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Le blog de la souris jaune

roman

La ferme africaine :)

17 Mai 2020, 10:34am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Depuis le temps que j'entendais parler de ce livre, référence mythique ! Lui aussi, m'attendait, dans ma bibliothèque... Emotion, en le sortant de son rayonnage, et en me disant que j'allais enfin, savoir... Alors, j'ai lu le livre qui inspira le film Out of Africa.... 

Il se lit très lentement, enfin, je l'ai lu très lentement. Il est comme un journal intime, presque comme un journal "parlé" de la baronne Blixen qui part s'installer en Afrique au moment de la première guerre mondiale, devenant celle qui tient les rênes d'un domaine caféier, d'une ferme avec des boeufs, des chevaux... Cela ressasse énormément, il n'y a pas de narration à proprement parler, enfin, pas véritablement une histoire qui court dans tout le livre et nous mène ; c'est plus la narration de petits faits quotidiens, plutôt détaillés... Parfois passionnants, parfois un peu ennuyeux ! Mais elle décrit les moeurs des différentes peuplades (les Somalis, les Masaïs, les Kikuyus...) qui vivent à ses côtés, ses salariés souvent, ou ses domestiques, alors en cela c'est intéressant... Et puis bien sûr, la nature, et ses animaux sauvages... C'est ce qui m'a le plus intéressé, je dirais... Il y a (je le dis à l'attention des grands amoureux des bêtes) une rudesse difficile, à leur encontre, dans le livre... C'est parfois troublant... Enfin cette grande chasseuse, de lions notamment ne renonce jamais à tuer un animal (sauf par des moyens qui ne lui laissent aucune chance), mais ne peut les supporter captifs... Il y a à ce propos une très, très belle page sur une girafe qu'on emmène et donc qu'on déracine, elle parvient à la rendre très sensible, très touchante... Pas trace d'histoire d'amour dans ce livre, ce qui m'a surpris ! En fait, les hommes qui passent, Denys notamment sont désignés comme des amis, non comme des amants ; et comme elle décrit ce qu'ils font ensemble, nous voyons qu'il n'y est pas question de rapprochement des corps... Ce sont des amis qui trouvent une grande joie à revenir partager des moments avec elle et repartent... 

Et puis, il y a la fin de l'aventure Afrique, lorsque la déroute la contraint à tout vendre...

Je suis contente de l'avoir lue. Je pourrai relire des passages, puisque finalement, ça se lit ainsi, je trouve, plus comme un documentaire que comme un roman...

. La ferme africaine, Karen Blixen, 1937, Folio.

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L'aile des vierges :)

6 Mai 2020, 09:53am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Encore un livre miraculeusement et précieusement glané au fil de mes anciennes pérégrinations, et que je n'avais pas trouvé le temps de lire... Bénies soient-elles, et mes impulsions rarement contrariées d'acheter des livres d'occasion ! Je leur connais, particulièrement, un sens, depuis deux mois, sans commentaire.... !

Bref. Celui-ci. J'avais énormément aimé La drôle de vie de Zelda Zonk, ainsi que Miss Cyclone. Celui-ci me laisse plus sur la réserve... Je n'ai pas adhéré à la première partie du livre, tellement "trop" ! Alors, tout ce que j'aime, pourtant, on se croirait dans Dowtown Abbey... Mais, là, on n'y croit pas ! Enfin, moi je n'y ai pas cru... (C'est cette partie du livre qui donne son titre au roman, l'Aile des vierges) : ça se passe en 1946, et l'attitude de la jeune femme, Maggie, est trop moderne pour qu'elle soit crédible à mon sens, dans sa façon intime de penser, son langage, ses actes, ses préoccupations... Evidemment, on a envie d'aimer, mais l'anachronisme est tellement criant (à mon sens) ! L'immédiate après-guerre, dans un manoir anglais aristocrate... Et ce qui s'y passe, ce coup de foudre, je ne vous en dis pas plus, m'a paru encore trop peu crédible, même si évidemment on a envie là encore de mettre notre raison en berne et d'y croire ! Bref.

Finalement, la seconde partie du livre, même s'il ne s'y passe évidemment pas ce qu'on a envie qu'il s'y passe comme dans un sirupeux roman d'amour (donc, hein, il ne se passe pas ça, vous suivez ? :), eh bien cette seconde partie du livre m'a permis de l'aimer davantage. Cette vie qu'elle prend à bras le corps, suivant sa part de rêve, sans rallier le rêve de l'autre pour ne pas renoncer au sien (évidemment cette question interroge)... Alors, elle s'accomplit. Mais dans quelle mesure le fait-elle parce que c'est son choix, ou la détermination de ses ancêtres, elles féministes, revendicatrices ? 

