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Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman

La fin d'une liaison :)

16 Janvier 2015, 21:58pm

Publié par LaSourisJOne

La fin d'une liaison :)

J'ai beaucoup aimé ce livre. L'ambiance de celui-ci. Etre plongée dans les sentiments de trois personnages principaux, autour d'une passion amoureuse, dévastatrice. Décriptée, passée au crible comme un kaléidoscope, sous toutes ses faces ou presque. Avec la retenue des temps passés, et les limites de l'époque. Pendant la seconde guerre mondiale. Les bombardements sont là, ont leur place sur l'avenue des Allées à Londres, mais ils sont presque comme en retrait, tant on est 'à l'intérieur' des personnages. Et même si l'un des bombardements a des conséquences cruciales, sur l'histoire des protagonistes, même si c'est de façon inattendue (via le serment à Dieu que si son amant s'en sort, elle le laissera vivre sa vie, et ne le reverra plus).

Alors nous avons le personnage principal, écrivain, qui semble s'ennuyer, finalement. Ecrit des livres qui sont souvent des commandes. Rencontre Sarah, la femme d'un dignitaire de l'Etat anglais, et se met en tête de capter des éléments sur lui, ou sur sa fonction, pour ses romans. Et finalement, on ne sait pas si c'est l'amour, le désoeuvrement ou l'intérêt qui l'emporte ; toutefois, il vit petit à petit une passion amoureuse avec elle. Elle, bien que mariée, mais extraordinairement loin de son époux par la pensée, s'éprend semble-t-il plus sincèrement de cet amant. Et avec une grande naïveté, sincérité, humilité quant à elle même, elle entre dans sa vie. L'autre (l'amant) est rongé de jalousie (sans doute par orgueil), très vite, jalousie destructrice de leur idylle cachée.

Et puis il y a cet homme qui donne des conférences sur l'avenue des Allées, là où tout le monde se croise; et puis le détective privé, chargé d'enquêter finalement d'étrange manière sur Sarah. Beaucoup de lâcheté de beaucoup de personnages, de faiblesse aussi, comme chez ce mari, donné à voir comme peu aimable, tant il est veule, et dépendant (malgré ses hautes fonctions) ; et puis ces attachements naissants de tous, à l'égard de Sarah, qui se dévalorise tant, et s'accroche à son sermon fait à un Dieu auquel elle ne croit pourtant pas. La question de la foi, est finalement assez centrale dans ce livre, tout autant que celle de l'amour, la passion, l'amour de soi, la vie, ses choix, et la mort. Des réflexions nourries qui viennent étayer et donner une densité supplémentaire à ce roman, sans que ce ne soit jamais indigeste.

La fin d'une liaison, Graham Greene (Anglais). éd. 10/18. 1951.

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Les hommes meurent, les femmes vieillissent :))

3 Janvier 2015, 20:30pm

Publié par LaSourisJOne

Les hommes meurent, les femmes vieillissent :))

Nous voici dans les coulisses de l'Eden, un cabinet d'esthéticienne tenu par Alice. J'allais écrire un cabinet d'esthéticienne pas comme les autres. Là où on pourrait attendre de la légèreté, à partir d'un sujet qui pourrait sembler futile, la beauté féminine, on a du grave, du lourd, du vrai. Et c'est à une belle galerie de portraits, qu'on est conviés ici. Alice donne, et touche, au sens premier comme au sens figuré, sa clientèle ; ceux qui y viennent y reviennent. Tous âges, de 16 à 94 ans... A travers une galerie familiale, ou presque ; à partir de la fiche, établie avec sensibilité, comme une fiche d'identité, de chacune, chacun, par Alice, avec les goûts, les préférences, les traits de personnalités qui les caractérisent brièvement. Puis, un chapitre où chacun, chacune, s'exprime, autour de sa vie, ce qui marque l'existence, ce qu'elle/qu'il trouve à L'Eden, qui va déménager, et s'installer en face, dans l'appartement laissé vacant par Eve, suicidée que personne ne peut oublier... Portraits sans concessions, touchants, forts, non sans humour, sans distance sur soi aussi, etqui évoquent le passage du temps. Le passage du temps sur les corps, et sur les âmes ; les orientations d'une vie, avec ses virages, ses duretés, et ce qui fait qu'on est debout, parce qu'il faut bien. portraits de femmes touchants, forts, et des voix qu'on n'oublie pas.

