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Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman

L'ami de jeunesse :))

7 Octobre 2015, 15:46pm

Publié par LaSourisJOne

L'ami de jeunesse :))

J'avoue avoir pris plaisir à me couler dans ce livre. L'histoire d'un psychiatre de 48 ans, entouré de deux pieds nichelés - son meilleur ami de toujours, et son frère -, marié à Elisabeth. En pleine crise de vie sans doute, en plein creux de la vague sans doute, qui décide qu'il va changer de voie, et poursuivre celle qu'il n'a jamais osé poursuivre, celle du professorat. Et qui pour cela, s'inscrit à la Sorbonne, pour reprendre des études d'histoire. Où il rencontre, homme sorti de la séduction depuis longtemps, Charlotte, professeure d'histoire qui ne le laissera pas indifférent.

Tout dans ce livre est drôle. Certes, certes, le narrateur est un ronchon de première, et il fait preuve d'une acidité, d'une aigreur sans pareilles. Mais c'est tellement raffraichissant, en ces temps il est de bon temps d'être toujours consensuel ! Alors même si c'est sans doute excessif, sans doute injuste, j'avoue que j'ai beaucoup ri. Tout en prend plein son grade. Les rugbymen ! J'adore :) Les profs à la Sorbonne ! Ses malades ! La vie, la mort, ceux qui rient... Il y a à la fois une dureté sans nom et une certaine finesse de vue. L'écriture est habile, il ne cède à aucune facilité dans la façon d'écrire, à aucune évidence, et ça c'est plutôt agréable.

Le personnage principal est plein de failles, plein de défauts, il se regarde avec une sincérité touchante. Il avance comme il peut, malgré sa vie bien rangée, établie, son statut de psychiatre... La vision de l'amour est assez belle, loin d'être elle, dénigrée pour le coup, c'est finalement la seule qui échappe au laminage général. Et ces deux pieds nichelés ! Le frangin qui vit en parasite chez lui, et le copain ado attardé qui tient pourtant son resto... Le trio est savoureux. Et sans doute assez proche d'un trio amical de garçons comme on peut en connaître. Certaines scènes sont désopilantes !

Comme quoi le hasard (en l'ocurrence le stand d'une braderie) réserve parfois de belles surprises.

L'ami de jeunesse, Antoine Sénanque, éd. Grasset. Septembre 2008.

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L'atelier des miracles :)

21 Septembre 2015, 15:50pm

Publié par LaSourisJOne

L'atelier des miracles :)

J'ai pris beaucoup de plaisir avec cette balade humaine, au coeur de cette petite galerie humaine de tronches abîmées ou en souffrance. Aucun destin n'avait à priori de point commun, et c'est ça qu'on aime. Il y a la gueule cassée, ex-militaire, dur au coeur tendre, qui vit sous un porche parce qu'il ne voulait plus concéder à la hiérarchie militaire dont il ne partageait pas toutes les vues, il y a la gamine (23 ans ?), Millie, qui subit un incendie à son domicile et qui décide de redessiner son histoire en simulant une amnésie, et il y a cette prof d'histoire-géo, que j'ai trouvée très attachante - qui n'est pas sans rappeler cette autre prof victime d'un homme qui la maintient sous son joug mental dans l'Amour et les forêts d'Eric Reinhardt. Et puis il y a ce type, vécu comme une icône, Jean Hart, celui qui prend soin des âmes cassées, et par le biais de son atelier, leur donne une deuxième chance.

Pourquoi les horloges, sur la couverture ? Parce que l'atelier est un ancien atelier d'horlogerie, où l'on réparait les montres, les horloges... Mais je m'égare !

J'ai trouvé très touchant, ce concept de la deuxième chance, de la deuxième vie, de nouveau départ possible pour tous.

