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Le blog de la souris jaune

... 634, société puritaine

31 Août 2019, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

"Cette société qui n'osait plus s'exprimer qu'en mettant des guillemets de peur d'avoir à assumer une pensée trop forte, une idée trop précise, des mots trop concrets".

Paule CONSTANT

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... 633, aimer

29 Août 2019, 22:17pm

Publié par LaSourisJOne

"L'on songe à tout, et l'on s'inquiète de tout quand on aime"

Mme de SEVIGNE

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L'or du bout du monde :))

29 Août 2019, 19:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre. Certes, parfois, je me suis laissé perdre dans les entrelacs familiaux du passé, mais cela n'a pas gêné ma lecture.

Ainsi, l'auteur nous entraîne dans la première moitié du XIXe siècle, en Australie. En lien avec la Cornouailles, et la quête de l'or, aux alentours de 1850, qui tourna la tête de beaucoup... Plusieurs histoires se croisent, et on s'attache à toutes. Sur fond d'attachement à une grand-mère du passé, que l'on rencontre et qu'on aime au début du roman...

Il y a Jessie, la jeune fille qui décide d'aller enseigner en plein bush, et dont le chemin se forge, forte de cette décision ; entre le pasteur austère et la gouvernante prévenante... La famille, les deux frères, l'un en Cornouailles, l'autre à Sydney, leurs retrouvailles, et ce qui en naît ; le couple qui part créer leur foyer, leur ferme, et qui rencontre une jeune aborigène, qu'elle décide de prendre sous son aile... Aborigène marquée par la vie, et l'époque : le racisme, le mépris pour ces peuples sont largement donnés à voir aussi, le destin de Kumali à laquelle on s'est attachée tellement poignant... (pour ne pas vous en dire plus)...

Avec l'histoire d'une montre, d'une belle montre en or, qui relie le passé au présent, Tahiti et l'Australie...

Vraiment une très agréable lecture, un roman dans lequel on a plaisir à se plonger, plaisir que je dois à Delph, mille mercis, grande réussite !!

. L'or du bout du monde, Tamara Mc Kinley, 2015.

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Nouilles froides à Pyongyang :)

14 Août 2019, 10:45am

Publié par LaSourisJOne

Récit de voyage.

Quel drôle de récit de voyage, évidemment...

J'ai failli écrire "roman", tant ce qu'on lit ici paraît étrange, fou, incroyable... Mais non, c'est bel et bien le réel, dans un pays interdit et taré... 

Je me disais quel grand écart (dont je raffole) que ces deux lectures successives, ce récit du XVIIe siècle et celui, là, de quinze jours en Corée du Nord... Point commun ? L'extrême codification... 

Alors, alors, revenons à ce livre. Un peu long à mon goût (bien que tout petit livre) parce qu'on a très vite compris ce qui se donne à voir.

Le narrateur - l'auteur est également rédacteur en chef adjoint du magazine Géo - décide de faire un reportage sur la Corée du nord. Pour ce faire, il se crée une autre identité, celle d'un voyagiste ; il part avec un ami qui décide de l'accompagner, l'identité passe, semble-t-il, le voyage est accepté ; une fois arrivé en Corée du Nord, le duo se voit affublé d'un trio d'hommes qui les suivront partout, et surtout canaliseront leur voyage qui n'aura aucune marge de liberté, aucune improvisation, régenté par des coups de fil administratifs, un minutage précis, aucun échange avec les habitants, etc. Evidemment, ce voyage est d'une tristesse sans nom, et c'est ainsi que les deux protagonistes le vivent ; souvent mis en regard, pour le narrateur avec un récit de Melville, Mardi, livre qu'il avait emmené là-bas et lisait... Celui-ci résonne d'exotisme, d'aventure, comparé à la grisaille, la tristesse du voyage en Corée du Nord... La nourriture est peu abondante, rare même, l'eau aussi, le culte aux figures tutélaires des dictateurs successifs écrasant, monstrueusement écrasant...

Triste, bien triste au voyage d'un peuple qui vit dans l'oppression impressionnante de générations de dictateurs...

. Nouilles froides à Pyongyang, Jean-Luc Coatalem, Le Livre de Poche. Paru en 2013.

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Le Roi-Soleil se lève aussi :))

11 Août 2019, 21:22pm

Publié par LaSourisJOne

Essai.

Je mets essai, ici, même si je réalise que le terme "Essai" dessert cet auteur et son livre, car ce livre-là se lit comme un roman. Avec aisance, et passionnément !

M'enfin, c'est bien de cela qu'il s'agit ici, cependant.

