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Le blog de la souris jaune

Articles avec #femme

La drôle de vie de Zelda Zonk :))

13 Août 2017, 19:24pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Agréable gourmandise, dégotée par hasard... Le titre, le nom du titre me disait vaguement quelque chose... Comment avais-je pu oublier !

Alors, deux histoires en une, finalement. 

Tout commence au sein d'un couple heureux, tranquille, où tout va bien. En allant au travail (elle ne s'y rend qu'une fois par semaine), son destin, cependant, un jour, bascule. Je ne vous dis pas comment... (C'est agaçant, à la fin, de ne pas dire comment !!). Mais bref. Durant son séjour à l'hôpital, elle rencontre une vieille femme, qui partage sa chambre, qui s'appelle Zelda. Les séparations se précipitent, mais elle a le temps d'apercevoir son nom, sur la feuille médicale : Zonc. Et sa soeur, la fooooooormidable Gail qui passe son temps à voyager (euh, elle est hôtesse de l'air) en lui laissant sa fille à élever, lui dit un jour, de façon anodine : tiens, c'est le pseudonyme qu'utilisait Marilyn Monroe lorsqu'elle voulait échapper à sa condition de star, se grimant d'une perruque brune...

Alors, en même temps que se créée cette amitié entre elles deux, les questionnements naissent, petit à petit. Et si... Marilyn n'était pas morte ?? Evidemment, c'est un questionnement de génie, et qui, ma foi, nous tient en haleine tout au long du roman, un très bon point pour cela. J'ai regretté cependant - mais l'énigme s'écroulait, sans cela ! - que, puisqu'elles devenaient amies, elle ne s'ouvre pas auprès de Zelda de ses questionnements...

Et je mettrais un petit bémol à la fin du livre, qui m'a un peu laissée sur ma faim, surprise, mais pas dans le bon sens... Le choix de l'héroïne, compte tenu de tout ce qu'elle vit, traverse, et pense, surprend... Le dénouement, aussi, quand à cette énigme autour de Zelda, m'a également un peu déçue...

Cependant : le livre m'a tenue en haleine ! Et évidemment, vous plongerez dans une histoire d'amour, enfin, pas qu'une... Amour, passion, durée d'un couple, choix de vie... Non sans romantisme, je vous l'avoue.

La relation d'amitié avec Marsha, sa collègue de boulot, m'a aussi beaucoup plu, et j'avoue que j'ai aussi beaucoup aimé ce personnage secondaire de l'histoire.

Bref, un très très bon moment de lecture !

. La drôle de vie de Zelda Zonk, Laurence Peyrin, éd. Livre de Poche, 2015.

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L'île des oubliés :)))

12 Août 2017, 12:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai véritablement aimé me plonger entre les pages de ce livre, et cotoyer ce tourbillon de personnages, entre 1953 et 2001, qui constituent le passé et l'histoire de l'héroïne, Alexis, jusqu'à son présent...

Une jeune femme à qui la mère n'a jamais rien voulu raconter de son passé : elle sait juste qu'elle a des origines crétoises. Alors comme elle s'y rend avec son petit ami le temps de vacances, elle insiste auprès de sa mère : elle veut savoir. La mère comprend qu'elle lui doit la vérité, les mots : alors elle lui donne l'adresse de son inséparable meilleure amie, là-bas, à Plaka, en Crète, écrit une lettre à celle-ci, et lui demande de tout raconter, tout, à sa fille. On peut se dire que c'est un terrible cadeau à faire à sa meilleure amie !

Mais le fil se déroule, et on n'a pas envie qu'il s'arrête. Car elle va tout livrer, en remontant plusieurs générations.

On s'attache à chaque génération et à chaque destin. Lourds, parfois. Marqués par une terrible maladie : la lèpre. Au delà des préjugés, on va apprendre à la connaître, à découvrir le fléau qu'elle pouvait être, dévastateur, dans la vie de toute une famille. 

