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Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman

Mort d'un roi du tango :((

10 Avril 2015, 16:31pm

Publié par LaSourisJOne

Mort d'un roi du tango :((

... Mon dieu que je me suis ennuyée avec ce roi du tango ! Heureusement qu'il est mort. :) Ca m'apprendra à acheter des livres au feeling, au coup de coeur juste parce qu'il y a le mot 'tango' dans le titre... J'ai fini passablement agacée par ce livre qui ne mène nulle part, plus de 300 pages nulle part ! Et en plus c'est mal écrit. Je n'ai trouvé aucun intérêt à ce livre, et je ne peux que me fustiger d'avoir lu 300 pages, pour rien. L'oubli fera son oeuvre, car les Taita, ou Don Ruben, entre Pègre Colombienne et immunité diplomatique d'un pourri mais à priori charismatique, devraient vite disparaître de mon esprit. Rien d'attachant dans ce livre, non, vraiment !

Mort d'un roi du tango, Jérôme Charyn, 1999 pour la traduction française.

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Un hiver à Paris

6 Avril 2015, 16:18pm

Publié par LaSourisJOne

Un hiver à Paris

Je vais être très prudente dans la rédaction de ce billet, parce que Blondel, quand même. Traversant une crise de désamour pour la lecture, tout ce que je peux dire c'est que Blondel, dont je suis si fan, et qui a d'habitude le pouvoir de me relancer vers les cimes du plaisir de la lecture n'y est, cette fois-ci, pas parvenu. Alors je me garderai bien de tirer de conclusions hâtives, parce que, Blondel... Mais le fait est que je n'ai pas été emportée comme j'aurais pu m'y attendre. Est-ce que dans celui-ci, Jean-Philippe Blondel a cédé aux sirènes trop faciles, trop fréquentes, de l'autobiographie ? Je ne pourrai le dire, et après tout peu importe. Cela pourrait. Cela dit, le narrateur a une quarantaine d'années, il a deux grandes filles, il revient de vacances à Arcachon, il est écrivain, et... il reçoit une lettre. Une lettre qui le replonge dans ses souvenirs, des souvenirs marquants, pour le reste de sa vie.

Je n'ai pas ressenti de conviction, d'urgence, moins de sincérité que d'habitude avec Blondel. J'espère que c'est parce que les romans m'échappent, en ce moment. Mais bref : ce postulat de départ pour raconter une histoire rappelle d'autres auteurs, mais peu importe. Le fait est que je n'ai pas accroché. Pourtant l'histoire est forte, pourrait l'être : le jeune homme, à 19 ans, s'est hissé jusqu'à une classe préparatoire, une prépa lettres. Et il y a ce prof, odieux, comme on en a tous connu, et cet élève, qui saute, après un cours avec celui-ci, dans le vide, et se suicide. Le jeune homme puis l'homme restera marqué par cette histoire.

Je n'ai pas été plongée au coeur des choses, au coeur des êtres comme d'habitude avec Blondel. Même finalement l'ancrage du jeune homme, social, familial, important pour ses choix, je l'ai trouvé trop peu 'ressenti'.

Pourtant, il y avait des germes : quelque chose dans cet échange entre cet ado et le père du fils suicidé, quelque chose dans le cheminement du personnage principal mais qui reste, à mon goût, inabouti. Mais... Blondel. Alors je veux croire que j'étais une mauvaise lectrice, cette fois-ci.

Un hiver à Paris, Jean-Philippe Blondel. Ed. Buchet-Chastel, janvier 2015.

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Le complexe d'Eden Bellwether :))

25 Mars 2015, 13:33pm

Publié par LaSourisJOne

Le complexe d'Eden Bellwether :))

J'ai vraiment dégusté ce gros livre de 500 pages qui se lit lentement, sans temps morts.

