Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

... 593, La solitude

20 Novembre 2018, 20:48pm

Publié par LaSourisJOne

"Si je t'écris, c'est peut-être pour ne pas rester seul avec moi, comme on allume sa lampe la nuit quand on a peur".

FLAUBERT à Louise COLET, 1852

Voir les commentaires

Ma dévotion :))

4 Novembre 2018, 11:53am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Helen et Frank se retrouvent tous les deux par hasard, dans une rue de Londres, et l'on découvre par la voix d'Helen qu'ils se connaissent bien, et qu'ils se sont perdus de vue depuis 23 ans. L'un et l'autre ont environ 80 ans. Elle va alors, comme si elle s'adressait à lui (en utilisant le "tu") dans une longue missive qui est ce livre, raconter leur histoire, depuis le début. Depuis leur adolescence partagée, à Rome, puisque grandissant l'un et l'autre (à grade de père différent) dans un entourage d'ambassade. L'un et l'autre s'accroche à l'autre comme à une évidente bouée fraternelle ; il est dilettante, elle travaille, elle a son bac il ne l'a pas. Mais elle va convaincre leurs pères de les laisser partir ensemble vivre à Amsterdam, pour poursuivre leurs chemins respectifs. Le père accepte pour ne plus avoir ce sujet de honte sous ses yeux, c'est tout ce que ce duo demande... Ils ont l'aisance d'un appartement de famille. Elle bosse, elle bosse, il se cherche, avec une apparente nonchalance. Et va finir par se trouver, et se révéler : peintre. 

Avec un succès grandissant, au fil de sa vie. Ils sortent ensemble, sont amant parfois, mais la chose prend plus de place et de sens pour elle que pour lui : il noue des relations fugitives et nombreuses avec d'autres filles... Elle souffre en silence. Ira jusqu'à se marier, en choisissant un autre homme si différent de lui, partir vivre aux Etats-Unis, et bientôt se rendre compte qu'il est tellement dans sa tête qu'elle reviendra vers lui, et vivre ensemble, avec un fils qu'il a eu d'une autre, en Normandie. Parenthèse presque enchantée...

Jamais, les sentiments ne seront exprimés. Là, elle vide son sac enfin, et elle lache le diagnostic qu'on pressent depuis le début : elle l'aimait. Ne lui a jamais dit. Cela aurait-il changé quelque chose ? 

Le récit est beau, profond, fouillé, singulier.

Ces vies qui s'accrochent l'une à l'autre et cheminent, je les ai aimées.

Comme j'avais déjà beaucoup aimé Le dernier amour d'Attila Kiss, de cette auteure que je trouve véritablement singulière et brillante.

. Ma dévotion, Julia Kerninon, éd. La Brune au rouergue, 2018.

Voir les commentaires