Evidemment, je n'ai pas manqué d'être plutôt abasourdie et déçue (!), par ce personnage Jean Hart : l'icône déchoit d'une bien cruelle manière ; tout à coup apparaissent ses mobiles, ses failles, ses moyens... Et puis, si à titre individuel on est déçus, cela ne peut que donner du crédit au livre : eh non, on ne vit pas dans le monde de Oui-oui ! Et tout le monde a ses failles... Pourtant, comment comprendre le mal qu'il fait sciemment à deux ex-résidentes qu'il avait pourtant entrepris d'aider ? Pourquoi une telle cruauté à leur égard ? Ok : il est tombé amoureux de Millie-Zelda et il se venge impulsivement ; mais Mariette ? Pourquoi annuler le bien qu'il lui a fait, même si c'était parce qu'il était mandaté par le mauvais mari (financeur de l'Atelier) ? Hum... On ne peut s'empêcher quand même de se dire que fondamentalement, le bonhomme, pourtant admiré de tous, a l'affection et la générosité à géométrie variable... Le livre en tout cas plaide finalement avant tout contre le règne des apparences, et invite à recevoir et accepter les mains qu'on peut nous tendre parfois. Parce que les choses ne sont jamais écrites et qu'elles peuvent changer. De belles rencontres (Monsieur Mike - Millie, ou Millie- Mariette), et de belles leçons de volonté.

Merci profond à Delphine pour ce joli cadeau.

. L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong, éd. Lattès, Janvier 2013. Ed. J'ai Lu : mars 2014.

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J'ai eu des nuits ridicules

13 Septembre 2015, 12:52pm

Publié par LaSourisJOne

J'ai eu des nuits ridicules

Histoire moderne, histoire de femme moderne. Ayant choisi, en tout cas vivant hors couple. Expérience des histoires qui meublent, et du détachement.

Intéressant en cela.

Tout est marqué là par l'ère moderne : les échanges de SMS, la connexion permanente des êtres, les êtres qui se croisent et ne se 'nourrissent pas' ; et puis des discussions, échanges plutôt 'beauf' finalement, mais finalement ça aussi c'est l'air du temps, on ne satisfait de la surface des choses.

Et il y a ce jeune garçon, ado, de presque 15 ans, que l'héroïne trouve dans la rue. Désemparé, et un peu muet. Pourquoi va-t-elle lui ouvrir sa porte, dans une ère où on n'ouvre plus sa porte aux gens ? Ca... En tout cas, le livre prend là une autre tournure. Peu à peu, naît l'attachement, qui ne se nomme pas, qu'elle ne connaît pas... L'inquiétude pour ce garçon qu'elle ne connaît pas, les questions qu'elle se pose quand il n'est pas là, mêlés à l'ambivalence liée à ses habitudes, à sa façon de vivre solitaire. On apprend petit à petit que c'est un gamin du XVIème, fugueur pour échapper à un frère et probablement à des violences sexuelles, mais des violences qui dans ce milieu ne peuvent pas être entendues.

Le jeune garçon vient en tout cas, par sa présence, ses besoins, interroger l'héroïne sur ses choix de vie. Sur ses besoins de coucher un être à ses côtés quand vient la nuit, peu importe lequel, sur l'individualisme de notre ère. Pas déplaisant, mais pas non plus complètement conquise...

Médiathèque de Saint-Malo.

J'ai eu des nuits ridicules, Anna Rozen, éd. Le Dilettante, 2014.

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La guerre d'hiver :)

3 Septembre 2015, 13:26pm

Publié par LaSourisJOne

La guerre d'hiver :)

Une tasse de café qui gicle, 'La guerre d'hiver' un titre qui intrigue un peu, et le macaron, un peu étonnant sur la couverture : 'roman conjugal' : assez pour me donner envie de tenter le coup. D'autant que l'auteur était filandais, et que ça fleurait bon le dépaysement, voir la découverte de moeurs d'ailleurs. Je n'ai pas regretté, car ce livre m'a plu. Il m'a parfois pensé à ces livres avec un narrateur très vieux que j'aime généralement ; en tout cas, ici, on suit la vie quotidienne d'une famille au sens large, au plus près de chacun des protagonistes. Tous ont des traits de 'couples' bien particuliers (j'alais dire shématiques) ; cela dit, ils sont assez bien campés, on s'attache à ces personnages. Parfois les réflexions nous laissent sur notre faim, mais globalement la lecture est satisfaisante. Ainsi, un coupe d'âge mur (60 ans), Max et Katrina ; usé par de trop nombreuses années de vie communes et les travers de fonctionnement qu'ils n'ont pas soigné, ils se déchirent, et c'est particulièrement donné à voir. Lui ne fait plus d'efforts, même s'il dit l'aimer tendrement et ne pouvoir vivre sans elle, elle passe son temps à le chercher (et le trouver)... Et puis il y a Helen, la fille aînée, mariée avec deux enfants, dont on va suivre aussi la vie résignée des trentenaires-quadra avec enfants, calée sur le rythme des enfants, et la petite dernière, Eva, 27 ans, qui se cherche, y compris sentimentalement, dans son approche du couple... Elle part à Londres étudier les arts et se cherche, donc...