Tout commence par une page d'accroche, un fait-divers, qu'on vit en direct ou en très léger décalé, en narration extérieure, qu'on relit plusieurs fois, mais qu'on ne comprend pas très bien. L'intensité dramatique est là, bien entendu, puisqu'il vient de se passer un drame, qu'un corps est repêché et que quelques autres sont des victimes... Incendie ? Evidemment on comprend en tout cas que ce sont les protagonistes de l'histoire qui commence ensuite, qui en arrivent là... Comment ? Pourquoi ? Evidemment, cette accroche nous tient, en partie en haleine.

En partie seulement. Car l'histoire est une coulée fraîche dans laquelle on a plaisir à se plonger. C'est par le prisme d'Oscar, qu'on va suivre toute l'histoire. Sans en savoir jamais plus que lui... Oscar, jeune homme, athée, d'un milieu social modeste, intelligent, travaillant dans une maison de retraite, qui entre un jour par hasard, dans une chapelle, attiré par les sons de l'orgue qu'il y entend... Là, se noue toute l'histoire. Là il rencontre Iris, une fille aux grosses lunettes dont il s'éprend, et qui est la soeur du musicien talentueux, trop talentueux en train de jouer. Oscar va pénétrer la petite sphère très fermée du petit groupe d'amis... On va le suivre au gré d'un récit plutôt riche : milieux sociaux, maladie, espoir, pouvoir des croyances, hypnose, pouvoir de la musique, sont à priori les thèmes qui marquent ce livre. Mais cela va bien au delà. Liens d'amitié, d'attachement ; à l'autre amoureux, au groupe, à la personne âgée.. Une belle réflexion sur ces liens d'attachement ; avec la pichenette qui, même si ils sont fort, très forts, ils ne sont jamais que ce qu'ils peuvent être face à la mort... pas de pathos dans ce livre. Mais de très belles histoires qui viennent toutes se rencontrer pour donner un livre plutôt attachant. Autour d'un personnage très, très particulier, admiré autant qu'il peut être détesté : Eden Bellwether. identifié petit à petit par ce psychologue expert, sans que les choses soient tranchées, comme quelqu'un souffrant d'une personnalité narcissique. Avec ce que cela peut supposer d'extrême, évidemment, donné à voir dans ce livre. Belle mise en lumière aussi du droit individuel que l'on a par rapport à une histoire collective ; j'aime bien l'interrogation qui demeure, à la fin, même si ce n'est pas l'essentiel : peut-on au nom de son propre égo, pour sa propre protection, priver la science, l'histoire de faits qui pourraient la marquer, les marquer, les faire avancer ? L'auteur y répond par l'exmple, à sa manière, et c'est très très beau comme ça. Pas de phrases pontifiantes ici, jamais, juste un récit très prenant.

Médiathèque de Pleurtuit.

Le complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood, éd. Zulma, 2014 pour la traduction française (de l'anglais, paru en 2012).

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La petite pièce hexagonale :)

11 Mars 2015, 20:47pm

Publié par LaSourisJOne

La petite pièce hexagonale :)

Découverte du hasard, ce petit livre fut vraiment savoureux. C'est une ballade solitaire, qui place destinée et hasard au coeur de la reflexion. Mais avant tout une étonnante histoire, qu'on accepte sans ciller. Sur fond de maux de dos révélateurs de symptômes psychologiques. Tout cela étant suggéré. C'est donc l'histoire de l'héroïne, qui rencontre en sortant de la piscine qu'elle fréquente sur prescription médicale pour cause de maux de dos, deux femmes, qui n'ont aucune raison, à priori, de l'interpeller. Sauf qu'elle va l'être par ce binome. Assez 'aimantée' par la plus jeune, jusqu'au jour où elle les suit jusqu'à un endroit derrière une forêt, entre et...

Dois-je vous en dire plus ? C'est tentant de vous laisser avec ce mystère et de vous laisser entrainer vers cette petite pièce hexagonale... :)

Pour ceux qui insisteront, promis, je raconterai la petite pièce hexagonale... !:)

. La petite pièce hexagonale, Yoko Ogawa, éd. Actes Sud, Babel, 2007.

