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Le blog de la souris jaune

roman

Le Grand Loin :)

8 Novembre 2019, 10:14am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aurais probablement mis deux sourires sans la fin. J'aurais préféré le doute...

Marc vit une vie d'homme en couple avec Chloé. Il est un peu ailleurs, ou justement tout à fait là, Marc, au moment où on le saisit dans son histoire.. Il a une fille, d'une première union. On l'apprend petit à petit, mais assez vite. Elle a 34 ans, cette fille et, fragile psychologiquement, elle vit en structure psy.

Marc passe la voir, une fois par an.

Et un jour... Il décide qu'il ne comprend plus vraiment sa propre vie. Il n'est jamais allé "Loin"... Ni même à Agen... Va commencer une étrange odyssée entre ces deux êtres, qui finalement, renoueront un lien, comme sans doute jamais, ou il y a très longtemps... Ils emmènent le chat, Boudu... Mais... que se passe t-il réellement dans la tête d'Anne ?

C'est humain, profond. Bien écrit. Mais... la fin, cette fin, pour nous dire une nature, était-elle nécessaire ? Qu'en penser ? Que se dire ? Peut-on impunément soustraire quelqu'un de fragile à l'établissement psychiatrique, même pour son bien, au risque de... ? Et ce lien qui bouge, était-ce nécessaire ? Sans doute est-ce la façon de l'auteur de donner à voir un personnage "sans limites"... 

La fin dérange. Pourtant, c'est un livre qui mérite d'être lu.

. Le Grand Loin, Pascal Garnier, éd. Zulma, 2010

 

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La petite conformiste

7 Novembre 2019, 10:18am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Bon. Je prendrai quelques pincettes pour ce livre-là. Parce que, s'il est autobiographique, il prendrait des aspects touchants. Il en deviendrait par certains aspects, touchant. Maintenant, puisque c'est une fiction, que j'ai entre les mains, je vais vous donner mon point de vue de lectrice de fiction : je suis passée par plusieurs phases, avec celui-ci.

Au début le livre m'a plu. Il y avait dans la narration nous donnant à voir une fillette cherchant la normalité en dépit de parents complexes et différents quelque chose de frais, qui me faisait presque penser à l'Anglais Alan Bennett dans la fausse retenue de l'écriture. Plaisant. Et puis, je me suis ennuyée. Car cette trouvaille était bien sympa, mais elle ronronnait, et je me suis dit alors dans le corps du livre que je ne savais pas où ça allait m'amener, mais que les histoires de famille de celle-ci, pittoresque à souhait cependant, eh bien je m'en fichais. J'ai retrouvé un haussement de sourcil intéressé à dix pages de la fin, quand on en apprend un peu plus sur le père, ce qui tend à nous faire comprendre sa personnalité... et détesté la fin, à mon sens trop hâtive, et culpabilisante pour la fille, autour de la mère...

Intéressant cependant, et subtil au delà des apparences quant à la construction d'un enfant dans son rapport à la famille...

Merci à Delphine pour son partage et cette découverte, j'ai hâte qu'on en discute !

Quelqu'un l'a t-il lu ? J'attends vos avis...

. La petite conformiste, Ingrid Seyman, éd. Philippe Rey, 2019.

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Regarde les lumières mon amour

3 Novembre 2019, 16:15pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

"Peut-être existe t-il une mélancolie spéciale des hypermarchés".... écrit Annie Ernaux... Comment dire...

Bon, gros décalage, évidemment, entre le titre et le propos. On pourrait y voir du cynisme, mais même pas. Cette phrase est la phrase que prononce une maman à l'attention de son enfant, alors qu'ils arrivent dans l'hypermarché... Ca a de quoi faire grincer des dents, des coeurs, des pensées...

C'est le récit d'Annie Ernaux faisant ses courses, à de multiples reprises ! Oui, dit comme ça... Mais c'est quand même ça ; pendant trois ans, elle s'est auscultée allant faire ses courses en grande surface, et elle a ausculté ses contemporains. C'est vaguement sociologique ; c'est, sans état d'âme ; c'est un constat brut qui paraît tout à fait "raccord" avec le cynisme des hypermarchés, rouleaux compresseurs de tout...