Le roman se déroule sur six mois, où certaines choses bougent. Notamment pour Max, qui, flatté de l'attention d'une jeune femme va céder à l'infidélité unique, presque vitale, maladroite...

Il y a aussi le personnage de la grand-mère, en maison de retraite, et son rapport aux autres. Comment chacun se définit par rapport à soi et dans cet ensemble familial, c'est un livre intéressant...

Quant au titre, il désigne en réalité une période historique de l'histoire de la Finlande, mais fait bien sûr, allusion à l'hiver, la dernière période d'une histoire d'amour, celle plus fraîche, éloignée de sa naissance ou de son bel âge...

Médiathèque de Dinard.

La guerre d'hiver, Philip Teir, éd. Albin Michel. Paru en 2013 en Finlande, et en 2015 chez Albin Michel.

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Le sourire des femmes :))

20 Août 2015, 10:34am

Publié par LaSourisJOne

Le sourire des femmes :))

Pur bonheur que ce livre-là. Peut-être renforcé par le fait que je quittais un livre qui m'avait véritablement horripilée, mais véritablement réjouissant. Je ne l'ai pas lâché. Un peu dans l'esprit de Gilles Legardinier ; en tout cas, j'ai beaucoup ri en lisant ce livre. J'ai aimé chaque personnage. Ils sonnent 'vrai', ils ont leurs fragilités, leur sensibilité, leur caractère... C'est drôle, enlevé, sans temps morts. Et c'est un très joli livre sur l'amour... Ou ce que l'on peut faire pour un coup de foudre...

Pour André Chambenais, donc, la réponse est... beaucoup, et même à la folie ! Tout commence par un bobard entre amis, avec un de ses amis anglais, puisque les Français sont friands d'auteurs anglais qui écrivent sur Paris, qu'à cela ne tienne : on leur en invente un ! Le trentenaire écrit un livre, et ils camouflent leur supercherie en prêtant au faux auteur anglais une identité, celle du frère, d'ailleurs, dentiste... Seulement voila : Aurélie Bredin, qui travaille dans un joli petit restaurant parisien 'Au temps des Cerises', qui ne lit jamais va tomber par hasard sur ce livre, le dévorer, s'y reconnaître et vouloir à tout prix rencontrer l'auteur, pour comprendre... Et c'est le début d'une aventure cocasse, avec un personnage qui s'enferre dans ses mensonges... J'ai adoré.

Et finalement, seul le titre est assez 'niais', mais l'ensemble est tellement joli et attachant que franchement, on va pas pinailler.

Merci à Nolwenn pour ce prêt !

Le sourire des femmes, Nicolas Barreau, éd. Héloïse d'Ormesson, février 2014, Le Livre de Poche janvier 2015.

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Mirage :((

20 Août 2015, 10:14am

Publié par LaSourisJOne

Mirage :((

... Une fois n'est pas coutume, j'estimerai que 189 pages lues sont bel et bien suffisantes pour consigner ici mon commentaire sur ce livre, à l'aune de l'affection que j'ai pu avoir pour cet auteur, et de l'agacement évidemment tout à fait proportionnel que j'ai pu ressentir en essayant de lire celui-ci, son dernier, donc.