Très beau moment de lecture.

Médiathèque de Pleurtuit.

Les hommes meurent, les femmes vieillissent, Isabelle Desesquelles, éd. Belfond, 2014.

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Croisière en mer des pluies

29 Décembre 2014, 10:17am

Publié par LaSourisJOne

Croisière en mer des pluies

Eric Faye. Après avoir lu 'Nagazaki et adoré ce livre, trouvant ce livre par hasard, je l'ai acheté et ouvert avec impatience. J'avoue ne l'avoir fini que parce que c'était Eric Faye ! En fait, je me suis ennuyée. J'ai trouvé ça trop scientifique, même si ça ne manque pas de poésie, et que j'ai retrouvé la belle écriture d'Eric Faye. C'était original, ce 'décentrement' d'un personnage, en l'occurence Michel Vivien, professeur de son état. Intéressant, quand même ces tiraillements entre le vivre et ce qu'on doit faire pour préserver la liberté...

Le personnage d'Estrella est intéressant, aurait pu être plus développé... J'aimais bien l'idée d'une histoire qui se passe sur la lune.

Enfin, je me suis ennuyée, j'avoue, malgré ce très beau titre, et l'engagement que l'auteur a voulu donner à son texte  : laisser faire et l'humain perdra le semblant de liberté qui lui reste, et encore, lutter peut-il encore permettre de sauver ce tout petit morceau de liberté qui lui reste ? Ouai, bof...

Eric Faye, Croisière en mer des pluies, J'ai Lu (2012). Paru chez Stock en 1999.

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Un long week-end dans les Ardennes :)

23 Décembre 2014, 13:14pm

Publié par LaSourisJOne

Un long week-end dans les Ardennes :)

C'est par hasard, que j'ai mis la main sur ce livre, chez une bouquiniste, et j'avoue ne pas l'avoir lâché avant d'en avoir terminé. J'ai aimé celui-ci, son ambiance, le lieu central de ce livre, Breidablick, vaste domaine peuplé de sapins noirs, au coeur des Ardennes... Où sa propriétaire, une certaine Edith Waldschade, pianiste de renom, vit, et surtout élève des loups... Evidemment ça m'intriguait beaucoup cette histoire. Les loups en tant que tels ne sont pas si présents, mais ce qu'ils représentent, à travers leurs multiples évocations jalonne le livre, traversé habilement par ces différentes incarnations. Aussi, plein d'histoires se mèlent ici ; celle d'Edith avec son amour, violoniste israélien, disparu brusquement ; celle du père d'Edith bien sûr, le savant, l'érudit, noble icône pour sa fille, plus trouble pour d'autres ; ce jeune journaliste, passionné par les loups, qui fera un passage par cette maison pour creuser sa passion ; et puis bien sûr, cette famille annexe, greffée sur Edith, sa soeur, son mari et leur ado de fille, qui vit à ses crochets sur les lieux, et laisse entrer des courants exploitables par les détracteurs...

Car un vaste domaine, des loups, un savant qui vécut pendant la seconde guerre mondiale et régime nazi... Bien sûr, il y a aussi la piste des clans, sectes, groupuscules d'extrême droite qui exploitent les symboles... Edith luttant de façon forcenée contre ça, au point sans doute (le doute est laissé, finalement) de ne pas vouloir voir ? En tout cas, son père avait peut-être écrit des choses pas si catholiques que ça, et le semeur de trouble, le faux-frère, celui dont la figure vient surgir dans le roman, et dans le domaine, est là pour agiter le passé, un passé, quitte à mentir, travestir, détruire ?

