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Le blog de la souris jaune

Un été outremer :)

22 Novembre 2014, 16:17pm

Publié par LaSourisJOne

Un été outremer :)

Roman ado.

Quelle charmante balade avec ce jeune homme de 18 ans, qui rate son bac scientifique, et part sur les traces de ses racines à Alger, et en Haute Kabylie... En fait, Félicien vit une vie normale en région parisienne au sein d'une famille qu'on imagine plutôt aisée, sans problème particulier ; la famille est complètement en arrière-plan, ce n'est pas l'histoire de ce livre. Ici, Ce n'est pas non plus l'histoire d'une 'rupture', d'un passage à vide ; plutôt celle d'un cheminement. Donc, Félicien sait qu'il a été adopté. Il garde ça dans un coin de sa tête, jusqu'au moment où il a besoin d'en savoir plus, le jour de ses 18 ans. Il découvre qu'il est arabe, et que sa mère est Algérienne. Alors, le garçon qui devait passer un mois en Corse avec ses parents décide de se rendre sur les traces de sa mère. Il ne renie pas sa famille adoptive, bien au contraire, seulement il a besoin de compléter le puzzle. Alors il part, à l'aventure, et sans rien dire. Tout juste appelle-t-il une ou deux fois sa petite soeur... Et il arrive en Algérie. Ce qu'il en raconte est beau, touchant. A travers ses yeux d'adolescent aimant passionnément la photographie, avec lui cette terre algérienne... De belle rencontre en belle rencontre, humaine comme de paysages, il nous livre sa trajectoire, jusqu'à cette meilleure amie de sa mère, qui lui livre un bout d'elle...

Une belle recherche de son identité, une ouverture à soi et au monde, une jolie trajectoire, sans renier son histoire, au contraire, puisqu'il va garder les deux... Et puis il y a ces yeux verts, qui le caractérisent, lui l'arabe, comme sa mère, et comme son demi-frère...

Qu'est ce que c'est une jolie balade ! Je le recommande.

Un été outremer, Anne Vantal, éd. Actes Sud Junior, 2006.

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La reine des mots

21 Novembre 2014, 15:40pm

Publié par LaSourisJOne

La reine des mots

Roman ado.

J'ai lu ce livre avec un plaisir modéré. C'est en tout cas un livre qui se met entre les mains d'ado. Car cela donne à voir les bienfaits de l'échange, de la parole avec des adultes quand on perd pied. C'est un livre aussi sur les secrets, les tabous d'adultes, le silence qui pèse parfois, faute de ne savoir comment dire, et qui peut détruire, ou empêcher un ado de grandir, de s'épanouir momentanément. Ici le personnage principal est une jeune fille qui a environ 16 ans, brillante, qui aime passionnément les mots. Et dont le couple parental, qui représentait sa cellule protectrice, idéalisée, éclate. L'ado va perdre pied. Attirer l'attention, malgré elle. Ca c'est rudement bien donné à voir : car on avance dans la lecture au même rythme qu'elle, et les séances chez le psychiatre, même s'il lui arrive de se cabrer, montre que comprendre les choses aide à avancer. Et l'on va voir que finalement, c'est en dénouant les silences de ses parents qu'elle va parvenir à s'en sortir. Bien fait. J'ai été peu sensible aux 'jeux de mots' de la narratrice et la narration parfois sur ce mode, mais c'est une lecture qui n'est pas désagréable.

Alors par contre... Il faut dire à Arnaud Cabasson pour son procain livre, que non, le cap Fréhel n'est pas au bord de l'Océan, et que ce ne sont pas les reflets de l'Atlantique que l'on peut mirer à ses pieds. C'est mieux s'il écrit que c'est la mer, et que c'est la Manche...!

La reine des mots, Arnaud Cabasson, éd. Flammarion, 2011.

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Viviane Elisabeth Fauville

13 Novembre 2014, 20:47pm

Publié par LaSourisJOne

Viviane Elisabeth Fauville

Circonspecte.

Alors là, j'avoue que j'ai pas tout suivi. On est sensé être dans la tête d'une femme, Viviane, mère d'un bébé, que le mari vient de plaquer, et dont la mère est morte. Elle réalise un meurtre, de sang froid, sans qu'on comprenne bien pourquoi (ou si, pour exister, croit-on comprendre, et parce que son psy ne lui accorde même pas ça non plus ?), de son psy. Fait une série d'actes irrationnels, iraisonnés, une enquête sur cet assassinat, se tape un patient de son psy... Et puis finalement sa mère n'est pas morte ? J'avoue que je n'ai pas compris grand chose à ce livre-là.

L'idée est sans doute d'être dans la tête de quelqu'un qui perd pied, marquée par l'abandon de son mari ; l'ennui c'est que l'auteur ne nous aide pas du tout, aucune clé pour installer son personnage dans un contexte sensé, on ne sait pas ce qui l'est ou ce qui ne l'est pas, et on ne sait pas si c'est habile, ou juste pénible. Ca peut être les deux, notez : peut-être habile, même si moi j'ai trouvé ça agaçant.

Et même si j'ai trouvé quelques bons côtés au livre, notamment dans la narration, c'est pas mal raconté ; l'utilisation du pronom personnel 'vous' est là encore assez déstabilisante, vous êtes dans la peau de cette femme, sauf que vous avez du mal à y être, justement.

Le relire une seconde fois ?

