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Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman

La drôle de vie de Zelda Zonk :))

13 Août 2017, 19:24pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Agréable gourmandise, dégotée par hasard... Le titre, le nom du titre me disait vaguement quelque chose... Comment avais-je pu oublier !

Alors, deux histoires en une, finalement. 

Tout commence au sein d'un couple heureux, tranquille, où tout va bien. En allant au travail (elle ne s'y rend qu'une fois par semaine), son destin, cependant, un jour, bascule. Je ne vous dis pas comment... (C'est agaçant, à la fin, de ne pas dire comment !!). Mais bref. Durant son séjour à l'hôpital, elle rencontre une vieille femme, qui partage sa chambre, qui s'appelle Zelda. Les séparations se précipitent, mais elle a le temps d'apercevoir son nom, sur la feuille médicale : Zonc. Et sa soeur, la fooooooormidable Gail qui passe son temps à voyager (euh, elle est hôtesse de l'air) en lui laissant sa fille à élever, lui dit un jour, de façon anodine : tiens, c'est le pseudonyme qu'utilisait Marilyn Monroe lorsqu'elle voulait échapper à sa condition de star, se grimant d'une perruque brune...

Alors, en même temps que se créée cette amitié entre elles deux, les questionnements naissent, petit à petit. Et si... Marilyn n'était pas morte ?? Evidemment, c'est un questionnement de génie, et qui, ma foi, nous tient en haleine tout au long du roman, un très bon point pour cela. J'ai regretté cependant - mais l'énigme s'écroulait, sans cela ! - que, puisqu'elles devenaient amies, elle ne s'ouvre pas auprès de Zelda de ses questionnements...

Et je mettrais un petit bémol à la fin du livre, qui m'a un peu laissée sur ma faim, surprise, mais pas dans le bon sens... Le choix de l'héroïne, compte tenu de tout ce qu'elle vit, traverse, et pense, surprend... Le dénouement, aussi, quand à cette énigme autour de Zelda, m'a également un peu déçue...

Cependant : le livre m'a tenue en haleine ! Et évidemment, vous plongerez dans une histoire d'amour, enfin, pas qu'une... Amour, passion, durée d'un couple, choix de vie... Non sans romantisme, je vous l'avoue.

La relation d'amitié avec Marsha, sa collègue de boulot, m'a aussi beaucoup plu, et j'avoue que j'ai aussi beaucoup aimé ce personnage secondaire de l'histoire.

Bref, un très très bon moment de lecture !

. La drôle de vie de Zelda Zonk, Laurence Peyrin, éd. Livre de Poche, 2015.

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L'île des oubliés :)))

12 Août 2017, 12:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai véritablement aimé me plonger entre les pages de ce livre, et cotoyer ce tourbillon de personnages, entre 1953 et 2001, qui constituent le passé et l'histoire de l'héroïne, Alexis, jusqu'à son présent...

Une jeune femme à qui la mère n'a jamais rien voulu raconter de son passé : elle sait juste qu'elle a des origines crétoises. Alors comme elle s'y rend avec son petit ami le temps de vacances, elle insiste auprès de sa mère : elle veut savoir. La mère comprend qu'elle lui doit la vérité, les mots : alors elle lui donne l'adresse de son inséparable meilleure amie, là-bas, à Plaka, en Crète, écrit une lettre à celle-ci, et lui demande de tout raconter, tout, à sa fille. On peut se dire que c'est un terrible cadeau à faire à sa meilleure amie !

Mais le fil se déroule, et on n'a pas envie qu'il s'arrête. Car elle va tout livrer, en remontant plusieurs générations.

On s'attache à chaque génération et à chaque destin. Lourds, parfois. Marqués par une terrible maladie : la lèpre. Au delà des préjugés, on va apprendre à la connaître, à découvrir le fléau qu'elle pouvait être, dévastateur, dans la vie de toute une famille. 

