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Le blog de la souris jaune

essai

Le Roi-Soleil se lève aussi :))

11 Août 2019, 21:22pm

Publié par LaSourisJOne

Essai.

Je mets essai, ici, même si je réalise que le terme "Essai" dessert cet auteur et son livre, car ce livre-là se lit comme un roman. Avec aisance, et passionnément !

M'enfin, c'est bien de cela qu'il s'agit ici, cependant.

Avant toute chose, saluer, très bas, cet auteur. Le remercier. Le congratuler. Pourquoi ? Je l'aime profondément. Je trouve qu'il est intelligent et fin, et qu'il se soucie de rendre intelligent. Ou plutôt non : ses livres rendent intelligent, tout simplement. J'avais prodigieusement aimé cette gourmandise qu'était Le Rendez-vous de Venise, un roman à la fois intime, drôle, et nous faisant plonger au coeur des oeuvres d'art. 

Et puis, plaisir, satisfaction intellectuelle renouvelée.

Ici l'auteur s'emploie à nous narrer la journée du Roi-Soleil. C'est extrêmement documenté, on le voit, et même, cela contre les fausses-idées, la masse de fausses-idées que nous avons de ce siècle, et de ce roi. Par les nombreux témoignages qu'on voit qu'il a lus, de tous les auteurs qui en parlent (Saint-Simon, Louis XIV lui-même, Mme de Sévigné, etc.), par les hypothèses exposées, quand nous n'avons pas de certitudes. Ainsi plongeons-nous de façon passionnante au plus près du quotidien du roi Louis XIV, de sa personnalité, de son entourage, ses penchants... Nous découvrons Molière, qui officie auprès du roi en tant que Valet de Chambre ! Cela est anecdotique, mais non, en fait : cela nous en dit beaucoup sur sa source d'inspiration, entre autres... Dans les coulisses du XVIIe siècle, de surprises en surprises... Saviez-vous que le mot "couvert" vient de ce que le repas du Roi, pour arriver jusqu'à lui, était couvert, pour ne pas refroidir, parce qu'il fallait traverser une longue rue pour venir jusqu'à sa table ?

Oh, vraiment, ce livre, conçu heure par heure est passionnant.

Merci Philippe Beaussant.

. Le Roi-Soleil se lève aussi, Philippe Beaussant, Gallimard, 2000. Folio Poche, 2005.

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Voyage en Italie :))

11 Février 2018, 17:35pm

Publié par LaSourisJOne

Essai.

Alors, j'ai traversé l'Italie, avec Jean Giono. Avec sa femme Elise, et un couple d'amis Antoine, qui conduit, et sa femme. Mais l'on aura pas l'impression de bien connaître les autres, à part un peu Antoine qui ne lésine pas - c'est l'esprit de tous quatre - sur les expériences de voyage, pour découvrir une terre autrement, et au fond.

J'ai traversé l'Italie non au rythme des amateurs de vitesse, comme Giono le dit lui-même dans son texte, mais de 10 km en 10 km, en s'arrêtant souvent, pour humer le silence de chaque lieu. 

J'ai souri souvent, appris des choses, je me suis plongé dans quelques anecdotes historiques, de personnages méconnus d'Italie, je me suis ennuyée parfois ; j'ai rencontré des Italiens, regardé les places de Brescia, Bologne, Venise... Re-découvert Giono, ses goûts, ses préférences, ses agacements.

Découvert avec étonnement pourquoi les gens pouvaient s'habiller de noir et rester classes sans être salis par la poussière à Venise : parce qu'il n'y a pas de poussière (pas de voitures !)...

J'ai aussi savouré sa conception de l'histoire : c'est la petite qui compte. Finalement Machiavel, à l'échelle d'une année, et pour être celui que l'Histoire en a fait a eu quelques dates, marquantes dans sa vie, mais : c'est le reste qui compte. Car c'est là que l'homme se fait, cherche le bonheur et trace réellement son sillon.

Réellement intéressant.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Voyage en Italie, Jean Giono, éd. Gallimard Folio. 1954.

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Le wagon plombé, 'Le voyage en Russie' :))

17 Décembre 2017, 17:49pm

Publié par LaSourisJOne

Essais.

Trois récits courts, autour de l'âme russe. Le premier 'Le wagon plombé', revient sous l'oeil de Zweig par le départ de Suisse de Lénine, en train, au moment de la révolution russe, et analyse ce fait que sans ce train, la face du monde en eût été changée.

Le Voyage en Russie : savoureux. Avec son superbe sens de l'observation, et de la description, il nous fait franchir la frontière et nous fait pénétrer dans le pays si vaste où le temps et l'espace n'ont plus la même valeur... Nous fait visiter Moscou, mais aussi Saint-Pétersbourg, l'énorme musée de l'Ermitage. Et toucher du doigt que, sans l'âme russe, et l'efficacité de quelques directeurs de musées aux moments les plus rudes, sans le communisme aussi, les plus grands tableaux du monde ne se seraient pas retrouvés à disposition de tous, dans ce lieu qu'est l'Ermitage. Et découvrir qu'il compte tant d'oeuvres de nos plus grands artistes ! Au moins n'ont-ils pas été pour le profit d'un seul :)

Enfin, c'est à Maxime Gorki qu'il consacre son troisième récit. A qui il semble vouer une admiration sans bornes. Mettant en regard son travail de poète et les affres de sa vie, cet homme d'une extraction trop simple, qui voulut mettre fin à ses jours, se rata, et écrivit ensuite, tout en apprivoisant la souffrance. C'est tout à la fois un hymne au courage quotidien du peuple russe qui savent affronter la rudesse de chaque jour qu'il rend hommage.

Comme d'habitude, Zweig éveille, et avec talent.

Merci à Marie-France de m'avoir mis entre les mains un Zweig que je n'avais pas encore lu (et comme j'ai beaucoup de chance, un autre d'aileurs, merci Delph,), m'attend bientôt...

. Le wagon plombé suivi du Voyage en Russie, Stefan Zweig, éd. Payot, classiques ; 2017. 

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