Je remercie quand même Bertrand pour cette histoire qui, sur le papier, avait tout pour me séduire. :)

. Viviane Elisabeth Fauville, Julia Deck, éd. Minuit Double. 2012, 2014.

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Le roi disait que j'étais diable :(

9 Novembre 2014, 08:51am

Publié par LaSourisJOne

Le roi disait que j'étais diable :(

... Il y a des auteurs qui dès que l'on se coule dans leur livre, nous parlent véritablement, et viennent toucher des résonnances au plus profond de soi. Ils ont les mots qui nous touchent. Et il y en a d'autres qui irrémédiablement, resteront à la surface. Je suis contrainte d'avouer que celle-ci, avec ce livre-là (puisque je n'ai jamais lu d'autres livres de Clara Dupont-Monod) fait partie des livres qui demeurent loin de moi. Ainsi, j'ai bien dû lire ce livre 3 fois : chaque phrase, trois fois, pour qu'elles fassent sens en moi. Et encore, sens... J'ai eu envie de lire ce livre en entendant son auteur lors d'une interview sur France Inter ; l'idée de découvrir ce personnage historique, Aliénor d'Aquitaine, que je ne connais pas du tout, personnage haut en couleurs semble t-il même si l'Histoire ne nous a transmis aucun portrait d'elle, m'a séduite.

Je dirai qu'en ce qui me concerne, elle rate sa cible à demi. Complètement, si c'est Aliénor qu'elle voulait donner à voir ! La narration nous donne à 'pénétrer' tantôt Aliénor, donc, tantôt Louis VII, celui qui devient son époux, au XIème siècle. Nous découvrons la femme du sud de la France avant son mariage, et pendant les premières années de celui-ci. On a bien compris que tout les oppose. Mais autant j'ai 'compris', saisi, senti le personnage de Louis VII, autant pas du tout celui d'Aliénor. Je trouve (puisque c'était ce qu'elle voulait faire) qu'elle n'explore pas assez les creux de l'Histoire, elle ne les remplit pas. Aliénor aime le luxe, la guerre, la poésie, et partir seule à dos de cheval dans les rues de Paris ; en revanche, ce qu'elle est, ce qu'elle veut vraiment, j'avoue m'est resté très mystérieux, opaque. Alors certes le livre pourrait se dire bien écrit, il ne manque pas de descriptions qui se veulent antropomorphiques, j'ai découvert une tranche de l'Histoire que je ne connaissais pas ; certes, utiliser l'intime pour aborder la grande Histoire est une fabuleuse idée, mais pour ce faire, j'ai préféré Carole Martinez, Carmen Posadas avec Son Ruban Rouge ou dans un autre genre Irvin Yalom. En fait, hormis quand l'auteur incarne le roi Louis, finalement, dont elle parvient à nous faire sentir ce qu'il ressent, je me suis ennuyée...

. Le roi disait que j'étais diable, Clara Dupont-Monod, éd. Grasset, sept 2014.

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... 312

7 Novembre 2014, 19:57pm

Publié par LaSourisJOne

"Ecrire un poème c'est s'offrir une trêve. Mieux : le rêve de ce qu'on ne sera pas".

Clara DUPONT-MONOD

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L'homme de la montagne :))

7 Novembre 2014, 11:37am

Publié par LaSourisJOne

L'homme de la montagne :))

Je n'avais pas particulièrement été emballée par ’Les Filles de l’Ouragan’ , que du coup je reprendrai peut-être. Car le dernier livre de la romancière américaine Joyce Maynard,’L’homme de la montagne’ qui vient de paraître en France m’a véritablement emballée ! J'ai été emportée comme par une spirale haletante, persistante. On ne lâche pas ce livre qui oscille entre le policier et le roman initiatique avant d’en avoir fini et espéré que la romancière ne nous laisserait pas sans nous dire qui est cet effroyable ’Etrangleur du Crépuscule’ !
Le récit nous est livré par Rachel (Farrah pour son père, inspecteur de police). Une Rachel qu’on rencontre enfant, mais aussi à 45 ans, alors qu’elle aura cheminé, vécu une partie de sa vie et sera véritablement devenue romancière. Comme par une astucieuse et très réussie mise en abyme, on aura l’impression de lire le livre de Rachel sur ’L’homme de la montagne’….
On est donc plongé dans le monde vu par une ado, dont l’univers est constitué par son inséparable et précieuse sœur, leurs jeux à la lisière de l’enfance et de l’âge adulte, son père, qu’elle adule et qu’elle adulera jusqu’à la fin de sa vie ; la mère, plus en arrière-plan, est à sa manière attachante, aimante à sa façon, même si elle laisse ses filles un peu désœuvrées, tourmentée par sa dépression, et se réfugiant dans ses livres.
Survient alors un meurtre horrible d’une femme, au pied de chez elles, dans la montagne, premier d’une série de meurtres infinis. La romancière manie à la perfection les rouages du suspense, sans en abuser. La narration par le prisme de cette adolescente qui se construit est extrêmement attachante ; l’angoisse qui sourd dans la petite communauté, l’ascension puis la chute du père, héros déchu parce qu’il échoue à trouver le coupable est elle aussi passionnante. Et puis quarante ans plus tard, la romancière qui n’a pas oublié, marquée par cette affaire comme au fer rouge, l’empêchant même de construire sa vie, y reviendra…
Palpitant !


L’homme de la montagne, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, Août 2014.

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