Mille fois, j'ai ressenti l'agacement. Mille fois, son livre m'est tombé des mains, mais j'ai continué, espérant me ressaisir et finir par entrer dans ce Douglas Kennedy. Peine perdue, à double titre, car non seulement ça n'a pas marché, mais j'ai perdu mon temps. J'ai été profondément agacée par l'amas de clichés que l'auteur nous sert sur Essaouira, sur le Maroc, l'aéroport, le couple ; la moindre des choses qu'on puisse attendre d'un auteur, c'est qu'il nous donne d'un endroit l'impression d'y être allé, tout au moins qu'il nous en apprenne un peu plus que ce que l'on en savait déjà. Sur le Maroc, je n'ai pas d'autres images dans la tête que celle que j'en avais déjà sans y être allée, c'est une compil de clichés faciles. Les personnages ne sont absolument pas attachants, sans aucun intérêt, cette pétasse de comptable qui s'éprend d'un abruti d'artiste (encore dans le cliché), l'histoire d'amour qu'il nous sert à la louche au départ sur un grand nombre de pages est sirupeuse à mourir, l'alibi du départ au Maroc n'a aucun fondement dans l'histoire... Tout, tout m'a énervé. J'ai eu l'impression d'être prise pour une conne. Que ce Douglas s'est dit : oh, ça marche bien mes livres, je vais pas me fatiguer, et tiens, j'ai envie de situer mon histoire.... au Maroc ! Eh bien vas-y avant, au Maroc, la prochaine fois, et bosse un peu, avant de commencer à écrire. Ah si : de loin, on retrouve pourtant sa capacité évidente à mener une histoire, mais là, trop délayée dans une marée de clichés sur le monde arabe.

Euh... Pardon à ma précieuse pourvoyeuse de livres préférée, mais elle n'y est pour rien ! Merci malgré tout de me l'avoir prêté en avant-première ou presque. :) Et grâce à elle je regarderai à deux fois, la prochaine fois, avant de me lancer à coeur perdu dans un Douglas Kennedy...

Mirage, Douglas Kennedy, éd. Belfond, 2015.

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La fontaine pétrifiante

11 Août 2015, 14:14pm

Publié par LaSourisJOne

La fontaine pétrifiante

J'ai découvert l'écrivain anglais Christopher Priest au festival Etonnants Voyageurs, lors d'une rencontre sur l'imaginaire. Présenté comme une référence incontournable en matière de romans de science-fiction 'nouvelle génération', j'avoue que ma curiosité était titillée. J'ai fini par mettre la main dessus. Je ne dirai pas que j'ai adoré, même s'il y avait un potentiel : j'ai trouvé ça finalement trop cérébral et trop répétitif parfois, si bien que j'ai fini par m'y ennuyer, autour de ce personnage en quête de son identité. J'aime bien l'accroche réelle et le glissement progressif vers une autre réalité ; je sais que l'auteur s'amuse à nous perdre dans les deux niveaux de 'réel', jusqu'à la dernière phrase, pirouette couillue, quand même. Mais bon...

Donc le personnage principal, au moment de son histoire où on le rencontre, accumule les difficultés. Deuil du père, boulot qu'il perd, petite-amie qu'il perd... Il va se ressourcer dans une maison à la campagne et commence à écrire sa vie, enfin, une version de sa vie, une autobiographie à sa manière. J'aime assez ces passages où le personnage est en phase d'écriture et de réfection de cette maison ayant besoin d'être retapée ; puis il y a cette histoire de billet de loterie, donnant accès à ... l'immortalité, qu'il gagne. J'aime assez les réflexions autour de la pertinence ou pas d'accéder à l'immortalité (tout en perdant la mémoire de sa vie antérieure), d'où l'importance du manuscrit (oui, mais... imagé ! alors que croire, que retenir, pour le personnage ?) ; on imagine aussi qu'il y a la métaphore des iles pour la vie intérieure, mais bon... Ce qui m'a le plus ennuyé finalement ce sont les rapports avec les femmes. Celles qu'il croise Loreen et Seri, qui deviennent sans doute des doubles de son grand amour, Gracia (si tant est qu'on n'est pas à notre tour perdu pied dans l'histoire), histoire à laquelle il s'accroche et qui est pourtant destructrice, immature, peu gratifiante ni pour l'un ni pour l'autre. Cette histoire 'd'amour' ou plutôt d'attachement n'est pas remise en cause, ou très peu, puisque le personnage s'y accroche coûte que coûte... Est-ce parce que c'est la seule 'borne' qu'il lui reste ? Et si les 'bornes', les repères, parfois plus sûrs, se reconstruisaient ? Cela n'est pas vraiment envisagé... Bref, je ne peux pas dire que j'ai beaucoup aimé, cela dit, je pense que je donnerai encore une chance à cet auteur, car en effet, c'est un auteur plutôt positivement littéraire.

Médiathèque de Saint-Malo.

La fontaine pétrifiante, Christopher Priest, éd. Folio. 1981.

