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Le blog de la souris jaune

:))) Le Testament caché

8 Novembre 2009, 22:05pm

Publié par la souris jaune

  Une histoire bouleversante, qui nous plonge dans un passé pas si éloigné et l'histoire de l'Irlande. Une femme, âgée, Roseanne, écrit son histoire et la cache sous les lattes de son plancher, dans la chambre de l'asile où elle a été enfermée. Parallèlement, le docteur Grene qui la visite, écrit lui aussi ses ressentis. Dense et formidable.
Bien sûr, d'apprendre que finalement le médecin est le fils de Roseanne n'apporte pas grand chose au récit, et ce détail apporte un rouage à l'histoire plutôt supperflu. Toutefois, je trouve cette alternance d'écrits très intéressante ; je trouve que les deux enchassés sont là pour mettre en lumière le fait que le temps déforme la réalité des choses, la mémoire module la vérité jusqu'à la transformer, l'arranger, la modifier. Et que l'un n'est pas plus fou que l'autre. En l'occurence, Roseanne n'est pas plus folle que le docteur Grene, qui finit par croire que son épouse décédée est à l'étage, et répond au téléphone. La force de la souffrance peut faire naître ce qui n'est pas. Je trouve que le croisement des récits sert à montrer la disproportion dans les vies, la chance inégalement répartie. La mainmise que certains peuvent avoir sur d'autres, jusqu'à posséder ces vies dans leurs mains, et à décider de leur destinée... En cela, je trouve que le médecin est plutôt un écho du père Gaunt, cette figure maléfique qui traverse le récit ; le médecin n'est une figure "bénéfique" qu'à priori. En réalité ils se font écho dans ce qu'ils ont façonné la vie de cette femme qu'ils avaient entre leurs mains : le père Gaunt parce qu'elle ne correspondait pas à ses convenances, à sa religion, et le médecin, juste parce qu'il n'avait pas le temps, et qu'il est passé pendant trente ans à côté de cette vie qu'il aurait sans doute pu améliorer ou sauver. En passant dans sa chambre, rapidement, pendant trente ans, sans réellement tenter de comprendre. Il est vrai que la psychiatrie en était peut-être à ses prémisses... Alors il se donne bonne conscience, à la toute fin, alors qu'elle a 100 ans, et puis il veut juste assouvir sa curiosité, alors qu'il a échoué, dans son rôle de médecin : il n'a rien fait pour elle pendant 30 ans ! Il est donc aussi mauvais que le père Gaunt. Même ses questions, sur la fin de vie de la femme ont des allures cruelles, alors qu'il essaie de raviver sa mémoire, et qu'il est trop tard. Il finit d'ailleurs par le comprendre à la fin. et je trouve que c'est cela qui est intéressant : le retour du médecin sur son échec, presque gratuit, alors qu'elle tente de sauver son esprit, de laisser une trâce, là où personne ne l'a jamais crue. Il y a une tragique disproportion entre la "gratuité" de la confession du médecin, et "l'urgence" de la confession de la patiente. Le réconfort d'ailleurs ne viendra pas de celui qu'on croit : c'est elle qui lui amène son soutien, avec cette main sur l'épaule, quand lui, maladroit, malhabile, ne lui donnera que des questions qu'il ne voit pas cruelles. C'est une formidable réflexion sur le temps et ce qu'en fait l'esprit humain, et sur la fragilité de certains destins humains. J'ai trouvé ça très très beau, très touchant.

Le Testament caché, Sebastian Barry, septembre 2009.

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)): Les Aimants

8 Novembre 2009, 21:32pm

Publié par la souris jaune

Grrrrrr.
Il est vrai que je ne devais pas être très disposée à ce genre de lecture. Après Molinié, "Qu'as-tu fait de cet amour ," ...
Bon, Ava est la fille que le narrateur rencontre à 20 ans, et ils passent 10 ans de bonheurs simples, sans vraiment savoir qu'ils s'aiments, sans avoir mis de mots sur les choses. Ils partagent tout, échangent énormément. Et puis un jour, elle meurt. Et il réalise combien il est mort sans elle. La première partie m'a saoulé, le petit couple de bobos parisiens et sa narration emprunte d'une certaine nostalgie contenue. Et puis les clichés sur la femme aimée, auxquels Van Cawvelaert nous avait déjà habitués : la femme libre et fragile, hautaine et fière, malhabile dans la vie et la société actuelle. La femme quand même qui sort de la voiture "telle une biche" (ah bon, vous avez déjà vu ça ?!), et puis qui marche sur la pointe des pieds (et ça ?) tellement elle est emprunte de grââââce. Grrrrr.
J'ai préféré la toute fin, avec une réflexion sur le temps, le passé et l'avenir, relatifs à une absence...
M'enfin....
. Les Aimants, Jean-Marc Parisis. 2009.

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