwan fomente, après nous avoir manipulé... Enfin, c'est mon ressenti quand je tombe sur ce genre de fins. 

Bref, c'est mystérieux, je sais, mais j'essaie de ne pas divulgacher !

J'avais beaucoup aimé Opération Sweet Tooth,  du même auteur. Je continue à le percevoir comme un auteur plutôt brillant notamment en matière de narration d'une histoire.

. Expiation, Ian McEwan, 2001 ; 2003 pour la traduction française (traduction de l'anglais, Royaume-Uni).

 

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Photo de groupe au bord du fleuve :)))

17 Mars 2021, 16:12pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Magnifique et forte découverte que ce roman. Il ne nous leurre guère sur la réalité de la femme en Afrique, ou dans une partie de l'Afrique... Nous voila au plus près d'un groupe de femmes condamnées par nécessité vitale à casser des cailloux au Congo. Ces cailloux, produit de leur énergie sont extraits de blocs de rocs, mis en sacs et vendus... 10 000 francs le sac, à un prix qu'elles finissent pas trouver trop bas compte tenu de l'exploitation qu'en font les hommes. Alors elles décident de doubler ce prix. Commence alors un combat pour la dignité narré par l'une d'entre elles, la narratrice dans un récit qui semble nous interpeller tout autant que la narratrice s'interpelle puisqu'il est à la seconde personne du singulier, c'est un "tu" qui nous parle...

Rien n'est tendre pour la femme dont l'auteur (né au Congo) nous peint merveilleusement la condition... Heureusement le groupe, la nouvelle force de ces femmes qui ont décidé de dire "non", alors même qu'il est si complexe de dire non pour elles qui survivent chaque jour, manquant tant d'argent pour vivre, se nourrir et élever leurs enfants... Les flashs d'information qui jalonnent le récit, entendus par la narratrice le matin au réveil, sont également confondants quant au triste sort réservé bien souvent aux femmes, si souvent sacrifiée au nom de croyances archaïques choquantes...

On aime le groupe de ces femmes qui grâce à l'entraide parviendront peut-être à transformer leurs vies...

Prodigieux. Vu chez Luocine (est-ce là alors que je l'avais découvert pour me donner envie de le lire ?) qui l'avait aussi beaucoup apprécié. 

. Photo de groupe au bord du Fleuve, Emmanuel Dongala, Actes Sud, 2010.

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