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Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman

L'espionne de Tanger :))

6 Novembre 2016, 18:57pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

L'histoire de ce livre se déroule dans les années 30 en Espagne, puis pendant la seconde guerre mondiale en Espagne et dans le protectorat espagnol du Maroc. Autour du personnage principal, une jeune femme, Sira, espagnole, donc. A partir de son histoire d'amour, choix amoureux, point de départ de sa vie telle qu'elle le sera. On voit que ce coup de foudre, laissant alors l'homme avec qui elle s'apprêtait à se marier, va orienter toute sa destinée. 

A partir d'une trahison, Sira va lentement quitter la naïveté. Confrontée au réel brutal. A l'obligation de compenser la trahison pour pouvoir s'en sortir. 

Pas à pas, on va suivre la jeune femme dans la vie qu'elle se trace, avec cette marge de manoeuvre très ténue qui est la sienne. Et s'étonner de la rigidité qu'elle met dans certains choix. Comprendre comment cette femme, pragmatique, va se mettre au service d'un pays, parce que cela correspond à sa croyance d'éviter la guerre. La scène qui l'amène à s'y décider est assez intéressante, elle hésite, et c'est un échange avec sa mère, sobre, qui va la décider. Sa mère qui lui dit : si ton action peut aider l'Espagne à éviter de vivre encore une guerre, alors fais le. Et c'est ainsi que Sira va entrer dans un système de fonctionnement extrêmement contraignant pour elle, avec la conviction jamais remise en cause de servir son pays. J'aime ce journaliste qui croise sa route, on enrage de ne pas la voir tout lacher pour le suivre... On suit tous ces personnages avec bonheur, le récit est dense mais tient en haleine toute la durée de ses 600 pages. 

J'ai beaucoup aimé.

Et c'est à Luocine que je dois cette lecture ! Merci Luocine ! 

L'espionne de Tanger, Maria Duenas, éd. Robert Laffont, 2012 (2009 pour l'édition espagnole).

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Un homme dangereux :)

26 Septembre 2016, 22:23pm

Publié par LaSourisJOne

Un homme dangereux :)

Roman.

C'est un livre sur lequel il n'est pas facile d'écrire. Un livre en miroir, en loupe, qui pourrait aussi bien être un roman qu'une autobiographie, avec scrutation de son propre passé, et mise en lumière de sa propre vie de manière fulgurante et déconcertante si l'on y pense par ce passé.

C'est donc l'histoire d'Emilie, mariée, deux enfants, écrivain (ça pourrait être l'auteure ?), insérée dans un milieu artistique parisien, auteur de films, et de livres pour lutter contre l'antisémitisme, et la haine primaire. Située clairement dans un présent qui nous est trop familier, si bien qu'aucune distorsion ne peut véritablement s'opérer. Mariée à un médecin depuis longtemps, le couple vit ensemble, sans plus se toucher. L'un à côté de l'autre. Elle a un amant qui ne porte pas à conséquence. Et puis elle rencontre un type, de son milieu littéraire, qui lui est présenté par une connaissance commune, et qui est en tous points odieux. Décrit fidèlement, sans concession, on ne peut que se demander ce qui fait qu'elle s'accroche, et fantasme sur ce type. Il est beaucoup plus vieux qu'elle, il est moche, il est désagréable. On suppose qu'il exerce par le verbe une certaine fascination sur elle. Toujours est-il qu'elle va commencer par attendre des signes de lui, entretenir une espèce de flamme, recevoir du mal de ce type, et pourtant continuer. Lorsqu'elle voudra échapper à ses griffes, avec l'aide de son mari, elle ne se relèvera guère. Il lui faudra écrire, écrire sur cela, pour finalement plonger dans ses racines familiales, l'histoire de sa grand-mère, aiguillée par ce type odieux qui se comporte avec elle de manière antisémite et humiliante qui plus est, pour découvrir que, comme sa grand-mère, elle n'échappera pas au mal engendré par un type machiavélique qui la détruira...

