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Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman

Le rendez-vous de Venise :))

29 Octobre 2014, 23:11pm

Publié par LaSourisJOne

Le rendez-vous de Venise  :))

Ce livre est une petite pépite. Je l'ai découvert par hasard, ainsi que son auteur. Quel régal, quelle belle promenade avec cette poignée de personnages en miroir, et surtout au gré de la peinture, que ce livre nous amène à regarder différemment, avec tant d'humanité ! J'ai adoré. Dans la peau d'un homme, d'une trentaine d'année, qui vit dans l'aura de son oncle, érudit, savant connaisseur, extrêmement pointu, et reconnu de la peinture et des peintres italiens et flamands... Déjà celui-ci, l'oncle, nous offre des voyages savoureux au gré de ces peintures qu'il nous invite à revisiter et à regarder à nouveau comme il les voit, et ce, par le prisme du neveu, qui trace sa route dans les pas de son oncle, sans douter, sans ciller, pétri d'admiration. Lui donc, aussi, va devenir connaisseur de peinture. Vivant, accompagnant l'oncle au gré de ses déplacements, qui à Venise, qui à Rome... Et à son décès, il trouve un carnet. Carnet qu'il se met à lire, et dont il nous livre la lecture, entremélée de ses commentaires, carnet qui lui révéle... une femme dans la vie de son oncle. Quoi ? Mais il ne le savait pas. C'est savoureusement jaloux ; on s'amuse de son énervement à découvrir un autre (une en l'occurrence !) privilégié, dans les secrets de cet oncle... Il résiste, refuse, réfute, non ce n'est pas son oncle, et puis il va bien devoir se rendre à l'évidence, son oncle a aimé, à son insu, et n'était-ce pas son droit ? Le neveu va rencontrer cette femme, par hasard, leur entrevue est vraiment savoureuse ; quelle vision, croisement des regards, autour de cet oncle, absent, mais pourtant tellement là, ayant marqué leurs deux vies ! Et puis il y a cette histoire en miroir, que vivre le neveu, avec la fille de Judith, l'aimée de son oncle. C'est drôle, touchant, vraiment vraiment bien. Brillant.

. Le rendez-vous de Venise, Philippe Beaussant, éd. Fayard, 2003. Paru en Poche en 2005.

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Six mois, six jours :)

29 Octobre 2014, 22:19pm

Publié par LaSourisJOne

Six mois, six jours :)

Le narrateur est un personnage d'environ 75 ans, cynique, et d'emblée se plaçant comme quelqu'un d'antipathique, peu conciliant, mysantrope, se revendiquant comme tel ; il faut dire que ses caractéristiques nous sont rapidement explicables par son passé, sa personnalité, ses choix : il a été pendant plus de 40 ans aux services d'une famille richissime, en Allemagne, de riches industriels dont il était l'homme de confiance. Il a fonctionné dans l'ombre de cette famille, sans autre prétention, jusqu'au moment où il en est limogé, sans autre forme de considération ; bien sûr, qu'à travers la constitution de sa personnalité, son intention de 'ne pas leur faire de cadeau' en racontant leurs zones d'ombres, leur histoire, s'entend. Ce portrait dépeint, et une fois qu'on sait très vite que le narrateur est ainsi, il nous livre l'histoire de la fille de l'industriel. Entre autres. Mais de cette fille, belle femme, de 45 ans, mariée, trois enfants, dont la vocation est d'être 'femme et fille d'industriel, en représentation surveillée perpétuelle, qui un jour, succombe au charme d'un homme. Jusqu'à en perdre le sens de la rationnalité ; sacrifiant à son amant la prudence qui lui est coutumière. Leur histoire 'd'amour', est habilement racontée par cet homme qui l'imagine, et la voit tout à la fois, homme de l'ombre silencieux, omniprésent. Et cet amant pour lequel elle succombe... se rêvelera un maître chanteur. Tragique marque de confiance pour cette femme qui ne s'est jamais autorisé celle-ci... La passion de cette femme durera six mois, la narration six jours... Le portrait de cette femme, de cette passion, de cette famille ayant largement collaboré pendant la guerre au régime nazi est très justement donné à voir, par le prisme de cet homme de confiance froid et implacable, et dont la narration ajoute de la dramaturgie à l'ensemble. Un récit qui m'a plu à plus d'un titre, donc...

