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Le blog de la souris jaune

Dysfonctionnelle :))

30 Juillet 2016, 11:21am

Publié par LaSourisJOne

Dysfonctionnelle :))

Roman, et même roman ado.

Ce livre-là m'a enchantée, m'a apporté un vent de légèreté, de fraîcheur et de joie, précieux moment !

J'ai passé un très bon moment avec cette famille 'tuyau-de-poèle' unique, dont chaque protagoniste a ses particularités. Elle s'appelle Fidèle (Fifi, alias Bouboule !), on va la suivre dans sa vie, son univers, sur son parcours, entendre sa voix très attachante dans notre oreille. Fidèle avance, unique et différente, dans le roman, mais surtout pour nous lecteurs, car c'est un type de personnage qu'on croise peu dans les romans.

Elle va nous raconter de façon aérienne ce qui fait qu'elle est elle, autrement dit, l'histoire de la rencontre de ses parents, pittoresque, légèrement, comme des faits, sans en faire dix chapitres : ainsi, son père, d'origine algérienne, qui tient un bar où se presse une faune attachante, a eu le coup de foudre pour celle qui deviendra sa mère, une jeune femme d'origine étrangère, fragile, qu'il va séduire et aimer passionnément, à sa manière. J'adore ce garçon qu'on imagine derrière son bar, le 'boss' respecté de tous parce que c'est le patron de bar, et qui sort son flingue (non chargé, mais ça, il y a que lui qui le sait !) lorsqu'un mot est déplacé à l'égard de sa femme... Son côté tendrement sanguin m'a fait rire ; de même que toute la fratrie de cette surdouée Fifi : ils sont sept enfants, alors il y a de quoi faire ! J'aime bien la militante qui se bagarre pour toutes les causes, elle m'a fait rire aussi, mais tous contribuent à ce qu'on passe un vrai plaisir de lecture.

On va suivre son chemin, pragmatique, loin du pathos, entre un père qui fait des allers-retours en prison et une mère tellement marquée par des souvenir de guerre qu'elle en perd régulièrement la tête ; Fifi se développe dans cet univers qui est le sien, et on la voit faire une force de ces fragilités. C'est un roman où la sollicitude et l'amour sous toutes ses formes emplissent les interstices et les failles, et ça fait du bien ; un très joli livre, grave parfois mais surtout très drôle.

Je vous le recommande chaleureusement !

Médiathèque de Saint-Malo.

Dysfonctionnelle, Axl Cendres, éd. Sarbacane, 2015.

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... 445

26 Juillet 2016, 10:46am

Publié par LaSourisJOne

"Nous ne sommes rien. Mais nous sommes beaucoup à l'être, rien, ou à l'avoir été. Certaines encore emmurées vivantes dans des silences polis".

Lola LAFON

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Le cercle des femmes :)

25 Juillet 2016, 22:27pm

Publié par LaSourisJOne

Le cercle des femmes :)

Une histoire de femmes. Une histoire de famille. Une histoire avec plusieurs générations de femmes, forcément ça me plaît... Même si j'avoue que la narratrice n'a pas emporté ma totale adhésion, alors, forcément, j'ai plus de réserves que je n'aurais pu en avoir...

Je la trouve trop enfantine, trop crédule, trop...

J'ai aimé, pourtant, me plonger dans leurs histoires, leurs rouages, ce qui a fait leurs personnalités, entre secrets, et chemins, choix de vie, dictés parfois par l'hérédité, par un destin de mère qu'on ne veut pas suivre, ou qui nous modèle...

Alors il y a le décès que personne n'attendait, de l'arrière-grand mère, Alice. Toutes se retrouvent dans la maison de celle-ci. Parlent, évidemment. Rangent, aussi, les affaires. Et découvrent (la plus jeune, qui fouine, la fille) une boîte, qui révèle le secret d'Alice. Elle a tu, toute sa vie (seule sa meilleure amie, qui est là aussi, le savait) la raison de la disparition de son mari. Parti, l'abandonnant, pour une vie simultanée d'abord, puis pour cette autre, ailleurs. Par fierté ? Par honte elle a gardé ce secret ? On imagine que les choix de vie de cette famille, de toutes les femmes de cette famille, eurent pu être changés, le sachant....