Le premier destin qui nous est raconté m'a, je l'avoue, marquée, j'ai été tentée d'avaler les pages vite pour ne pas trop lire de détails (je vous rassure, ce n'est pas le propos du livre) quant à cette maladie et cette femme, bonne, qu'on n'a pas envie de savoir touchée par ce mal. Et par cet exil terrible qui fut le lot des lépreux, dès le diagnostic posé, sur l'île de Spinalonga, en face Plaka. Cette île accueillit en effet les lépreux entre 1903 et 1957...

C'est bouleversant de l'imaginer. Nous allons vivre le quotidien de deux endroits, l'île et Plaka, liés qui plus est par ce passeur qui s'y rend en barque pour apporter le nécessaire et dont la femme est une de ces lépreuses. Magnifiques liens. On prend la mesure de la douleur de cet exil, tout en découvrant les aménagements pragmatiques des exilés... Puisqu'il faut bien vivre ! L'île est une communauté d'aide, où l'on crée des commerces, des boutiques avec goût, où tout est différent, et a du sens... Et puis il a ce médecin tout en retenue, magnifique également, qui laisse sa trace superbe dans ce roman...

Tourments et sceau de la maladie, poids d'une réputation, origine de séparation, de destins brisés, amours... J'ai profondément aimé ce voyage en Crète, ces destins chargés qui nous mènent jusqu'à cette jeune femme, qui découvre ses racines.

Et l'on se dit que, même si c'est lourd, cette narration d'un passé entier est un sacré cadeau, précieux, pour avancer dans la vie...

Un grand merci à Samuel, qui m'a mis ce livre entre les mains.

. L'île des oubliés, Victoria Hislop, Le Livre de Poche ; 2005 (Anglais) ; traduction française, 2012.

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Farallon Islands :)

2 Août 2017, 06:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, je ne suis pas mécontente de quitter ces îles Farallon, îlots très hostiles situés en face de San Francisco. Et où l'héroïne décide de s'installer. Devenue photographe animalière, elle a perdu sa mère à l'âge de 14 ans, continue à lui écrire des lettres perpétuelles, et en reste très marquée,

Elle va y vivre pendant un an, et c'est cette année là, qu'on va vivre avec elle.

Ce n'est rien de dire que la nature est hostile, ici ; c'est plus qu'un euphémisme. C'est ça que j'ai eu hâte de quitter, et l'aspect documentaire animalier qui, en ce qui me concerne, ne m'a pas passionnée, et même ennuyée. Vous saurez tout des éléphants de mer, requins, baleines, goélands, souris... Ah oui, et du poulpe aussi. Que vous apprendrez à détester ! Car c'est à travers leur aspect rude, prolifique, sauvage, étrange, et même criminels qu'ils sont dépeints, le plus généralement. 

Cependant, le roman est très bien structuré. Evoque dans sa maîtrise une Catherine Poulain, ou une Claudie Gallay. Mais j'y mets donc autant de réserves personnelles que pour ces deux auteurs-là : les univers sont trop hostiles, et franchement, vous n'avez qu'une envie, c'est de les quitter. En ce qui me concerne en tout cas.

C'est aussi pour cela que j'ai hésité à mettre un sourire (au lieu de pas du tout) en appréciation de ce roman, compte tenu de la hâte que j'avais de quitter cet univers. Je ne peux donc que reconnaître que le roman est bien fait, et c'est pour cela que j'ai opté pour le sourire finalement.

D'autant que ce tableau ne serait évidemment pas complet sans l'aspect humain de ce roman, qui est particulièrement intéressant, mais là encore.............. propre à ajouter à l'ambiance terrible de ce livre !

