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Le blog de la souris jaune

destin

Le malentendu

20 Avril 2019, 14:51pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bon, bon, bon. Etre heureuse de découvrir, encore et encore, et là, le théâtre de Camus. Savoir que je n'en suis pas fan... Enfin : je dirais que je pourrais en aimer l'écriture, mais pas les idées, tant pis pour les puristes et amoureux de l'auteur.

Je trouve plus de lumière dans une tragédie d'Anouilh. Et je m'autorise à les rapprocher parce que ces deux pièces ont vu le jour exactement à la même période.

Mais bref, tentons de dire ici ce qu'il en est : 

Une mère, une fille. (Martha est jouée lors de la première représentation, par Maria Casarès, la maîtresse de Camus dans la vraie vie, donc). La mère et la fille tiennent une auberge ; on comprend à travers leurs conversations qu'elles règlent leur compte à certains clients, pour leur prendre leur argent, lorsqu'elles pensent que c'est sans danger ; elles lui font boire un thé empoisonné et ensuite s'en débarassent dans la rivière. La mère en est lasse, la fille veut continuer, parce qu'elle rêve d'ailleurs, du soleil de l'Algérie. Comme une échappatoire, enfin, à leur vie, le fils y ayant eu droit, lui ? 

Et justement, un jour, là, c'est le fils qui revient. Son frère, mais elles ne le reconnaissent pas. Lui veut les aider enfin. Elles vont mener à bien une fois de plus leur dessein sans savoir à temps que cette fois-ci... elles tueront leur fils et frère.

Ce côté inexorable que l'on voit arriver est intéressant ; cependant, je me retrouve très peu dans la noirceur humaine de Camus.

Merci à Delphine, qui m'a permis cette découverte. Mille mercis.

. Le malentendu, Albert Camus, 1944.

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Dans les arcanes de notre vie...

18 Janvier 2018, 17:16pm

Publié par LaSourisJOne

Bon, bon, Jeanne d'Arc et Molière autour d'un feu de bois... qui se demandent ce que la postérité garde, ou gardera de tout ça... Moi j'aime bien, parce que, la question se pose, toujours, et pour tous ! Merci E. Davodeau (et Sylvain Venayre), et spéciale dédicace à Delphine ! :)

 

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Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour :)))

8 Octobre 2017, 09:01am

Publié par LaSourisJOne

Grosses nouvelles, ou petits romans. 

A la manière de Zweig, exactement, d'ailleurs j'ai trouvé que ces deux auteurs ne manquaient pas de points communs dans l'extraordinaire maîtrise de la narration d'un récit.

Donc, Doris Lessing. Une découverte ! Quel bonheur, de se dire que de telles pépites restent encore inexplorées pour soi. 

J'ai donc pris un profond plaisir à la lecture de ces trois textes.

Pas à pas, elle nous emmène dans les entrelacs d'une histoire intime insoupçonnée, insoupçonnable, et aiguise notre curiosité un peu comme savait le faire Zweig. Etonnant, très étonnant cette focalisation externe sur le héros d'abord, comme si on le découvrait - c'est si logique - d'abord de l'exérieur, comme une caméra verrait une scène sans comprendre, puis on se rapproche et on bascule au plus près d'un personnage. C'est brillant.

Et puis ce qui m'a beaucoup intéressée aussi, c'est sa vision des êtres, sous-tendue par un déterminisme familial, et social ; son idée que nature et culture s'opposent, et l'espèce de regret, de déchirement, de paradoxe qu'il y a entre le besoin de changer de classe en faisant des études, et l'impossibilité de revenir en arrière ensuite, coincé alors dans un entre-deux insoluble ; l'innocence s'oppose à la douleur de savoir. 

Les trois récits sont très, très attachants : autant ce récit autour d'un quatuor étonnament insécable, mères et fils (Les grand-mères) ; que l'histoire de ce soldat rendu éperdument amoureux en quatre jours, et qui ne tournera jamais la page de cet amour (Un enfant de l'amour) que l'histoire de cette jeune fille noire qui a un enfant avec un jeune homme riche ; très intéressante vision des choses d'abord Victoria fuit, se terre, elle a honte, puis elle comprend petit à petit la chance que cela pourrait être pour sa fille ; elle se rapproche alors de cette famille qui ne la rejette pas, au contraire, mais... les choses ne sont pas si simples (Victoria et les Staveney). 

J'ai adoré.

L'auteure a obtenu le Nobel de littérature en 2007.

Merci à Yann S. pour ce cadeau, son goût sûr et cette magnifique découverte.

. Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour, Doris Lessing, J'ai Lu, 2016.

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La petite communiste qui ne souriait jamais :))

4 Mars 2015, 20:49pm

Publié par LaSourisJOne

La petite communiste qui ne souriait jamais :))

D'abord il faut peut-être vous dire que 'la petite communiste qui ne souriait jamais', c'est Nadia Comaneci. La championne olympique de gymnastique, roumaine, aux JO de 1976. Aucune raison pour qu'à priori cette histoire m'intéresse... Et pourtant... J'ai adoré.

Je sais gré à Lola Lafon de nous donner à voir que toute biographie est toujours une fiction ; tant il est vrai que toute vie garde toujours en elle sa part de mystère, de secrets. Il n'en reste pas moins que ce livre est une touchante ôde à la complexité de la nature humaine, qui tisse ses fils de faits historiques, des archives du pays, de témoignages (à priori, mais ils peuvent aussi être de la fiction), des pleins et les creux racontés (à priori) par l'héroïne elle-même... Tout en laissant toujours la part de doutes, d'un doute délicat, respectueux quant aux hypothèses... C'est une touchante réflexion sur l'identité, la confection d'un héros, mais aussi la complexité de la condition féminine, de notre rapport au corps, tant à travers la perception intime que médiatique... En nous donnant à voir cette fillette adulée en tant que telle puis rejetée, salie, parce qu'elle grandit, parce qu'elle change, parce qu'elle devient femme, c'est un récit très fort sur le passage du temps et notre acceptation de celui-ci, qui ici s'est cristallisé dans son rejet le plus extrême... Les passages où elle parle de 'sa maladie', parce qu'elle devient femme (elle a ses règles, prend des formes, et tout cela est un frein à l'exercice pur de la gymnastique dans son excellence) sont très très forts. En nous donnant à voir l'aridité d'un régime, l'inflexibilité de celui-ci, elle nous le donne à voir à travers les commentaires de Nadia par opposition à celui auquel on le compare, qui a, lui aussi, ses déviances qu'on ne voit plus... Il est si facile de juger l'autre, beaucoup moins soi... Le régime de Ceaucescu est donné à voir de façon factuelle, sans jugement, une fois encore, malgré le fait que l'auteur- la narratrice se pose en biographe, occidentale, et qu'elle a forcément son avis. J'adore les réflexions de Nadia qui défend le régime qui l'a façonnée, par opposition à une abondance insensée, et cette conception qu'elle acceptait son destin parce que bien que très dur, il lui donnait la possibilité d'exister dans 'l'extraordinaire', par opposition au destin des femmes, au destin tout tracé, mariage, puis mère, ménagère... Rien ne se pose comme meilleur, tout est à relativiser, elle nous ote le droit de juger, elle donne à voir. Bien écrit, vraiment une très belle réussite.

C'est toi, Luocine, qui m'a donné envie de le lire, alors que j'avais dû le voir quelques dizaines de fois avant sans qu'il me tente. Merci !

Médiathèque de Pleurtuit.

. La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon. Ed. Actes Sud, 2014.

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