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Le blog de la souris jaune

...93

28 Décembre 2011, 15:26pm

Publié par la souris jaune

"Ce n'est pas notre avidité qui est responsable de la crise, elle était surtout responsable de la croissance qui l'a précédée : ce sont les limites naturelles que la nature met à notre avidité. Et la perception de ce coup d'arrêt comme une crise est précisément le signe que nous n'avons nullement renoncé à notre envie de richesse - sinon, nous n'en souffririons pas".

Blogueur Energie et Climat

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Les mangeurs de pommes de terre

18 Décembre 2011, 11:45am

Publié par la souris jaune

4f52d4b6a9806e1561963cf6b6dd3870-300x300-1-.gifSi je devais n'utiliser qu'un mot pour qualifier ce livre, je dirais : hétéroclite ! Un peu comme un bazar, à l'image du nom de la bourgade où se déroule l'histoire, justement : Bricabratsk. Alors, pour essayer d'y voir clair : d'abord, le titre. Pour ceux qui ne le savent pas, c'est le nom d'un fameux tableau de Van Gogh. Il se trouve que Lidia, le personnage principal est "gardienne de musée". Toute la journée, elle garde les peintres hollandais. Sa vie est à l'image de tout cela, morne et tranquille, et sans doute aussi à l'image de ce qu'elle perçoit des peintres hollandais : elle s'y sent en sécurité. Alors arrive le boulerversement, sous deux formes : une exposition temporaire et exceptionnelle Van Gogh (elle est chargée d'une salle à surveiller), et l'intrusion de Danila, le meilleur ami de son fils dans sa vie. Et tout d'un coup tout est boulerversé. Celle qui vivote découvre la vie... A partir d'une scène réelle d'un repas autour d'un plat de pommes de terre. Il y a dans ce livre un questionnement sous-jacent sur ce qu'apporte l'art ; clairement mis en regard avec ce qu'apporte la vie, et il semble qu'au final, l'un ne vale pas mieux que l'autre ? Les deux transfigurent, parfois, en bien ou en mal...

Ainsi, les deux personnages que sont Danila et l'autre grand blond John à Amsterdam sont clairement des figures qui se correspondent ; et le personnage principal vit des moments de plaisir, d'extase, parce que d'oubli de soi, mais qui ne vont pas sans trahison. L'auteur semble nous dire : on vit à condition d'être trahi ! Le roman qu'on lit là a comme un goût d'un autre temps ; il est pris dans les glaces entre deux époques : il y a le décalage des hommes (qui sont dans la modernité, avec leurs appareils téléphones, et leur réussite sociale) et les hommes qui sont des femmes qui travaillent mais aux prises avec leurs sentiments, leurs déchirements sentimentaux, leur vie de famille peu épanouissante... L'épanouissement est synonyme de trahison et de départ, mais il est de courte durée.

A côté de ça, il y a les passages qui, certes donnent des respirations, mais qui contribuent à l'impression de "bazar" qui sont des pages écrites au km, sur "Ce qui fait plaisir" "Ce qu'on collectionne", etc. qui sont plus des intrusions de l'auteur dans son récit... Avec un style qui lui aussi, est assez hétéroclite...

 

. Les mangeurs de pommes de terre, Dmitri Bavilski, éd. NRF Gallimard. Paru en 2003, traduit du russe en 2004.

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...92

15 Décembre 2011, 21:43pm

Publié par la souris jaune

"Ce qui fait plaisir (ter) : rêver de ce qui vous dépasse, de l'impossible ; être sur le point de se vexer et ne pas se vexer ; arriver à un rendez-vous à temps ou même un peu en avance ; être maître de la situation. Au travail et en général ; ne dépendre de personne ; trouver chez quelqu'un des idées que tu n'as pas encore formulées mais qui vivent profondément en toi ; s'endormir sans s'en rendre compte et comprendre que tu dors".

Dmitri BAVILSKI

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...91

15 Décembre 2011, 21:37pm

Publié par la souris jaune

"Ce qui fait plaisir (bis) : un automne précoce ressemblant à la lumière de midi qui traverse des vitraux poussiéreux ; un avant-goût de crème dans une glace à la crème ; rouler dans la bouche des caramels de mots avant de les coucher sur le papier ; savoir que dans sa profession on peut tout. Ou presque. Que pour soi rien n'a de secret ; porter un anneau en or à l'auriculaire gauche. Savoir que cela intrigue ; écouter des gens parler de personnes qui leur sont proches ou chères. Aimer les personnes qu'ils aiment en même temps qu'eux. Par contumace ; l'auto-ironie à bon escient ; la symétrie née du hasard ; recevoir un grand nombre de mails et les supprimer en bloc sans état d'âme".

Dmitri BAVILSKI

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...90

15 Décembre 2011, 21:33pm

Publié par la souris jaune

"Ce qui fait plaisir : la légèreté ; du thé dans un verre avec un porte-verre ; parler au téléphone assis dans une baignoire pleine d'eau bien chaude ; attraper, rattraper des caillots et des grumeaux de pensées ; ne pas aller au travail ; se rendre compte de son exclusivité ; mettre de l'ordre ; enfiler un vêtement neuf et coûteux qui garde encore l'odeur forte d'un achat réussi ; cesser d'aimer. Rencontrer un ancien amour et s'étonner de soi-même : mais où avais-je les yeux ?"

Dmitri BAVILSKI

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...89

4 Décembre 2011, 21:59pm

Publié par la souris jaune

"Elle allait boire un thé brûlant et sucré dans une tasse aussi ébréchée que la denture d'un boxeur. Ce thé lui laissait dans la bouche un arrière-goût étrange et âpre, comme si son palais s'était élargi pour se refermer en pointe, telle une ogive gothique : un arrière-goût de cuivre".

Dimitri BAVILSKI

NB : Je note celle-là non parce qu'elle risque de nous faire réfléchir, comme vous l'aurez compris, mais parce qu'elle me plaît beaucoup !!

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...88

4 Décembre 2011, 21:50pm

Publié par la souris jaune

"Le lien unissant l'homme et la place qu'il occupe dans la vie est bien mystérieux. Peut-on imaginer que quelqu'un, dès l'enfance, se prépare consciemment à la profession de proctologue ou de vidangeur ? Il faut bien pourtant que tôt ou tard nous devenions quelqu'un, que nous nous approprions un espace. Mais nul ne sait ce qui vient en premier. Est-ce nous qui choisissons le lieu où nous végéterons, ou alors est-ce le lieu qui, doué de forces secrètes, nous attire dans son champ ?"

Dimitri BAVILSKI

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...87

1 Décembre 2011, 15:47pm

Publié par la souris jaune

"La gentillesse est une servitude volontaire, un juste milieu et une véritable intelligence morale qui suppose un travail sur soi, une éducation, une réponse juste par rapport à la demande qui nous est faite".

Emmanuel JAFFELIN

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