Elle pense, et écrit que c'est une tranche de sociologie, qu'un jour même il n'y aura plus ça, supplantés par le Drive ; moi je trouve que les supermarchés sont le "rien", le vide, la déshumanisation, et j'ai du mal à me dire qu'on peut faire un livre dessus ! 

M'enfin, ils existent...

Et le livre aussi, qui relate quand même de "l'évolution de la société à travers ses soubresauts, au supermarché, aveugles, traces des changements de notre époque, qui nous dit où on en est, finalement, massivement (les journaux dans les supermarchés, déjà une nouveauté en soi, aujourd'hui même disparus de l'hyper et remplacés par plus vendeurs, ou par plus "intéressants")...

Je dois cette lecture à mon fils qui a trouvé le livre intéressant, qu'il en soit remercié, sans lui je ne l'aurais probablement jamais lu...

. Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux, Folio, 2016.

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Le Maître des paons :)))

29 Octobre 2019, 09:45am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 1997.

Ce livre est splendide.

On pourrait presque imaginer ce livre autobiographique, livré par un narrateur, Sacha Malinoff, d'un certain âge atteint par une cécité précoce, et qui confie l'écriture de ce roman sous la dictée à une personne qu'il salue au début du livre ; le temps de la narration correspond à 1996-97. 

J'aime les circonvolutions du récit, habiles et élégantes telles celles qui entourent l'ocelle de la plume de paon.

Le récit débute alors que le narrateur était étudiant, à Montpellier, et qu'il rencontre en même temps qu'il est en cours avec un professeur très marquant et non insignifiant dans le récit (le professeur Pontécordo), Cynthia. Autour de Cynthia... il y aura son père, son frère, et cette propriété, le Mas des Paons. Dont le narrateur va nous livrer l'histoire, au fil de sa fascination, de ses recherches et de la logique de son histoire. Ah, que j'ai aimé ces entrelacs ! Rencontrer Salem, Nino, etc. J'ai aimé tout autant l'écriture, les réflexions qui l'accompagnent, le recul sur la vie, une vie qui s'est écoulée... Un amour, une trajectoire.

Le Maître des paons est donc cet homme qui ne quitte plus son domaine et peint des paons, encore, toujours... Mais pourquoi ? Quelle superbe histoire que celle-ci...

Je pense que j'achèterai un jour ce livre que j'ai emprunté, pour pouvoir le relire et le déguster une seconde fois.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le Maître des paons, Jean-Pierre Milovanoff, éd. Juliard, 1997.

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Mon année de repos et de détente :)

26 Octobre 2019, 12:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire étrangère.

C'est une prouesse que ce livre-là. Le rendu d'une année où la narratrice, 26 ans, décide de "sortir du monde" ! Elle décide, sans pathos et apitoiement, de se "purifier" en dormant une année, en prenant force médocs pour dormir, dans son appartement. Incongru, certes... Elle ne garde dans sa vie sociale que sa "meilleure amie" Reva, l'envahissante Reva, sans doute plus parce qu'elle force la porte avec tous ses problèmes modernes qu'autre chose, et sa psy, complètement à côté de la plaque, sa psy et ses nombreux chats, sa mauvaise mémoire, ses conseils déterminés mais si peu appropriés qu'on en sourit souvent...

Et jusqu'aux quatre derniers mois, ou, secondée par (ah non, je ne vous spoile pas !)..., elle pousse encore l'expérience de façon encore plus extrême... 

C'est une prouesse que ce roman, parce qu'on ne s'y ennuie pas. Et l'expérience est plutôt existentielle et philosophique... L'intérêt est même relancé régulièrement, notamment par le questionnement qu'on a autour des actions qu'on peut réaliser à son insu, sous l'emprise de cachets ! C'est troublant, on a quelqu'un de raisonné qui nous raconte sa vie, ses choix, et on découvre en même temps qu'elle que pendant qu'elle dormait elle a peut-être fait des choses qu'elle ne se souvient pas avoir fait...

Bon, je ne peux pas vous en raconter beaucoup plus, 

mais ça m'a beaucoup plu.