. Six mois, six jours, Karine Tuil, éditions Grasset, 2010.

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Le peigne de Cléopâtre :)

26 Octobre 2014, 21:39pm

Publié par LaSourisJOne

Le peigne de Cléopâtre :)

... Evidemment, les trois fourchettes tordues de la couverture, avec une pointe qu'on peut imaginer trempées dans le sang, sur une nappe à carreaux qu'on pourrait trouver angélique, c'est le livre... Les apparences ne sont pas celles que l'on croit !

C'est un livre qui nous berne, nous lecteur, et on aime pas beaucoup ça, on préfère être dans la confidence, à l'insu des personnages... Mais là, les personnages en savent plus que nous. Et plus, même que les autres personnages. Mari, Anna et Fredrik, trois amis, aux apparences trompeuses. Un peu comme un ciel clair et lumineux qui soudain se retrouve chargé de nuages. Les personnages nous sont donnés à voir au début du livre à travers ce qui les fait vivre, rayonner, être sur pieds, à travers la complicité qui les lie. Et puis au fur et à mesure que le récit avance (et c'est ça le coup de maître finalement), la médaille se retourne à notre insu. Et l'on voit que tout est loin d'être aussi rose que ça. Y compris dans leur présent, émanation de leur passé familial, ou sentimental. On découvre sans jamais aucune lourdeur les 'racines du mal', via leur histoire familiale, l'air de rien, comme on soulève un caillou... Méfions-nous des apparences. Et l'amour, c'est quoi l'amour ? Peut-on vaincre un passé familial trop chargé ? Pas toujours, Fredrik en la preuve sacrifiée.

Le peigne de Cléopâtre ? C'est le nom que les 3 amis donnent à leur société, destinée à régler les problèmes des gens. Bénéfique à priori, oui, mais jusqu'où ? Ce nom vient de la découverte par Anna dans un musée, de ce fameux peigne de Cléopâtre, qui nourrit la réflexion... Evidemment la question du mal et du bien, parfois sourdement liés, est au coeur du livre. Avec cette question cruciale, taboue, au nom de quoi peut-on supprimer quelqu'un ? Attention, la frontière entre le mal et le bien est parfois ténue...

Découverte de la littérature suédoise, après Katarina Mazetti, cette auteure était la deuxième que je découvrais. Merci à Delphine pour la découverte !

. Le peigne de Cléopâtre, Maria Ernestam, éd. Gaïa. 2007, et 2013 pour la traduction française.

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Un garçon singulier :)

28 Septembre 2014, 15:24pm

Publié par LaSourisJOne

Un garçon singulier :)

Entrer dans un Grimbert me demande, je ne sais pourquoi, un effort particulier. C'est une impression que j'avais déjà ressentie en lisant 'Un secret' (dont je ne garde d'ailleurs aucun souvenir), et force est de constater qu'une fois encore, entrer dans celui-ci m'a demandé le même effort. Je ne sais pas pourquoi, au fil de la lecture, surtout au début, les mots ne s'impregnent pas en moi, ne font pas sens, si bien que je suis obligée de relire plusieurs fois les phrases pour les incorporer, et que 'ça fasse histoire'. Je ne me l'explique pas. Peut-être les descriptions 'extérieures' y sont pour quelque chose ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne regrette pas ma persévérance, car j'ai beaucoup aimé celui-ci. Peut-être mes trois heures de train n'y sont pas étrangères, le fait est que j'ai lu ce petit livre dans son intégralité ou presque pendant ce trajet... Qu'en garderai-je ? J'espère plus quelque chose, et en tout cas plus qu'Un secret ! Mais de cela nous n'avons pas le pouvoir de décider...

