Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

... 774, complexité paradoxale de l'humain

31 Juillet 2022, 10:58am

Publié par LaSourisJOne

"Je suis ce que vous voyez, ce que vous êtes peut-être, ce qu'en général nous sommes tous ; ce que mon humeur et ma fantaisie me rendent, tantôt digne de louange, et tantôt de blâme sur la même chose ; n'est-ce pas là tout le monde ?"

MARIVAUX

Voir les commentaires

... 773, autorité illégitime

31 Juillet 2022, 10:54am

Publié par LaSourisJOne

"L'autorité la plus formidable perd à la fin le droit d'épouvanter l'innocence qu'elle opprime".

MARIVAUX

 

Voir les commentaires

... 772, valeur de soi

23 Juillet 2022, 14:54pm

Publié par LaSourisJOne

"Qui est-ce ce qui voudrait cesser d'être pauvre, à condition d'être infâme ?"

MARIVAUX

Voir les commentaires

La joie de vivre :)

22 Juillet 2022, 10:26am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, bon, bon. Une pensée pour toi, Luocine, car j'ai ressenti à la lecture de ce livre, les bémols qui tu mets à la lecture d'un Zola ! Oh combien dans celui-ci, et c'est ce qui explique "le" sourire solitaire, pour ce livre-là. Alors que j'avais beaucoup aimé et pas ressenti cela avec Le Ventre de Paris, ni à ce point dans Au Bonheur des dames

Là, le trait est noir, trop noir, excessivement noir dans la peinture de la nature humaine et de la société des abords d'Arromanches : ce petit village de Bonneville, bien qu'au bord de la mer, est peint comme une abomination sociétale : nombreuses sont les familles où l'on se tape dessus, s'abuse sexuellement, boit... On le voit à travers les enfants malheureux, sans le sou, pauvres dont Zola ne nous épargne pas la noirceur du quotidien qui viennent quémander des sous ou des soins chez Pauline chaque samedi.

En outre, tout le petit monde qui gravite autour de Pauline est un poids effrayant de l'existence...

Mais revenons au départ, et à ce qui fait que j'ai aimé tout de même -hormis cette lourdeur, ces bémols qui auraient mérité d'être allégés ! - : 

nous suivons le personnage de Pauline. Alors ce qui fut particulier et attachant dès le départ pour moi, ce fut de découvrir que cette Pauline est la fille des bouchers des Halles, de Lisa la charcutière, qu'on suit dans Le Ventre de Paris. Ses parents (donc Lisa !) sont morts, elle va être adoptée par une famille - parents éloignés - de Bonneville, à côté de Bayeux en Normandie. En même temps, le portrait de cette famille aurait pu être plus caricatural, puisqu'on est chez Zola ! Mais non, en tout cas pas là où on aurait pu le craindre.

Ainsi : on début tout paraît rose. On est contents de l'accueillir, cette petite de 9 ans ; Mme Chanteaux, M, le fils ; un peu moins la bonne, un peu accarîatre. C'est une sorte de huis-clos qui va se vivre, ou plutôt une vie en vase clos, au sein de cette famille, et c'est tout le personnage de Pauline qui sous-tend le roman, très très intéressant, et très très riche psychologiquement. 

Ainsi, c'est à sa force de vie que le roman doit son titre. Et c'est puissamment bien dessiné : pas à pas, on va se rendre compte avec elle que ce qui va compter de plus en plus pour elle c'est le bonheur de son petit monde, alors elle mettra ce qu'elle est en sommeil, et donnera tout pour eux. Son argent d'abord, et c'est d'abord les sentiments complexes que le fait de le donner ou de le prendre fera naître chez Mme Chanteaux notamment qu'il est intéressant de découvrir ; et puis son temps, son sourire, son énergie, ses soins... Ce n'est pas un sacrifice idiot, c'est plus que ça, c'est un don de soi très touchant, qui ne passe pas sans lutte contre soi-même. J'ai trouvé ce personnage extrêmement intéressant à découvrir, et c'est ce qui a valu "le sourire". 

Les autres personnages sont des vrais boulets, disons le ! Ils font rarement preuve de mâturité, souvent égoïstes, ils prennent, même si tout n'est pas si simple, encore une fois ; 

je souligne ici la grande capacité de Zola à dépeindre des caractères, qui, eux, ne sont pas caricaturaux.

. La Joie de vivre, Emile Zola, 1884.

Voir les commentaires

... 771, abnégation

21 Juillet 2022, 11:04am

Publié par LaSourisJOne

"Le degré suprême dans l'amour des autres : disparaître, donner tout sans croire qu'on donne assez, aimer au point d'être joyeux d'une félicité qu'on n'a pas faite et qu'on ne partagera pas".

Emile ZOLA

Voir les commentaires

Une machine comme moi :))))

4 Juillet 2022, 12:49pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Que soit bénie France Culture et ses émissions qui chaque fois m'éveillent, me nourrissent, me réjouissent... Je dois donc cette lecture enchanteresse à Entendez-vous l'Eco, une émission passionnante qui étudie chaque aspect y compris littéraire au prisme de la science et de l'économie.

Conseil de lecture d'une dernière émission de l'année, celui-ci, que j'ai donc emprunté et dévoré en deux jours ! Quel bonheur de lecture, comme en témoigne donc le nombre de sourires...

Ce récit est palpitant. J'avais déjà lu à plusieurs reprises Ian McEwan ; celui-ci est tout à fait passionnant.

L'histoire se déroule en Angleterre en 1982 ; mais un 1982 du futur : il faut vous imaginer tout le contexte historique de cette année-là (Thatcher, les Falflands, des manifestations...) mais sur fond de modernité totale et même absolue puisqu'il est possible alors d'acheter par exemple un robot humanoïde, pour un montant assez élévé, certes, mais possible. 25 "Adam" et "Eve" sont mis sur le marché, et notre narrateur, passionné par le domaine, et l'anthropologie, ayant amassé une petite fortune grâce à un héritage saute le pas et achète une de ces machines. Un "Adam" puisqu'il ne reste plus de Eve. Il l'accueille dans son appartement, le même en chargement, et partage ce Adam avec sa voisine de dessus, avec qui il noue des liens de plus en plus serrés, d'affection... Va suivre une histoire palpitante autour de la vie de ces deux personnages, de celle du robot, avec l'intrusion du passé de Miranda... Autour de questions évidemment philosophiques : qu'est ce que l'amour ? Quelle place pour la moralité face à l'amour et dans une société ? La vengeance est-elle possible, tolérable, y compris face au pire des méfaits, des crimes ? Que pourrait concevoir, comprendre, percevoir un robot de nos fonctionnements humains, y compris le plus sophistiqué ?

Les imbrications entre les différents actes sont véritablement passionnants.

Je recommande vivement et espère même le relire un jour !

. Une machine comme moi, Ian McEwan, 2019 éd. originale (anglais), 2020, fr.

Voir les commentaires