Le premier destin qui nous est raconté m'a, je l'avoue, marquée, j'ai été tentée d'avaler les pages vite pour ne pas trop lire de détails (je vous rassure, ce n'est pas le propos du livre) quant à cette maladie et cette femme, bonne, qu'on n'a pas envie de savoir touchée par ce mal. Et par cet exil terrible qui fut le lot des lépreux, dès le diagnostic posé, sur l'île de Spinalonga, en face Plaka. Cette île accueillit en effet les lépreux entre 1903 et 1957...

C'est bouleversant de l'imaginer. Nous allons vivre le quotidien de deux endroits, l'île et Plaka, liés qui plus est par ce passeur qui s'y rend en barque pour apporter le nécessaire et dont la femme est une de ces lépreuses. Magnifiques liens. On prend la mesure de la douleur de cet exil, tout en découvrant les aménagements pragmatiques des exilés... Puisqu'il faut bien vivre ! L'île est une communauté d'aide, où l'on crée des commerces, des boutiques avec goût, où tout est différent, et a du sens... Et puis il a ce médecin tout en retenue, magnifique également, qui laisse sa trace superbe dans ce roman...

Tourments et sceau de la maladie, poids d'une réputation, origine de séparation, de destins brisés, amours... J'ai profondément aimé ce voyage en Crète, ces destins chargés qui nous mènent jusqu'à cette jeune femme, qui découvre ses racines.

Et l'on se dit que, même si c'est lourd, cette narration d'un passé entier est un sacré cadeau, précieux, pour avancer dans la vie...

Un grand merci à Samuel, qui m'a mis ce livre entre les mains.

. L'île des oubliés, Victoria Hislop, Le Livre de Poche ; 2005 (Anglais) ; traduction française, 2012.

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Le testament américain

3 Août 2017, 16:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Au début, j'ai été très emballée par ce livre et son histoire, tellement atypique : un homme riche, né par hasard à l'issue d'un accident d'avion au cours duquel sa mère l'a accouché sur le comptoir de l'épicerie du village, cet homme donc à sa mort, livre en testament à chacun des habitants un tombeau somptueux, construits tous selon des plans bien spécifiques. A la condition que tous acceptent, voila la bien curieuse donnation aux habitants de ce petit village.

Le changement de moeurs, petit à petit, était plutôt jouissif à lire, d'autant que le style de l'auteur est alerte, et qu'il manie la tournure de phrases habilement. Cependant, les moeurs sexuelles de cette communauté qu'il dépeint non sans une bonne dose d'humour comme des êtres arriérés ont fini par me saouler, d'autant qu'évidemment le trait est largement forcé et les moeurs extrêmes...

Ca fait sourire au début, ça agace quand même et finit par éreinter un peu ! D'autant qu'il y avait un beau potentiel avec cette idée géniale, cette situation parfaitement bien campée et la possibilité de faire rire en explorant les personnalités autrement que sexuellement, car on a vite compris, quand même, les particularités de chacun en la matière... 

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le testament américain, Franz Bartelt, NRF Gallimard, éd. 2012. 

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Farallon Islands :)

2 Août 2017, 06:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, je ne suis pas mécontente de quitter ces îles Farallon, îlots très hostiles situés en face de San Francisco. Et où l'héroïne décide de s'installer. Devenue photographe animalière, elle a perdu sa mère à l'âge de 14 ans, continue à lui écrire des lettres perpétuelles, et en reste très marquée,

Elle va y vivre pendant un an, et c'est cette année là, qu'on va vivre avec elle.

Ce n'est rien de dire que la nature est hostile, ici ; c'est plus qu'un euphémisme. C'est ça que j'ai eu hâte de quitter, et l'aspect documentaire animalier qui, en ce qui me concerne, ne m'a pas passionnée, et même ennuyée. Vous saurez tout des éléphants de mer, requins, baleines, goélands, souris... Ah oui, et du poulpe aussi. Que vous apprendrez à détester ! Car c'est à travers leur aspect rude, prolifique, sauvage, étrange, et même criminels qu'ils sont dépeints, le plus généralement. 

Cependant, le roman est très bien structuré. Evoque dans sa maîtrise une Catherine Poulain, ou une Claudie Gallay. Mais j'y mets donc autant de réserves personnelles que pour ces deux auteurs-là : les univers sont trop hostiles, et franchement, vous n'avez qu'une envie, c'est de les quitter. En ce qui me concerne en tout cas.