Bref. Ici se tissent le portrait, en plein ou en creux, de plusieurs 'garçons singuliers', dont les visages, la réalité se superposent... Et nous mènent à plusieurs histoires d'attachements, pour au final, sortir le narrateur de sa 'singularité' douloureuse... C'est donc l'histoire d'un étudiant, qui, confronté à la nécessité de gagner sa vie, et ne sachant qu'en faire, répond à une annonce, où il est demandé d'officier comme garde d'un enfant singulier... Il se trouve que cette mission a lieu exactement sur les lieux où il passa tous les étés de son enfance, et où il connut une amitié masculine, forte, enfouie en lui, intranquille, et un peu nostalgique. Une incroyable relation va se tisser entre ce jeune homme, et le jeune garçon qu'il est chargé de garder ; un garçon sensible, et qui perçoit bien plus qu'il n'y paraît. Sans parler du couple, qui se débat comme ils peuvent avec cet enfant difficile ; très juste et belle peinture, des choix parentaux, tels qu'ils se sont matérialisés là : le père, loin, qui gagne sa vie en haut d'une tour de la Défense, la mère, qui vit difficilement, sombre dans la dépression, puis reprend son activité d'écrivain ; elle aussi aura une personnalité marquante, et non négligeable, absolument pas dans la bienveillance, mais constitutive, pour le narrateur... Une agréable lecture.

Merci à Clotilde pour cette transmission !

Un garçon singulier, Philippe Grimbert, Poche. Paru en mars 2011;

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L'art d'écouter les battements de coeur :))

28 Septembre 2014, 15:06pm

Publié par LaSourisJOne

L'art d'écouter les battements de coeur :))

C'est une belle découverte, hasardeuse, mais guidée par une lectrice bienveillante qui se reconnaîtra :), que celle-ci. Et j'ai vraiment pris un plaisir infini, progressif, croissant, à la lecture de ce livre, à cotoyer tous ses personnages. J'ai aimé l'enchassement de la narration. J'ai connu la même impatience que l'héroïne (enfin, est-ce vraiment l'héroïne, pas vraiment !), cette trentenaire qui quitte New-York sur un coup de tête à la recherche improbable de son père, disparu mystérieusement il y a quatre ans. Que va t-elle vraiment chercher à Rangoon, elle semble ne pas le savoir vraiment, ou plutôt si, 'la vérité'. Celle que sa mère a deviné, et dont elle ne veut surtout rien savoir de plus. Alors on est entrainé dans les 20 premières années de celui qui semble bien être son père, à travers le récit merveilleux, tel un conte, d'U-Ba. Personnage rencontré sans que le hasard semble y être pour quelque chose, et qui semblait l'attendre et la connaître. C'est à une réconciliation avec les sens, la puissance des autres sens que la vue, qu'on y invite ici. Et que c'est beau, et touchant, et tellement fort cette idée qu'on ne voit pas bien avec les yeux, ni avec les pieds qu'on voyage ! Cette osmose qu'on découvre, par delà la séparation, entre deux êtres frappés de cécité, et de handicap, est d'une beauté à couper le souffle ; on aime ces personnages, on les voit, arpenter le village de terre, lui bien campé sur ses pieds, elle sur ses épaules; lui servant de regard... On aime l'accuité de l'ouïe du jeune homme, privé de sa vue ; la force de l'attachement, à travers ces gens simples, tant celui, inconditionnel de ces deux personnages, mais aussi entre Su Kui, qui prend l'enfant (le père) sous son aile, l'aimant intuitivement, dans ses premières années de vie... Et la manière dont les destins se dessinent, se tracent, se marquent, et la façon dont les personnages s'y plient.

C'est une très très belle lecture, qu'on a toujours envie de prolonger...

Merci à Delphine, pour sa judicieuse recommandation, et sans qui je n'aurai sans doute pas lu ce livre.

L'art d'écouter les battements de coeur, Jean-Philippe Sendker, JC Lattès, mars 2014.

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Baby Jane :)

6 Septembre 2014, 09:33am

Publié par LaSourisJOne

Baby Jane :)

J'ai beaucoup aimé ce livre comme une ballade mélancolique. Mélancolique et forte. Qui vient sonder la marge, ceux ou plutôt celles qu'on ne peut pas comprendre, parce que leurs maux ne sont pas compréhensibles du commun des mortels. C'est rendu avec une vraie sensibilité, une dureté aussi parfois complément en adéquation avec la rudesse de ces vies. Au coeur du récit, Piki, emblématique, rendue charismatique par la narratrice, qui en est amoureuse. Tout le livre est un déchirement. Le déchirement de la narratrice qui voit agir et sombrer cette femme en toute impuissante, sans pouvoir la sauver, jusqu'au sa prise de distance, nécessaire, et jusqu'au naufrage, finalement presque commun par ricochet, qui ne put être que la seule issue de Piki. C'est vrai qu'on garde en mémoire ces deux vies paumées ; Piki souffre de troubles paniques ; elle finit, un jour, après avoir sans doute bravé ses peurs, ses phobies et avoir écumé les bars de nuit dans sa jeunesse, par écouter ses peurs et ne plus sortir de chez elle. Pendant dix ans. On lui fait ses courses, on lui lave son linge, elle ne peut plus affronter le monde extérieur. Perversement entretenue par son ex-petite amie dont on se demande si finalement ce l'est pas une façon de garder cette femme à sa merci ; et au grand désarroi de la narratrice habitée par cette femme, elle aussi souffrant de dépression... C'est beau, souvent poétique. C'est un beau chant d'amour désespéré, qui parle de l'impuissance de ne pas pouvoir sauver l'autre, même l'aimé, malgré soi.

