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Le blog de la souris jaune

Articles avec #famille

L'île des oubliés :)))

12 Août 2017, 12:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai véritablement aimé me plonger entre les pages de ce livre, et cotoyer ce tourbillon de personnages, entre 1953 et 2001, qui constituent le passé et l'histoire de l'héroïne, Alexis, jusqu'à son présent...

Une jeune femme à qui la mère n'a jamais rien voulu raconter de son passé : elle sait juste qu'elle a des origines crétoises. Alors comme elle s'y rend avec son petit ami le temps de vacances, elle insiste auprès de sa mère : elle veut savoir. La mère comprend qu'elle lui doit la vérité, les mots : alors elle lui donne l'adresse de son inséparable meilleure amie, là-bas, à Plaka, en Crète, écrit une lettre à celle-ci, et lui demande de tout raconter, tout, à sa fille. On peut se dire que c'est un terrible cadeau à faire à sa meilleure amie !

Mais le fil se déroule, et on n'a pas envie qu'il s'arrête. Car elle va tout livrer, en remontant plusieurs générations.

On s'attache à chaque génération et à chaque destin. Lourds, parfois. Marqués par une terrible maladie : la lèpre. Au delà des préjugés, on va apprendre à la connaître, à découvrir le fléau qu'elle pouvait être, dévastateur, dans la vie de toute une famille. 

Le premier destin qui nous est raconté m'a, je l'avoue, marquée, j'ai été tentée d'avaler les pages vite pour ne pas trop lire de détails (je vous rassure, ce n'est pas le propos du livre) quant à cette maladie et cette femme, bonne, qu'on n'a pas envie de savoir touchée par ce mal. Et par cet exil terrible qui fut le lot des lépreux, dès le diagnostic posé, sur l'île de Spinalonga, en face Plaka. Cette île accueillit en effet les lépreux entre 1903 et 1957...

C'est bouleversant de l'imaginer. Nous allons vivre le quotidien de deux endroits, l'île et Plaka, liés qui plus est par ce passeur qui s'y rend en barque pour apporter le nécessaire et dont la femme est une de ces lépreuses. Magnifiques liens. On prend la mesure de la douleur de cet exil, tout en découvrant les aménagements pragmatiques des exilés... Puisqu'il faut bien vivre ! L'île est une communauté d'aide, où l'on crée des commerces, des boutiques avec goût, où tout est différent, et a du sens... Et puis il a ce médecin tout en retenue, magnifique également, qui laisse sa trace superbe dans ce roman...

Tourments et sceau de la maladie, poids d'une réputation, origine de séparation, de destins brisés, amours... J'ai profondément aimé ce voyage en Crète, ces destins chargés qui nous mènent jusqu'à cette jeune femme, qui découvre ses racines.

Et l'on se dit que, même si c'est lourd, cette narration d'un passé entier est un sacré cadeau, précieux, pour avancer dans la vie...

Un grand merci à Samuel, qui m'a mis ce livre entre les mains.

. L'île des oubliés, Victoria Hislop, Le Livre de Poche ; 2005 (Anglais) ; traduction française, 2012.

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La lionne :))

20 Juin 2017, 21:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une sucrerie, une gourmandise que ce roman !

Aahhh, le bonheur. Une découverte due au hasard, je crois. Mais il faut dire que tous les livres qui mettent en scène des félins m'attirent et me fascinent. Ca partait donc évidemment pas mal.

Et là : j'ai pris beaucoup de plaisir à me couler dans la vie de cette femme, fille de chercheuse pour qui la recherche comptait plus que tout, et qui mourut alors qu'elle cherchait le remède à un virus en Tanzanie.

30 ans plus tard, l'adulte, la fille, revient sur les traces de son passé, de sa mère, pour enterrer tout cela et continuer à vivre. Ca, c'est en théorie, mais on sait bien que dans ces cas-là, ça se passe rarement comme ça.