Et en cela elle compare ces destins individuels à ceux que la France réserve à ses juifs... C'est difficile à comprendre, difficile tant il y a de mal et de perversité, mais c'est un ressenti qui ne peut être contesté, car face à la haine de soi distillée par l'autre, comment réagir ? Comment ne pas intérioriser, si l'on est fragile, la haine de soi ?

On se sauve en écrivant, mais on s'y perd aussi...

. Un homme dangereux, Emilie Frèche, éd. Stock, septembre 2015 ; J'ai Lu, juillet 2016.

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La chaise numéro 14 :))

12 Septembre 2016, 21:59pm

Publié par LaSourisJOne

La chaise numéro 14 :))

Roman.

Un roman sur une période de l'histoire terrible, la libération qui suivit l'occupation par les Allemands, et celle des règlements de compte, des basses et iniques vengeances. La libération de toutes les mauvaises pulsions, et des mauvais instincts. Le sujet de ce livre c'est ça, une femme, tondue. Des moments qui précèdent ce douloureux événement, aux semaines qui suivent, et ce qu'elle en fait. C'est très beau, très fort. J'ai aimé suivre ce personnage et sa détermination, la voie qu'elle emprunte pour laver cet affront qu'on lui a fait. Ce courage qu'elle a d'affirmer qu'elle n'est coupable de rien (elle a aimé un officier allemand, passionément, ils se sont aimés), que l'amour n'est pas une raison suffisante pour induire cette honte qu'on inflige à un être d'être tondue en public et de perdre le symbole de sa féminité. Alors, avec une sourde détermination, elle va établir une liste des personnes qu'elle va vouloir voir 'plier', abdiquer devant elle pour ce qu'ils ont fait. Une liste, un nombre, cinq ; cinq, et l'on retrouve cette fascination du personnage pour les chiffres, dont elle se dit dépendante ; ainsi, le numéro de la chaise, correspond au numéro qu'on donne aux chaises de bistrot alors, chaise numéro 14, parce qu'il faut six pièces de bois et huit vis pour la faire tenir. La chaise de l'auberge tenue par son père, qu'on est allée chercher pour la tondre, en public. Une chaise, qui fait partie d'un rituel, d'une cérémonie qui l'accompagnent pour aller au bout de ce qu'elle s'est fixée ; cette chaise, qui se décolore avec le temps mais qu'elle emporte avec elle, cette robe, blanche, immaculée, celle que sa mère porta avant sa mort, d'un autre temps, qu'elle portait pour être tondue et qu'elle remet chaque fois qu'elle va à la rencontre de l'un des cinq.

Elle ira voir le coiffeur, celui qu'on impulse d'agir, et par la force de son regard, fier, impulse sa demande de pardon ; le maire, les religieuses pétries de mauvaises croyances qui l'ont accablée toute son enfance, les deux GI qui l'ont vue tondre sans rien dire, et Antoine, l'auteur de l'acte... Pour de si mauvaises raisons. L'amoureux éconduit, jaloux, qui se venge par cette blessure qu'il lui inflige. Antoine et son jeune frère. Les personnages sont vraiment joliment campés, on se laisse emporter par ce beau roman, cette voix, cette détermination ; et il y a ce très beau personnage, ce Louis, qui devient son ami bienveillant, qui veille sur elle comme un grand frère ou un père, la soutient. C'est très très beau, bien plus même que ce que j'avais imaginé ; la narration est lumineuse.

Merci à Samuel de l'avoir mis entre mes mains.

. La chaise numéro 14, Fabienne Juhel, éd. du Rouergue, mars 2015.

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Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce :)

21 Août 2016, 08:49am

Publié par LaSourisJOne

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce :)

Roman.

Véritablement conquise par La petite communiste qui ne souriait jamais (2014), j'avais très envie de lire un autre Lola Lafon. J'avais trouvé celui-ci, que j'ai lu pendant mes récentes vacances.

Evidemment, ce livre est loin, loin d'être une lecture légère. Mais je crois qu'avoir du temps pour le lire a été une très bonne chose. C'est le deuxième livre de Lola Lafon qui me fait me dire que véritablement, il y a 'quelqu'un' derrière ces pages.

