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Le blog de la souris jaune

roman historique

L'obsession Vinci :)

10 Juin 2021, 20:42pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment intéressant. Parce que Sophie Chauveau a énormément travaillé et approfondi le sujet "Léonard de Vinci" avant d'écrire sa vie de Léonard de Vinci. Ca se lit comme un roman, et c'est sa force. Un roman qui m'a quand même éreintée, dans une bonne deuxième partie du livre. Certes, ce sont les détails qui sont intéressants, pour éclairer la vie d'un grand homme comme celui-ci ; cependant, c'était trop long à mon goût, on n'échappe pas à une certaine lassitude sur les 30 dernières années de sa vie.

En outre, trop c'est trop... et là, j'ai trouvé ça trop ! Ainsi place t-elle la sexualité au coeur de son oeuvre... Pourquoi pas, on peut imaginer que celle-ci occupait une certaine place à cette époque débridée, et aussi dans la vie de Léonard de Vinci, pourquoi pas. Mais elle ne nous épargne rien, et à la fin, c'est lassant... ! Ainsi, le parti-pris d'un traumatisme physique presque castré par son père est intéressant (je ne l'avais lu nulle part) ; mais tout ce qui en découle et toutes ses moeurs sexuelles est très souvent et largement détaillés au point que parfois on frise un peu l'overdose !

N'empêche : son travail, son récit dans son ensemble aide à visualiser très efficacement une vie d'homme aux XV et XVIe siècle, en Italie puis en France, c'est très intéressant, bien documenté, et également très riche du point de vue biographique sur Léonard de Vinci car beaucoup d'éléments, de personnages, etc, sont vrais...

J'ai beaucoup aimé lire la narration de l'amitié/coup de foudre entre Lisa, la jeune Lisa en deuil parce qu'elle vient de perdre un bébé, et Léonard : leur communion est instantanée, et le sourire les lie... La durée des pauses, puisque les deux inséparables éprouvent tant de plaisir à se retrouver pour ce moment d'un côté et de l'autre de la toile pendant des mois ; et puis l'attachement de Léonard pour ce portrait (cet attachement n'est pas contesté par les faits) comme un prolongement de cette amitié et de moments de vie (leurs séances) qu'il a toujours envie de prolonger : là encore, c'est très intéressant, c'est plausible, en fait...

. L'obsession Vinci, Sophie Chauveau, 2007 ; Folio.

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La valse inachevée :))

2 Novembre 2017, 22:42pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai failli écrire : roman historique. On y est. Ce roman commence en 1876, en Autriche, à Vienne ; dans la peau de l'Impératrice, Elisabeth, dite Sissi... A l'étroit dans les règles imposées par l'étiquette, celle-ci va s'arroger le droit de se rendre, incognito, accompagnée de sa dame de compagnie elle-aussi jouant à être une autre, au fameux Bal de la Redoute, où l'on se presse, déguisés, et absolument pas reconnaissables : un moment de liberté qu'elle s'octroie. Là, elle croise la route d'un jeune homme, de dix ans son cadet (elle a alors 36 ans), et va se nouer un partage presque silencieux, tendre, mais fort : l'un et l'autre ne s'oublieront jamais, tout au fil de leur vie, que l'on va suivre au fil de ce livre ; seulement l'un est un jeune homme inconnu, elle est Impératrice ; elle lui cachera son identité tout au long de sa vie, malgré les lettres qu'ils ne peuvent éviter de s'adresser, de loin en loin ; toute sa vie il se demandera, si elle n'était pas l'Impératrice, oscillant entre deux possibilités. Entre dissimulation, rancoeur amoureuse, sentiments d'agacement provoqués par l'insatisfaction du sentiment amoureux insatisfait, ce roman nous mène au fil des ans qui passe, au coeur de l'Histoire, de l'éclosion de la guerre et la montée du nazisme bientôt. Arrières-plans politiques, personnalités de l'histoire nous sont livrés ici transfigurés par le prisme de l'intime ;je l'ai autant aimé pour l'époque retracée que la force des personnages, quels qu'ils soient.

. La valse inachevée, Catherine Clément, 1994, éd. Calmann-Lévy.

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Mme des Bassablons :)

21 Avril 2016, 23:20pm

Publié par LaSourisJOne

Mme des Bassablons :)

Roman historique.

Ce roman-là, je ne suis pas prête de l'avoir à nouveau entre les mains, alors je l'immortalise ici.