. Baby Jane, Sofi Oksanen, éd. Stock en 2005. Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli. (Publié en Finlande en 2004).

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Un endroit discret :)

30 Août 2014, 22:13pm

Publié par LaSourisJOne

Un endroit discret :)

Moi qui suis loin d'être une fan des auteurs japonais, je dois avouer que celui-ci, en tout cas que cet ouvrage-là, m'a séduite. Je n'ai pas retrouvé l'atmosphère étrange, due à une culture si différente, de bons nombres d'auteurs japonais.

Le Japon y était, et tant mieux, mais pas forcément dans la façon d'écrire : c'est sans doute pour ça que j'ai aimé. Tokyo, les provinces, les paysages de montagnes, les petites rues qui grimpent en pleine ville et les arbres toujours plus ou moins présents dans le paysage, la dévotion des personnages relativement à leur métier, leur administration... Tout cela m'a plu. Et puis cette histoire au plus près d'Asai, cet homme scrupuleux qui perd sa femme, morte d'une crise cardiaque, et qui soudain décide que ce n'est pas normal et d'enquêter sur son décès. Etonnant, déroutant, ce parcours, cette pugnacité dans sa recherche, et les travers de l'homme qui va trop loin, pour se protéger, coûte que coûte. Pour ne pas perdre ce qu'il a construit, acquis. Vraiment très intéressant, sur une certaine nature humaine, et vraiment une belle balade au gré des moeurs japonaises.

. Un endroit discret, Seischo Matsumoto, Actes Sud, octobre 2010.

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La femme au carnet rouge

10 Août 2014, 19:41pm

Publié par LaSourisJOne

La femme au carnet rouge

Que dire de ce livre-là ? Il a de cette irréalité, de cet état de suspension qu'ont les contes de fée moderne à la Foenkinos ou à la Van Cauweleart, il scrute la possibilité d'une rencontre et la pare de tous ses joyaux 'romanesques'. C'est plaisant, mais... Je n'en garderai pas un souvenir impérissable. Donc Laure est une jeune femme qu'on rencontre dès le début du livre au moment où elle se fait sauvagement voler son sac... Dénudée soudain (j'aime assez l'impression retraduite ici, suite à ce vol, même si elle est un peu extrême), elle ne trouve pour s'héberger que le solution de l'hôtel en face de chez elle, dont elle n'a plus les clés, puis sombre dans le coma, suite à sa chute violente lors de l'agression. C'est un libraire, Laurent, dont la librairie s'appelle 'Le Cahier rouge', qui va retrouver son sac. Et mener une enquête, jusqu'à retrouver la trace de cette femme, dont il lira le carnet (privé) ; il ira même jusquà trouver son adresse et par un concours de circonstances, se voir confier la responsabilité de garder son chat, tout en ne se privant pas de tout regarder chez cette jeune femme. Y compris d'effacer un message sur le répondeur alors qu'il lui était pourtant destinée. Je n'aime pas du tout ces passages de roman où l'intrusion est telle ; je me souviens avoir ressenti la même gêne avec 'Camarades de Classe' de Daenincks ; utiliser la confiance d'un tiers pour la berner pour satisfaire ses propres besoins me met toujours mal à l'aise dans les romans. Même si, comme ici, c'est au service de l'intrigue... D'autant que la jeune femme, sortant de son coma, intriguée par son bienfaiteur, qui avoue s'étonner que quelqu'un ait pu faire tout ça pour lui rendre son sac et la retrouver, et dont on apprend qu'elle a toujours gardé une grande part d'intimité avec ses anciens compagnons ne va pas du tout s'offenser de cette intrusion véritable dans son intimité, son quotidien, son appartement... Au service de l'intrigue, qui devait être romanesque, donc. Je me semble un peu sévère, mais... je crois pourtant que je l'oublierai vite ce livre-là, même si la lecture en fut agréable !