Récit d'un rejet de vie moderne, d'une vie actuelle, peut-on se nettoyer d'une vie et renaître ?

. Mon année de repos et de détente, Ottessa MOSHFEGH, Fayard, traduit de l'Américain, rentrée littéraire 2019.

 

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La vie secrète de Violet Grant :)

21 Octobre 2019, 10:16am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il faut sans doute imaginer un "mix" entre un roman de Maria Duenas, de Victoria Hislop et un roman de chick litt. 

Deux histoires s'entrecroisent, celle de Vivian en 1964 et celle de Violet en 1910. Je pense qu'il y a de l'incrédulité possible quant à ces deux personnages et leur époque ; l'humour de Violet est par ailleurs très piquant, très anticonformiste... Attachant, très attachant, même si cela n'aide pas à rendre crédible le personnage, et c'est, j'imagine, ce qui m'a fait penser à la chick litt. 

Cependant, on plonge quand même, et on décide de ne pas être trop tatillon sur les détails, les rouages, ce qui fait qu'on pourrait y croire...

Bon, cette Vivian fait ses armes dans un gros journal américain, Metropolitan, et reçoit un jour une valise à son domicile qui s'avère être celle.. d'une grand-tante, disparue dans la nature, depuis quelques décennies. C'est un homme magnifique, médecin, qui attend à la poste en même temps qu'elle, qui l'aide à ramener sa valise chez elle... Aussi beau que Paul Newman...

Bon, on découvre petit à petit l'histoire de Violet, cette jeune scientifique timorée, et de son Dr Grant, dans le sillage d'un certain Albert Einstein... 

Je n'en dis pas plus. 

C'est très romanesque, pas forcément très crédible, mais on prend !

. La vie secrète de Violet Grant, Beatriz Williams, 2014 (Etats-Unis) ; 2016 chez Belfond pour la traduction française.

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La télégraphiste de Chopin

14 Octobre 2019, 09:05am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Mince... J'aurais tant aimé aimer ce livre passionnément ! J'aime tellement Eric Faye pour son merveilleux Nagasaki... 

Je trouvais tellement le sujet de ce livre fascinant...

Malheureusement, un bon sujet ne suffit pas, serais-je tentée de dire...

Pour moi, le récit a fonctionné une bonne moitié du livre, je pense. Puis, il m'a beaucoup ennuyée, et j'ai trouvé que le récit s'embourbait ; l'auteur semble ne pas bien savoir comment en sortir, et qu'en faire, de ce merveilleux sujet... Même les personnages finissent par se déliter un peu, ai-je trouvé...

Dans sa tentative de vouloir expliquer l'irrationnel, il a même fini par m'irriter : le sommet fut atteint quand il glisse cet argument confondant, pour toujours tenter d'expliquer l'inexplicable : peut-être qu'une femme aurait approché de plus près le mystère de Vera ! Alors là, Eric..............

Bon, mais de quoi s'agit-il exactement ? Dans l'ex-Tchecoslovaquie, un journaliste et faiseur de documentaires est chargé par son rédacteur en chef de faire le clair sur cette histoire : une femme (Vera) prétend être visitée par Chopin, le grand compositeur pourtant décédé, qui lui dicterait des morceaux de musique... Récalcitrant, hostile au sujet, le journaliste s'exécute... Secondé par un détective privé, ils organisent force filatures, en tous genres, venus de l'époque presque révolue de l'Est pour la confondre, et j'avoue que cet aspect des choses m'a été pénible... Viol de l'intimité au nom d'une pseudo-vérité... : mais la question ne fait absolument pas débat dans le livre, tel n'est pas le sujet qui inspire son auteur...

Bref. Alors certes, l'objet est de voir vaciller un homme de la raison au doute quant à l'inconnu... M'enfin... J'ai vraiment été déçue par ce livre, et ce que l'auteur a fait de cette histoire.

. La télégraphiste de Chopin, Eric Faye, éd. du Seuil, sept 2019.

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Vaincre à Rome

7 Octobre 2019, 20:59pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il y a des livres... qu'on est contents de finir ! Celui-ci en fait malheureusement partie. Et je dirais même, si je voulais être cynique, que le dernier paragraphe signé de Giono sur ces jeux m'aurait finalement largement suffi.

