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Le blog de la souris jaune

Did I mention I love you ? :)

22 Mars 2016, 13:57pm

Publié par LaSourisJOne

Did I mention I love you ? :)

Ce qui est bien, avec la lecture, c'est que les livres se suivent et ne ressemblent pas. Elle vous embarque d'une contrée à l'autre, d'un voyage d'une fiction à l'autre sans aucun rapport et sans aucune transition. Alors là, j'étais servie. De l'Afghanistan rude, poétique et rugueux de ma dernière lecture, je suis passée à l'Amérique et son état le plus clinquant, la Californie. Et j'ai adoré.

Pourtant, il y avait de quoi se méfier. La couverture, évidemment. Le titre. Même pas traduit en français. La mention 'La série phénomène'. Mais justement, j'ai eu envie de voir. Et puis emprunté au rayon nouveautés, adultes (je précise, parce qu'on aurait pu l'imaginer au rayon ado ?) d'une médiathèque, autant dire que le risque était mineur.

Et en fait, je me suis coulé dans l'histoire sans réticences. Sans doute parce qu'à l'issue du premier paragraphe qui ramasse les clichés, l'auteur y fait un pied de nez, ou plutôt les retourne, en affirmant elle-même que ce sont des clichés. Bon. Tiens, tiens...

Evidemment, c'est le type d'histoire classique qu'on pourrait avoir vu, ou lu mille fois. Pourtant, j'ai plongé, et je n'ai pas lâché ces 400 pages d'un premier tome semble t-il, avant de l'avoir fini. Et j'ai aimé ! Donc, c'est une jeune fille, Eden, 16 ans, qui finalement a la tête sur les épaules. Qui n'est ni cruche, ni délurée. C'est sans doute ce qui la rend attachante. Parce qu'elle est assez vraie, authentique, et qu'elle n'est pas clichée, justement. Bref. Elle vit avec sa mère dans l'Oregon, et elle est amenée à aller passer son été en Californie, où son crétin de père (euh c'est elle qui le pense) a refait sa vie, après les avoir quittées toutes les deux. Pas beaucoup de recul sur cette partie de l'histoire, mais il est vrai que dans ce tome-là, ce n'est pas l'essentiel. Et ai-je précisé que le livre avait été écrit par une jeune femme de 17 ans elle-même, justement ? Assez incroyable, quand même. En tout cas, elle débarque dans une famille recomposée, avec trois frangins. Enfin, les trois fils de la nouvelle compagne de son père. L'histoire repose sur le fait que ceux-là sont demi-frères et demi-soeurs, or, techniquement, il n'en est rien quand même ! Je dis ça comme ça, et vous le comprendrez si vous lisez le livre.

Bref. L'ainé des trois fils est évidemment un fieffé connard, mais aussi un très beau brun aux yeux verts emeraude. Et surtout, elle qui ne reste pas à la surface des choses, est assez pragmatique finalement aussi, elle cherche à comprendre son histoire, et ses difficultés. Et évidemment...

La bande de copines, les fêtes et sa façon de les vivre sont plutôt attachantes. Ca m'a beaucoup plu. Et j'avoue que je vais attendre le tome 2 avec impatience (même si je suis en général déçue par les tomes 2 !).

Médiathèque de Saint-Malo.

DIMILY (Did I mention I love you ?), Estelle Maskame, éd. PKJ, janvier 2016.

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Syngué Sabour :))

19 Mars 2016, 20:22pm

Publié par LaSourisJOne

Syngué Sabour :))

Le plaisir de lire, et le sens de la lecture est revenu avec ce livre-là.

Ecrit comme une pièce de théâtre, autour d'un personnage féminin central et de ce qu'on pourrait imaginer des didascalies. En narration extérieure.

On assiste au monologue intérieur, comme une confession, de la femme, qui veille son mari blessé. Son mari dont elle attend un geste, pour penser qu'il est vivant. Pourtant il respire. Malgré la balle qu'il a reçue dans la nuque. Et elle l'alimente, patiemment, le soigne... Et se confie à lui, comme à une 'Syngué Sabour', une pierre précieuse, une pierre de la patience qui une fois qu'elle a reçu toutes les confessions explose et guérit... On a là un récit touchant, d'une femme, qui oscile entre la raison et la folie, gorgée de frustrations, pragmatique... On lit une sacrée satyre de la masculinité musulmanne, ou d'une certaine masculinité musulmanne. Qui fait la guerre, prend, possède, ne respèce pas, ne considère pas la femme... Elle, dans son attente douloureuse de sa résurrection va raconter, ses blessures, son histoire intime, et parler à son mari comme elle ne lui a jamais parlé... Toute cela sur fond de guerre, de bombes, de kalachnikov dans la rue, d'intrusions, de murs soufflés... Monde, réalité rude, plus que rude.

Mais on garde en mémoire ses mots, et chaque image que fait naître le récit, dans cette chambre où elle prend soin de ce mari, pourtant : le matelas, au milieu de la pièce, le rideau vert derrière lequel elle finit par le cacher, le rideau aux oiseaux migrateurs bleu et jaune, et puis les insectes, plus libres d'aller et venir que les humains, y compris dans les corps...