Finalement un plaisir de lecture que ce livre (malgré des agacements). Déjà pas si mal ?

. L'aile des vierges, Laurence Peyrin, Calmann-Levy 2018 ; Pocket.

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L'héritage de tante Carlotta :)

1 Mai 2020, 12:02pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

La tranche de vie sur quelques semaines puis trois quatre ans, d'une famille juive, ou ce qu'il en reste : les femmes ! Autour de Camélia, la narratrice, la jeune femme, qu'entourent jusqu'à l'étouffement une mère et trois de ses quatre tantes... Ah, quelle saveur que cette petite bande ! Elle pourrait aller jusqu'à l'écoeurement pour certains, moi je dois dire qu'elle m'a réjouie. Donc, ce petit monde vit à Paris, exilé d'Egypte... Et justement, au Caire, la seule qui y est restée, Carlotta, vient d'y décéder. Conseil de famille, que faire ? Camélia se propose d'y aller, sur les traces d'un passé de son enfance, et de ses racines... Suivront quelques semaines sur place aux rencontres toutes plus bigarrées les unes que les autres, à commencer, par celle d'un duo, Ponto Novo et sa soeur, artiste-peintre, qui va marquer durablement son existence...

Alors, c'est savoureux. Excessif, et tellement jouissif dans ces excès ! J'aime particulièrement les appels téléphoniques de la mère de Camélia, Louna, à sa fille, à chaque moment du jour, appels interminables et longs monologues tellement drôles et touchants à la fois... Le langage est un des plaisir de ce livre, et justement, le langage, central, et sa privation, tragique, mais traité avec distance et sans pathos sur la fin du livre... J'ai peiné au coeur du livre, j'ai trouvé un peu longues les péripéties autour de l'hospice et des "asiliaires", au Caire, autour de l'Allemand et du Rabin qui n'a pas assez d'ouailles pour ses offices, c'est sans doute ce qui ne vaut pas plus de sourires pour moi.

Cependant, c'est une découverte totalement hasardeuse lors d'une de mes pérégrinations chez les bouquinistes de Bécherel avant, quelle bénédiction... Je ne connaissais absolument pas cette auteure, encore moins son livre. Je ne regrette pas sa lecture !

. L'héritage de tante Carlotta, Paula Jacques, Mercures de France, 1987. Livre de Poche Folio 1990.

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Featherstone

25 Avril 2020, 11:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, bon, bon. Cette petite ville d'Angleterre qui porte en elle le nom de la pierre et de la plume, ville paisible, où il ne se passe que de la vie quotidienne, va être au coeur de ce récit. Il y a une arrivée comme un souffle, celle d'une jeune fille du passé dont on ne sait pas bien si elle est réellement là, ou imaginée par quelques uns des protagonistes ; ou juste symbole d'autre chose... Bref, ce souffle qui passe sur la petite ville, et qui touche quelques uns. Et puis il y a Sonny, le vieillard qui vit seul, nostalgique de sa soeur Nonna et cette jeune fille, sa petite-fille, justement, Francie, visité par un jeune homme Johnny bienveillant qui l'a pris sous son aile pour veiller sur lui ; Margaret, qui tient le bistrot-hôtel ; Renée, qui l'aide en cuisine ; sa fille, la très jeune Marie-Susan qui veut grandir, rêve d'être mannequin et quitter ce trou paumé, Ray et une poignée d'autres encore qui constitue la vie de cette bourgade... Ah oui, j'oubliais le pasteur, et sa femme... On voyage comme une plume en eux, au plus proche de leurs fêlures, et de leurs manques... Et puis il y a ce drame central qui arrive à la fillette... qui est formidablement raconté, mais étrangement traité "après"...

Le style est de qualité, les personnages ont de quoi être attachants, mais pour moi la mayonnaise n'a pas pris... En outre, j'ai détesté la fin, qui est sans doute poétique, mais que j'ai trouvée trop plombée.... 

Vous l'avez compris, ce n'est pas un coup de coeur pour moi.

. Featherstone, Kirsty Gunn, Christian Bourgois éditeur, 2002.