Elle vit donc sur ce rocher hostile, arride, froid, balayé par les vents, où marcher est déjà un danger, mais, elle n'y vit pas seule ! Elle y vit avec un petit groupe de biologistes, ils partagent donc l'austérité d'une maisonnette spartiate ; et évidemment ce qui va être très intéressant à suivre, à observer, ce sont les personnalités de chacun extrêmement bien campées avec sobriété et efficacité, un peu avec le minimalisme et la retenue d'une Claudie Gallay ou d'une Catherine Poulain justement ; et en tout cas, ce sont le même type de personnage, cabossés par la vie. Taiseux. Qui ont trouvé refugé ici, pour échapper à un deuil, sans qu'aucun n'accepte de se confier spontanément évidemment, tout cela est tû. Chacun vaque à ses occupations, il y a les liens entre certains qui sont donnés à voir par petites touches efficacement. Et évidemment, les chocs, les traumatismes, dont elle ne sera pas exempte, loin de là. Que je ne vous raconte pas, mais qui sont de l'ordre du pire. ! Quelques belles personnes, quelques beaux éclats humains, quand même, mais dans une vision de la vie et du monde quand même assez hostile. 

Le roman est aussi intéressant du point de vue de la photographie, de la réflexion sur l'acte de photographier.

Et même si la fin laisse espérer la lumière, la construction de soi, l'acceptation de l'avenir, et dit la victoire, quand on sait d'où elle vient, on pense avec amertume à la maxime qui semble sous-tendre la pensée de la narratrice : les choses belles naissent du mal... Mouai, pas très optimiste, tout ça... 

Cela dit, c'est une prouesse assez réussie que ce livre.

Merci à Delph de m'avoir permis de le lire :))

Bibliothèque d'Evran.

. Farallon Islands, Abby Geni, éd. Actes Sud. Publié aux EU en 2016, 2017 pour la traduction française.

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L'éveil de mademoiselle prim :))

30 Juin 2017, 16:54pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis encore imprégnée de l'atmosphère de ce roman, que le hasard a mis entre mes mains. C'est un hasard total, et : en entamant ma lecture et voulant savoir de quelle origine était l'auteur pour en mieux comprendre le style, j'ai découvert que c'était un auteur, féminin, espagnol ! Or, il semble que je trouve chez les auteures espagnoles un vrai, vrai plaisir de lecture, et une authenticité souvent déconcertante.

Alors, bref, le hasard mettait un livre écrit par une auteure espagnole entre mes doigts. 

C'est pour son charme suspendu que je retiendrais ce livre. Car il m'a enchantée ! Même si, pour être tout à fait honnête, je me dois ici de noter les réserves que j'ai scrupuleusement refoulées au fil de ma lecture, parce qu'elles m'ont parues très anecdotiques au regard du plaisir que ce livre me procurait : parfois, et j'ai pensé que c'était la 'faille' d'une traduction, ou disons, l'incomplétude du fait de lire un livre autrement que dans sa langue originelle, certaines phrases, bien que toujours agréablement tournées, me sont restées 'sans sens'. Comment dire... Avez-vous déjà eu cette (assez) désagréable traduction : vous lisez la phrase, vous la relisez, et elle demeure à un degré de conscience, ou de connaissance inaccessible. Ca énerve un peu secrètement, et puis, là, cette fois, je me suis dit que c'était peut-être ça : les mots sont restés proches de l'original, mais la teneur totale s'est évaporée. Rassurez-vous cependant, ces 'failles' mutiques ne gênent pas vraiment la lecture.

Alors, le personnage masculin principal -puisque j'en suis aux réserves ou agacements !- énerve. Parce qu'il a tout pour déplaire. Il est odieux ! Mais central, et il fascine la gent féminine. Le hic, je trouve, c'est qu'on ne comprendra pas vraiment pourquoi il fascinera tant l'héroïne, ou justement, puisque l'amour est au coeur des conversations de ce roman, eh bien il est peut-être l'incarnation d'une théorie selon laquelle : les êtres odieux attirent, l'amour est un aimant qui attire des pôles opposés.

Bon : le dénouement pourrait nous paraître décevant, et pourtant...