Se croise au sien le chemin d'une fillette, 7 ans, qui perd sa mère en plein désert, alors qu'elles font la traversée accompagnées de leur chamelle, parce que la mère aussi aide les autres. La fillette se retrouve seule, et j'ai frémi à certaines scènes, lorsque les hyènes arrivent, je l'avoue ! Et la lionne... Dont je ne peux rien vous dire, mais ce cheminement d'Angel (la fillette) est un vrai bonheur, forte et courageuse fillette.

Et évidemment, histoire de rencontre, de coup de foudre, de choix de vie : qu'est ce qu'on veut vraiment, quand cesse-t-on d'être aveugle à son propre bonheur ? 

J'ai adoré ce bouquin, je vous le recommande particulièrement en lecture d'été !

. La lionne, Katherine Scholes, Pocket, 2011 en Australie ; 2013 pour la présente édition française.

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Hors service :))

5 Mars 2017, 18:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman. 

Petit bonheur de lecture que ce livre-là. Un week-end dans un local de photocopieuse, ça vous tente ? :) Eva-Lena non plus, à priori... Le personnage principal. Une femme, d'environ quarante ans, trois enfants, un mari. Pivot de cette vie de famille agencée autour de l'énergie qu'elle déploie pour faire tourner tout cela... Energie encore, à n'en plus compter, pour son métier, elle est enseignante de suédois (le livre est suédois). Dans un collège. Un soir, donc, elle se retrouve enfermée, sans pouvoir sortir, à l'intérieur du local de photocopies de son collège... Tout y passe, pendant que les minutes défilent, ses tentatives pour passer le temps, d'abord raisonnées, de rangement, de mesures, en espérant que le temps sera court... Et puis le temps dure. Alors elle passe en revue son quotidien, sa vie. Ses élèves. Sa nouvelle amie, ses rencontres... S'interroge. Et finalement, ce week-end où elle est 'hors service' pour les autres et pour elle, va se retrouver être pour elle révélateur, une bulle de temps pour elle, malgré la faim, la soif, etc. Elle réalise qu'elle doit changer sa vie. Elle prend conscience. Un récit bien agencé où on prend autant plaisir à être avec elle au sein du local à se demander quand elle pourra sortir, que dans la narration de ce qui constitue son quotidien. 

Mille mercis à Delphine pour m'avoir mis ce livre réjouissant entre les mains :).

Bibliothèque d'Evran.

. Hors service, Solja Krapu, éd. Gaïa, juillet 2013.

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Cassandra au mariage :)

20 Janvier 2017, 19:22pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il est étonnant, ce livre-là. Un roman de l'intériorité double, gemelle, fraternelle, tout autant qui fait écho à toutes les parts d'ombre et de lumière qu'on peut avoir en nous...

Deux soeurs, jumelles, donc, Cassandra, et Judith. Nées à 11 minutes d'intervalle. On les rencontre alors qu'elles ont 25 ans, leur voix nous fait oublier leur âge, d'ailleurs... On lit l'une, Cassandra, d'abord, puis l'autre, Judith. Et leurs deux visions, les deux manières qu'elles ont d'aborder la vie tout en étant, tout en ayant été extrêmement liées. Cassandra reste véritablement 'éprise', irrémédiablement liée à cette soeur pour qui elle respire. Elles ont vécu ensemble, pendant leurs années étudiantes. Et puis on apprend que Judith, partie, va se fiancer. Cassandra rame, avec sa solitude, sa vie, et s'accroche à cette seule idée qu'elle va revoir Judith. Et puis on lit Judith. Qui elle a fait le choix d'aimer l'autre, pour avoir une vie 'normale'. Alors, un fiancé, qu'elle aime, et va épouser. Ce que Cassandra ne peut, d'abord, comprendre. Hors de son entendement. L'histoire commence avec le voyage qu'elle entreprend pour retourner à la maison familiale, pour retrouver JUdith, et sans doute lui faire comprendre qu'elle ne peut épouser personne... 