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Les fleurs sauvages des bougainvilliers :))

19 Avril 2020, 10:33am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rien de tel qu'un livre où l'on se sent bien, qu'on a très envie de retrouver et qu'on dévore sans avoir envie qu'il se termine trop vite, justement parce qu'on voudrait qu'il ne s'arrête jamais ! 

Les deux livres de Katherine Scholes -en incluant celui-ici - ont eu cet effet là pour moi (j'avais adoré de même La lionne, paru en 2012). Je chercherai donc évidemment à me procurer les autres, car elle en a écrit plusieurs autres, d'après ce que je découvre.

On lui passe donc ses petits défauts... Et même s'il m'est arrivée de trouver que c'était un peu long au coeur de l'histoire, ça fait partie du jeu, du plaisir !

C'est l'histoire d'une jeune femme, dont on sent qu'elle est bien contrainte par son époque, et les moeurs qui lui correspondent. Encore plus par le milieu qu'elle va adopter par amour... Bref : Kitty (oui, bon, on s'en fout du nom) est australienne (comme l'auteure) ; elle a quitté sa famille, ses parents et ses frères, la ferme familiale pour connaître la vie qu'elle rêve : elle veut être artiste. S'installe à Londres. Rencontre un certain Yuri, artiste justement, un ancien prince russe... Belle amitié que celle-ci, et le début d'un chemin pour Kitty... jusqu'à ce qu'elle rencontre Théo. Qui va devenir son mari... Ils se marient pendant la guerre, ah oui, tout cela se déroule aux alentours de la deuxième guerre mondiale (mais il n'en est pas question, juste des conséquences que celle-ci peut avoir sur les êtres et sur leur nature). Et puis... un scandale, deux mêmes... Et puis Kitty accepte tous les choix de son maris, toutes les décisions qui la concernent... en plus d'une installation pour une nouvelle vie autour d'un projet qui a vraiment existé - une absurdité des européens, on le sent tout de suite à la lecture - le plan Arachide...

Je vais m'arrêter là pour ne pas trop en dévoiler, mais il y a plein de choses dans ce livre : les rapports entre les "blancs" et les domestiques ; les rapports surfaits des sociétés qui imposent de faire semblant ; la part de liberté ou de vrai qu'on va trouver malgré tout (une amitié particulière) ; et puis, des rencontres, des belles rencontres, autour d'une mission, de prêtres, un petit singe.

J'espère ne pas en avoir trop dit ! 

Mais c'est pour vous dire qu'il va bien au delà que ses couvertures et ses titres un peu mièvres !

Merci très chaleureux à Delph qui me l'a mis entre les mains, et offert un certain jour particulier...

. Les fleurs sauvages des bougainvilliers, Katherine Scholes, (2013) ; éd. Belfond en 2015 repris chez Pocket. 

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Le Guépard :)

12 Avril 2020, 10:36am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bien entendu, ne mettre qu'un sourire à ce livre est sans doute un affront : évidemment que c'est un grand livre pour le monde qu'il fait naître sous nos yeux ! Simplement, ce n'est pas ce que je préfère : ici, tout est politique ! Tout est sociétal, jusque dans les somptueuses et magnifiques descriptions. Pour l'apprécier, il faut aussi je pense être plus féru en histoire italienne que je le suis, car les événements de cette période, notamment en 1860 ont leur importance dans tout cela.

En tout cas, ce livre est présenté comme un des livres marquants du XXe siècle, aussi, je suis contente de l'avoir lu.

Au delà de l'histoire d'un homme, "le Guépard", c'est plutôt le récit intime d'une transition, du déclin d'un ordre, du monde des aristocrates... L'histoire se déroule d'ailleurs au delà de la mort de ce personnage, et je dirais même presque indépendamment des personnages, même si ce n'est pas vrai, bien sûr, mais on voit qu'il ne s'agit pas pour l'auteur de nous raconter l'histoire de vie de ses personnages, mais bien ce qui touche à la fin de cet ordre. De 1860 à 1910. Aussi, nous retrouvons les personnages par des bonds dans le temps (quatre ou cinq), et peu importe ce qui s'est passé entre temps. On ne s'attache pas vraiment aux personnages, cela n'est pas le but ! Sur fond d'amertume de Fabrizio Salina, le Guépard, qui observe la montée des autres classes pour suppléer la sienne...

