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Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman

Nadal, l'homme à la licorne

11 Juillet 2015, 12:43pm

Publié par LaSourisJOne

Nadal, l'homme à la licorne

Ce livre aura eu le mérite de tomber entre mes mains de très jolie manière, par l'entremise de Delphine, que je remercie, puisqu'elle m'a guidée vers ce lieu de campagne où tronait une armoire à livres voyageurs... On trouve ce que l'on ne cherche pas ?

Transition valable pour m'amener à ce livre, hum... que je suis bien contente d'avoir terminé !!

Evidemment, je m'étais laissée séduire par l'idée. L'homme à la licorne, tout un programme... en fait, j'ai trouvé ça bavard, fouillis, oiseaux... Même si on sent une certaine culture chez ce monsieur, entre autres à travers la connaissance qui transparaît (si elle est juste, à moins qu'elle ne soit romancée ?) de l'histoire des grottes et des traces des hommes du fond des âges remontées jusqu'à nous, et aussi l'histoire de la licorne à travers les siècles, via ce qu'en ont écrit, peint les hommes... Une sorte de monstre du Loch Ness ? Evidemment, ça fascine... Et même si l'écriture, elle aussi, est emplie de références culturelles, mais, justement, que je n'ai moi, pas réussi à relier à l'histoire et m'ont laissée 'en dehors'.

Donc, j'aurais fait des coupes franches dans ce livre pour finalement ne garder que les passages des 15 août à la recherche de la licorne aperçue une fois sur le plateau de la Unarde ; ainsi que toute cette histoire autour de la grotte découverte par l'un des personnages ; mais certains personnages saoulent, vraiment, et j'ai trouvé le récit pollué par un tas de fatras dont, personnellement, je me serais bien passée...

Pourtant, il y avait quelque chose de prometteur, je trouve : autour de cet Antoine Nadal, son sabre japonais qu'il transforme en obsession, et de la licorne, dont évidemment on aime assez les descriptions puisqu'elle nous la fait passer dans un 'champ' plausible, donc... Mais j'avoue ne pas avoir compris grand chose à l'aspect économique du personnage (oui, on comprend que c'est une grande puissance du monde, qui d'ailleurs à la fin du roman veut la diversification de son champ d'activité, mais... dans quel domaine ?) ; je ne peux évidemment occulter le sens symbolique de l'histoire, de l'idée... faut-il croire en ses rêves ? Jusqu'où croire en ses rêves ? L'illusion est parfois plus chère à nos yeux que tout ce qu'il y a de réel ? Admettons, je précise que c'en serait une parabole, mais que ce qui se dégage de ce récit, n'est pas assez cela, justement, je trouve...

Cet auteur, que je ne connaissais pas, a par ailleurs énormément et plutôt écrit sur la déportation dans les années 1960-1970.

Nadal, l'homme à la licorne, Christian Bernadac, éd. Michel Lafon, 1996.

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La vie est facile, ne t'inquiète pas

4 Juillet 2015, 21:23pm

Publié par LaSourisJOne

La vie est facile, ne t'inquiète pas

Décidément, ce que j'aime le moins avec cette auteure, ce sont ses titres. Que je trouve vraiment peu apropriés. Celui-là, encore...