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La petite communiste qui ne souriait jamais :))

4 Mars 2015, 20:49pm

Publié par LaSourisJOne

La petite communiste qui ne souriait jamais :))

D'abord il faut peut-être vous dire que 'la petite communiste qui ne souriait jamais', c'est Nadia Comaneci. La championne olympique de gymnastique, roumaine, aux JO de 1976. Aucune raison pour qu'à priori cette histoire m'intéresse... Et pourtant... J'ai adoré.

Je sais gré à Lola Lafon de nous donner à voir que toute biographie est toujours une fiction ; tant il est vrai que toute vie garde toujours en elle sa part de mystère, de secrets. Il n'en reste pas moins que ce livre est une touchante ôde à la complexité de la nature humaine, qui tisse ses fils de faits historiques, des archives du pays, de témoignages (à priori, mais ils peuvent aussi être de la fiction), des pleins et les creux racontés (à priori) par l'héroïne elle-même... Tout en laissant toujours la part de doutes, d'un doute délicat, respectueux quant aux hypothèses... C'est une touchante réflexion sur l'identité, la confection d'un héros, mais aussi la complexité de la condition féminine, de notre rapport au corps, tant à travers la perception intime que médiatique... En nous donnant à voir cette fillette adulée en tant que telle puis rejetée, salie, parce qu'elle grandit, parce qu'elle change, parce qu'elle devient femme, c'est un récit très fort sur le passage du temps et notre acceptation de celui-ci, qui ici s'est cristallisé dans son rejet le plus extrême... Les passages où elle parle de 'sa maladie', parce qu'elle devient femme (elle a ses règles, prend des formes, et tout cela est un frein à l'exercice pur de la gymnastique dans son excellence) sont très très forts. En nous donnant à voir l'aridité d'un régime, l'inflexibilité de celui-ci, elle nous le donne à voir à travers les commentaires de Nadia par opposition à celui auquel on le compare, qui a, lui aussi, ses déviances qu'on ne voit plus... Il est si facile de juger l'autre, beaucoup moins soi... Le régime de Ceaucescu est donné à voir de façon factuelle, sans jugement, une fois encore, malgré le fait que l'auteur- la narratrice se pose en biographe, occidentale, et qu'elle a forcément son avis. J'adore les réflexions de Nadia qui défend le régime qui l'a façonnée, par opposition à une abondance insensée, et cette conception qu'elle acceptait son destin parce que bien que très dur, il lui donnait la possibilité d'exister dans 'l'extraordinaire', par opposition au destin des femmes, au destin tout tracé, mariage, puis mère, ménagère... Rien ne se pose comme meilleur, tout est à relativiser, elle nous ote le droit de juger, elle donne à voir. Bien écrit, vraiment une très belle réussite.

C'est toi, Luocine, qui m'a donné envie de le lire, alors que j'avais dû le voir quelques dizaines de fois avant sans qu'il me tente. Merci !

Médiathèque de Pleurtuit.

. La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon. Ed. Actes Sud, 2014.

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Le Livre de Perle :)

28 Février 2015, 10:03am

Publié par LaSourisJOne

Le Livre de Perle :)