J'ai aimé aussi la concentration du temps en quelques jours, semaine, même si finalement, à l'échelle de ce temps court, il se passe pas mal de choses, le point de vue de la narration, avec ce naïf journaleux passionné de loups... Dommage que les loups (qu'on aurait aimé voir en tant que tels !) disparaissent très vite ; finalement, ils hantent quand même par le fait qu'on les recherche, et ils créent quand même dans le récit et pour le lecteur un horizon d'attente... De ces loups qu'Edith aime, chérit, apprivoise de loin, de très loin quand même, loups qui sont aussi incarnations machiavéliques, comme finalement, ce qu'en a fait la grande Histoire...

Je le relirai sans doute. Ah, j'oublie de dire que dans sa langue originelle (le néerlandais), ce livre s'appelait 'Fenrir' ; du sens, car Fenrir, dans la mythologie nordique, c'est le loup sombre, le loup noir...

. Un long week-end dans les Ardennes, Hella S. HAASSE, éd. Actes Sud, Babel, 2001, 2000 pour la publication originale (Pays-Bas).

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L'invité du soir :))

21 Décembre 2014, 16:13pm

Publié par LaSourisJOne

L'invité du soir :))

Ce premier roman de Fiona Mc Farlane est incroyable, incroyable de force, étouffant, troublant... L'invité du soir (The Night guest, dans son titre original) est un titre très inspiré ; il contient toute l'ambiguïté du roman, son pouvoir évocateur, son creuset d'angoisses... Il aurait aussi bien pu s'écrire 'L'invitée du soir' et désigner cette Frida chtonienne, qui entre tel un boulet de canon implacable dans la vie tranquille du personnage principal, Ruth, au soir de sa vie. Et bien sûr, l'invité du soir c'est ce qui rôde, ce qui fait peur, ce qui sourd au fond de soi, formidablement incarné par le tigre, le tigre au pas lent, au souffle épais, qui vient à la lisière du réel, visiter la maison.

Ce récit déstabilise, remue : non, on ne veut pas voir cette pauvre vieille femme abusée par cette autre, qui profite de sa fragilité ! Il rend incroyablement compte de la façon dont Ruth bascule, perd pied, 'aidée' par cette adjuvante qui n'en est pas une, Frida. Ruth, originaire des Fidji, vit seule, dans une maison au bord des dunes, au bord de la mer, en Australie ; elle a 75 ans. On est dans sa tête, si bien qu'on sait quand elle a toute sa raison ou quand elle déraille ; et alors que cette femme a, au début de l'histoire toute sa raison, malgré le tigre qui incarne ce soir-là la peur de l'endormissement, la peur de l'autre monde aussi peut-être, bref, on suit le déraillement de Ruth malgré elle, entrainée sur ce chemin par cette femme qui se présente chez elle, Frida, et s'immisce dans sa vie au prétexte de l'aider.

Tel un bulldozer, elle ravage ses repères, accroît sa dépendance, puis ira jusqu'à la dépouiller de son argent. Dans un mélange extraordinaire de confusion des sentiments ; la pauvre Ruth en perd son latin, celle qui l'aide pourrait être une personne malveillante ? La romancière réussit ce tour de force de nous faire suivre ce personnage étrangement lucide, et vaincu tout à la fois ; il y a ce mélange de sentiments, la fragilité des personnes âgées, à la merci de, l'éloignement des fils Jeffrey et Phillip, qui vivent leur vie d'hommes mariés loin de leur mère et de cette Frida. Les plongées dans le passé, les manies incroyables de cette Frida (ses médicaments, son obsession de la propreté et du nettoyage à l'eucalyptus, ses tenues blanches, ses teintures de cheveux...), et puis ce tigre, cet extraordinaire tigre auquel Frida donne de la densité, et la nature, bien sûr, la nature écrin de beauté et à la fois écrin étouffant, de végétation qui étouffe, envahit, emprisonne...

Vraiment étonnant. Savoureux.