Encore une fois, le rapport au corps, à son corps de femme est au coeur du livre. Toujours un rapport souffrant, contraint, lié à ce que les autres en font. Cette lecture n'est pas facile, mais extrêmement intéressante. Elle interroge beaucoup sur ce que l'on accepte de la société, sur la révolte, sur la trace que laissent des blessures ; sur la proximité entre deux êtres qui ont vécu le même trauma. Sur l'absence de limites, et la frontière, ténue, qui peut décider de faire sauter les limites... Sur la folie et la raison, donc évidemment.

On est dans un récit intime, un voire deux, ou trois d'ailleurs, melés. Des jeunes femmes. Deux se sont rencontrées dans un groupe de parole, le mardi soir, groupe de parole des victimes d'un viol ; avec ses mots à la fois pudiques et trashs, la narratrice va nous livrer la vie de ces femmes fracassées par la prise de force de leur corps. Elle ne s'arrête pas à la surface d'un instant, pour voir le trauma et ses conséquences, là, à un moment de vie ; non, elle fouille en profondeur, et donne à voir comment cet acte peut modifier jusqu'aux fondements. Elle ne s'arrête pas en chemin, et explore, au delà de la plainte qui peut être déposée, au dela de la justice, ce qu'un corps, ce qu'un être pourrait faire, pour vivre après.

Là, on est aux prises avec un quotidien qui doit se vivre, sans appitoiement, à partir d'un événement qui forcément, a tout modifié. Cela c'est ce qu'on se dit, à la lecture. En rien ce n'est formalisé. Il y a ces proximités naissantes, ces amitiés électives entre filles, qui réchauffent et grisent ; et puis il y a la fille qui va loin, qui va très loin dans l'analyse, dans la réflexion, dans les actes et le rejet d'une société peu satisfaisante. Entre dans des actions révolutionnaires, faisant naître un collectif "Les petites filles au bout du chemin". Il y a un peu de Nadja (Breton) dans ce livre-là, et particulièrement dans ce personnage-là. Il y a la fille qui est aux prises avec le réel, garde pied dedans, et celle qui est passée outre. Et la troisième amie, qui elle vit un coma, ce qui permet d'interroger le corps dans un autre de ses aspects, le corps qui s'arrête, quoi, comment, après un coma ?

Là encore, dans ce livre-là, la danse n'est pas loin. La danse, dans sa version 'travail' qui mène à la libération du corps, la danse comme exercice rude, presque maltraitant, mais finalement moins maltraitant que ce qu'un être humain peut faire à un autre en décidant de le 'prendre' sans son consentement... Il y a là encore, des pistes de réflexion extrêmement riches, c'est un travail très impressionnant, même s'il est parfois difficile, et pesant à lire.

. Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, Lola LAFON, Flammarion, 2011 ; puis éd. Babel Actes Sud mai 2014.

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Arithmétique de la chair :)

7 Août 2016, 09:42am

Publié par LaSourisJOne

Arithmétique de la chair :)

Roman.

Evidemment, ce livre-là, si on ne me l'avait pas mis entre les mains, je ne l'aurais probablement jamais lu. La couverture, le nom... Et cela aurait été dommage.

Car j'ai aimé. Ce livre est singulier, je m'y suis coulée sans freins. Il surprend. Il nous donne à voir une conception du monde radicale, mais intéressante. Entre mathématiques, goût rassurant pour les chiffres qui décrivent le monde sans surprise et permettent de le rendre rassurant, et monde réel, extérieur où l'on peut se perdre. Evidemment, on se dit que les mathématiques qui sauvent pourraient être tout autre chose. Alors ce livre ressemble à une allégorie. Mais il s'y ajoute une dimension supplémentaire : le rapport au corps. De l'aveu de la narratrice parfois pas forcément compris, mais, et c'est là que cela étonne, comme étant souverain. Vivant sa vie au delà de l'esprit... Finalement, quand j'écris cela, je me dis que ça ne manque pas de sens.