Ces femmes qui perdent l'arrière-grand-mère, dont on apprendra petit à petit les secrets, évidemment, cela concerne ; il y a ces silences, parce qu'on ne peut faire autrement, et qui, si l'on s'en était dispensé, auraient marqué différement une vie. On le sait, mais peut-on faire autrement ? Cela concerne, mais à aucun moment ça n'a réussi à me toucher ; c'est sans doute finalement essentiellement ce que je reproche à ce livre-là.

Merci à Luocine pour la découverte.

. Le cercle des femmes, Sophie Brocas, éd. Juliard, mai 2014.

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... 444

8 Juillet 2016, 09:47am

Publié par LaSourisJOne

"Un poète est un monde enfermé dans un homme"

Victor HUGO

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Au bout du voyage

2 Juillet 2016, 17:52pm

Publié par LaSourisJOne

Au bout du voyage

... Bon, ce livre est bizarre. Lorsque j'étais tentée de me couler dans une histoire qui pouvait avoir son petit piment, son suspense, il y avait de loin en loin des petites choses qui me gênaient. D'abord, l'incohérence de l'âge, quand même, selon moi : l'héroïne, Mila, a 12 ans. Pourquoi lui avoir donné 12 ans ?? Ah oui, parce que le sujet du livre était : l'apprentissage, parfois rude (ça c'est intéressant) du monde adulte par un enfant. En cela, c'est plutôt bien fichu, puisque le livre nous donne à voir qu'il n'est pas si simple de juger, et que donc, dans la posture d'un enfant on peut se retrouver face à des adultes qu'on pourrait vouloir juger très sévèrement, alors qu'ils ont pu, par faiblesse, par lâcheté, par maladresse, se laisser embarquer dans des situations d'erreurs... Ca a le mérite de dire : eh oui, les vies ne sont pas parfaites, on se goure, on fait du mal, et parfois on est encore plus empêtré pour s'en sortir parce qu'on a alors à gérer le cortège de culpabilité, de perte de confiance en soi, etc... Ca c'est plutôt pas mal, surtout qu'on découvre cela au fil de l'histoire au rythme de l'héroïne, Mila, 12 ans, donc. Ce qui m'a beaucoup gêné, c'est la maturité psychologique de l'enfant, et le décalage entre le père et Mila, justement : on a un père ici très agaçant, très faible d'ailleurs dans sa caratérisation, et j'avoue qu'il m'a beaucoup saoulé, ce père qui va à Etats-Unis avec sa fille donc, parce que c'était prévu comme ça pour un petit voyage : dont le meilleur ami - qu'ils vont voir, là-bas - s'est fait la malle, qui met une mollesse absolue dans toute cette histoire, y compris semble t-il dans les échanges alors même que c'est son meilleur ami, et la femme de son meilleur ami. Et en plus on apprend au fil de l'histoire qu'il avait été prévenu par lui qu'il partait, il ne dit rien à Mila, alors qu'elle se pose énormément de questions quant à cette disparition et qu'elle la prend très à coeur. Je ne comprends pas dans le parti-pris narratif pourquoi il n'a pas été décidé que cette aventure, ils la vivent, mais qu'au moins, il ne la prenne pas pour une conne, avec ce jeu de dupe, où elle cherche, espère, alors que lui, le père, a déjà des éléments de réponse ?

M'ont agacé encore de petites choses ponctuelles, moins gênantes : pourquoi Mila appelle t-elle son père et sa mère, dans la narration par leur prénom ? J'ai eu du mal à m'y faire.

Je trouve en outre qu'en lui donnant 15 ans, le roman aurait tout autant fonctionné, et aurait même été plus crédible.

Je précise encore qu'on reste quand même un peu sur sa faim au niveau de l'histoire, tout cela s'effiloche un peu finalement...

Hormis ces réserves, eh bien on est dans la peau d'une adolescente (euh, d'un âge indéterminé), plutôt observatrice et psychologue, et on traverse des contrées américaines enneigées (on retient surtout la neige, pas de caractérisation de l'Amérique particulière dans ce récit je trouve que ça pourrait finalement se passer n'importe où).

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au bout du voyage, Meg Rosoff, éd. Albin Michel, Wiz, septembre 2014.

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