L'invité du soir, Fiona Mc Farlane, éd. L'Olivier, 2014 (2013 éd originale). Traduit de l'Anglais (Australie).

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Le temps des vrais bonheurs :)

14 Décembre 2014, 10:41am

Publié par LaSourisJOne

Le temps des vrais bonheurs :)

C'est un récit qui prend son temps, avance comme les ricochets d'un galet sur l'eau : un récit antérieur en chasse un autre, celui du présent, avant de revenir au présent. Au présent de trois personnages, du point de vue duquel la narration se place successivement : Jazz, Aruna, et Hassan. Aruna et Jazz se connaissent depuis leur petite enfance, depuis qu'ils se sont choisis ou 'reconnus' dans la cour de l'école, et plus quittés. Jusqu'à peut-être se tromper en se choisissant aussi comme compagnons de vie... La vie, peut-être se charge de leur rappeler que ce choix est peut-être contre-nature... Il y a les fausse-couches, et... les interrogations d'Aruna.

Et puis Hassan, le père de Jazz. A l'hôpital de Kuala Lumpur, en fin de vie. Espérant la mort, que son fils Jazz, qu'il n'a pas vu depuis deux ans, lui refuse obstinément. Ce qu'il croit savoir de l'histoire de ses parents lui occulte toute la vue, et il condamne son père à priori. Les mots seuls permettent de guérir et de sortir de ses oeillères, là encore Jazz l'apprendra sur le fil, tardivement, regrettant amèrement ces deux ans perdus. Le poids des secrets, sur les épaules des enfants qui ne peuvent que se faire des idées, et qui laisse ses mauvaises traces dans les vies, est aussi au coeur de ce récit.

Aruna est partie précipitamment, sur un coup de tête, loin ; à Londres, elle refait sa vie, mais sans finalement 's'impliquer à fond'. Tout simplement parce qu'elle ne peut pas. Trop de choses pas réglées... Son identité (qui sont ses vrais parents ?), quelle histoire avec Jazz ? Alors, une phrase d'un livre, un jour, suffisament forte la fait monter dans un avion sur les traces de la compréhension, à l'assaut des questions, loin de la fuite : retour vers Jazz et Hassan, ses racines... J'aime assez comment les choses avancent dans ce livre là, par petites touches lentes et douces ; et cette phrase, qui déclenche les départs et les retours, et qui me touche beaucoup : "Il est temps de cesser le combat et de rentrer".

J'avoue par contre ne pas vraiment comprendre l'adéquation entre le titre et l'histoire puisque c'est véritablement tout le contraire ; à moins peut-être que 'Le temps des vrais bonheurs' se rapporte à la toute fin du livre, à ce qu'on ne lira pas, mais que le livre a préparé, c'est à dire un temps qui suit le travail que l'on a fait pour régler son passé, et pour être disponible pour un vrai bonheur... :)

Merci chaleureux à Delphine, qui a pris soin de débusquer ce livre pour moi. :))

Le temps des vrais bonheurs, Roopa Farooki, éd. Gaïa, juin 2014.

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Dragon bleu, tigre blanc :)

1 Décembre 2014, 09:15am

Publié par LaSourisJOne

Dragon bleu, tigre blanc :)

Chine d'aujourd'hui ou presque. En tout cas à l'ère d'Internet, et des réseaux sociaux, qui permettent un peu de faire avancer la donne, de faire éclater au grand jour les scandales farouchement cachés par le Parti, ou au moins d'interroger sur ceux-ci.

L'intrigue se noue autour de Chen, le personnage principal, une cinquantaine d'années sans doute, qui a fait toute sa carrière brillante à la tête de la police et qui se voit du jour au lendemain 'promu', à la justice, en réalité éloigné de ses affaires et de ses enquêtes.