La promenade qui nous y mène est chouette ! Pauvre mademoiselle prim, cependant, à qui rien n'est épargné ! Cette communauté qu'on nous décrit comme parfaite et suspendue, hors du temps, est toutefois bien déroutante, et je ne suis pas persuadée qu'elle soit des plus 'délicates', et respectueuses, car ici, la vie des autres vous regarde ! Toutefois, le principe posé est intéressant : ces êtres-là se sont retirés du monde moderne et fondé leur village autour de leurs convictions ; notamment celle de l'éducation, inspirée de Gargantua, qui m'a beaucoup parlé je l'avoue, ainsi qu'une conception du féminisme post-moderne qu'il faut lire pour comprendre, mais qui se défend ! Même s'il est théorique, il repose sur l'idée (juste !) que les femmes sont aliénées par leur métier, leurs enfants, etc. et ici, elles se réapproprient tout ça. Un seul crédo, concret dans ce livre : la transmission du savoir par toutes ces formes, le partage des expériences, et le choix de vivre une vie épanouie. Pas dans l'abstraction : ce crédo est incarné par la manière qui sans doute incarne ceci pour l'auteur (ou fruit de ce qu'elle cherche à démontrer) : les habitants passent leur temps à se voir, se recevoir, autour d'un thé, d'un chocolat chaud et d'un goûter ; et évidemment, ça fait envie, comme projet de société !! :))

J'ai passé un très bon moment aux côtés de ces personnages, et mine de rien, je trouve qu'elle sait très habilement mener son récit, alors même que l'enjeu est mineur (on sait à peu près où elle veut nous mener) ; en outre, elle ne cède pas à la sirupeuse (si, là, ça l'aurait été !) 'happy end', c'est une fin en suspens... Très plaisant !

Médiathèque de Saint-Malo.

. L'éveil de mademoiselle prim, Natalia Sanmartin Fenollera, éd. Grasset. 2013

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Une fièvre impossible à négocier :))

28 Juin 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aime décidément énormément Lola Lafon.

J'avais littéralement adoré La petite communiste qui ne souriait jamais, j'avais trouvé très fort son Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, puissant, qui bouscule, dérangeant ; j'ai encore aimé ce premier livre, et plus, parce qu'il est un véritable manifeste.

C'est évidemment plus qu'un roman. Un cri.

Elle est revenue sur ce sujet du viol dans 'Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce', et l'a poussé à son paroxisme, jusqu'à la folie. 

Là, problématiques centrales. Abordées sur fond de révolte, de rébellion, de contestation, d'incompréhension sociale ; tellement juste, souvent. Cet extrêmisme-là sonne tellement juste. Avec le questionnement des idéaux, et celui du sens, l'interrogation quant à notre projet de société, par l'expérience du personnage principal, qu'on sent brûlant de vérité, d'authenticité et impossible à séparer de celle qui l'a créée.

Donc, Loundra, un jour, un 14 septembre, est violée par un type, qu'elle connaît, et qui est connu. Sa vie, évidemment, bascule. La narratrice nous raconte un quotidien de hargne, pour tenter de rester debout, quand on nous a 'forcée' agenouillée. Comment on détruit, déconstruit, fait avec parce qu'on n'a pas le choix. 

C'est au coeur de mouvements d'extrême gauche, Etoile Noire Express, qu'elle va trouver sa place ; ce livre est plein de rencontres du quotidien, de phrases fortes, qui coulent, qui frappent ; il y a aussi le surf, la passion de Loundra, fascinée par la capacité des plus forts à tenir debout face à des vagues monstrueuses. Et puis, la justice en prend plein son grade, avec sa nullité crasse quand il s'agit de juger des affaires de viol, qui laisse le champ libre au coupable, et humilie s'il était possible encore plus, la victime déjà crucifiée. 

Ca parle de résistance, malgré soi. 

C'est très fort.

. Une fièvre impossible à négocier, Lola Lafon, 2003, Actes Sud.

