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Le blog de la souris jaune

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25 Août 2017, 11:18am

Publié par LaSourisJOne

"L'idéologie de la victoire est probablement une des causes principales du problème du mal dans le monde. L'idéologie de la victoire : celui qui gagne, celui qui a le prix, celui qui est le premier, etc. Non ! Mettez-vous du point de vue de la victime et du point de vue du dernier, voila".

Michel SERRES

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... 497

25 Août 2017, 10:50am

Publié par LaSourisJOne

"Nos bons souvenirs de demain, c'est aujourd'hui que nous les vivons".

Christophe ANDRE

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Nos âmes la nuit :)

25 Août 2017, 09:28am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une femme âgée de 75 ans (quelle horreur, de la transformer en un chiffre !), vivant seule dans la bourgade de Holt (Michigan) va un jour trouver son voisin pour lui faire une proposition raffraîchissante : qu'il vienne dormir à ses côtés la nuit.

Pour apprivoiser cette rude solitude.

Ce livre avait tout pour me plaire, sauf peut-être une, à laquelle pourtant je n'ôte rien : son écriture. Il sourd dans ce livre une mélancolie profonde. Que ne réveillent jamais les dialogues, puisqu'ils sont enfouis dans le corps du texte. 

Par certains côtés, il m'a fait penser au Tom, Petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine. Ce rapprochement salvateur des générations, autour des choses simples et essentielles à côté desquelles les adultes mal grandis, exangues dans leurs vies d'adultes, passent en gachant la vie de leurs enfants.

Les thématiques abordées sont intéressantes, peut-être parce que souvent trop taboues : la solitude destructrice des nuits, l'âge et la sexualité, les sentiments après avoir partagé une vie d'amour pendant 40 ans... Je reconnais à cet auteur le mérite d'aborder de front une part si importante de nos vies, et qui reste pourtant dans le secret de nos intimités : notre sommeil, et nos nuits. Ici sommeil et insomnies, sommeil marqué par une profonde solitude des personnes âgées, sommeil aussi et cauchemars, marqué par la souffrance due à un abandon, ou aux tracas du quotidien chez l'enfant (le petit-fils Jamie).

J'ai aimé les deux protagonistes Addie et Louis, leur fraîcheur, leurs conversations ; ils sont si touchants, lorsqu'ils affrontent le regard des autres, dans leur petite bourgade, et qu'ils bravent le qu'en-dira-t-on ! Ce qui les abat, et qui interpelle évidemment, c'est la famille : le fils, dont on connaît l'histoire, fait frémir par ses certitudes, ses carquans, la tyrannie qu'il impose au nom du 'bien-penser' ; alors qu'on le voit enfermé dans ses erreurs, dans ses tracas... Cette partie de l'histoire m'a beaucoup touchée, interpellée : ce renoncement à ce qui compte plus que tout dans le présent, au nom de 'la famille', et pour l'avenir... Cependant, je sais que l'écriture contribuera à me rendre cette lecture volatile.

Je suis contente d'avoir enfin lu ce livre, malgré tout ! Et c'est à Delphine que je le dois, merci, Delphine !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Nos âmes la nuit, Kent Haruf, 2015 (Etats-Unis) ; 2016 pour la traduction française aux éditions Robert Laffont.

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Une vie avec Alexandra David-Neel :)

24 Août 2017, 18:26pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Tome 1 sur 2.

La vie d'Alexandra David-Neel habilement racontée, alors qu'on entre dans sa vie quand elle a 90 ans. On a la découvre embauchant une femme de compagnie, Marie-Madeleine, qui resterait/ra à ses côtés jusqu'à la fin de sa vie 11 ans plus tard (c'est aussi vrai). Avec la jeune femme, dévouée à Alexandra, on va découvrir son personnage, et toutes ses facettes, dues à son âge. Son sale caractère, son impatience, son exigence, son humour aussi... 

Et puis plonger dans son passé, entre 1912 et 1923... Sur les traces de Lhassa, au Tibet.

J'aime beaucoup le dessin de cette bande dessinée, fin, ciselé sans être tranchant, tout autant que les textes. Les dialogues sont juste ce qu'il faut, quant à l'histoire devant être racontée, elle l'est non par l'intérmédiaire de bulles, ce qui aurait été très lourd, mais judicieusement dans des bandes de textes au dessus des images. 