Alors j'ai pris l'histoire en cours, puisque ce troisième livre d'Agnès Martin-Lugand est la suite du premier, 'Les Gens heureux lisent et boivent du café'. Après avoir compris ce qu'étaient 'Les Gens', le nom du café littéraire créé par l'héroïne, vraisemblablement avec son mari de l'époque Colin, et sa fille, décédés dans un accident de voiture, on entre bien dans l'histoire. Qui se fait un peu fleuve, un peu trainante, pour nous emmener exactement là où sait assez vite qu'elle va nous emmener. Et même si l'expression 'river les yeux dans ceux de' finit par profondément nous agacer à force d'être utilisée trop de fois, eh bien, on accroche quand même. Bon. Les personnages ne sont pas très fouillés, un peu basiques ; peu importe, l'histoire prend quand même. Donc, Diane se reconstruit, dans et avec son café, et son meilleur ami Félix. Et puis elle rencontre Olivier, qui tombe amoureux d'elle, et elle se dit qu'elle aussi. Renaissance amoureuse, sentimentale, après ce traumatisme de la perte et du deuil de son mari et de sa fille. Mais l'Irlande, où elle semble qu'elle soit allée pour se retrouver un an auparavant, après la perte de mari et fille ; un homme, Edward, dont on comprend que leur histoire a été passionnelle. On sait d'emblée qu'en se revoyant d'abord par hasard, l'histoire va nous mener là. Bon. Plaisir de voir la lutte contre soi (euh, pas longue), et la reconnaissance de l'inclinaison qui nous fait basculer dans une autre vie. Plaisir de ces liens qui comptent, de la chaleur qu'ils procurent, et qui passent à la lecture. Plaisir de la lecture, malgré tout.

Merci à Samuel de m'avoir permis de lire ce livre.

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon, avril 2015.

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L'élixir d'amour

30 Juin 2015, 17:49pm

Publié par LaSourisJOne

L'élixir d'amour

Un roman pas trop long, qui parle d'amour, et sous la forme d'une correspondance : allez, ça se tente. Ce livre a commencé par m'agacer, je dois l'avouer. Propos trop attendus, personnages trop stéréotypés, et un principe 'facile', l'échange de lettres, prétexte pour parler des relations hommes-femmes. D'autant qu'autant être clair : ces lettres, ou présentées comme telles, entre un homme à Paris, et une femme à Montréal, ne sont pas des lettres ! Je sais que je pinaille, mais on a du mal à imaginer ces courriers qui s'échangent par voies d'avion, et ne contenant parfois que quelques lignes... Ce sont plutôt des mails, qui ne se présentent pas comme tels. Premier élément bancal, donc, mais passons.

Puis, quand même, il faut avouer, heureusement, quelques 'rebondissements', quelques retournements de situations qui font retrouver un (léger) regain d'intérêt pour le livre : le séducteur, psy de surcroit, qui se la raconte sur les femmes et son rapport aux femmes finit par tomber dans le piège de l'amour ; et finalement, on découvre que l'écriveuse, l'interlocutrice (ils ont vécu une passion de plusieurs années ensemble avant de se séparer) a tout fomenté pour qu'ils se retrouvent. Bon, c'est assez peu crédible, mais ça fait sourire, un peu.

Je pense toutefois que j'oublierai assez vite ce roman d'Eric-Emmanuel Schmitt...

Médiathèque de Saint-Malo.

L'élixir d'amour, Eric-Emmanuel Shcmitt, éd. Albin Michel, Avril 2014.

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Entre mes mains le bonheur se faufile :))

27 Juin 2015, 08:31am

Publié par LaSourisJOne

Entre mes mains le bonheur se faufile :))

L'embellie est venue de ce livre, finalement, que j'avais dans ma bibliothèque depuis un certain temps sans avoir eu envie plus tôt de le lire. Finalement, ce que j'aime le moins dans celui-ci, c'est son titre : certes, le rapport avec le tissu qui passe dans la machine à coudre, mais je ne le trouve absolument pas en adéquation avec le propos ! Peu importe.