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La lionne :))

20 Juin 2017, 21:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une sucrerie, une gourmandise que ce roman !

Aahhh, le bonheur. Une découverte due au hasard, je crois. Mais il faut dire que tous les livres qui mettent en scène des félins m'attirent et me fascinent. Ca partait donc évidemment pas mal.

Et là : j'ai pris beaucoup de plaisir à me couler dans la vie de cette femme, fille de chercheuse pour qui la recherche comptait plus que tout, et qui mourut alors qu'elle cherchait le remède à un virus en Tanzanie.

30 ans plus tard, l'adulte, la fille, revient sur les traces de son passé, de sa mère, pour enterrer tout cela et continuer à vivre. Ca, c'est en théorie, mais on sait bien que dans ces cas-là, ça se passe rarement comme ça.

Se croise au sien le chemin d'une fillette, 7 ans, qui perd sa mère en plein désert, alors qu'elles font la traversée accompagnées de leur chamelle, parce que la mère aussi aide les autres. La fillette se retrouve seule, et j'ai frémi à certaines scènes, lorsque les hyènes arrivent, je l'avoue ! Et la lionne... Dont je ne peux rien vous dire, mais ce cheminement d'Angel (la fillette) est un vrai bonheur, forte et courageuse fillette.

Et évidemment, histoire de rencontre, de coup de foudre, de choix de vie : qu'est ce qu'on veut vraiment, quand cesse-t-on d'être aveugle à son propre bonheur ? 

J'ai adoré ce bouquin, je vous le recommande particulièrement en lecture d'été !

. La lionne, Katherine Scholes, Pocket, 2011 en Australie ; 2013 pour la présente édition française.

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Les vies multiples d'Amory Clay :)))

5 Juin 2017, 21:00pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quel vif plaisir de lecture ! Je souhaitais tout à la fois avancer très vite, et que cette lecture ne se finisse jamais. Je n'ai pas lu beaucoup de William Boyd, mais je n'ai jamais été emportée ainsi par un de ses livres. 

La première prouesse réside dans le miracle d'incarnation de ce personnage féminin. On est elle, on est avec elle, et c'est merveilleux, et troublant d'imaginer qu'un homme peut créer cela avec une telle justesse. Ensuite, autre prouesse, on a la sensation que cette femme éxiste vraiment (mais là j'avoue, je n'ai pas vérifié) entre autres parce qu'on a ses photos, en noir et blanc, prises par elle, légendées... Bref, un mystère merveilleux de véracité. Et il me va de ne pas en savoir plus (mais ma curiosité me poussera peut-être, sûrement même, à vérifier si elle a existé ou non réellement). 

Nous voici donc plongés tout à la fois dans le journal, et le quotidien d'Amory Clay, photographe britannique. Aussi, le narrateur nous entraine avec une dextérité impressionnante tout autant dans son âge qu'on peut imaginer, petit à petit, et plus avance le récit, avancé, que dans son tout jeune âge. On va suivre les deux spirales jusqu'à ce qu'elles se lient. Amory est une photographe, une femme, elle va être photographe de guerre ; pourquoi ? Parce que c'est l'intensité qu'elle souhaite pour sa vie ; mais elle vivra tout en même temps ses histoires d'amour, on la suivra au fil de ses amants, ses amours, ses coups de coeur... Une vie de femme, extraordinairement bien racontée. Entre Londres, New-York, Saigon pendant la guerre du Vietnam et Paris, son chemin est souvent celui qui s'impose lorsqu'elle a un amoureux, en fonction de celui-ci ou pour exister ; il mèle l'histoire, la vraie, à l'histoire intime, c'est époustouflant, j'ai adoré. 

Merci, merci à Mélanie qui m'avait chaudement recommandé ce livre, encore une fois elle ne s'était pas trompée.

. Les vies multiples d'Amory Clay, William Boyd, 2015, Le Seuil (Poche).