Avant toute chose, saluer, très bas, cet auteur. Le remercier. Le congratuler. Pourquoi ? Je l'aime profondément. Je trouve qu'il est intelligent et fin, et qu'il se soucie de rendre intelligent. Ou plutôt non : ses livres rendent intelligent, tout simplement. J'avais prodigieusement aimé cette gourmandise qu'était Le Rendez-vous de Venise, un roman à la fois intime, drôle, et nous faisant plonger au coeur des oeuvres d'art. 

Et puis, plaisir, satisfaction intellectuelle renouvelée.

Ici l'auteur s'emploie à nous narrer la journée du Roi-Soleil. C'est extrêmement documenté, on le voit, et même, cela contre les fausses-idées, la masse de fausses-idées que nous avons de ce siècle, et de ce roi. Par les nombreux témoignages qu'on voit qu'il a lus, de tous les auteurs qui en parlent (Saint-Simon, Louis XIV lui-même, Mme de Sévigné, etc.), par les hypothèses exposées, quand nous n'avons pas de certitudes. Ainsi plongeons-nous de façon passionnante au plus près du quotidien du roi Louis XIV, de sa personnalité, de son entourage, ses penchants... Nous découvrons Molière, qui officie auprès du roi en tant que Valet de Chambre ! Cela est anecdotique, mais non, en fait : cela nous en dit beaucoup sur sa source d'inspiration, entre autres... Dans les coulisses du XVIIe siècle, de surprises en surprises... Saviez-vous que le mot "couvert" vient de ce que le repas du Roi, pour arriver jusqu'à lui, était couvert, pour ne pas refroidir, parce qu'il fallait traverser une longue rue pour venir jusqu'à sa table ?

Oh, vraiment, ce livre, conçu heure par heure est passionnant.

Merci Philippe Beaussant.

. Le Roi-Soleil se lève aussi, Philippe Beaussant, Gallimard, 2000. Folio Poche, 2005.

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... 632, ignorance et obstination

9 Août 2019, 21:41pm

Publié par LaSourisJOne

"Il ne faut jamais reprocher aux hommes leur ignorance, mais seulement leur obstination à construire des systèmes sur ce qu'ils ne savent pas".

Philippe BEAUSSANT

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Demain à Santa Cécilia :))

8 Août 2019, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je gardais un très très bon souvenir du premier roman de cette auteure, L'Espionne de Tanger. Je m'étais dit qu'un jour j'en tenterais un autre (je crois qu'elle n'en n'a pas écrit tant que cela). Chose faite, et plaisir renouvelé, valeur sûre pour moi, donc, sans doute du même ordre que Victoria Hislop que cette Maria Duenas. 

Ici, une femme de 45 ans, Blanca. Bon, début pour lequel on ravale ses critiques tant il paraît cliché, mais tant pis : Son mari vient de la quitter pour une jeunette de 20 ans. Ses deux fils sont grands. Cette universitaire de très bon niveau ne s'en remet pas. Aussi, quand elle apprend d'un de ses fils insouciant que leur père va avoir un bébé, ce bébé qu'elle aurait elle-même voulu, ni une ni deux, elle ne réfléchit pas et sollicite une mission ailleurs, en lien avec l'université. En une semaine on lui trouve une tâche pour laquelle elle est acceptée puisque sur-qualifiée : elle quitte Madrid et part en Californie, sans trop bien savoir ce qui l'attend là-bas, pour une mission de trois mois.

Commence alors une reconstruction, et à ce titre passionnante, qui fait un peu penser à ce qu'on aime chez Douglas Kennedy. Appartement spartiate, travail qu'elle découvre, relations sociales à recréer, blues à maîtriser... Son travail consiste à faire du tri dans des documents ayant appartenu à un universitaire qui en fit legs il y a trentre ans à l'université en question... Elle va finir par se passionner par la tache, après avoir appris à connaître l'homme (décédé) un peu, à travers ce qu'elle en lit, et ce qu'on lui en raconte.

Par ailleurs, autour d'elle se crée un petit réseau d'amis sûrs... Rebecca, simple mais là, le directeur de l'université Luis Zarate et un certain Daniel Carter... Des relations qui vont se densifier, surprendre, risquer de décevoir, mais donner à comprendre qu'on fait ce qu'on peut avec son passé, pour avancer...

J'ai beaucoup aimé, encore une fois. Un vrai plaisir de lecture.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Demain à Santa Cecilia, Maria Duenas, traduit de l'espagnol. Paru en 2012, "Mission Ovildo", paru en France en 2014, éd. Robert Laffont.

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