Commence alors une espèce de bras de fer secret, une espèce de course à l'homme dans l'ombre ; une contre-enquête de Chen pour tenter de savoir qui en veut à son poste, et bientôt à sa vie. Métro, restaurants, hôtels, autant de lieux anonymes qui concourent à la discrétion vont faire partie du cadre de ce roman. Ainsi qu'un certain nombre de personnages bienveillants qui font partie des amis de Chen et vont l'aider discrètement et de loin, à mener son enquête. C'est toute la Chine et son héritage qui viennent à nous, notamment par le biais de son attachement à l'opéra et sa poésie. Le directeur de police Chen est lui même amateur de poésie et traducteur de TS Eliot.

La spirale se resserre, il dégage son espace pour trouver du champ et mener son enquête, entre voyages sur la tombe de sa mère, attachement à la mère, inquiétée à son tour via une tentative d'intimidation et rencontre de jeunes femmes 'ernai' jeunes femmes entretenues.

La difficulté dans ce récit a résidé pour moi à s'y retrouver dans la multitude de noms chinois (Yu, Qai, Li...) : on s'y perd !!! J'ai aimé me régaler en même temps que les personnages de tous les plats typiques de Shangaï, en fonction des lieux (bords de lacs, karaoké, restaurant occidental, typique, etc.) et vivre à leur rythme, bien différent du nôtre...

Dragon bleu, tigre blanc, Qiu Xiaolong, éd. Liana Levi. Mars 2014.

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Viviane Elisabeth Fauville

13 Novembre 2014, 20:47pm

Publié par LaSourisJOne

Viviane Elisabeth Fauville

Circonspecte.

Alors là, j'avoue que j'ai pas tout suivi. On est sensé être dans la tête d'une femme, Viviane, mère d'un bébé, que le mari vient de plaquer, et dont la mère est morte. Elle réalise un meurtre, de sang froid, sans qu'on comprenne bien pourquoi (ou si, pour exister, croit-on comprendre, et parce que son psy ne lui accorde même pas ça non plus ?), de son psy. Fait une série d'actes irrationnels, iraisonnés, une enquête sur cet assassinat, se tape un patient de son psy... Et puis finalement sa mère n'est pas morte ? J'avoue que je n'ai pas compris grand chose à ce livre-là.

L'idée est sans doute d'être dans la tête de quelqu'un qui perd pied, marquée par l'abandon de son mari ; l'ennui c'est que l'auteur ne nous aide pas du tout, aucune clé pour installer son personnage dans un contexte sensé, on ne sait pas ce qui l'est ou ce qui ne l'est pas, et on ne sait pas si c'est habile, ou juste pénible. Ca peut être les deux, notez : peut-être habile, même si moi j'ai trouvé ça agaçant.

Et même si j'ai trouvé quelques bons côtés au livre, notamment dans la narration, c'est pas mal raconté ; l'utilisation du pronom personnel 'vous' est là encore assez déstabilisante, vous êtes dans la peau de cette femme, sauf que vous avez du mal à y être, justement.

Le relire une seconde fois ?

Je remercie quand même Bertrand pour cette histoire qui, sur le papier, avait tout pour me séduire. :)

. Viviane Elisabeth Fauville, Julia Deck, éd. Minuit Double. 2012, 2014.

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Le roi disait que j'étais diable :(

9 Novembre 2014, 08:51am

Publié par LaSourisJOne

Le roi disait que j'étais diable :(

... Il y a des auteurs qui dès que l'on se coule dans leur livre, nous parlent véritablement, et viennent toucher des résonnances au plus profond de soi. Ils ont les mots qui nous touchent. Et il y en a d'autres qui irrémédiablement, resteront à la surface. Je suis contrainte d'avouer que celle-ci, avec ce livre-là (puisque je n'ai jamais lu d'autres livres de Clara Dupont-Monod) fait partie des livres qui demeurent loin de moi. Ainsi, j'ai bien dû lire ce livre 3 fois : chaque phrase, trois fois, pour qu'elles fassent sens en moi. Et encore, sens... J'ai eu envie de lire ce livre en entendant son auteur lors d'une interview sur France Inter ; l'idée de découvrir ce personnage historique, Aliénor d'Aquitaine, que je ne connais pas du tout, personnage haut en couleurs semble t-il même si l'Histoire ne nous a transmis aucun portrait d'elle, m'a séduite.

