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Le blog de la souris jaune

... 738, les feuilles d'automne

24 Septembre 2021, 09:00am

Publié par LaSourisJOne

"Les feuilles d'automne ne tombent pas, elles volent. Elles prennent leur temps, errent un moment, car c'est la seule chance de jamais s'élever dans les airs".

Delia OWENS

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Le premier amour

21 Septembre 2021, 13:19pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il y a des livres qui, indépendamment de leur sujet, sont plombés et plombants. Emplis de pathos. Je classerais celui-ci dans cette catégorie. 

C'est l'histoire d'Emilie, la cinquantaine, heureuse à priori dans sa vie ; ses 3 filles sont grandes, font leur vie. Alors qu'elle attend son mari chauffeur de taxi pour fêter leurs 25 ans de mariage - elle a préparé cette occasion toute la journée - elle développe une bouteille de vin d'un papier journal et, choc : elle lit une annonce signée d'un certain Dario invitant une certaine Emilie à le retrouver à Gênes. 

Dario, c'est ce bel italien, flottant, touchant, quand même, qu'elle a connu et aimé follement à 17 ans. Trente ans les sépare, et pourtant elle laisse tout en plan, saute dans sa voiture et prend la direction de Gênes. 

Ses escales, son trajet, sont chouette : cette narration m'a plu. Mais l'auteure ne rate pas une occasion pour plomber l'atmosphère en truffant son récit de considérations nostalgiques et négatives sur le passage du temps, que j'ai trouvé très agaçantes ! J'attendais l'histoire, qui est attachante, il faut le reconnaître, et j'ai été gênée par le reste. 

Difficile de faire abstraction du reste, justement, surtout vu où il nous mène : il reste plombé jusqu'au bout. 

Pas de lumière ici. Ce que je lui reconnais, c'est d'avoir pourtant tissé une histoire haletante, et en rien convenue, quant à ce premier amour qu'on court retrouver : évidemment, rien n'est ce qu'on attendait, et ça c'est bien. Le suspense est là. On a envie de savoir. De comprendre. On saura.

Mais l'atmosphère, la marque de fabrique de l'auteure peut-être ? - je ne me souviens plus des autres Véronique Olmi que j'ai pu lire - restera bien plombée jusqu'à la dernière ligne. J'ajouterai que le personnage de Dario est pourtant très attachant, très réussi.

Mais je ne le garderai pas dans ma bibliothèque !

. Le premier amour, Véronique Olmi, Grasset, 1999.

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Les sept cadrans

21 Septembre 2021, 08:14am

Publié par LaSourisJOne

Roman policier.

... Enfin, roman policier... roman de moeurs, je dirais presque ! En tout cas : en désamour de lecture juste après Betty, j'ai eu envie d'une ambiance surranée. Agatha Christie ! J'avais très envie de cette atmosphère, des petits échanges contenus entre Anglais... J'y ai trouvé ce que j'étais venue y chercher :) maintenant, je dois vous dire que je ne suis pas du tout roman policier ; l'intrigue de celui-ci m'a interessée au début du livre, et puis je ne crois pas avoir été fan ! C'est l'histoire d'une mort dans son sommeil d'un jeune homme, après une blague potache de ses amis dans un manoir anglais, sur fond de domestiques : comme c'est un gros dormeur, et qu'il choque la maîtresse de maison en ne descendant qu'à midi, ils décident d'acheter tous un réveil et de les faire sonner tous en même temps ou presque tôt le matin. Les réveil-matins (huit !) sont placés sous le lit ; et le matin lorsqu'il est trouvé mort dans son lit à plus de midi, sept réveils sont rangés sur la cheminée, le huitième a été jeté par la fenêtre.

Les 7 cadrans désignent aussi dans le livre un quartier mal famé de Londres, d'où proviennent des courriers malveillants ; on nous fait croire ou penser d'abord à une sombre histoire de mafia anglaise et de règlement de compte, puis à une histoire politique, et ça finit en embrouillaminis de jeunes gens, et toute la situation ou presque s'en retrouve retournée... 

On ne peut pas dire que j'aie énormément aimé, mais j'ai trouvé qu'il y avait trop de personnages et j'avais un peu de mal à m'y retrouver. Je pense que je ré-essaierai un autre Agatha Christie plus intimiste...

. Les sept cadrans, Agatha Christie, 1929.

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... 737, le pouvoir du livre

8 Septembre 2021, 21:57pm

Publié par LaSourisJOne

"Rien d'autre qu'un livre ne possède cette qualité mystique permettant aux lecteurs de voir le monde à travers les yeux d'autrui".

Janet SKESLIEN CHARLES

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Betty :))

4 Septembre 2021, 09:21am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'étais bien partie pour donner 3 sourires à ce livre. Mais si finalement j'ai choisi d'en mettre deux, c'est que je me suis dit que je ne recommanderais pas ce livre à un ami sans explications, sans mises en garde. En effet, les 250 dernières pages (il y en a 700) sont tristes, oui, tristes, profondément tristes. Vraiment. Je ne peux sans doute pas vous expliquer pourquoi, mais elles peuvent être parfois insoutenables de tristesse, je trouve.

L'histoire nous est livrée du point de vue de Betty Carpenter, et cette voix qui nous confie son histoire familiale est à couper de souffle. Elle emporte. De la rencontre de ses deux parents jusqu'à la naissance de tous leurs (nombreux) enfants, leurs années d'enfance... Comment vous dire : c'est insouciant et à la fois terrible, poignant sans que ce soit larmoyant, une, des vies comme un souffle... 

Le père est évidemment extraordinaire, incontournable dans cette histoire : c'est lui, le cherokee, puisque je ne vous l'ai pas dit, Betty est le fruit de l'union d'une femme blanche avec cet homme aux racines cherokee ; elle n'est pas l'aînée, mais c'est elle qui physiquement, portera les stygmates de ses origines. Un véritable calvaire enfantin, déjà, pour cette fillette des années 60, confrontées à l'intolérance et le rejet primaire de tous dans ce petit village...

Au fil du roman, des extraits de la gazette locale nous rapportent la survenue de coups de feu mystérieux... Ils jalonnent le livre, ainsi que leur narration, et la réaction des habitants, qui en lit long encore sur leur personnalité...

La poésie du père est extraordinaire. Il donne sens, illumine chaque détail du quotidien. C'est extraordinaire. Proche de la nature par sa culture, il soigne les habitants par ses décoctions, etc. C'est un magnifique personnage.

Pas d'illusions dans ce livre quant à la cruelle condition d'une fille ; accrochez-vous, le réel mord souvent. Le destin frappe fort, aussi.

Cependant, on suit avec un profond intéret la vie de cette famille simple, ce couple et leurs enfants. Handicap, fêlures, aspirations, déviances... C'est très très fort, difficile de quitter cette famille. Et pourtant... c'est un chant de Betty, ça ressemble à l'ôde d'amour d'une enfant qui a bien grandi et s'apprête à vivre sa vie... C'est vraiment, vraiment époustouflant, mais je vous préviens, extrêmement triste, quand même.

Merci à Nolwenn à qui je dois cette lecture.

. Betty, Tiffany McDaniel, éd. Gallmeister, rentrée 2020.

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