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Le blog de la souris jaune

L'éveil de mademoiselle prim :))

30 Juin 2017, 16:54pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis encore imprégnée de l'atmosphère de ce roman, que le hasard a mis entre mes mains. C'est un hasard total, et : en entamant ma lecture et voulant savoir de quelle origine était l'auteur pour en mieux comprendre le style, j'ai découvert que c'était un auteur, féminin, espagnol ! Or, il semble que je trouve chez les auteures espagnoles un vrai, vrai plaisir de lecture, et une authenticité souvent déconcertante.

Alors, bref, le hasard mettait un livre écrit par une auteure espagnole entre mes doigts. 

C'est pour son charme suspendu que je retiendrais ce livre. Car il m'a enchantée ! Même si, pour être tout à fait honnête, je me dois ici de noter les réserves que j'ai scrupuleusement refoulées au fil de ma lecture, parce qu'elles m'ont parues très anecdotiques au regard du plaisir que ce livre me procurait : parfois, et j'ai pensé que c'était la 'faille' d'une traduction, ou disons, l'incomplétude du fait de lire un livre autrement que dans sa langue originelle, certaines phrases, bien que toujours agréablement tournées, me sont restées 'sans sens'. Comment dire... Avez-vous déjà eu cette (assez) désagréable traduction : vous lisez la phrase, vous la relisez, et elle demeure à un degré de conscience, ou de connaissance inaccessible. Ca énerve un peu secrètement, et puis, là, cette fois, je me suis dit que c'était peut-être ça : les mots sont restés proches de l'original, mais la teneur totale s'est évaporée. Rassurez-vous cependant, ces 'failles' mutiques ne gênent pas vraiment la lecture.

Alors, le personnage masculin principal -puisque j'en suis aux réserves ou agacements !- énerve. Parce qu'il a tout pour déplaire. Il est odieux ! Mais central, et il fascine la gent féminine. Le hic, je trouve, c'est qu'on ne comprendra pas vraiment pourquoi il fascinera tant l'héroïne, ou justement, puisque l'amour est au coeur des conversations de ce roman, eh bien il est peut-être l'incarnation d'une théorie selon laquelle : les êtres odieux attirent, l'amour est un aimant qui attire des pôles opposés.

Bon : le dénouement pourrait nous paraître décevant, et pourtant...

La promenade qui nous y mène est chouette ! Pauvre mademoiselle prim, cependant, à qui rien n'est épargné ! Cette communauté qu'on nous décrit comme parfaite et suspendue, hors du temps, est toutefois bien déroutante, et je ne suis pas persuadée qu'elle soit des plus 'délicates', et respectueuses, car ici, la vie des autres vous regarde ! Toutefois, le principe posé est intéressant : ces êtres-là se sont retirés du monde moderne et fondé leur village autour de leurs convictions ; notamment celle de l'éducation, inspirée de Gargantua, qui m'a beaucoup parlé je l'avoue, ainsi qu'une conception du féminisme post-moderne qu'il faut lire pour comprendre, mais qui se défend ! Même s'il est théorique, il repose sur l'idée (juste !) que les femmes sont aliénées par leur métier, leurs enfants, etc. et ici, elles se réapproprient tout ça. Un seul crédo, concret dans ce livre : la transmission du savoir par toutes ces formes, le partage des expériences, et le choix de vivre une vie épanouie. Pas dans l'abstraction : ce crédo est incarné par la manière qui sans doute incarne ceci pour l'auteur (ou fruit de ce qu'elle cherche à démontrer) : les habitants passent leur temps à se voir, se recevoir, autour d'un thé, d'un chocolat chaud et d'un goûter ; et évidemment, ça fait envie, comme projet de société !! :))

J'ai passé un très bon moment aux côtés de ces personnages, et mine de rien, je trouve qu'elle sait très habilement mener son récit, alors même que l'enjeu est mineur (on sait à peu près où elle veut nous mener) ; en outre, elle ne cède pas à la sirupeuse (si, là, ça l'aurait été !) 'happy end', c'est une fin en suspens... Très plaisant !