Je viens de me plonger dans le destin d'une femme, une Malouine, au temps de la Révolution française, ou plutôt de la Terreur. De 1790 à 1793. Thérèse des Bassablons. Pétrie de foi. J'ai aimé l'écriture, j'ai aimé me couler dans un autre temps, sous la plume d'un homme appartenant également à un autre temps, bien que beaucoup plus récent (1922). Evidemment, c'est un plaidoyer pour cette femme, un plaidoyer convaincu, et surtout au nom de la foi ; mais c'est intéressant, à plus d'un titre. On suit donc cette femme, à qui il n'arrive pas grand chose, mais qui semble de vouer ses jours aux autres, aux plus démunis, aux pauvres ; qui ne ménage jamais sa peine, et qui semble auréolée de la foi, jusqu'à la fin. On la voit arpenter un Saint-Malo d'un autre temps, quant Saint-Malo était trois villes, quand il fallait du temps pour parcourir des distances, quand le Sillon n'avait pas sa digue, était à Paramé, et était une langue de dunes ; quand les corsaires rendaient la ville riche de ses explorations maritimes (avant 1790). Mariée, puis veuve, elle va donc consacrer son temps et son argent aux autres, ainsi qu'à l'édification 'religieuse', pieuse, dès que faire se pourra : et c'est de cela dont elle va périr. En un temps où nobles et religieux sont honnis soudain ; certes le peuple et sa Révolution sont diabolisés, et peut-être y a t-il des accents de vérité dans ce récit ; mais on sait aussi clairement dans quel camp l'auteur se place ; intéressant, comme regard, parce qu'autre, en tout cas.

Les 16 jours en charrette, de Saint-Malo à Paris, avec les futurs condamnés à mort sont décrits avec force, on les voit, on les imagine ; de même que les moments dans les prisons, au milieu de la vermine, et la mort, après un simulacre de procès, par guillotine. Alors même qu'il reste peu de choses, peu de documents historiques sur cette femme ; mais l'auteur a trouvé aux archives nationales les 'minutes' du procès, collectif, des 29 condamnés, et c'est forcément édifiant, parce qu'il les retranscrit telles qu'elles sont, et qu'évidemment, on découvre à quel point la force de l'Histoire décime des destins sans leur laisser la moindre chance...

Vraiment intéressant.

Merci à Eric L. pour la jolie découverte.

. Madame des Bassablons, une Malouine au temps de la Révolution, Ed. Fournier, Librairie Weibel, 1922.

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Le roi disait que j'étais diable :(

9 Novembre 2014, 08:51am

Publié par LaSourisJOne

Le roi disait que j'étais diable :(

... Il y a des auteurs qui dès que l'on se coule dans leur livre, nous parlent véritablement, et viennent toucher des résonnances au plus profond de soi. Ils ont les mots qui nous touchent. Et il y en a d'autres qui irrémédiablement, resteront à la surface. Je suis contrainte d'avouer que celle-ci, avec ce livre-là (puisque je n'ai jamais lu d'autres livres de Clara Dupont-Monod) fait partie des livres qui demeurent loin de moi. Ainsi, j'ai bien dû lire ce livre 3 fois : chaque phrase, trois fois, pour qu'elles fassent sens en moi. Et encore, sens... J'ai eu envie de lire ce livre en entendant son auteur lors d'une interview sur France Inter ; l'idée de découvrir ce personnage historique, Aliénor d'Aquitaine, que je ne connais pas du tout, personnage haut en couleurs semble t-il même si l'Histoire ne nous a transmis aucun portrait d'elle, m'a séduite.

Je dirai qu'en ce qui me concerne, elle rate sa cible à demi. Complètement, si c'est Aliénor qu'elle voulait donner à voir ! La narration nous donne à 'pénétrer' tantôt Aliénor, donc, tantôt Louis VII, celui qui devient son époux, au XIème siècle. Nous découvrons la femme du sud de la France avant son mariage, et pendant les premières années de celui-ci. On a bien compris que tout les oppose. Mais autant j'ai 'compris', saisi, senti le personnage de Louis VII, autant pas du tout celui d'Aliénor. Je trouve (puisque c'était ce qu'elle voulait faire) qu'elle n'explore pas assez les creux de l'Histoire, elle ne les remplit pas. Aliénor aime le luxe, la guerre, la poésie, et partir seule à dos de cheval dans les rues de Paris ; en revanche, ce qu'elle est, ce qu'elle veut vraiment, j'avoue m'est resté très mystérieux, opaque. Alors certes le livre pourrait se dire bien écrit, il ne manque pas de descriptions qui se veulent antropomorphiques, j'ai découvert une tranche de l'Histoire que je ne connaissais pas ; certes, utiliser l'intime pour aborder la grande Histoire est une fabuleuse idée, mais pour ce faire, j'ai préféré Carole Martinez, Carmen Posadas avec Son Ruban Rouge ou dans un autre genre Irvin Yalom. En fait, hormis quand l'auteur incarne le roi Louis, finalement, dont elle parvient à nous faire sentir ce qu'il ressent, je me suis ennuyée...

. Le roi disait que j'étais diable, Clara Dupont-Monod, éd. Grasset, sept 2014.

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