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Le blog de la souris jaune

moyen-age

La cité des nuages et des oiseaux :))

22 Janvier 2023, 10:24am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un roman-monde, aurait sans doute dit Michel Le Bris. Un roman qui contient le monde, dans ses 680 pages. Et c'est sans doute en cela que j'ai été captivée ; je dois aussi reconnaître, même si quand il s'agit d'une traduction c'est difficile de parler du style, que j'aime l'écriture d'Anthony Doerr, que j'avais énormément aimée avec Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Ce roman écheveau se tisse de six fils, dont l'histoire s'entremèle : deux personnages vivant aux alentours de 1450, deux dans notre présent (sombre), une dans le futur plus un très vieux récit, celui d'un texte écrit pas Diogène à l'Antiquité, qui nous est donné à lire par fragments reconstitués, et qui tisse le lien entre tous ces personnages. Et c'est ce texte, ce livre qui portera les personnages quels qu'ils soient, pour de multiples raisons ; évidemment le prodige qui fait qu'un texte traverse les âges et parvient jusqu'à nous, survivant à tout, est aussi au coeur du récit.

Je trouve qu'Anthony Doerr a une capacité de création qui fait plaisir, c'est une grande vague qui emporte, et ce n'est pas du luxe, pour moi en tout cas qui commençait à être une lectrice désabusée... Et ça va au delà de l'affection ou de la répulsion qu'on pourrait avoir pour les personnages, finalement, c'est sans doute ce qui est très fort. Il sait décrire sans lasser, raconter, garder l'attention du lecteur... Il y a bien sûr des aspects sombres, grinçants, effrayants ; je n'ai pas eu envie d'abandonner ce livre malgré ses 680 pages, je trouve que son roman est une prouesse...

A découvrir.

. La cité des nuages et des oiseaux, Anthony Doerr, 2021 : traduit de l'Américain, Albin Michel, 2022.

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Le roi disait que j'étais diable :(

9 Novembre 2014, 08:51am

Publié par LaSourisJOne

Le roi disait que j'étais diable :(

... Il y a des auteurs qui dès que l'on se coule dans leur livre, nous parlent véritablement, et viennent toucher des résonnances au plus profond de soi. Ils ont les mots qui nous touchent. Et il y en a d'autres qui irrémédiablement, resteront à la surface. Je suis contrainte d'avouer que celle-ci, avec ce livre-là (puisque je n'ai jamais lu d'autres livres de Clara Dupont-Monod) fait partie des livres qui demeurent loin de moi. Ainsi, j'ai bien dû lire ce livre 3 fois : chaque phrase, trois fois, pour qu'elles fassent sens en moi. Et encore, sens... J'ai eu envie de lire ce livre en entendant son auteur lors d'une interview sur France Inter ; l'idée de découvrir ce personnage historique, Aliénor d'Aquitaine, que je ne connais pas du tout, personnage haut en couleurs semble t-il même si l'Histoire ne nous a transmis aucun portrait d'elle, m'a séduite.

Je dirai qu'en ce qui me concerne, elle rate sa cible à demi. Complètement, si c'est Aliénor qu'elle voulait donner à voir ! La narration nous donne à 'pénétrer' tantôt Aliénor, donc, tantôt Louis VII, celui qui devient son époux, au XIème siècle. Nous découvrons la femme du sud de la France avant son mariage, et pendant les premières années de celui-ci. On a bien compris que tout les oppose. Mais autant j'ai 'compris', saisi, senti le personnage de Louis VII, autant pas du tout celui d'Aliénor. Je trouve (puisque c'était ce qu'elle voulait faire) qu'elle n'explore pas assez les creux de l'Histoire, elle ne les remplit pas. Aliénor aime le luxe, la guerre, la poésie, et partir seule à dos de cheval dans les rues de Paris ; en revanche, ce qu'elle est, ce qu'elle veut vraiment, j'avoue m'est resté très mystérieux, opaque. Alors certes le livre pourrait se dire bien écrit, il ne manque pas de descriptions qui se veulent antropomorphiques, j'ai découvert une tranche de l'Histoire que je ne connaissais pas ; certes, utiliser l'intime pour aborder la grande Histoire est une fabuleuse idée, mais pour ce faire, j'ai préféré Carole Martinez, Carmen Posadas avec Son Ruban Rouge ou dans un autre genre Irvin Yalom. En fait, hormis quand l'auteur incarne le roi Louis, finalement, dont elle parvient à nous faire sentir ce qu'il ressent, je me suis ennuyée...

. Le roi disait que j'étais diable, Clara Dupont-Monod, éd. Grasset, sept 2014.

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