C'est aussi pour cela que j'ai hésité à mettre un sourire (au lieu de pas du tout) en appréciation de ce roman, compte tenu de la hâte que j'avais de quitter cet univers. Je ne peux donc que reconnaître que le roman est bien fait, et c'est pour cela que j'ai opté pour le sourire finalement.

D'autant que ce tableau ne serait évidemment pas complet sans l'aspect humain de ce roman, qui est particulièrement intéressant, mais là encore.............. propre à ajouter à l'ambiance terrible de ce livre !

Elle vit donc sur ce rocher hostile, arride, froid, balayé par les vents, où marcher est déjà un danger, mais, elle n'y vit pas seule ! Elle y vit avec un petit groupe de biologistes, ils partagent donc l'austérité d'une maisonnette spartiate ; et évidemment ce qui va être très intéressant à suivre, à observer, ce sont les personnalités de chacun extrêmement bien campées avec sobriété et efficacité, un peu avec le minimalisme et la retenue d'une Claudie Gallay ou d'une Catherine Poulain justement ; et en tout cas, ce sont le même type de personnage, cabossés par la vie. Taiseux. Qui ont trouvé refugé ici, pour échapper à un deuil, sans qu'aucun n'accepte de se confier spontanément évidemment, tout cela est tû. Chacun vaque à ses occupations, il y a les liens entre certains qui sont donnés à voir par petites touches efficacement. Et évidemment, les chocs, les traumatismes, dont elle ne sera pas exempte, loin de là. Que je ne vous raconte pas, mais qui sont de l'ordre du pire. ! Quelques belles personnes, quelques beaux éclats humains, quand même, mais dans une vision de la vie et du monde quand même assez hostile. 

Le roman est aussi intéressant du point de vue de la photographie, de la réflexion sur l'acte de photographier.

Et même si la fin laisse espérer la lumière, la construction de soi, l'acceptation de l'avenir, et dit la victoire, quand on sait d'où elle vient, on pense avec amertume à la maxime qui semble sous-tendre la pensée de la narratrice : les choses belles naissent du mal... Mouai, pas très optimiste, tout ça... 

Cela dit, c'est une prouesse assez réussie que ce livre.

Merci à Delph de m'avoir permis de le lire :))

Bibliothèque d'Evran.

. Farallon Islands, Abby Geni, éd. Actes Sud. Publié aux EU en 2016, 2017 pour la traduction française.

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Message des hommes vrais au monde mutant :)

24 Juillet 2017, 19:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre raconte, à postériori, l'expérience d'une femme, américaine, installée en Australie, qui expérimente sans l'avoir véritablement choisi quatre mois au sein d'une tribu d'aborigènes. 

On se retrouve, comme elle, dans la peau d'une femme dite 'civilisée', avec son maquillage, ses accessoires, plongée au coeur d'une aventure extrême, mais vécue si naturellement, avec une peuplade aborigène. Elle était certainement à la lisière d'être convaincue, si non elle n'aurait pas supporté tout cela. Mais c'est quand même très intéressant, et propre à faire réfléchir, ce que veut le livre. Réfléchir à nos choix, la limite de nos choix de société, en regard de ce que vivait cette peuplade... Proximité infinie avec la nature, bluffante. Evidemment, on y pense. La peur, disparue, l'acceptation de tout faisant que les facultés de l'homme sont démultipliées... La télépathie, parce que non obstruée, entre deux êtres, à 35 km de distance ! Le fait de vivre de la nature, mais pas à son détriment, en ulilisant uniquement ce dont on a besoin, sans aucun gaspillage... La communion, le retour à des valeurs authentiques... La célébration non des anniversaires, mais des moments où chacun se sent devenu meilleur...

Quatre mois incroyables, de traversée d'un désert australien avec cette peuplade, avec des épisodes forts, auquel on est tentés de croire, même si c'est souvent incroyable. Et on a envie de se dire qu'il faudrait vraiment, changer le monde, en suivant leur voie un peu plus, tellement plus juste... Mais comment faire pour enrayer la machine, pour faire machine arrière, avec toutes nos superficialités acquises ?