J'aime aussi évidemment beaucoup l'idée d'une BD historique, puisque c'était le dessein des auteurs, faire connaître l'une des plus grandes exploratrices du XXè siècle : dessein réussi.

Bibiliothèque d'Evran.

. Une vie d'Alexandra David-Neel, Mathieu Blanchot, Fred Campoy, Tome 1, Grand Angle, février 2016.

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La passe-miroir, Les disparus du Clairdelune, tome 2

23 Août 2017, 10:33am

Publié par LaSourisJOne

Roman jeunesse.

Bon, je le sais, je le sais : je suis généralement déçue par les tomes 2.

Eh bien, celui-ci ne déroge pas à la règle... Ces 550 pages ne m'ont tenue en haleine que parce que le premier tome a suffisament été bien amorcé pour qu'on aie envie d'en connaître la suite, enfin, la fin... Là, grande déception : il ne se passe rien ! Bon, j'exagère : je sauve les cinquante premières pages, intéressantes, lorsqu'elle est vice-conteuse bien malgré elle, et chargée de raconter des histoires, ce qu'elle ne sait pas faire, devant Farouk, cet esprit de famille 'déifié' ou presque et devant toute la cour. Ca c'est chouette. Convoquer ses ressources, se dépasser, croire en soi, en sa différence : ça j'ai beaucoup aimé.

Je sauve aussi allez, les cinquante dernières pages. C'est tout ! Je trouve que l'intrigue de ce tome-là est un alibi. Il ne sert pas l'histoire principale : Ophélie et Thorn doivent se marier, non ? Ils n'ont rien en commun, et ce n'est rien de le dire... Certes, Ophélie va découvrir petit à petit, et là je dirais que c'est l'unique intêrét du livre, qu'elle est sans doute entrain d'aimer Thorn : c'est assez beau, parce qu'il n'y a aucune raison 'classique' pour que cela arrive. Mais, oui c'est beau : il se soucie d'elle, ses actes, souvent incompréhensibles, sont, elle le découvre, destinés à la protéger, même si cela doit lui nuire fondamentalement à lui...

Avec tout ça, ces histoires de disparitions n'ont eu pour moi, aucun intérêt. Je trouve que c'est vraiment tiré par les cheveux, et c'est rien de le dire ; en outre, j'ai trouvé pénible que l'auteure nous prenne soudain pour amnésique et nous résume en quelques phrases régulièrement les événements vécus dans le tome 1 quand elle est amenée à évoquer un personnage, ou un fait qui pourrait nécessiter qu'on sache ce qui s'est passé préalablement. 

Je n'ai pas aimé non plus sa propre amnésie, ou ses incohérences quant à sa propre caractérisation psychologique de personnages (par exemple la vieille Hildegarde). Ca n'arrive pas souvent, mais ses tendances à la simplification, dans ce deuxième tome, tendent à modifier la perception qu'on avait pu en avoir.

Vous l'aurez compris, je ne précipiterai pas sur le tome 3, à cause de l'inertie et de la déception du tome 2, même s'il est évident que j'aurai envie de connaître l'issue de cette histoire !

. La passe-miroir, Les disparus du Clairdelune. Gallimard Jeunesse, 2015.

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La passe-miroir, les fiancés dé l'hiver - Tome 1 :))

19 Août 2017, 19:55pm

Publié par LaSourisJOne

Roman jeunesse.

Les fiancés de l'hiver : c'est le premier tome de la trilogie de Christelle Dabos La passe-miroir. Un univers en soi, puisque tout repose sur la construction d'un univers, d'un monde, de mondes... On apprend tout dans ce premier tome, et ça ressemble à de l'héroïc fantasy pour filles, si tant est que cela ne soit pas mixte ! 

L'héroïne est une jeune fille qui vit dans son monde, préservé, tranquille, où elle a tous ses repères, les Animistes. On découvre la construction de ce monde-là, construction qui fonde la construction de chacun des mondes. Prédomine une espèce de "chef de clan", ici une femme, qui est en réalité une ancêtre, très belle, très puissante... Tous ont des pouvoirs particuliers. Notre héroïne est peu jolie, empruntée, maladroite, mais elle est dotée d'une personnalité sincère, authentique, et qui ne demandera qu'à s'affirmer, ce qu'on va voir tout au long de ce livre... 