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Chambre à part :)

3 Août 2015, 10:35am

Publié par LaSourisJOne

Chambre à part :)

Je suis entrée dans ce livre en toute innocence. Parce qu'il m'a fait de l'oeil dans un rayon de médiathèque et qu'en lisant la 4ème de couverture, cela m'a intrigué, séduit : c'était tout un programme, une gageure : comment faire pour que l'amour survive, vive toujours fort, né de/en 68 et toujours trente ans plus tard ? Comment un couple se construisait au quotidien avec succès ? Ca a suffi à me donner envie de lire ce livre. Etrangement, je n'avais pas identifié le nom de l'auteur, qui pour moi restait inconnu. Petit à petit... le dessinateur de presse brillant et génial dont la narratrice s'éprend en 1968 n'est-il pas... Wolinski ? Evidemment, la coïncidence serait trop grande... Le témoignage, beau en soi, prenait plus de force encore,compte tenu de ce destin injuste qui lui ôta la vie le 7 janvier dernier. Ce livre ayant été écrit bien avant, il y a au moins 13 ans par sa femme, journaliste et écrivain.

C'est une jolie voix, que celle de Maryse Wolinski. Une singulière trajectoire, qu'elle nous livre là, qui ne cherche pas à dissimuler. Une trajectoire habitée par une présence à ses côtés, celle de Georges Wolinski, qu'elle ne nomme pas dans son livre, comme en une dernière pudeur respectueuse. Il est 'Il', 'lui', on sait... Ce qui marque, ce qui frappe, c'est l'extraordinaire histoire de ce couple, demeuré amoureux malgré les tourments, malgré les rencontres, malgré les milieux, malgré l'époque, en une beauté très touchante. Une incroyable ode à l'amour, réel.

Enserrée par un incipit où elle raconte une soirée chez des amis, et la noble fragilité soudaine ressentie par son mari, qu'elle doit emmener à l'hôpital avant de lui dire : "toi tu ne vieilliras jamais ; je t'interdis de vieillir", et le retour narratif à l'hôpital à la toute fin du livre, l'écriture de ce livre résonne comme la mise en mots d'une peur, le défi à la mort, en faisant revivre par les mots la trajectoire touchante ; un livre qui résonne comme un acte d'amour.

On sait, pourtant, elle ne nous le cache pas, que cet amour commence par une admiration sans borne, une fascination éperdue pour cet homme ; qu'elle aurait pu se perdre, s'oublier, dans cet amour, face à cet homme... Mais le joli objet, "la petite jeune fille blonde" va devenir sujet, affirmer sa personnalité et l'un l'autre évoluer dans les méandres de l'amour, plus fort que tout. Elle s'affirmera féministe face à un personnage qui croquait les femmes comme des objets ; son attachement au communisme est passé au crible aussi, sans complaisance, objectivement, sous tous les angles ; leurs relations mondaines... L'un et l'autre deviennent touchants, parce qu'ils sont généreux, et qu'ils aiment, clé merveilleuse.

Médiathèque de Dinard.

. Chambre à part, Maryse Wolinski, éd. Albin Michel, 2002, Le Livre de Poche.

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La bête

30 Juillet 2015, 19:39pm

Publié par LaSourisJOne

La bête

Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre, ni surtout le personnage central, et ce n'est rien de le dire. Evidemment je me dis que l'on peut toujours 'cérébrer' et lui trouver un intérêt de lecture, évidemment, parce qu'ici c'est le mal, brut, l'expression de la souffrance à vif avant sans doute qu'on ait trouvé le pouvoir de la parole pour l'appaiser ? Avec un être humain victime de son destin, de ses rêves, dont l'amertume va s'incarner dans une vie solitaire, où il s'emploie à se faire souffrir, croyant jouir, et à faire souffrir les autres surtout, dans la plus grande cruauté... Enfants, femmes, jeunes femmes, jeunes garçons, égorgés ou pire comme des bêtes ne le seraient pas. Alors évidemment, on est dans le Gévaudan, à une époque lointaine, puisqu'il y est question de rois de France ; que les paysans doivent donc peiner sur leurs terres et se faire rafler les trois quarts de leur sueur, de leurs revenus, par les hommes des rois, et que donc la cruauté semble ne pas être que du côté qu'on croit. N'empêche. J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à comprendre, même en essayant de me replonger des siècles en arrière, autant de bestialité qui ne peut me paraître que fantasmée. Enfin mon entendement s'obstine à ne pouvoir y voir qu'un cas d'école, une histoire théorique pour laquelle il est bien difficile de trouver de l'empathie. Même si le destin de cet homme est effroyable, du fait qu'il a subi, en faisant le choix de suivre son rêve, une castration physique atroce qui lui ôte sa nature d'homme. J'ai du mal à imaginer qu'un homme privé de sa faculté de faire l'amour à une femme devienne une bête. Mais c'est sans doute parce que je ne suis pas un homme, et que j'ai forcément plus d'empathie pour ces jeunes femmes qui n'ont rien demandé à personne et paient pour ce sale type qui croise leur chemin.