Merci toutefois à Delphine, pour sa chaude recommandation de celui-ci. :)

. La femme au carnet rouge, Antoine Laurain, éd. Flammarion, 2014.

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Je ne retrouve personne

9 Août 2014, 19:25pm

Publié par LaSourisJOne

Je ne retrouve personne

Le postulat de départ est assez classique : Aurélien, la trentaine, parisien, écrivain, retourne dans sa Normandie d'origine le temps de mettre en vente la maison de ses parents, qui se sont exilés à Nice. Et évidemment, arrive la remontée des souvenirs. Cela dit, le style est enlevé, les propos justes, sans 'gras', sans superflu ; la lecture est agréable.

Quant on se tourne vers le passé, qu'on accepte de regarder de près ce qu'on a laissé en plan des années, voire des décennies pour se construire adulte, se réagence, nécessairement. Le temps a passé, et la compréhension des êtres qu'on croyait connaître se peaufine. L'épreuve de la solitude que le narrateur accueille comme une lourde nécessité, contraint à ça. Un bilan passager, à cet instant de vie. Finalement, le personnage principal ne va pas forcément faire beaucoup bouger ses rapports à sa famille (ses parents et leurs préjugés, son grand frère tyranique), davantage son appréhension du monde d'adolescent, ses 'amis', ou fréquentations de l'époque, qu'il avait sans doute approché parce que tout les opposait, et que ces différences (de milieu social plus bas) l'attirait. L'un d'entre eux le touchait malgré lui, après l'avoir exclu et fait souffrir, ce Benoît dont il va s'inspirer comme personnage de roman... Jusqu'à ce qu'il apprenne la part manquante, sur ce garçon, qu'il ne savait pas...

La solitude lui permet aussi de prendre conscience de ses fuites, de ses croyances, et peut-être de cette errreur : Junon l'a quittée parce qu'elle voulait un enfant, et qu'il n'en voulait pas... Cet enfant, elle l'a fait sans lui, et lui, contre toute attente, découvre à quel point il est attaché à cette enfant, qu'il a pourtant choisi de ne pas garder dans sa vie...

On laisse le personnage en cours d'évolution, avec des pistes de réflexion...

Merci à Ronan pour ce cadeau. :)

. Je ne retrouve personne, Arnaud Cathrine, éd. Verticales, août 2013.

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Nebraska song :)

4 Août 2014, 21:45pm

Publié par LaSourisJOne

Nebraska song :)

Voici un roman qui m'a donné beaucoup de plaisir de lecture. Accrochée jusqu'au bout. Nous lisons en parallèle la vie d'une jeune femme, et puis sa vie, 27 ans plus tard... Sans qu'on n'en sache rien au départ. Même si on sait qu'il s'est passé une cassure, un choix, qui nous est revélé petit à petit, chapitre après chapitre. La jeune fille, Judith, vit un amour de jeunesse avant de partir en fac avec Willy, beau jeune homme charpentier. Un bel amour. Lui ne se remet jamais d'elle. Elle, en fac, fait sa vie avec un type plus conventionnel. En a un enfant. Et lorsqu'un jour, elle se demande si son mari la trompe, son univers chancelle, les migraines arrivent, et elle recherche son ancien amour... Qui, loin de là, toujours au Nebraska, l'Etat où elle a grandi, ne l'a pas oubliée. Elle le rejoint dans un endroit qu'il a construit en pensant à elle, même s'il a épousé sa meilleure amie, et eu deux enfants d'elle... Leurs retrouvailles sont belles, saisissantes, touchantes. Il est malade. Les personnages sont dignes, vraiment touchants. Beaucoup de surprises, dans ce roman, qui ne se laisse pas deviner. Qu'est-ce qui fait que l'on fait un choix de vie, plutôt qu'un autre ? Alors même qu'une autre voie nous bouleverse ? C'est un très beau roman d'amour, et de chemin de vie, que celui-ci.

. Nebraska Song, Tom McNeal, éd. Pocket. 2011, et 2012 en France.

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