C'est vraiment un beau récit.

Merci à Charlotte, qui m'a donné envie de le lire.

. Syngué Sabour, Atiq Rahimi, éd. POL 2008, Folio 2010.

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Bon rétablissement

13 Mars 2016, 00:38am

Publié par LaSourisJOne

Bon rétablissement

Ce ne sera pas encore ce livre-là qui me grisera. Au moins, celui-ci, je l'ai fini.

Au début ça m'a plu, enfin, relativement, me sachant assez peu fan des livres de Marie-Sabine Roger, de son écriture, de ses histoires. Et puis il m'a ennuyée. Et puis il m'a agacée, et également déprimée. Tiens, on peut pas finalement dire que c'est très positif, tout ça ! Il y a donc ce type, revenu de tout, cynique, mais dont les avis, qui se veulent exprimés grâce à des jeux de mots et de langue, sont d'une bofitude souvent agaçante.

Ah, quand même, l'histoire : un type, d'une cinquantaine d'années, est repêché un jour à 5h du matin et arrive dans le coma à l'hôpital. On ne sait pas vraiment ce qui s'est passé, lui-même a oublié (mais en fait on s'en fout assez rapidement) ; dans la chambre de ce type qui n'aime pas les autres, ou plutôt qui ne sait plus qu'il a aimé un jour les autres, un certain nombre de personnes va défiler. Lui, réveillé mais cloué au lit, va subir ces passages. Une jeune ado de 14 ans pot de colle qui squatte son ordi, son sauveur, le flic, les médecins, sa famille... C'est agaçant, parce que c'est presque dégoulinant de 'je vous apprends la vie', : ah, je découvre que les jeunes filles peuvent accoucher à 14 ans, ah, je découvre que les étudiants peuvent se prostituer pour payer leurs études...

Le personnage qui replonge dans son passé à intervalles réguliers, entre les passages et les venues de ses visiteurs, c'est chiant à mourir (peut-être parce que c'est du survol ?) et ça n'apporte pas grand chose, bref...

Ca se veut positif, mais le type qui fait le bilan de sa vie et qui fait le constat que le temps file et qu'on n'aura pas de deuxième chance, j'ai trouvé ça franchement pas bien optimiste. C'est pas parce qu'on met des gens ensemble, et qu'ils se découvrent humains grâce à leurs échances que ça en fait un livre positif pour autant...

Médiathèque de Saint-Malo.

Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger, éd. du Rouergue, 2012.

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Lettre à la république des aubergines :)

7 Mars 2016, 22:00pm

Publié par LaSourisJOne

Lettre à la république des aubergines :)

L'auteur est né à Bagdad ; libéré de deux ans de prison pour raisons politiques, il est parvenu à fuir son pays en 1996. Il vit en Allemagne aujourd'hui. La biographie de cet auteur a d'incontestables résonnances avec son court roman, léger et grave tout à la fois : plusieurs chapitres nous donnent des voix, à lire, à commencer par celle de Salim, un jeune étudiant emprisonné puis libéré sur l'intervention de sa famille qui n'a d'autre choix que de s'exiler en Jordanie. Pendant deux ans, il pense à sa femme, restée là-bas, et veut lui écrire une lettre. Mais il craint pour sa vie. Alors on va suivre les rouages complexes, souterrains, clandestins, d'acheminement d'une lettre d'amour. En entendant plusieurs voix, dont des chauffeurs de taxi, des proches du gouvernement... Sans affects, tachant de vivre dans des situations prédestinées par la force d'un régime. La voix, la dernière voix et seule féminine, la femme de celui qui veille à la sûreté traquant les lettres est intéressante : on y voit la condition de la femme, tellement écrasée par plus fort qu'elle, qu'il vaut mieux souvent se taire, ne pas savoir pour continuer à avoir une vie à peu près dorée si tant est que ce soit le cas. Pourtant, elle va entrer dans le bureau de son mari (défendu), trouver cette lettre et chercher à voir, à savoir, peut-être à sauver cette femme...

Pourquoi Lettre à la république des aubergines ? On apprend dans le roman que la république des aubergines' est une façon d'appeler l'Irak, parce que les guerres ont fait qu'il reste tellement peu à manger qu'il ne reste que des aubergines, que les Irakiennes déclinent sous différentes façons pour varier les plats...

Le roman finit par un extrait de la lettre que le jeune homme cherche à envoyer à sa femme : "La légitimité de notre histoire réside sûrement dans le fait qu'elle n'est ni légitime, ni illégitime. Elle n'est qu'une histoire mésopotamienne". Ca résume sûrement beaucoup : dans ces contrées, la part de choix est tellement inexistante... Il faut tacher de se frayer un chemin qui épargne, c'est tout. Penser à cela est évidemment troublant, on n'est pas tous égaux, évidemment, en fonction de l'endroit où l'on naît...

Médiathèque de Saint-Malo.

Lettre à la république des aubergines, Abbas Khider, éd. Piranha, 2016, pour la traduction française.

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