Médiathèque de Saint-Malo.

. L'éveil de mademoiselle prim, Natalia Sanmartin Fenollera, éd. Grasset. 2013

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30 Juin 2017, 16:38pm

Publié par LaSourisJOne

"Marcher sans avoir à courir, un plaisir aussi simple que se promener sans hâte, flâner, errer, et même fureter. Quand une chose si simple, si humble, était-elle devenue un luxe ?"

Natalia SANMARTIN FENORELLA

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29 Juin 2017, 12:49pm

Publié par LaSourisJOne

"Cela faisait un peu plus de trois décennies, même si personne ne savait vraiment le nombre d'années exact, qu'elle fêtait son anniversaire précisément à cette date. Elle le célébrait avec solennité, car elle était d'avis que seuls les vivants commémorent leur naissance, et que cet avantage sur les morts devait être fêté dignement".

Natalia SANMARTIN FENOLLERA

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Une fièvre impossible à négocier :))

28 Juin 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aime décidément énormément Lola Lafon.

J'avais littéralement adoré La petite communiste qui ne souriait jamais, j'avais trouvé très fort son Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, puissant, qui bouscule, dérangeant ; j'ai encore aimé ce premier livre, et plus, parce qu'il est un véritable manifeste.

C'est évidemment plus qu'un roman. Un cri.

Elle est revenue sur ce sujet du viol dans 'Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce', et l'a poussé à son paroxisme, jusqu'à la folie. 

Là, problématiques centrales. Abordées sur fond de révolte, de rébellion, de contestation, d'incompréhension sociale ; tellement juste, souvent. Cet extrêmisme-là sonne tellement juste. Avec le questionnement des idéaux, et celui du sens, l'interrogation quant à notre projet de société, par l'expérience du personnage principal, qu'on sent brûlant de vérité, d'authenticité et impossible à séparer de celle qui l'a créée.

Donc, Loundra, un jour, un 14 septembre, est violée par un type, qu'elle connaît, et qui est connu. Sa vie, évidemment, bascule. La narratrice nous raconte un quotidien de hargne, pour tenter de rester debout, quand on nous a 'forcée' agenouillée. Comment on détruit, déconstruit, fait avec parce qu'on n'a pas le choix. 

C'est au coeur de mouvements d'extrême gauche, Etoile Noire Express, qu'elle va trouver sa place ; ce livre est plein de rencontres du quotidien, de phrases fortes, qui coulent, qui frappent ; il y a aussi le surf, la passion de Loundra, fascinée par la capacité des plus forts à tenir debout face à des vagues monstrueuses. Et puis, la justice en prend plein son grade, avec sa nullité crasse quand il s'agit de juger des affaires de viol, qui laisse le champ libre au coupable, et humilie s'il était possible encore plus, la victime déjà crucifiée. 

Ca parle de résistance, malgré soi. 

C'est très fort.

. Une fièvre impossible à négocier, Lola Lafon, 2003, Actes Sud.

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... 489

27 Juin 2017, 17:26pm

Publié par LaSourisJOne

"Dès qu'on dit 'moi aussi', pas mal de choses sont possibles. Il faudrait 'moiaussier" au moins une fois par semaine pour tenir le coup, dans cette ville ou dans une autre ; on est tellement à penser la même chose, le seul truc c'est qu'on ne se connaît pas encore tous".

Lola LAFON 

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... 488

25 Juin 2017, 22:30pm

Publié par LaSourisJOne

"On a le droit de faire bouger les montagnes, surtout si elles sont vraiment très pourries".

Lola LAFON

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... 487

25 Juin 2017, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

"Et si je tombe, si je chute (...), il faudra juste fermer les yeux, regarder la peur me faire une sale grimace, la regarder comme ce qu'elle est : une émotion comme les autres. Alors je ressors des profondeurs, je respire, je suis vivante".