 

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Le Coeur cousu :)

17 Mai 2017, 22:22pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voila. A la veille de rencontrer, d'écouter et de boire les paroles de Carole Martinez de passage demain à Saint-Malo, je termine ici la lecture de ce roman étonnant, foisonnant, qu'est Le Coeur cousu, son premier roman. Moi qui avais été saisie, captivée, passionnée par Du Domaine des Murmures

Le Coeur cousu quant à lui est un roman que j'avais à peine commencé, et lâché, rebutée par le prologue. Sur les conseils de l'auteur elle-même il y a quatre ans presque jour pour jour (c'était le 18 mai 2013), j'ai enjambé le prologue pour me lancer à nouveau dans cette lecture. 

Mon dieu, quel livre ! Quel souffle ! Extraordinaire odyssée, un texte épique, qui transpire de symboles, de rituels, de traditions ancestrales transmises de mères en filles... Extraordinaire épopée qu'il faut prendre le temps de digérer, certainement, assurément, et qui pourrait être relu pour en goûter tous les aspects. C'est un chant, un conte protéiforme, qui se dévide à partir d'une plume, d'une voix, d'une aiguille, puisqu'ici toutes les manières qu'on a de dire, de tisser une histoire se mèlent pour dessiner une bien singulière dynastie familiale. Le destin de Frasquita Carasco la couturière, d'une étrange et mystérieuse boîte qui contient un secret que les femmes de cette famille doivent se transmettre pour hériter d'un don... Pour hériter d'elles-mêmes, sans doute... Un don qui n'est pas toujours solaire, mais dont on ne se départit guère, ou jamais très longtemps. Il nous rattrape toujours et nous frappe de son sceau. A moins qu'on ne décide de ne plus transmettre la boîte ?

Le récit se referme en cercle, on chemine avec une incrédulité que la narratrice sait régulièrement endormir dans ces histoires contées, qui nous sont comme murmurées dans le creux de l'oreille... On s'attache aux filles de la couturière, la destinée de chacune est un conte où la puissance de l'imaginaire n'a pas de limites pour faire naître les visions... 

Extraordinaire talent.

J'ai peiné lorsqu'il s'est agi d'hommes, de politique et d'anarchie, au milieu du livre, mais j'ai goûté à nouveau l'éreintant cheminement de Frasquita et de ses enfants... Anita l'aînée, la belle Anita et son émouvante histoire d'amour, Clara la solaire, à la merci du jour et des éclats brillants, Angela la femme oiseau ou Martirio la sombre, celle que la mort a embrassée... Et Soledad, la solitaire, celle qui consigne l'histoire venue des mots d'Anita... Ce qui est et pourrait n'être qu'un rêve... 

Brillant.

. Le Coeur cousu, Carole Martinez, 2007. Folio.

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Murmures dans un mégaphone

10 Mai 2017, 13:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Deux vies.

Deux vies qui se font résonnance. Deux vies marquées par des trajectoires différentes. Mais qui vont se retrouver soudain, de façon fort improbable, comme la vie le permet souvent - car la vie, c'est l'improbabilité - dans les bois, un soir, par hasard, pour des raisons qui leur appartiennent, à chacun. 

Elle est marquée par un destin très lourd, et un choix très lourd qu'elle a décidé il y a trois ans : ne plus sortir de chez elle. On rencontre donc Myriam après ces trois ans passés, qui vit hors du monde. Et puis il y a Ralph, qui croit agir sa vie mais finalement l'a certainement subie. Lui, le psychothérapeute. Marié à Sadie, qui passe son temps à mettre en scène leur vie sur les réseaux sociaux... Miroir au passage de notre société, telle qu'elle est aujourd'hui, en tout cas pour certains. Deux enfants, des jumeaux, de 16 ans. Dont il ne connaît rien, dont on voit assez bien la vie autonome, parallèle. Vies tissées sur du factice, vies contigues et non les unes avec les autres...