Etonnant, ce livre. Je sèche, pour en parler. Un conte ? Une féérie ? Un transfuge entre la vie réelle et l'irréel, plus sûrement. Où on navigue comme sur un tapis volant, ou comme avec un courant d'air de l'un à un autre. Ou comme si l'on était tombés sans s'en rendre compte dans des chausse-trappes qui font changer de monde. Car c'est bien de ça dont il s'agit ici. C'est l'amour qui sous-tend toute l'histoire, même si finalement la, les vies prennent plus de place que lui. Car l'amour est ce qui sous-tend l'aventure, qui explique tout ce qui se passe, mais c'est un amour dans l'absence, dans la quête... Le personnage principal, le jeune Ilian, si l'on n'a pas rêvé, est un fils de roi, un peu maudit, exilé par son frère qui prend le pouvoir dans le royaume. Le petit coin d'eau où il vit lui fait rencontrer une fée et ses sortilèges, et il tombe, comme elle, alors que ce n'est pas dans la condition de fée que d'aimer, amoureux. Ils ne se le disent pas. Et ils vont passer leur(s) vie(s) à fuir, se chercher, s'aimer dans la douleur et la distance... Transfugé sans qu'on s'en rende compte, le personnage principal change de monde, et devient Perle. Prend l'identité d'un jeune Joshua Perle, fils de commerçants de guimauve, avant la seconde guerre mondiale... Quelques souvenirs reviennent au jeune garçon de son ancienne vie. Et en grandissant, en vieillissant, il n'aura de cesse de traquer les signes de la magie, dans de grandes malles, car 'ils leur faut des preuves'... Partagé entre deux mondes, deux attachements, éternellement acquis à sa fée, le parcours initatique croise celui d'un jeune homme, l'écrivain, qui nous le rapporte. On aime ce 'Perle' aux yeux gris, retiré avec ses trois gros chiens noirs au fin fond d'un coin reculé, au milieu de ses malles... Une fééerie qui peut se lire et se relire sans fin...

Médiathèque de Pleurtuit.

. Le Livre de Perle, Thimothée de Fombelle. éd. Gallimard Jeunesse, 2014

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Je suis en bois

20 Février 2015, 12:54pm

Publié par LaSourisJOne

Je suis en bois

J'ai commencé par entrer à pas feutrés, dans ce livre. Parce que ces deux voix sont si séparées, si cloisonnées l'une de l'autre... Et puis finalement je me suis laissée embarquer. Parce que finalement, c'est peut-être un des messages du livre : on peut être séparés des autres par une incapacité de communication, notamment au sein des familles, mais peut-être qu'on peut se sauver quand même, peut-être qu'on peut quand même aider l'autre en faisant don de son histoire, de ses mots. Et que ce don là peut soulever les barrières et aider l'un et l'autre, à vivre ensemble.

Les deux voix sont celles de Mia, la fille, 17 ans, et Giulia, la mère. Mia tient son journal intime, et Giulia décide de le lire (mouai...), parce qu'elle sent que sa fille lui échappe et qu'elle ne peut l'atteindre. Alors elle lit, sans juger, et décide de lui répondre. Les chapitres intercalent ce qu'a raconté la fille, et donc lu Giulia, et ce qu'elle raconte en retour, en écho. De sa propre vie. Comme pour expliquer, adoucir... Car en effet, Mia vit loin de sa mère, en tout cas pas dans l'échange ; elle a décidé que pour se préserver, elle serait de bois. Ainsi elle ne souffrirait pas des sentiments. Quant à Giulia, elle a fait des choix, des choix de vie, qui s'expliquent par son Histoire, et elle livre, sa rencontre avec le père, son choix, et surtout son grand amour, inavouable, et les raisons pour lesquelles elle ne lui a pas donné vie. Il avait 17 ans, elle en avait 40... Mais il l'a rendue vivante. Elle est belle, touchante, leur histoire commune. La fille, en creux, pourra comprendre que c'est le véritable amour de sa mère... Qu'en faire, que faire d'un tel 'cadeau', je ne sais, mais c'est peut-être toujours mieux que le lourd poids des secrets de famille... C'est en tout cas le pari de Giulia, qui semble plutôt payant, parce que Mia a l'air de changer, d'accepter de recevoir, de s'ouvrir à l'autre...

Assez jolie, aussi, l'association du bois à Mia, et dans tout le récit, celle de l'eau, de la pluie à Giulia, et l'idée que le bois mouillé s'adoucit... Au contact de l'une avec l'autre, la vie peut changer.