Car, elle qui est parfaitement heureuse en tant que liseuse dans un musée (elle a le pouvoir de 'lire', de pénétrer l'histoire des objets et donc d'identifier un peu de l'histoire de ceux qui l'ont possédé à travers le temps, elle qui a refusé deux époux, elle va se retrouver sans autre choix possible fiancée à un jeune homme, Thorn, dans un autre monde... 

Transférée là bas à son corps défendant, avec sa tante sensée la chaperonner jusqu'à son mariage six mois plus tard, elle va vivre des moments très tourmentés, difficiles, âpres, et faire l'apprentissage de ce nouveau monde, et notamment d'une cour, où tous les faux-semblants et les chausse-trappes sont permis... 

Grandir, évoluer dans un univers hostile, se sauver, essayer d'avancer et de se préserver, faire attention à la confiance qu'on peut accorder : tel est le lot d'Ophélie. Très maladroite, elle ne va pas être au bout de ses peines, et se voir imposer bien au delà des limites qui auraient dû être les siennes... Mais elle tient. Se disant qu'elle serait radiée de ses deux univers si tel n'est pas le cas... Mais elle est aussi très attachante, par son authenticité, malgré sa maladresse, et les rapports qu'elle entretient avec ce Thorn honni de tous, y compris d'elle, sont intéressants dans leurs toutes petites évolutions progressives, psychologiquement très intéressantes, au fil du livre. 

On retiendra quelques personnages très marquants, comme le Chevalier, le détestable enfant de 10 ans qui martirise son entourage de ses pouvoirs pour s'octroyer l'attention exclusive de Bérénilde, la somptueuse tante de Thorn, ou encore Gaëlle, la mécanicienne, personnage très secondaire, mais attachant, de même que la vieille Hildegarde... 

Un monde véritablement intéressant et captivant à découvrir, une prouesse imaginaire à saluer, vraiment.

Je m'empresse de me ruer sur le tome 2 !

. La passe-miroir, les fiancés de l'hiver, (Tome 1), éd. Jeunesse Gallimard, 2013 ; Livre de Poche.

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La drôle de vie de Zelda Zonk :))

13 Août 2017, 19:24pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Agréable gourmandise, dégotée par hasard... Le titre, le nom du titre me disait vaguement quelque chose... Comment avais-je pu oublier !

Alors, deux histoires en une, finalement. 

Tout commence au sein d'un couple heureux, tranquille, où tout va bien. En allant au travail (elle ne s'y rend qu'une fois par semaine), son destin, cependant, un jour, bascule. Je ne vous dis pas comment... (C'est agaçant, à la fin, de ne pas dire comment !!). Mais bref. Durant son séjour à l'hôpital, elle rencontre une vieille femme, qui partage sa chambre, qui s'appelle Zelda. Les séparations se précipitent, mais elle a le temps d'apercevoir son nom, sur la feuille médicale : Zonc. Et sa soeur, la fooooooormidable Gail qui passe son temps à voyager (euh, elle est hôtesse de l'air) en lui laissant sa fille à élever, lui dit un jour, de façon anodine : tiens, c'est le pseudonyme qu'utilisait Marilyn Monroe lorsqu'elle voulait échapper à sa condition de star, se grimant d'une perruque brune...

Alors, en même temps que se créée cette amitié entre elles deux, les questionnements naissent, petit à petit. Et si... Marilyn n'était pas morte ?? Evidemment, c'est un questionnement de génie, et qui, ma foi, nous tient en haleine tout au long du roman, un très bon point pour cela. J'ai regretté cependant - mais l'énigme s'écroulait, sans cela ! - que, puisqu'elles devenaient amies, elle ne s'ouvre pas auprès de Zelda de ses questionnements...

Et je mettrais un petit bémol à la fin du livre, qui m'a un peu laissée sur ma faim, surprise, mais pas dans le bon sens... Le choix de l'héroïne, compte tenu de tout ce qu'elle vit, traverse, et pense, surprend... Le dénouement, aussi, quand à cette énigme autour de Zelda, m'a également un peu déçue...

Cependant : le livre m'a tenue en haleine ! Et évidemment, vous plongerez dans une histoire d'amour, enfin, pas qu'une... Amour, passion, durée d'un couple, choix de vie... Non sans romantisme, je vous l'avoue.