Je dirai qu'en ce qui me concerne, elle rate sa cible à demi. Complètement, si c'est Aliénor qu'elle voulait donner à voir ! La narration nous donne à 'pénétrer' tantôt Aliénor, donc, tantôt Louis VII, celui qui devient son époux, au XIème siècle. Nous découvrons la femme du sud de la France avant son mariage, et pendant les premières années de celui-ci. On a bien compris que tout les oppose. Mais autant j'ai 'compris', saisi, senti le personnage de Louis VII, autant pas du tout celui d'Aliénor. Je trouve (puisque c'était ce qu'elle voulait faire) qu'elle n'explore pas assez les creux de l'Histoire, elle ne les remplit pas. Aliénor aime le luxe, la guerre, la poésie, et partir seule à dos de cheval dans les rues de Paris ; en revanche, ce qu'elle est, ce qu'elle veut vraiment, j'avoue m'est resté très mystérieux, opaque. Alors certes le livre pourrait se dire bien écrit, il ne manque pas de descriptions qui se veulent antropomorphiques, j'ai découvert une tranche de l'Histoire que je ne connaissais pas ; certes, utiliser l'intime pour aborder la grande Histoire est une fabuleuse idée, mais pour ce faire, j'ai préféré Carole Martinez, Carmen Posadas avec Son Ruban Rouge ou dans un autre genre Irvin Yalom. En fait, hormis quand l'auteur incarne le roi Louis, finalement, dont elle parvient à nous faire sentir ce qu'il ressent, je me suis ennuyée...

. Le roi disait que j'étais diable, Clara Dupont-Monod, éd. Grasset, sept 2014.

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L'homme de la montagne :))

7 Novembre 2014, 11:37am

Publié par LaSourisJOne

L'homme de la montagne :))

Je n'avais pas particulièrement été emballée par ’Les Filles de l’Ouragan’ , que du coup je reprendrai peut-être. Car le dernier livre de la romancière américaine Joyce Maynard,’L’homme de la montagne’ qui vient de paraître en France m’a véritablement emballée ! J'ai été emportée comme par une spirale haletante, persistante. On ne lâche pas ce livre qui oscille entre le policier et le roman initiatique avant d’en avoir fini et espéré que la romancière ne nous laisserait pas sans nous dire qui est cet effroyable ’Etrangleur du Crépuscule’ !
Le récit nous est livré par Rachel (Farrah pour son père, inspecteur de police). Une Rachel qu’on rencontre enfant, mais aussi à 45 ans, alors qu’elle aura cheminé, vécu une partie de sa vie et sera véritablement devenue romancière. Comme par une astucieuse et très réussie mise en abyme, on aura l’impression de lire le livre de Rachel sur ’L’homme de la montagne’….
On est donc plongé dans le monde vu par une ado, dont l’univers est constitué par son inséparable et précieuse sœur, leurs jeux à la lisière de l’enfance et de l’âge adulte, son père, qu’elle adule et qu’elle adulera jusqu’à la fin de sa vie ; la mère, plus en arrière-plan, est à sa manière attachante, aimante à sa façon, même si elle laisse ses filles un peu désœuvrées, tourmentée par sa dépression, et se réfugiant dans ses livres.
Survient alors un meurtre horrible d’une femme, au pied de chez elles, dans la montagne, premier d’une série de meurtres infinis. La romancière manie à la perfection les rouages du suspense, sans en abuser. La narration par le prisme de cette adolescente qui se construit est extrêmement attachante ; l’angoisse qui sourd dans la petite communauté, l’ascension puis la chute du père, héros déchu parce qu’il échoue à trouver le coupable est elle aussi passionnante. Et puis quarante ans plus tard, la romancière qui n’a pas oublié, marquée par cette affaire comme au fer rouge, l’empêchant même de construire sa vie, y reviendra…
Palpitant !


L’homme de la montagne, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, Août 2014.

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