Médiathèque de Pleurtuit.

Je suis en bois, Giulia Carcasi, éd. Héloïse d'Ormesson. Traduit de l'italien. Paru en Italie en 2007, en France en 2008.

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La grande nageuse

16 Février 2015, 13:08pm

Publié par LaSourisJOne

La grande nageuse

Peinture et marine, les deux univers de ce narrateur. Avec une grande 'nageuse', de mère en fille, qui marque la vie du narrateur : la belle 'Gaëlle', belle femme qui fait phantasmer les adolescents dans la baie de Quiberon, puis Marion, la fille de celle-ci, pour qui le narrateur n'a aucun sentiment amoureux, cela se sent, même s'il s'en persuade, et c'est ce qui trace sa vie et marque sa vie. Pourtant, ils entrent dans la vie de l'autre un peu par hasard, continuent de se fréquenter un peu par désoeuvrement, et vont faire leur vie ensemble.

Etrange, cette résignation, cette abdication, cette autopersuasion du narrateur, pour cette femme, Marion, qu'il choisit sans choisir. En fait, il choisit la peinture (encore que !), et tout le reste est accessoire. Même s'il tente de se raconter des histoires autour. Du coup, c'est assez particulier, ce récit. Il est une certaine conception de l'amour. En tout cas de l'attachement. Récit très linéaire, on attend quelque chose. Que quelque chose sourde enfin de cette narration très chronologique et linéaire (même s'il a de jolis passages sur la condition de peintre, les doutes, la navigation).

Finalement ce qui arrive enfin, on ne sait pas si c'est cela que le récit nous prépare à attendre, peut-être : la mort de Marion, brutale. Marion est une femme qu'il regarde, qu'il dessine, fébrilement, mais est-ce une femme qu'il connaît ? Malgré leur vie commune, malgré leur enfant ? Ils vivent à côté, et finalement, si lui semble trouver cela normal, on peut s'interroger si c'est son cas à elle. Encore qu'elle a l'air hermétique à tout échange, quand même. Ce ne sont pas des personnages que j'ai beaucoup aimés, même s'ils m'ont intriguée. Et il faut reconnaître qu'ils ont une certaine réalité, même s'ils demeurent hors de mon entendement

En tout cas, ce gars-là s'est accroché à cette figure qu'il admire comme à une bouée, et il a tissé autour ses chemins, sa peinture, les affres de la création, qui ne sont pas si mal rendues, et cette vocation marine, sur laquelle il s'interroge beaucoup. La mer, est donc évidemment aussi, sous ses formes assez multiples, au coeur de ce roman également.

Médiathèque de Pleurtuit.

. La grande nageuse, Olivier Frébourg, éd. Mercure de France. 2014.

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Pas pleurer :)))

12 Février 2015, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

Pas pleurer :)))

Quel plaisir de lecture, que ce livre ! Il a obtenu le dernier prix Goncourt ; j'en savais peu de choses, et surtout, le titre ne m'avait pas forcément interpellée. Quelle erreur ! J'ai véritablement adoré.

Dès le départ si tant est que l'on ne se laisse pas effrayer par le premier paragraphe qui nous parle de Bernanos que l'on connaît peut-être peu, dès le départ donc on entre dans un récit qui se caractérise déjà par une agréable richesse et un étonnement de la langue. L'intrusion brutale de l'oral dans un style pouvant être très écrit est un vrai régal parce que tout cela est complètement en adéquation avec la narration ; le style s'imprègne et marque ce qui est raconté. Ainsi, nous avons aussi le savoureux mélange dans cette langue entre les hésitations de l'espagnol, à travers la langue maternelle, et le niveau du français correct et même littéraire, de la fille : la narratrice est la fille (née en France), qui écoute sa mère raconter son été 1936, en Espagne, son pays d'origine. Les deux niveaux de langue s'emmêlent, pour un résultat très réussi. Génial aussi, l'interruption brutale du texte, quand le locuteur que l'on imagine est interrompu dans ses propos. Cela donne une espèce de force de l'instantanéité à son récit, alors même qu'elle nous plonge des dizaines et des dizaines d'années de cela.