Huis-clos de la famille, avec le père, et la grand-mère. La mère est morte. Famille lettrée, père philosophe, grand-mère attachée à ce qui se fait... Ils sont attachants ces personnages-là, avec leurs manies, leurs fragilités, leurs certitudes, qu'on nous donne à voir. Ils nous sont rendus attachants, sans doute parce qu'ils nous sont donnés à voir par le prisme du regard de l'une ou l'autre des frangines, et qu'il y a de l'amour, en plus de l'agacement quant à tout ce qu'on connaît si bien de ses 'parents', et qu'il se sent. 

Et puis il y a Cassandra, le geste, lorsqu'elle perd pied. Ceux qui la sauvent ou la veillent. L'abdication. Entre force et fragilité, cette abdication ressemble à celle qu'on n'a d'autre choix d'avoir quand l'être aimé est parti/doit partir.

J'ai aimé ce roman profond, intime, et sa double voix.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Cassandra au mariage, Dorothy Baker, 1962 (Etats-Unis) ; éd. Pavillons poche, Robert Laffont, 2013.

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Dysfonctionnelle :))

30 Juillet 2016, 11:21am

Publié par LaSourisJOne

Dysfonctionnelle :))

Roman, et même roman ado.

Ce livre-là m'a enchantée, m'a apporté un vent de légèreté, de fraîcheur et de joie, précieux moment !

J'ai passé un très bon moment avec cette famille 'tuyau-de-poèle' unique, dont chaque protagoniste a ses particularités. Elle s'appelle Fidèle (Fifi, alias Bouboule !), on va la suivre dans sa vie, son univers, sur son parcours, entendre sa voix très attachante dans notre oreille. Fidèle avance, unique et différente, dans le roman, mais surtout pour nous lecteurs, car c'est un type de personnage qu'on croise peu dans les romans.

Elle va nous raconter de façon aérienne ce qui fait qu'elle est elle, autrement dit, l'histoire de la rencontre de ses parents, pittoresque, légèrement, comme des faits, sans en faire dix chapitres : ainsi, son père, d'origine algérienne, qui tient un bar où se presse une faune attachante, a eu le coup de foudre pour celle qui deviendra sa mère, une jeune femme d'origine étrangère, fragile, qu'il va séduire et aimer passionnément, à sa manière. J'adore ce garçon qu'on imagine derrière son bar, le 'boss' respecté de tous parce que c'est le patron de bar, et qui sort son flingue (non chargé, mais ça, il y a que lui qui le sait !) lorsqu'un mot est déplacé à l'égard de sa femme... Son côté tendrement sanguin m'a fait rire ; de même que toute la fratrie de cette surdouée Fifi : ils sont sept enfants, alors il y a de quoi faire ! J'aime bien la militante qui se bagarre pour toutes les causes, elle m'a fait rire aussi, mais tous contribuent à ce qu'on passe un vrai plaisir de lecture.

On va suivre son chemin, pragmatique, loin du pathos, entre un père qui fait des allers-retours en prison et une mère tellement marquée par des souvenir de guerre qu'elle en perd régulièrement la tête ; Fifi se développe dans cet univers qui est le sien, et on la voit faire une force de ces fragilités. C'est un roman où la sollicitude et l'amour sous toutes ses formes emplissent les interstices et les failles, et ça fait du bien ; un très joli livre, grave parfois mais surtout très drôle.

Je vous le recommande chaleureusement !

Médiathèque de Saint-Malo.

Dysfonctionnelle, Axl Cendres, éd. Sarbacane, 2015.

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Le cercle des femmes :)

25 Juillet 2016, 22:27pm

Publié par LaSourisJOne

Le cercle des femmes :)

Une histoire de femmes. Une histoire de famille. Une histoire avec plusieurs générations de femmes, forcément ça me plaît... Même si j'avoue que la narratrice n'a pas emporté ma totale adhésion, alors, forcément, j'ai plus de réserves que je n'aurais pu en avoir...

Je la trouve trop enfantine, trop crédule, trop...