C'est tout de même prodigieux et certaines pages sont dignes des grands maîtres du roman du XIXe, un Flaubert ou un Stendhal (je précise que le roman a été écrit en 1955 cependant) : la description du palais, du bal chez une aristocrate, ou bien l'exploration du palais du Guépard par Tancredi et sa fiancée au début de leur amour sont de véritables morceaux de bravoure qui sont de grands plaisirs de lecture. J'ai oublié de vous dire que l'histoire se passe en Sicile ! Incontournable décor et cadre à ce livre.

Un grand livre qui n'est pas un coup de coeur pour moi.

. Le Guépard, Giuseppe Tomasi di LAMPEDUSA, 1958 en Italie, 1959 en France ; Le Livre de Poche.

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La Religieuse :)))

7 Avril 2020, 09:56am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Formidable roman de Diderot, plongée au coeur des couvents, comme un écho bien antérieur au Bal des Folles... Même histoire (de départ) écrite quelques siècles auparavant, entre 1760 et 1780 : une jeune femme, Suzanne Simonin, est envoyée malgré soi dans un couvent pour y être religieuse, sous la pression de son père et de sa mère. Alors qu'elle rêve d'une autre vie, telle que celles de ses soeurs, qui, elles, vont se marier. Alors sa résistance, sa révolte une fois à l'intérieur, et son épopée et ses péripéties dans trois couvents différents... Ses rencontres, à l'intérieur ; son courage, sa force mentale, pour tenir, malgré tout ; sa respectabilité, sa vertu ; les petites et grandes mesquineries des autres, lorsqu'on vit enfermées dans un univers claustral ainsi tout le temps, et nous y voila, ce que dénonce Diderot... Et puis les tendresses, quelles tendresses ?, de certaines soeurs, ou supérieures... On est dans la peau de cette jeune soeur Suzanne, et c'est merveilleusement raconté, en narration interne...

Une effroyable satire des couvents, comme Diderot le dira lui-même, cet auteur du XVIIIe siècle où les grands écrivains se sont élevés pour la tolérance et la liberté. Ainsi, là, le refus de voir l'épanouissement humain entravé par l'enfermement, les familles, l'Eglise, surtout contre le gré d'êtres humains ! Tellement fou.....

En réalité, l'écriture de ce roman s'entoure d'un contexte qui ne manque pas de surprendre, m'enfin, ce qui compte, c'est qu'il ait existé !? En fait, tout est parti d'une "blague" à un ami qu'il s'agissait de faire revenir de Caen à Paris, un ami un peu souffrant... Alors pour l'occuper et l'intéresser, alors qu'on savait qu'il s'était intéressé au sort d'une femme qui réclamait la proclamation de sa sortie et l'annulation de ses voeux, des amis dont Diderot se sont mis à écrire des lettres, des fausses lettres émanant de divers interlocuteurs, autour de cette histoire... Et pour tenir son histoire, Diderot a fini par en écrire un roman ! Les lettres font partie du livre, à la fin de celui-ci, évidemment cela ne manque pas d'interroger les historiens de la littérature sur le genre final de tout cela....

En tout cas, c'est un livre passionnant, qui se dévore ! 

. La Religieuse, Denis Diderot, 1780, publié à titre posthume en 1796.... (Le Livre de poche, Classiques).

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L'Embellie

4 Avril 2020, 16:07pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Enfin.

J'ai lu ce livre sans grande passion... Avec un peu d'impatience... Mais le contexte est-il neutre ? J'ai la sensation cependant que j'aurais tout aussi bien l'avoir déjà lu, je ne suis pas sûre que je m'en rappelerais... Et pourtant, il est sans doute tout sauf commun ? Mais peut-être justement... Il nous emmène en Islande, dans de tout petits villages, au pied de champs de lave, noirs... Dans la peau d'une trentenaire (elle a 33 ans) qui dit toujours oui. Non, pardon, c'est pas ça. M'enfin c'est sans doute ça qui a fini par me taper sur les nerfs, même si, on se doute bien que tout cela fait partie du processus initiatique. Bref, elle divorce d'avec son ancien mari, un fieffé con, radin, égoïste... A chaque fois qu'il revient pleurer dans son giron, elle ne l'envoie jamais bouler... J'en rêvais ! M'enfin, bref, on s'en fout, c'est pas ça l'histoire. L'histoire c'est qu'elle décide de partir plusieurs semaines faire un grand périple pour tout laisser derrière elle, avancer, réfléchir... Elle se retrouve avec le fils de sa meilleure amie dans l'aventure (il a 4 ans), et heureusement, cela se révèle une chose fabuleuse (car c'était loin d'être ce qu'elle souhaitait).... Les rencontres sont très improbables, ça a fini par me fatiguer tout ça... Même si j'ai souri parfois...