C'est extraordinaire. Nous vivons donc cette année 1936 en Espagne, et les suivantes, la naissance d'une prise de conscience ouvrière et libertaire ; la résistance nationale, soutenue par le clergé, à travers la bouche de cette jeune femme Montse, il y a 75 ans ; et puis il y a Josep, le frère, le révolté ; et Diégo, qui deviendra le mari de circonstances, opposant, rival historique du frère ; chaque personnage est passionnant, donné à voir avec une vraie finesse ; et puis il y a de loin en loin, comme une prise de recul parallèle, par la narratrice, le récit de ce que traverse Bernanos, qui souffre en son âme de ce que son pays subit.

Et évidemment, cela résonne en nous longtemps. A plein de niveaux. Car la naissance d'une résistance, c'est touchant ; car oui, chaque époque a son lot de courageux, et son lot de faibles, qui ralentissent et empêchent les changements. Aujourd'hui, encore, évidemment, dans une période où les salariés laissent un lourd tribut au nom de l'emploi raréfié à leurs conditions de travail et à leur considération, ce texte ne peut que résonner encore, et encore. Il est beau ce personnage de Josep, qui espère, qui se bat, qui croit, qui veut que les choses changent, et qui est vaincu... C'est un très très beau récit, que je garderai longtemps en moi, et que je me vois bien relire...

Médiathèque de Pleurtuit.

. Pas pleurer, Lydie Salvayre, éd. Seuil, août 2014.

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Orages :)

31 Janvier 2015, 22:21pm

Publié par LaSourisJOne

Orages :)

"J'ai entendu un ami auteur dire un jour lors d'un débat que la seule question qui lui semblait importante quant il s'agissait d'écriture était de savoir d'où l'on écrit. J'écris de l'exil". C'est l'exergue du roman, mais finalement ça en dit beaucoup.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, roman d'un parcours initiatique, d'une jeune femme de 15 à 30 ans. Pragmatique. Qui vit. Sans pouvoir s'offrir le luxe de la glose. J'ai beaucoup aimé cette force, qui la guide par dela elle même ; une force qu'on n'a pas besoin de comprendre, ou que l'on n'a pas besoin que l'on nous explique, mais que l'on sens, finalement. Alors il y a cette jeune narratrice, dont le corps reste enfant, parce qu'elle pense qu'ainsi elle retiendra sa mère en train de mourir d'un cancer. Dont le père est parti pour reconstruire sa vie avec une autre famille. Et qui reste marquée par ce Sachat/Alexandre, qui appartient à son passé. A belgrade. Comment se construire avec cet héritage, et une ville qui affronte la guerre ? Pragmatiquement, en partant d'abord, puis en lambeaux, et en y revenant. Pas en conscience, plutôt en écoutant ce qu'impulse le corps. C'est ainsi que l'on suit la trajectoire de Tamara, le personnage principal. Elle est forte cette histoire avec cet Alexandre, devenu plus que mauvais garçon, mais que les souvenirs d'enfance lient l'un à l'autre. Comme s'ils faisaient revivre l'ancien temps, jeunes égarés, malmenés par les chemins qu'il faut se construire coûte que coûte, sans repère. Elle est forte cette histoire, et touchante, entre Tamara et Alexandre, entre Tamara et tous les gens qu'elle croise, elle qui est à vif, et qui se recout petit à petit, se reconsolide petit à petit, parce qu'il faut bien, parce que si l'on choisit de vivre, eh bien...

Un très très bel hymne à la vie, simple. A la force de vie.

Et un très beau récit sur Belgrade et une partie de son histoire sombre.

Médiathèque de Pleurtuit.

Orages, Sonia Ristic, éd. Actes Sud Junior, 2008.

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