J'ai aimé, pourtant, me plonger dans leurs histoires, leurs rouages, ce qui a fait leurs personnalités, entre secrets, et chemins, choix de vie, dictés parfois par l'hérédité, par un destin de mère qu'on ne veut pas suivre, ou qui nous modèle...

Alors il y a le décès que personne n'attendait, de l'arrière-grand mère, Alice. Toutes se retrouvent dans la maison de celle-ci. Parlent, évidemment. Rangent, aussi, les affaires. Et découvrent (la plus jeune, qui fouine, la fille) une boîte, qui révèle le secret d'Alice. Elle a tu, toute sa vie (seule sa meilleure amie, qui est là aussi, le savait) la raison de la disparition de son mari. Parti, l'abandonnant, pour une vie simultanée d'abord, puis pour cette autre, ailleurs. Par fierté ? Par honte elle a gardé ce secret ? On imagine que les choix de vie de cette famille, de toutes les femmes de cette famille, eurent pu être changés, le sachant....

Ces femmes qui perdent l'arrière-grand-mère, dont on apprendra petit à petit les secrets, évidemment, cela concerne ; il y a ces silences, parce qu'on ne peut faire autrement, et qui, si l'on s'en était dispensé, auraient marqué différement une vie. On le sait, mais peut-on faire autrement ? Cela concerne, mais à aucun moment ça n'a réussi à me toucher ; c'est sans doute finalement essentiellement ce que je reproche à ce livre-là.

Merci à Luocine pour la découverte.

. Le cercle des femmes, Sophie Brocas, éd. Juliard, mai 2014.

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La vie est facile, ne t'inquiète pas

4 Juillet 2015, 21:23pm

Publié par LaSourisJOne

La vie est facile, ne t'inquiète pas

Décidément, ce que j'aime le moins avec cette auteure, ce sont ses titres. Que je trouve vraiment peu apropriés. Celui-là, encore...

Alors j'ai pris l'histoire en cours, puisque ce troisième livre d'Agnès Martin-Lugand est la suite du premier, 'Les Gens heureux lisent et boivent du café'. Après avoir compris ce qu'étaient 'Les Gens', le nom du café littéraire créé par l'héroïne, vraisemblablement avec son mari de l'époque Colin, et sa fille, décédés dans un accident de voiture, on entre bien dans l'histoire. Qui se fait un peu fleuve, un peu trainante, pour nous emmener exactement là où sait assez vite qu'elle va nous emmener. Et même si l'expression 'river les yeux dans ceux de' finit par profondément nous agacer à force d'être utilisée trop de fois, eh bien, on accroche quand même. Bon. Les personnages ne sont pas très fouillés, un peu basiques ; peu importe, l'histoire prend quand même. Donc, Diane se reconstruit, dans et avec son café, et son meilleur ami Félix. Et puis elle rencontre Olivier, qui tombe amoureux d'elle, et elle se dit qu'elle aussi. Renaissance amoureuse, sentimentale, après ce traumatisme de la perte et du deuil de son mari et de sa fille. Mais l'Irlande, où elle semble qu'elle soit allée pour se retrouver un an auparavant, après la perte de mari et fille ; un homme, Edward, dont on comprend que leur histoire a été passionnelle. On sait d'emblée qu'en se revoyant d'abord par hasard, l'histoire va nous mener là. Bon. Plaisir de voir la lutte contre soi (euh, pas longue), et la reconnaissance de l'inclinaison qui nous fait basculer dans une autre vie. Plaisir de ces liens qui comptent, de la chaleur qu'ils procurent, et qui passent à la lecture. Plaisir de la lecture, malgré tout.

Merci à Samuel de m'avoir permis de lire ce livre.

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon, avril 2015.

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Je suis en bois

20 Février 2015, 12:54pm

Publié par LaSourisJOne

Je suis en bois

J'ai commencé par entrer à pas feutrés, dans ce livre. Parce que ces deux voix sont si séparées, si cloisonnées l'une de l'autre... Et puis finalement je me suis laissée embarquer. Parce que finalement, c'est peut-être un des messages du livre : on peut être séparés des autres par une incapacité de communication, notamment au sein des familles, mais peut-être qu'on peut se sauver quand même, peut-être qu'on peut quand même aider l'autre en faisant don de son histoire, de ses mots. Et que ce don là peut soulever les barrières et aider l'un et l'autre, à vivre ensemble.