Voici un roman que j'ai dévoré ; il n'a pas été sans me rappeler par certains aspects 'Fourrure', d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre, même si tous deux sont très différents. Sans doute l'univers (du luxe), et aussi le mystère d'une femme distinguée crucifiée par sa terrible solitude ; il y a de cela dans le personnage de Marthe, cette femme puissante, adulée, propriétaire des Ateliers de couture où débarque l'héroïne. Cette Marthe est loin d'être le personnage principal, bien sûr, il reste donc en second plan, et il y aurait eu matière à le développer davantage, évidemment ; ce personnage trouble, qui se perd dans le besoin de possession, qui n'est décrit que par les autres, son majordome, et puis par les deux personnages principaux. Peu importe. C'est donc l'histoire d'une jeune femme, Iris, la trentaine ; mariée à un fieffé égoïste, un médecin, qui lui ment et la trompe, on le sent longtemps avant de le savoir. Et puis il y a ce deuil mal cicatrisé pour elle qui tente pourtant de vivre malgré tout une vie qui ne lui convient que moyennement, mais qu'elle accepte, parce qu'elle pense que c'est la vie. Ce deuil d'une carrière de couturière, qu'elle n'a pas pu faire, pensant avoir été recalée à une école de couture ; on apprend alors en même temps qu'elle, en plein dîner de famille, qu'en réalité ses parents, bourgeois, voulant la modeler à leur image, bien peu compréhensifs du bonheur de leur enfant finalement, ne lui ont jamais dit, qu'en réalité elle avait été retenue à cette école. Le drame, si longtemps après, et qu'on comprend. Malheureuse dans son métier (elle travaille dans une banque), elle retente, et est reçue. Il faut aller à Paris pour six mois. Sous la coupe de son mari, cela est particulièrement bien décrit : le drame 'individuel' des femmes qui se sacrifient au nom des convenances, de ce qui se fait, pour un supposé bonheur familial, de couple, alors qu'en réalité il s'agit du confort de l'homme... Tant, tant de situations comme celles-là, encore, toujours et même aujourd'hui... Mais bref, jamais de bourreaux sans victimes. Bref : elle, Iris, bien qu'en douceur secoue son joug, et finit par raffler le deal d'aller vivre ces six mois. Six mois qui vont changer sa vie évidemment. Entre Marthe, le 'mentor', celle qui la modèle à son image, son talent révélé, ses doigts de fée, l'univers luxueux qu'elle découvre, et ce magnifique Raphaël, séducteur, sous l'emprise de Marthe, également. Un jeu mortel va se jouer entre ces trois-là, sans que ce soit jamais pesant ; entière jusqu'au bout, naïve mais pas idiote Iris ne va pas se trahir, et c'est ça qu'on aime : même si elle cède une fois, et rentre, brisant son rêve une nouvelle fois et sa carrière sous l'impulsion d'un mari soudain jaloux, elle découvre enfin son adultère, qui dure depuis un an ; alors elle refait ses valises et remonte là où sa vie, celle qui lui ressemble finalement, celle où il y a moins de confort, plus de risques, mais plus vraie, l'attend. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre !

Entre mes mains le bonheur se faufile, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon. Juin 2014.

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Complètement cramé :)

14 Juin 2015, 21:08pm

Publié par LaSourisJOne

Complètement cramé :)

On n'a pas envie de chercher la petite bête avec ce livre-là, tant il est vrai qu'il donne du plaisir, et réchauffe. C'est l'opus 2 de Legardinier, après son succès de librairies et de blogueuses avec 'Demain j'arrête'. Je l'avais lu, j'avoue avoir préféré celui-ci, très réjouissant.

On ne mégottera donc pas sur le postulat de départ : ce type, ce Andrew Blake qui plusieurs années après la mot de sa femme, n'ayant toujours pas goût à la vie, chef d'entreprise, décide de changer de vie, de partir en France, et d'y devenir majordome. Postulat un peu bancal, pas forcément argumenté, mais peu importe. Il fallait ce manoir, ces personnages, et ce meilleur ami, resté en Angleterre... Donc, on prend ! Et on sourit, et on rit. Et on est bien avec ces personnages. Souvent solitaires, se débattant dans leur vie ; et qui, une fois qu'ils lachent prise, et parviennent à s'ouvrir aux autres, gagnent une vie belle ou douce. Ils sont touchants, donc, tous ces personnages ; Odile, la cuisinière, madame, la patronne pour qui il doit repasser les journaux, et Manon la feune fille que son chéri abandonne quand elle annonce qu'elle est enceinte, et le régisseur, Philippe, sa ciboulette écrasée, son chien Youpla et le jeune Yanis. Alors oui, ce personnage principal fait un peu bon samaritain, mais c'est pas grave, on prend, parce que c'est que du bonheur. Le jeune gamin découragé par les études à qui on va remettre le pied à l'étrier comme si c'était Noël, parce que les deux amis lui promettent, après un pari, qu'il pourra offrir la télé de ses rêves à sa mère... Le don, le partage, la générosité, à la louche certes, mais c'est pas grave, on rit ; et puis aussi, faire, dire, tant qu'il est encore temps, sans attendre, parce qu'un jour il est trop tard. :) Ca me va. :)