Certes, ça pourrait contraindre à s'interroger sur les monstruosités que notre époque génère aussi, en matière de cruauté et de terrorrisme. Je m'obstine à ne pas le comprendre, ça reste, pour moi, incompréhensible, et inexcusable.

Cela dit, ce livre me ramène à des sources de lectures bénies, celles de Dinard, et de son club lecture, bénis soient-ils.

Médiathèque de Dinard.

La bête, Catherine Hermary-Vieille, éd. Albin Michel, 2014.

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Comment j'ai perdu mon amie :))

22 Juillet 2015, 19:48pm

Publié par LaSourisJOne

Comment j'ai perdu mon amie :))

J'ai apprécié ce changement d'ambiance, ce voyage trouble en Inde avec ces deux amies, et aussi ce suspense bien rythmé, marqué par une légère tension psychologique... Et un livre qui nous oblige à revoir à la toute fin notre copie, alors qu'on avait déjà notre avis sur le livre, notre histoire presque bien rangée, bien estampillée, étiquetée, tout est chamboulé et aucune conclusion hâtive ne peut s'imposer. Les visions des personnages se bousculent, et doivent se redessiner...

Donc, deux ados partent en Inde, des meilleures amies comme on en connaît, très très réalistes. Il y a la narratrice, jolie, qui semble réussir tout ce qu'elle touche, en tous cas avec les mecs, et dans les études. Et Gemma, boulotte, souffre de son apparence, n'a pas de relations amoureuses satisfaisantes, et rate son entrée en fac parce qu'elle se débrouille pour ne pas avoir son bac alors qu'elle est brillante. Des parents compliqués, un père qui a disparu, et une mère dépressive. Tout le tableau presque tracé.

En Inde, c'est la narratrice qui a l'habitude des voyages qui mène la barque, avec sa fougue, son inconscience... Et c'est elle qui semble entrainer tout ce qui arrive, sa traine de mises en dangers, par ses caprices dangeureux. Et elle abandonne son amie malade avant d'être rongée de remords, et de revenir et de la découvrir.... croire morte, immolée. Terrifiante et glaçante découverte.

Six ans plus tard on retrouve la narratrice, sa culpabilité, ses erreurs, ses échecs, son incapacité à vivre...

Oui, ça parle de culpabilité ; oui ça attire l'attention sur les risques des fréquentations, des mauvaises fréquentations, sur les risques d'un manque de prudence surtout quand on ne connaît pas un contexte, à l'étranger, au péril de sa vie. Mais surtout, le livre retourne l'histoire comme un gant, et tout d'un coup, oui, c'est un chemin de vie qu'on lit ; avec ce que ça implique de mauvais jugements, de changements, d'évolutions qui nous sont inhérrentes, et qui font que nous devons laisser sur le chemin de nos routes des amitiés qui n'ont plus lieu d'être. Oui, ça revisite l'amitié, aussi, les choix que l'on fait en la matière, et les nécessaires abandons qu'on doit faire pour grandir...

C'est très très bien. Délicieusement glaçant parfois, mais on est vraiment tenus en haleine. D'ailleurs, je n'ai pas pu, surtout au début, m'empêcher de penser, même si c'est un autre contexte, un autre pays, au livre de Douglas Kennedy, Cul-de-sac.

Et j'ai vraiment beaucoup aimé. Attention, la fin surprend !

Médiathèque de Dinard.

Comment j'a perdu mon amie, Katy Gardner, éd. Denoël. 2002.

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