Une lecture stimulante, qui interroge. Sur la spiritualité et nos façons de vivre.

. Message des hommes vrais au monde mutant, Marlo Morgan, éd. J'ai Lu Aventure Secrète, 1991 ; 1995 pour la traduction française.

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Vivre vite

20 Juillet 2017, 08:17am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Le livre se lit vite, et facilement. Sans doute parce que les chapitres sont très courts, donnant la parole - supposée - aux divers protagonistes de l'histoire, de la vie de James Dean (mère, père, oncle, tante, acteur et actrice croisés, photographe, prêtre, etc.).

Evidemment, je lui reconnais un ton mélancolique, une indiscutable tristesse, mais comment pourrait-il en être autrement, avec le destin que l'on sait ? D'autant que chacun nous écrit comme si c'était 'après'. 

Alors, pas à pas, depuis l'âge de dix ans jusqu'à sa mort, la vie de Jimmy. Du point de vue 'intérieur' de chaque locuteur, sans que ce soit très introspectif, et sensé être 'formulé' après la mort. Même la mère de Jimmy, écrit, du fond de sa mort à elle, et ça donne comme une parole incantatoire assez forte. Toutefois, je me suis dit que cela aurait pu être plus fort, je me suis dit que tout cela fonctionnait bien mais qu'il avait cédé à la facilité en demeurant dans la 'superficialité'. Même si James Dean, finalement, à travers sa propre voix imaginée et celle des autres, est finalement bien rendu, joliment donné à voir, comme à travers une mosaïque qui forme un être. C'est certes, la vision de l'auteur sur ce personnage mythique, mais on a peu de mal à se dire que c'est tout à fait plausible.

Ce qu'on discerne, mais qui n'est jamais formulé, c'est un personnage fragile, marqué dès son enfance. Par... quoi, au juste ? En tout cas, un être marqué par la mort de sa mère à 9 ans, et séparé de son père dans la foulée. Seul avec sa destinée, malgré l'amour sincère de son oncle et sa tante qui l'élèvent. On le sent irrémédiablement écorché. Abusé par un prêtre ? Le James du livre ne le voit pas comme ça, il privilégie le lien précieux de cette relation...

Ce qui m'a frappée en lisant ce livre, c'est l'impatience du jeune homme. Grandissante. Qui ressemble plus à une incapacité de faire face à soi même, à sa solitude. Alors il comble, avec ce qui éloigne de soi, l'alcool notamment, les voitures... Encore qu'avec les voitures, il semble y avoir eu dès le début un goût pour la vitesse et la mise en danger, consciente ou inconsciente, on ne sait pas...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Vivre vite, Philippe Besson, éd. Julliard, 2014.

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Le dernier amour d'Attila Kiss :))

16 Juillet 2017, 23:18pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un très beau roman d'amour que celui-là. Plus que cela, d'ailleurs. Un roman sur une lutte, sur la résilience, sur l'histoire, sur ce qui sépare deux êtres et sur ce qui les unit, plus fort que tout, l'amour. 

C'est une belle voix, mélancolique, forte qui nous susurre à l'oreille cette histoire. Attila, sa vie, ses duretés. Son chemin aride, mais il n'en a pas d'autre. Alors son premier mariage, sa vie parallèle, ses trois filles, sa vie illégale auprès de son beau-père, son départ ; son nouveau départ, et sa vie de travail, dix ans dans une usine pour gaver des poussins. Et la peinture, pour garder, immortaliser ce qu'il n'a plus. Et une jour, comme une tornade, une rencontre, à la terrasse d'un café. La jeune femme ne le quittera plus. Malgré tout ce qui les sépare. Malgré leur passé historique, qui le remplit de haine, parce qu'elle est viennoise, riche, et qu'il est pauvre, et hongrois. Il va lutter, lutter, contre cet amour. Dire ses douleurs, tenter de détruire. Mais... Elle est forte, elle l'aime et...

C'est un beau roman que ce Dernier amour d'Attila Kiss. Un beau roman, bien écrit, sensible, fort. 