Lola LAFON

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La lionne :))

20 Juin 2017, 21:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une sucrerie, une gourmandise que ce roman !

Aahhh, le bonheur. Une découverte due au hasard, je crois. Mais il faut dire que tous les livres qui mettent en scène des félins m'attirent et me fascinent. Ca partait donc évidemment pas mal.

Et là : j'ai pris beaucoup de plaisir à me couler dans la vie de cette femme, fille de chercheuse pour qui la recherche comptait plus que tout, et qui mourut alors qu'elle cherchait le remède à un virus en Tanzanie.

30 ans plus tard, l'adulte, la fille, revient sur les traces de son passé, de sa mère, pour enterrer tout cela et continuer à vivre. Ca, c'est en théorie, mais on sait bien que dans ces cas-là, ça se passe rarement comme ça.

Se croise au sien le chemin d'une fillette, 7 ans, qui perd sa mère en plein désert, alors qu'elles font la traversée accompagnées de leur chamelle, parce que la mère aussi aide les autres. La fillette se retrouve seule, et j'ai frémi à certaines scènes, lorsque les hyènes arrivent, je l'avoue ! Et la lionne... Dont je ne peux rien vous dire, mais ce cheminement d'Angel (la fillette) est un vrai bonheur, forte et courageuse fillette.

Et évidemment, histoire de rencontre, de coup de foudre, de choix de vie : qu'est ce qu'on veut vraiment, quand cesse-t-on d'être aveugle à son propre bonheur ? 

J'ai adoré ce bouquin, je vous le recommande particulièrement en lecture d'été !

. La lionne, Katherine Scholes, Pocket, 2011 en Australie ; 2013 pour la présente édition française.

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Souvenirs d'Etonnants Voyageurs 2017, II

17 Juin 2017, 12:42pm

Publié par LaSourisJOne

Marcus Malte

Le garçon, éditions Zulma.

(Prix Fémina 2016)

Histoire d'un parcours initiatique... 

Ce Garçon inspire ma curiosité... Mais ? Pourquoi y a-t-il un mais ? L'ampleur de la lecture ? 

L'avez-vous lu, chers amis de ce blog ?

 

 

 

 

 

 

Abby Geni

Farallon Islands

(2017)

Un groupe de biologistes mène une étude sur une île reculée...

Là, j'ai eu envie de lire ce livre : de me plonger dans ce monde hostile de la nature... A voir !

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Souvenirs d'Etonnants Voyageurs 2017

17 Juin 2017, 11:34am

Publié par LaSourisJOne

Nicolas BokovNicolas Bokov (photo de gauche). 

Russie (vit en France).

A l'Univers, le temps d'un échange intitulé 'Face à la censure', Nicolas Bokov m'a donné envie de lire sa Tête de Lénine (Editions Noir sur Blanc). 

L'histoire d'un pick-pocket qui va voler la tête de Lénine, dérobée dans son tombeau... Publiée en France en 1982, sous le manteau en Russie en 1987 ; republiée cette année par les éditions Noir sur Blanc, avec une préface de l'auteur, ce dont il a pu se réjouir à l'occasion de ces Etonnants voyageurs... La censure ? Elle prend mille et une formes, nous dit l'écrivain... Et si, en France, elle s'appelait "politiquement correct" ?? C'est tellement, probablement, souvent vrai... Merci, Nicolas Bokov !

 

 

Russel Banks (photo, à droite).

Russel Banks ! USA.

J'ai lu et beaucoup aimé La réserve, de cet écrivain américain.

Là, sur le plateau du Palais du Grand Large il nous parle de Trump, bien sûr, parce que c'est là dessus qu'on l'interroge depuis qu'il est arrivé en France. Il dit le dégoût que le nouveau premier homme des Etats-Unis lui inspire. Il dit que pour écrire sur lui, ce qu'il pense que doivent faire les écrivains américains, il cherche une langue à part, des mots laids, une langue laide, et que c'est ce qui constitue la complication : écrire sur quelqu'un qui nous dégoûte... Il dit aussi qu'il pense que ses personnages, ceux qu'il campe dans ses romans, auraient probablement voté pour Trump... 

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