D'ailleurs, c'est un peu le phénomène étrange de ce livre : il avance lentement, de manière assez composite finalement, et forme quelque chose d'assez flottant ; d'intéressant, mais de flottant. C'est ce qui fait que je ne peux pas crier mon enthousiasme, pour cette sensation étrange de "délitement" qu'il procure. En même temps... Les vies qui se délitent, qui se vivent comme elles peuvent, c'est bien le propos. Où les deux protagonistes du couple central vont d'ailleurs aller sur les traces de ce qu'ils pensaient vérité originelle avant de l'avoir abandonnée : leur premier grand amour, auquel ils ont renoncé. Avec cette question intéressante : on ne se marie pas avec la personne qui compte le plus pour soi. Question loin d'être classique, et très intéressante... Comme si notre part d'ombre, de secrets, restaient à jamais autre et séparée de celui qu'on décide d'épouser... 

Les murmures, ce sont ceux de Myriam, elle qui s'est condamnée à murmurer à cause du mère cinglée et mal aimante. 

J'ai aimé le lent tableau qui donne à voir les évidences assumées, puisqu'elle re-naît au monde au bout de trois ans : pas de faux-semblants. Elle cherche le vrai. 

Ralph, au contraire... a du mal avec le vrai, il s'est fait croire au faux... Ou on lui a fait croire au faux... La reconstruction de l'une sera, malgré tous ses traumatismes, plus sûre et plus probable que celle de Ralph, qui semble suspendu au dessus de rien. Cette thématique est intéressante. Mais je n'ai pas été emportée...

Merci à Delphine, toujours découvreuse, de ce cadeau.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Murmures dans un mégaphone, Rachel Elliott, Payot et Rivages, 2016.

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Léa ne se souvient plus comment fonctionne l'aspirateur :(

26 Mars 2017, 21:55pm

Publié par LaSourisJOne

Roman graphique.

(BD ?)

Bon, le graphisme est joli, et m'a bien plu dès le départ, ce crayonné noir et blanc avec de jolies nuances dans les visages et silhouettes... Toutefois, ce livre m'a agacée et déçue, je dois l'avouer : le personnage principal est suffisant et ne procure aucune sympathie ; l'auteur cède aux clichés sur les auteurs, et à ceux-ci, il ajoute l'absence de scrupules... Aussi, quand il vole une vie par le biais d'un journal intime, ça m'a beaucoup gênée ; et quand l'issue du livre est finalement de retomber sur cette leçon-là, je me suis dit, ah ouai, tout ça pour ça !

D'autant qu'il faut vous dire qu'il ne vole pas une vie qui appartiendrait au passé, même pas : découvrant que le journal intime appartient à ses ex-voisins, des jeunes gens, qui ont déménagé la semaine qui précède, il pompe allègrement la matière de son futur roman à succès dans l'histoire de cette jeune femme. Va même jusqu'à visiter l'appartement, intercepter le mari et porter un carton juste pour lui soutirer des informations et continuer son roman sur le dos de cette femme... J'ai trouvé ça vraiment choquant, et de plus en plus antipathique cet auteur que les deux auteurs de la BD tentent pourtant de nous présenter comme sympathique. Et c'est d'autant plus énervant.

L'idée de départ était intrigante, intéressante, cette jeune femme qui soudain ne sait plus se servir des appareils ménagers... Cependant, ce que ces auteurs en font est tiré par les cheveux. Je n'y ai pas cru deux secondes, à cette histoire qui dans ce cas aurait valu d'être développée pour qu'on y croie, quatre mois de femme sous le joug d'un homme qu'elle vient d'épouser... 

Je ne regrette pas de l'avoir lu, et je remercie Delphine de m'avoir vraimé donné envie de rentrer dans cette histoire, moi qui ne lis jamais (ou très rarement) de roman graphique, toutefois, j'ai été déçue par le sinopsis... 

. Léa ne se souvient plus commment fonctionne l'aspirateur, Gwangio et Corbevran, éd. Dargaud, juillet 2010.

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