Je vous le recommande.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le dernier amour d'Attila Kiss, Julia Kerninon, éd. La Brune Le Rouergue, 2016.

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Cinq mouches bleues :(

15 Juillet 2017, 07:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais vraiment beaucoup aimé Le Ruban rouge, superbe roman historique, de Carmen Posadas. Alors je n'ai pas hésité longtemps avant d'acheter cet autre livre de cette auteure, trouvé par hasard d'occasion.

Cependant, j'abandonne sa lecture, déçue. J'y suis bien entrée, pourtant, et je me pensais coulée dans un bon roman. Qui naissait d'une rencontre, d'un déjeuner improbable entre un oncle et sa nièce qui ne se voient jamais ; et puis tout bascule à mon sens dans le médiocre à partir du moment où une bonne part des protagonistes va passer une semaine au Maroc, à l'hôtel l'Hirondelle d'Or ; ça commence en intrigue policière, pourquoi pas, et ça se noie. Je sens que je suis dure, car je sais que d'aucuns peuvent y trouver un intérêt : après tout, elle nous peint, dépeint quelques membres d'une société aisée, madrilènes, en vacances au Maroc ; cependant, là, ça ne nous interesse pas ! Je crois qu'on a envie que l'intrigue avance autrement, efficacement, plutôt que de nous donner à voir des personnages un peu limités, trop humains, qu'on n'a pas envie d'aimer, cet animateur de radio suant, sa maîtresse, et cet autre couple... Je crois que si elle avait continué avec ses deux personnages du début, ça m'aurait plu ; mais alors ceux-là ne me donnaient aucune envie ni nécessité de les connaître ! Alors tant pis : je ne saurai jamais si Mercedes a tué son mari en ne l'aidant pas à se défaire d'une amande avalée, si c'est sa maîtresse, ou un funeste destin...

Carmen Posadas est originaire d'Uruguay, et vit en Espagne.

. Cinq mouches bleues, Carmen Posadas, éd. poche, mai 2001.

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L'éveil de mademoiselle prim :))

30 Juin 2017, 16:54pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis encore imprégnée de l'atmosphère de ce roman, que le hasard a mis entre mes mains. C'est un hasard total, et : en entamant ma lecture et voulant savoir de quelle origine était l'auteur pour en mieux comprendre le style, j'ai découvert que c'était un auteur, féminin, espagnol ! Or, il semble que je trouve chez les auteures espagnoles un vrai, vrai plaisir de lecture, et une authenticité souvent déconcertante.

Alors, bref, le hasard mettait un livre écrit par une auteure espagnole entre mes doigts. 

C'est pour son charme suspendu que je retiendrais ce livre. Car il m'a enchantée ! Même si, pour être tout à fait honnête, je me dois ici de noter les réserves que j'ai scrupuleusement refoulées au fil de ma lecture, parce qu'elles m'ont parues très anecdotiques au regard du plaisir que ce livre me procurait : parfois, et j'ai pensé que c'était la 'faille' d'une traduction, ou disons, l'incomplétude du fait de lire un livre autrement que dans sa langue originelle, certaines phrases, bien que toujours agréablement tournées, me sont restées 'sans sens'. Comment dire... Avez-vous déjà eu cette (assez) désagréable traduction : vous lisez la phrase, vous la relisez, et elle demeure à un degré de conscience, ou de connaissance inaccessible. Ca énerve un peu secrètement, et puis, là, cette fois, je me suis dit que c'était peut-être ça : les mots sont restés proches de l'original, mais la teneur totale s'est évaporée. Rassurez-vous cependant, ces 'failles' mutiques ne gênent pas vraiment la lecture.

Alors, le personnage masculin principal -puisque j'en suis aux réserves ou agacements !- énerve. Parce qu'il a tout pour déplaire. Il est odieux ! Mais central, et il fascine la gent féminine. Le hic, je trouve, c'est qu'on ne comprendra pas vraiment pourquoi il fascinera tant l'héroïne, ou justement, puisque l'amour est au coeur des conversations de ce roman, eh bien il est peut-être l'incarnation d'une théorie selon laquelle : les êtres odieux attirent, l'amour est un aimant qui attire des pôles opposés.