Les deux voix sont celles de Mia, la fille, 17 ans, et Giulia, la mère. Mia tient son journal intime, et Giulia décide de le lire (mouai...), parce qu'elle sent que sa fille lui échappe et qu'elle ne peut l'atteindre. Alors elle lit, sans juger, et décide de lui répondre. Les chapitres intercalent ce qu'a raconté la fille, et donc lu Giulia, et ce qu'elle raconte en retour, en écho. De sa propre vie. Comme pour expliquer, adoucir... Car en effet, Mia vit loin de sa mère, en tout cas pas dans l'échange ; elle a décidé que pour se préserver, elle serait de bois. Ainsi elle ne souffrirait pas des sentiments. Quant à Giulia, elle a fait des choix, des choix de vie, qui s'expliquent par son Histoire, et elle livre, sa rencontre avec le père, son choix, et surtout son grand amour, inavouable, et les raisons pour lesquelles elle ne lui a pas donné vie. Il avait 17 ans, elle en avait 40... Mais il l'a rendue vivante. Elle est belle, touchante, leur histoire commune. La fille, en creux, pourra comprendre que c'est le véritable amour de sa mère... Qu'en faire, que faire d'un tel 'cadeau', je ne sais, mais c'est peut-être toujours mieux que le lourd poids des secrets de famille... C'est en tout cas le pari de Giulia, qui semble plutôt payant, parce que Mia a l'air de changer, d'accepter de recevoir, de s'ouvrir à l'autre...

Assez jolie, aussi, l'association du bois à Mia, et dans tout le récit, celle de l'eau, de la pluie à Giulia, et l'idée que le bois mouillé s'adoucit... Au contact de l'une avec l'autre, la vie peut changer.

Médiathèque de Pleurtuit.

Je suis en bois, Giulia Carcasi, éd. Héloïse d'Ormesson. Traduit de l'italien. Paru en Italie en 2007, en France en 2008.

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En cas de forte chaleur :)

8 Avril 2014, 15:50pm

Publié par LaSourisJOne

En cas de forte chaleur :)

Je ne pensais pas trouver un peu de David Vann chez Maggie O'Farrel ! Et pourtant, il y a de ça. En moins trash, bien sûr. Mais regarder à la loupe une famille, en vase-clos, et regarder comment elle se comporte quand tout bouge, il y a un peu de ça.

Tout commence au sein d'un couple dont les habitudes façonnent le quotidien, Gretta et Robert, 30 ans de vie commune. Un jour, Robert sort acheter son journal, comme chaque jour, et... il ne revient pas. C'est ce "petit" grain de sable qui va tout chambouler, et nous amener à entrer dans la vie de leurs trois enfants adultes, aux personnalités bien différentes. Aux passés imbriqués. Aux fonctionnements liés à leur connaissance des autres. Tout cela est particulièrement réussi, dans ce livre. Je me suis particulièrement attachée à la "petite" dernière, Aoife, celle qui part vivre à New-York pour pouvoir respirer, loin de sa famille, touchante à travers ses failles... Notamment celle qu'elle ne parvient à avouer à personne (sauf enfin, une fois, par amour !) : elle ne sait pas lire, elle a un rapport particulier aux lettres qui vivent leur vie sous ses yeux et qu'elle ne parvient jamais à identifier comme des mots riches de sens... Tous ces personnages, avec leurs dysfonctionnement, leur pudeur, sont vraiment attachants, en fait. Et on les voit, Maggie O'Farrel les fait vraiment exister sous nos yeux. J'ai beaucoup aimé ce livre, beaucoup plus que Cette main qui a pris la mienne, dont j'avais été très peu fan.

En cas de forte chaleur, Maggie O'Farrel, éd. Belfond. Mars 2014.

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