J'avais bien envie de lire ce livre grâce auquel on se mettrait dans la peau de ce coureur égyptien qui remporta le marathon de 1960, en courant pieds nus, si tel est comme dans le roman... Mais je dois avouer que je me suis souvent ennuyée, que mon attention était volatile, et que j'attendais la fin du marathon mais pour de tout autres raisons...

C'est bien écrit, c'est truffé de références lettrées, littéraires, c'est mis en regard de commentaires un peu décalés, médiatiques, ce qui est une bonne idée... mais... le rapport au corps ne m'a pas intéressée, sa volonté de revanche d'un pays non plus, finalement...

Je ne peux m'empêcher de penser au magistral "La Petite communiste qui ne souriait jamais" (tiens, ce coureur non plus, ne sourit pas...), de Lola Lafon, et qui retrace aussi une aventure de sportif, et sa projection intime, et vraiment, je ne peux m'empêcher d'admirer toujours et encore, par opposition, la prouesse de Lola Lafon...

Paradoxalement, je ne me suis sentie guère proche de ce coureur qui finalement nous parle bien peu de lui...

Je pense que je suis restée en dehors de ce livre comme avec le Goncourt L'Ordre du Jour d'Eric Vuillard...

. Vaincre à Rome, Sylvain Coher, éd. Actes Sud, sept 2019.

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Les Nuits de laitue :))

3 Octobre 2019, 22:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quelle belle découverte, que ce livre ! 

C'est très plaisant, drôle, touchant, humain. Un "Tom, tout petit Tom Tom" de Barbara Constantine, en quelque sorte. En un peu plus dense ?

Nous voici dans une bourgade où l'on suit les habitants étranges, où chacun a ses petites manies. Autour de ce couple central, Otto et Ada, âgés d'environ 78 ans... On les aime vite... Et tout s'entend, dans cette bourgade ; on aime ce ronchon d'Otto qui nous raconte et voit tous ses voisins ; ils ont tous de quoi être attachants, et leurs vies s'emmèlent, pour notre plus grande joie, on le voit de chapitre en chapitre... Le pharmacien, passionné de natation et d'effets secondaires de médicaments... Le facteur, très mauvais distributeur de courrier, mais chanteur émérite... Térésa et ses trois chiens... Ah, ils sont chouettes, tout ce petit monde ! Ainsi que les liens qu'on voit entre eux. Jusqu'à ce très touchant M. tanegashi, qui a fait la guerre trente ans parce qu'on ne l'a pas démobilisé... 

Vraiment, j'adore...

Je ne vous en dis pas plus, mais c'est vraiment une lecture très plaisante !

Quant aux Nuits de la laitue... C'est touchant, encore... C'est Otto, par le biais duquel on comprend que cela signifie solitude totale et rude...

Très belle découverte.

. Les Nuits de laitue, Vanessa Barbara, édition Zulma, 2013, et traduit du Portugais (Brésil) en 2015 pour la France.

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Séduire Isabelle A :))

29 Septembre 2019, 22:15pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Plaisant.

Et moins léger et foutraque qu'il n'y paraît.

Donc Pierre tombe amoureux d'Isabelle, éperdu, mais il comprend que pour aller plus loin il lui faut connaître et apprécier sa famille... Pas une mince affaire, au vu de la première soirée en leur compagnie, puisqu'ils sont tous plus loufoques les uns que les autres...

Evidemment, c'est la question de la normalité, qu'on va être obligé d'aborder, ici, mais pas seulement... Que veut-on ? Ceux-là ont peut-être compris ce qu'était que le véritable attachement ? Aimer sans à priori ? Ils ont peut-être compris le sens de la vie, ou senti le sens de la vie, au sens où il vaut peut-être mieux vivre, vraiment, sans faux-semblants, puisqu'on en a qu'une, de vie ?

Cela ressemble à la leçon de ce livre, avec tous les excès, qu'on aime, finalement, même s'ils font parfois sourire ou peuvent fatiguer, de ce livre...

J'ai aimé...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Séduire Isabelle A., Sophie Bassignac, éd. JC Lattès, 2016.

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