Ah : merci Cynthia qui m'a mis un couteau sous la gorge pour que j'emprunte ce livre, elle a bien fait :)))

Médiathèque de Pleurtuit.

. Complètement cramé, Gilles Legardinier, Fleuve Noir, oct 2012 ; Pocket, 2014.

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Hôtel Iris

4 Juin 2015, 22:41pm

Publié par LaSourisJOne

Hôtel Iris

Je ne suis pas mécontente de quitter cet univers. J'avais lu, et aimé, La petite pièce hexagonale, de cette même auteure japonaise écrit deux ans avant cet 'Hôtel Iris'. Les prémisses étaient contenus dans ce petit livre, mais la lisière n'était pas franchie. Ou en tout cas, la bienveillance de cette petite pièce cachait... Mais cachait quoi ? Ici, on n'est pas loin de tout ce qui peut servir à la psychanalyse... Comment parler d'une histoire qui a tout pour révolter, tout pour choquer, mais que l'héroïne ne vit pas comme cela ? Très jeune, sans doute 16 ans, elle travaille à l'hôtel avec sa mère, propriétaire de l'Hôtel Iris. Une mère rude, complexe, ambivalente, comme souvent ce qui sourd chez Yoko Ogawa. L'ambivalence. Ce qui pourrait être bon, mais ne l'est pas. On est dans une réalité glissante, peu commune... A la limite de la souffrance absolue, mais qui bascule sans cesse dans une autre dimension, parce que l'histoire n'est pas transformée, n'est pas bonifiée, ni passée au crible du regard critique du personnage qui la vit. Mari, un jour, entend une phrase et assiste à une scène forte entre un client et une cliente, sans doute une prostituée, au sortir d'une chambre d'hôtel. Elle intériorise cette phrase, elle en garde une espèce d'admiration, alors même que la phrase a tout pour être rejetée. Alors elle va revoir cet homme, appelé 'Le traducteur', marqué aussi par son ambivalence... Doux et cruel. D'une cruauté sans nom, allant jusqu'à l'humiliation. Cette jeune fille qui a grandi sans père va accepter, et aimer tout ce qu'il va lui faire subir, des horreurs, si on est tout à fait honnête, les pires horreurs. Mais elle n'a pas le pouvoir du recul, de la distance... Entourée d'une mère qui l'utilise plus qu'elle ne l'aime, d'une femme de ménage qui lui vole ses objets elle va se repaître de cette relation avec cet homme, étrange, sur son île, qui ne se nourrit que d'aliments liquides. Ici, la mort guette, jamais loin, comme quelque chose qui se tend jusqu'à son paroxisme et l'atteint parfois. Et il y a ce neveu étrange, qui n'a plus de langue, et qui parle en écrivant de petits mots de papier pendus à son cou à un pendentif. Atmosphère au bord de la tension, de l'étrange, du malaise, sans que jamais cela ne soit présenté comme tel.

Déroutant, bien sûr... Mais on est contents de refermer la dernière page et de laisser derrière soi cet univers tendu, ambivalant...

Médiathèque de Saint-Malo.

Hôtel Iris, Yoko Ogawa, éd. Actes Sud. 1996 ; 2000 pour l'édition française.