La relation d'amitié avec Marsha, sa collègue de boulot, m'a aussi beaucoup plu, et j'avoue que j'ai aussi beaucoup aimé ce personnage secondaire de l'histoire.

Bref, un très très bon moment de lecture !

. La drôle de vie de Zelda Zonk, Laurence Peyrin, éd. Livre de Poche, 2015.

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L'île des oubliés :)))

12 Août 2017, 12:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai véritablement aimé me plonger entre les pages de ce livre, et cotoyer ce tourbillon de personnages, entre 1953 et 2001, qui constituent le passé et l'histoire de l'héroïne, Alexis, jusqu'à son présent...

Une jeune femme à qui la mère n'a jamais rien voulu raconter de son passé : elle sait juste qu'elle a des origines crétoises. Alors comme elle s'y rend avec son petit ami le temps de vacances, elle insiste auprès de sa mère : elle veut savoir. La mère comprend qu'elle lui doit la vérité, les mots : alors elle lui donne l'adresse de son inséparable meilleure amie, là-bas, à Plaka, en Crète, écrit une lettre à celle-ci, et lui demande de tout raconter, tout, à sa fille. On peut se dire que c'est un terrible cadeau à faire à sa meilleure amie !

Mais le fil se déroule, et on n'a pas envie qu'il s'arrête. Car elle va tout livrer, en remontant plusieurs générations.

On s'attache à chaque génération et à chaque destin. Lourds, parfois. Marqués par une terrible maladie : la lèpre. Au delà des préjugés, on va apprendre à la connaître, à découvrir le fléau qu'elle pouvait être, dévastateur, dans la vie de toute une famille. 

Le premier destin qui nous est raconté m'a, je l'avoue, marquée, j'ai été tentée d'avaler les pages vite pour ne pas trop lire de détails (je vous rassure, ce n'est pas le propos du livre) quant à cette maladie et cette femme, bonne, qu'on n'a pas envie de savoir touchée par ce mal. Et par cet exil terrible qui fut le lot des lépreux, dès le diagnostic posé, sur l'île de Spinalonga, en face Plaka. Cette île accueillit en effet les lépreux entre 1903 et 1957...

C'est bouleversant de l'imaginer. Nous allons vivre le quotidien de deux endroits, l'île et Plaka, liés qui plus est par ce passeur qui s'y rend en barque pour apporter le nécessaire et dont la femme est une de ces lépreuses. Magnifiques liens. On prend la mesure de la douleur de cet exil, tout en découvrant les aménagements pragmatiques des exilés... Puisqu'il faut bien vivre ! L'île est une communauté d'aide, où l'on crée des commerces, des boutiques avec goût, où tout est différent, et a du sens... Et puis il a ce médecin tout en retenue, magnifique également, qui laisse sa trace superbe dans ce roman...

Tourments et sceau de la maladie, poids d'une réputation, origine de séparation, de destins brisés, amours... J'ai profondément aimé ce voyage en Crète, ces destins chargés qui nous mènent jusqu'à cette jeune femme, qui découvre ses racines.

Et l'on se dit que, même si c'est lourd, cette narration d'un passé entier est un sacré cadeau, précieux, pour avancer dans la vie...

Un grand merci à Samuel, qui m'a mis ce livre entre les mains.

. L'île des oubliés, Victoria Hislop, Le Livre de Poche ; 2005 (Anglais) ; traduction française, 2012.

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Le testament américain

3 Août 2017, 16:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Au début, j'ai été très emballée par ce livre et son histoire, tellement atypique : un homme riche, né par hasard à l'issue d'un accident d'avion au cours duquel sa mère l'a accouché sur le comptoir de l'épicerie du village, cet homme donc à sa mort, livre en testament à chacun des habitants un tombeau somptueux, construits tous selon des plans bien spécifiques. A la condition que tous acceptent, voila la bien curieuse donnation aux habitants de ce petit village.

Le changement de moeurs, petit à petit, était plutôt jouissif à lire, d'autant que le style de l'auteur est alerte, et qu'il manie la tournure de phrases habilement. Cependant, les moeurs sexuelles de cette communauté qu'il dépeint non sans une bonne dose d'humour comme des êtres arriérés ont fini par me saouler, d'autant qu'évidemment le trait est largement forcé et les moeurs extrêmes...