J'ai trouvé ma lecture un peu vaine, en fait... Mais, encore une fois, difficile de s'affranchir du contexte de lecture !!

. L'Embellie, Audur Ava Olafsdottir, Zulma 2012, en Poche, collection Points.

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Eldorado :))

27 Mars 2020, 15:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un roman fort, puissant. Qui marque, et laisse ses résonnances bien après que vous l'ayez refermé.

Je ne sais pas si je l'aurais lu, et en tout cas forcément pas en ce moment, si mon fils ne me l'avait mis entre les mains. Alors... 

J'ai failli l'abandonner au bout d'une trentaine de pages, tant il était douloureux, puissamment douloureux : une femme au regard volontaire intercepte le Commandant d'un navire sur le marché, dans une petite ville de Sicile, Catane... Son regard lui parle étrangement, il la ramène chez lui, et elle lui fait une déroutante demande, après lui avoir livré une partie de son histoire : la mort de son fils d'un an sur le bateau d'une traversée vers l'Eldorado, vers l'Europe... Ce à quoi elle s'est accrochée pour survivre au cours de ces deux ans qui ont suivi : l'idée de vengeance : elle veut tuer l'armateur du navire et lui demande une arme... Et puis il y a aussi l'histoire des deux frères, dont Soleyman, le jeune, qui eux aussi veulent passer, laisser leur pays derrière eux avec tout ce que cela implique de souffrance... Un "deux" touchant dont je ne peux vous en dire plus... Bien sûr, on va perdre la trace de cette femme, on le sait vite, mais on va suivre ces autres hommes... Et la prise de conscience du commandant, et ce qu'il en fait...

C'est puissant, à la hauteur de Laurent Gaudé (j'avais adoré La Mort du roi Tsongor).

Ce livre ne peut pas laisser indifférent...

Il parle aussi de la force qu'il faut pour aller vers ce qu'on veut à tout prix... C'est parfois tout ce qui compte, plus que le résultat, la force qu'on y a mise... Il parle aussi de solidarité, sans qui nous serions des bêtes...

Puissant, une claque.

Merci à mon fils pour cette découverte.

. Eldorado, Laurent Gaudé, J'ai Lu, 2006.

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L'amour a le goût des fraises :)

25 Mars 2020, 17:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une fois n'est pas coutume, c'est le hasard qui m'a fait emprunter le livre-là, sans doute parce qu'il était, dans le rayon de la bibliothèque, à côté de celui que je cherchais qui lui, n'était pas là ! En tout cas : on peut dire qu'en cette période, il correspondait parfaitement à mes attentes et mes besoins. Et oui, un livre c'est aussi ça, n'est-ce-pas ? Donc : lent, qui se lit à petites doses, léger en apparence, dans un cadre autre... Ce livre avance vraiment à petites touches, comme les cercles concentriques qui se dessinent dans l'eau au jeté d'un caillou... Revenant parfois sur ses pas, pour explorer autrement, différemment l'histoire ou même les histoires...

Un roman à plusieurs voix. Celles que rassemble un même cours de dessin. Rien de ce qu'on attend, rien de ce qu'on imagine réellement là, avec ce livre qui change, sans doute déjà parce que son auteure est d'Afrique du Sud, et que ce n'est pas si fréquent. Alors, en arrière-plan, les conséquences de la séparation des peuples Tutsi et Hutu. Deux jeunes femmes, noires, Françoise et Doudou, soeur. Inextricablement liées. Inséparables. A tel point que vivre pour l'une surtout, sera même compliqué parce qu'il est inenvisageable pour l'autre qu'elle crée sa vie... Et puis Stella, la fillette de 13 ans en vacances en Grèce avec sa mère devenue grande, Ivor, le fameux Ivor, Luke, Thymothy l'amoureux... 

Ca avance lentement vers un dénouement loin de ce qu'on attend. 

Vraiment, c'était une lecture très plaisante, tellement rafraîchissante...

. L'amour a le goût des fraises, Rosamund Haden, éd. Sabine Wespieser, 2014 (éd originale, en langue anglaise) ; 2016 pour la traduction chez Sabine Wespieser.

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