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Notre petite vie cernée de rêves :)

7 Mai 2015, 13:17pm

Publié par LaSourisJOne

Notre petite vie cernée de rêves :)

J'ai dû emprunter ce livre pour son titre que j'ai adoré, et sa couverture. Pas de regrêt. On est plongé dans la vie du jeune Albert Scully, 17 ans, qui entreprend de nous raconter son histoire. Non sans humour, et sensibilité. C'est un Albert différent des autres, et dieu sait que la différence, adolescent, n'est pas facile à vivre. Alors voila, lui, bien que très intelligent, il est nul à l'école, solitaire, et ne s'intéresse qu'à des sujets 'qui ne sont pas dans le manuel' : il aime jardiner, il aime la Nouvelle Zélande, Shakespeare et les remorqueurs.

Il vit au sein d'un couple qui subit son existence d'adulte : elle, jusqu'à la caricature vivant par procuration gavée de séries américaines à l'eau de rose, emplie de clichés, mais touchante, lui, l'assureur raté, qui passe son temps et éreinte sa vie à trimer pour acheter des robots-ménagers à n'en plus finir à madame... Et qui boit, sans doute pour oublier tout ça.

Ca se passe probablement dans les années 60 ou quelque chose comme ça...

Un jour, le jeune homme fait la connaissance de sa voisine, une vieille femme de 80 ans qui brûle ses déchets dans son jardin, vit comme une clocharde, et qu'il commence par juger 'foldingue', avant de tomber sous le charme d'une véritable rencontre. Lui aura-t-elle menti sur elle ? Est-ce l'important ? Ou ce qui compte n'est-il pas qu'il ait pu grandir, changer, s'accepter, aimer la vie grâce à la rencontre de l'autre et l'échange ?

C'est un joli livre, plutôt aérien, pas plombé, pas dans le pathos. Un livre sur la différence, bien sûr, mais aussi sur l'amour au sens large, le partage, les rencontres humaines qui changent une vie, et évidemment sur les concessions qu'on doit faire ou pas, pour être bien avec soi et dans sa peau.

Médiathèque de Saint-Malo.

Notre petite vie cernée de rêves, Barbara Wersba, éd. Thierry Magnier, 2008.

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L'oeil du prince :)

27 Avril 2015, 21:19pm

Publié par LaSourisJOne

L'oeil du prince :)

Il ne faudra pas juger à l'aune du temps de lecture mon intérêt pour ce livre : je lis plus lentement qu'un élève de CP, en ce moment. Cela dit, Frédérique Deghelt. Et c'est avec un grand plaisir que je l'ai retrouvée. Rien de poussif, dans ce livre-là, enlevé, et des questions, toujours heureusement, puisque c'est la pate de l'auteur mais qui se coulent encore plus dans le fil du récit.

L'oeil du prince, comme avec un spectacle, le lieu d'où le souverain peut dominer et voir tout l'ensemble ; comme ici, vision à l'issue du roman, de plusieurs vies, qui se succèdent, ont engendré les autres, sans que l'on en sache rien au départ, en lisant chaque tranche de vie.

Une jeune femme impatiente qui subit sa famille à Cannes, un jeune homme qui construit sa vie et perd femme et fils dans un accident de voiture que l'on rencontre après, alors que sa vie continue, dans une tentative de survie, jeune femme qui écrit à un résistant pendant la guerre et d'où naîtra une idylle , jeune femme mariée, qui tombe amoureuse d'un autre homme, différent de son mari 'dans les hauteurs' et qui la délaisse, l'occulte pour sa musique... C'est un bien joli et attachant puzzle humain que celui-ci, qui s'imbrique petit à petit, et dessine un tableau où le passage du temps joue son rôle fulgurant à la fin...

Car la lectrice/raconteuse a alors 70 ans, et elle découvre les prémisses de sa venue au monde, ce qui l'a précédée, en même temps que nous comprenons les liens qui lient tous ces protagonistes...

Un très attachant Frédérique Deghelt, une fois encore.

L'oeil du prince, Frédérique Deghelt, éd. J'ai Lu, 2014.