Bon : le dénouement pourrait nous paraître décevant, et pourtant...

La promenade qui nous y mène est chouette ! Pauvre mademoiselle prim, cependant, à qui rien n'est épargné ! Cette communauté qu'on nous décrit comme parfaite et suspendue, hors du temps, est toutefois bien déroutante, et je ne suis pas persuadée qu'elle soit des plus 'délicates', et respectueuses, car ici, la vie des autres vous regarde ! Toutefois, le principe posé est intéressant : ces êtres-là se sont retirés du monde moderne et fondé leur village autour de leurs convictions ; notamment celle de l'éducation, inspirée de Gargantua, qui m'a beaucoup parlé je l'avoue, ainsi qu'une conception du féminisme post-moderne qu'il faut lire pour comprendre, mais qui se défend ! Même s'il est théorique, il repose sur l'idée (juste !) que les femmes sont aliénées par leur métier, leurs enfants, etc. et ici, elles se réapproprient tout ça. Un seul crédo, concret dans ce livre : la transmission du savoir par toutes ces formes, le partage des expériences, et le choix de vivre une vie épanouie. Pas dans l'abstraction : ce crédo est incarné par la manière qui sans doute incarne ceci pour l'auteur (ou fruit de ce qu'elle cherche à démontrer) : les habitants passent leur temps à se voir, se recevoir, autour d'un thé, d'un chocolat chaud et d'un goûter ; et évidemment, ça fait envie, comme projet de société !! :))

J'ai passé un très bon moment aux côtés de ces personnages, et mine de rien, je trouve qu'elle sait très habilement mener son récit, alors même que l'enjeu est mineur (on sait à peu près où elle veut nous mener) ; en outre, elle ne cède pas à la sirupeuse (si, là, ça l'aurait été !) 'happy end', c'est une fin en suspens... Très plaisant !

Médiathèque de Saint-Malo.

. L'éveil de mademoiselle prim, Natalia Sanmartin Fenollera, éd. Grasset. 2013

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Une fièvre impossible à négocier :))

28 Juin 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aime décidément énormément Lola Lafon.

J'avais littéralement adoré La petite communiste qui ne souriait jamais, j'avais trouvé très fort son Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, puissant, qui bouscule, dérangeant ; j'ai encore aimé ce premier livre, et plus, parce qu'il est un véritable manifeste.

C'est évidemment plus qu'un roman. Un cri.

Elle est revenue sur ce sujet du viol dans 'Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce', et l'a poussé à son paroxisme, jusqu'à la folie. 

Là, problématiques centrales. Abordées sur fond de révolte, de rébellion, de contestation, d'incompréhension sociale ; tellement juste, souvent. Cet extrêmisme-là sonne tellement juste. Avec le questionnement des idéaux, et celui du sens, l'interrogation quant à notre projet de société, par l'expérience du personnage principal, qu'on sent brûlant de vérité, d'authenticité et impossible à séparer de celle qui l'a créée.

Donc, Loundra, un jour, un 14 septembre, est violée par un type, qu'elle connaît, et qui est connu. Sa vie, évidemment, bascule. La narratrice nous raconte un quotidien de hargne, pour tenter de rester debout, quand on nous a 'forcée' agenouillée. Comment on détruit, déconstruit, fait avec parce qu'on n'a pas le choix. 

C'est au coeur de mouvements d'extrême gauche, Etoile Noire Express, qu'elle va trouver sa place ; ce livre est plein de rencontres du quotidien, de phrases fortes, qui coulent, qui frappent ; il y a aussi le surf, la passion de Loundra, fascinée par la capacité des plus forts à tenir debout face à des vagues monstrueuses. Et puis, la justice en prend plein son grade, avec sa nullité crasse quand il s'agit de juger des affaires de viol, qui laisse le champ libre au coupable, et humilie s'il était possible encore plus, la victime déjà crucifiée. 

Ca parle de résistance, malgré soi. 

C'est très fort.

. Une fièvre impossible à négocier, Lola Lafon, 2003, Actes Sud.

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