Ca fait sourire au début, ça agace quand même et finit par éreinter un peu ! D'autant qu'il y avait un beau potentiel avec cette idée géniale, cette situation parfaitement bien campée et la possibilité de faire rire en explorant les personnalités autrement que sexuellement, car on a vite compris, quand même, les particularités de chacun en la matière... 

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le testament américain, Franz Bartelt, NRF Gallimard, éd. 2012. 

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Farallon Islands :)

2 Août 2017, 06:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, je ne suis pas mécontente de quitter ces îles Farallon, îlots très hostiles situés en face de San Francisco. Et où l'héroïne décide de s'installer. Devenue photographe animalière, elle a perdu sa mère à l'âge de 14 ans, continue à lui écrire des lettres perpétuelles, et en reste très marquée,

Elle va y vivre pendant un an, et c'est cette année là, qu'on va vivre avec elle.

Ce n'est rien de dire que la nature est hostile, ici ; c'est plus qu'un euphémisme. C'est ça que j'ai eu hâte de quitter, et l'aspect documentaire animalier qui, en ce qui me concerne, ne m'a pas passionnée, et même ennuyée. Vous saurez tout des éléphants de mer, requins, baleines, goélands, souris... Ah oui, et du poulpe aussi. Que vous apprendrez à détester ! Car c'est à travers leur aspect rude, prolifique, sauvage, étrange, et même criminels qu'ils sont dépeints, le plus généralement. 

Cependant, le roman est très bien structuré. Evoque dans sa maîtrise une Catherine Poulain, ou une Claudie Gallay. Mais j'y mets donc autant de réserves personnelles que pour ces deux auteurs-là : les univers sont trop hostiles, et franchement, vous n'avez qu'une envie, c'est de les quitter. En ce qui me concerne en tout cas.

C'est aussi pour cela que j'ai hésité à mettre un sourire (au lieu de pas du tout) en appréciation de ce roman, compte tenu de la hâte que j'avais de quitter cet univers. Je ne peux donc que reconnaître que le roman est bien fait, et c'est pour cela que j'ai opté pour le sourire finalement.

D'autant que ce tableau ne serait évidemment pas complet sans l'aspect humain de ce roman, qui est particulièrement intéressant, mais là encore.............. propre à ajouter à l'ambiance terrible de ce livre !

Elle vit donc sur ce rocher hostile, arride, froid, balayé par les vents, où marcher est déjà un danger, mais, elle n'y vit pas seule ! Elle y vit avec un petit groupe de biologistes, ils partagent donc l'austérité d'une maisonnette spartiate ; et évidemment ce qui va être très intéressant à suivre, à observer, ce sont les personnalités de chacun extrêmement bien campées avec sobriété et efficacité, un peu avec le minimalisme et la retenue d'une Claudie Gallay ou d'une Catherine Poulain justement ; et en tout cas, ce sont le même type de personnage, cabossés par la vie. Taiseux. Qui ont trouvé refugé ici, pour échapper à un deuil, sans qu'aucun n'accepte de se confier spontanément évidemment, tout cela est tû. Chacun vaque à ses occupations, il y a les liens entre certains qui sont donnés à voir par petites touches efficacement. Et évidemment, les chocs, les traumatismes, dont elle ne sera pas exempte, loin de là. Que je ne vous raconte pas, mais qui sont de l'ordre du pire. ! Quelques belles personnes, quelques beaux éclats humains, quand même, mais dans une vision de la vie et du monde quand même assez hostile. 

Le roman est aussi intéressant du point de vue de la photographie, de la réflexion sur l'acte de photographier.

Et même si la fin laisse espérer la lumière, la construction de soi, l'acceptation de l'avenir, et dit la victoire, quand on sait d'où elle vient, on pense avec amertume à la maxime qui semble sous-tendre la pensée de la narratrice : les choses belles naissent du mal... Mouai, pas très optimiste, tout ça... 

Cela dit, c'est une prouesse assez réussie que ce livre.

Merci à Delph de m'avoir permis de le lire :))

Bibliothèque d'Evran.

. Farallon Islands, Abby Geni, éd. Actes Sud. Publié aux EU en 2016, 2017 pour la traduction française.

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