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Comment Thomas Leclerc, 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l’éclair :)

14 Avril 2015, 16:00pm

Publié par LaSourisJOne

Comment Thomas Leclerc, 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l’éclair :)

L'embellie est donc venue de Paul Vacca ! Avec ce 'Comment Thomas Leclerc, 10 ans'... le plaisir de lire est revenu, quel soulagement ! C'est tout d'abord avec un peu de réserve que j'ai abordé ce livre, parce que les histoires d'enfants ne sont pas forcément ce que je préfère lire ; et puis je n'ai plus lâché ce livre. J'avais cela dit adoré 'La Petite cloche au son grêle", du même auteur, et j'en garde un souvenir ému, tant était belle cette histoire simple de rencontre de gens simples avec la littérature... Et ce livre-là, donc, fut une belle gourmandise.

C'est l'histoire de Tom, donc, Thomas, 10 ans et quelques mois, au collège ; dont on sait, surtout par sa mère qui le décrit perpétuellement comme tel, "qu'il n'est pas un enfant comme les autres". Mais à aucun moment dans le livre, l'enfant est "étiqueté", estampillé; et ça nous va bien ; c'est un garçon plutôt solitaire, plutôt mental, et c'est dans ses pensées et sa vie quotidienne au milieu des années 60 que nous vadrouillons agréablement. Empirique, ce petit bonhomme. Il a comme références ses 'héros de BD'. A partir d'une réflexion construite, il se trouve des similitudes avec ces héros solitaires, qui sauvent le monde. On entrera tout autant dans la vie et les états d'âme de Serge et Pauline, ses parents ; on expérimentera les dégâts du silence, sans jugements ; les parents pour protéger leurs enfants souvent se taisent ; condamnant les enfants à errer dans un monde compliqué, sans clé pour l'apprivoiser.

Touchants, ces parents aussi qui se débattent avec leur existence, leur vie professionnelle ou leur non-vie professionnelle. A une époque en 'technicolor', où il est d'usage que la femme soit femme au foyer... Mais comment s'épanouir ? C'est la problématique de Pauline, prise dans les contraintes de son époque. Mais qui va tout faire pour travailler, et rencontrer la reconnaissance, via le regard des autres, et des hommes, à Paris, et via le travail. Même chose pour Serge, plus spontané, moins réfléchi, mais qui finalement, d'erreurs en erreurs qui auraient pu faire sombrer la famille, finira par trouver sa voie, inattendue, épanouissante.

Et puis il y a la petite Palma. On est toujours "l'étrange" d'un autre, finalement... Palma, cette étrange gamine pour Tom, qui réalise trop tard, lui dont l'expression des sentiments est compliquée, lui qui a besoin de rituels, qu'elle avait besoin de lui.

On a donc aussi la dérive d'une ado, en marge, laissée seule à elle-même et qui finira victime d'un fait-divers...

Avec toujours l'univers de référence des héros de 'comics' amércains comme référence, la psychanalyse aussi découverte par ce garçon de 10 ans (trop) intelligent, un peu comme un conte, ce petit bonhomme qui tentera de sauver le monde, ses parents, ceux qu'il aime... C'est touchant.

Merci à Anny, pour la jolie découverte. :)

Comment Thomas Leclerc..., Paul Vacca, éd. Belfond. Avril 2015.

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Mort d'un roi du tango :((

10 Avril 2015, 16:31pm

Publié par LaSourisJOne

Mort d'un roi du tango :((

... Mon dieu que je me suis ennuyée avec ce roi du tango ! Heureusement qu'il est mort. :) Ca m'apprendra à acheter des livres au feeling, au coup de coeur juste parce qu'il y a le mot 'tango' dans le titre... J'ai fini passablement agacée par ce livre qui ne mène nulle part, plus de 300 pages nulle part ! Et en plus c'est mal écrit. Je n'ai trouvé aucun intérêt à ce livre, et je ne peux que me fustiger d'avoir lu 300 pages, pour rien. L'oubli fera son oeuvre, car les Taita, ou Don Ruben, entre Pègre Colombienne et immunité diplomatique d'un pourri mais à priori charismatique, devraient vite disparaître de mon esprit. Rien d'attachant dans ce livre, non, vraiment !

Mort d'un roi du tango, Jérôme Charyn, 1999 pour la traduction française.

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