En tout cas, cette Bettina est experte en chiffres et donc comptable dans une entreprise. Son corps se caractérise par un fort embompoint, elle vit une vie solitaire, se satisfait de peu, flanquée de ses écrans, et cela ne la gêne pas, elle est sereine. Et son corps se met à enfler, jusqu'à atteindre l'obésité des 96 kg. Elle s'étonne, elle qui mange si peu pour tenter de réguler ce corps... Puis, surviennent les événements qui vont bouleverser ce chemin : elle s'inscrit à un concours de mathématiques, concours télévisé, le remporte, et elle et son corps, elle et sa sérénité vont devenir des espèces d'icônes, parce que ressenties comme 'profondémement authentiques' et uniques dans le paysage actuel. Cela permet au passage à l'auteur de passer un regard largement critique et sans doute manichéen (même si on peut lui reconnaître qu'elle le connaît bien !) le monde de la télévision et des médias. C'est sans doute ce que je reprocherais à ce livre : de se laisser aller à des catégorisations trop rapides et simplistes. De faire entrer certains de ses personnages secondaires dans des 'schémas' (le patron de son entreprise est nécessairement sans qu'aucune chance ne lui soit donnée un petit bourgeois de courte vue gouverné à la maison par sa femme, par exemple ; mais cela sert aussi la finalité de son livre, son propos).

Donc, il y a dans ce personnage principal et dans son rapport au monde une sincérité, une authenticité, et une indépendance d'esprit qui séduisent. Bien sûr, on peut s'étonner de la suite, mais ce n'est pas pour déplaire, qu'un livre nous étonne : elle va séduire, séduire quelqu'un qu'il devait être impossible de séduire ; et, parce que c'est là sa personnalité, rester accrochée à cet amour qu'elle juge hors dimension, infini. Comme peuvent l'être les chiffres, en oubliant que l'humain est fait de faiblesses, de fragilités, et en refusant qu'il soit aussi fait de renoncements et de recommencements. C'est un être authentique, entier, comme le nombre, mais qui renonce, plutôt que de tenter de reconstruire... J'ai trouvé cette lecture très raffraîchissante.

Merci à Annie et à Delph de me l'avoir permise.

. Arithmétique de la Chair, Macha Méril, éd. Flammarion, mars 2016.

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En attendant Bojangles :)))

6 Août 2016, 08:38am

Publié par LaSourisJOne

En attendant Bojangles :)))

Roman.

Ah, quel plaisir j'ai eu, du début jusqu'à la fin, à la lecture de cet En attendant Bojangles ! Il m'avait fait saliver à sa sortie en janvier 2016, j'en avais encore entendu parler il y a quelques mois au moment des prix qu'il a rafllé : prix du roman des étudiants France Culture Télérama 2016, prix France Télévision, et grand prix RTL Lire.

Mais je n'avais pas l'avoir entre les mains.

Enfin, c'est fait. J'ai tout aimé dans ce premier roman d'Olivier Bourdeaut, qui se lit avec le sourire, parce que c'est beau, parce que c'est bien écrit, parce que c'est fin, et raffiné. Ce n'est pas toujours crédible ? Alors là, on s'en fout mais alors comme d'une guigne. C'est d'ailleurs la dernière question qu'on se pose.

Bojangles, vous savez ce que c'est ? Moi je ne le savais pas. Le titre d'une chanson de Nina Simone, M. Bojangles. Or, l'un des trois personnages principaux du livre, la mère, qui écoute des chansons et danse si souvent, a son préféré, et son rituel, avec ce morceau précis. 'En attendant Bojangles', c'est ce qui représente cette femme...

Je vais essayer de vous en parler sans trop en dire : on lit, raconté avec grâce et innoncence par le fils, l'histoire de ses parents. Des parents hors du commun, à la personnalité hors du commun, qui semblent avoir choisi cette voie pour exister, pour défier le quotidien. Alors l'excès est souvent au bout du chemin, un excès raffiné et on aime. On aime la rencontre de ces deux-là ; puis leur vie aux côtés de Mademoiselle Superfetatoire, ce grand échassier qui vit avec eux dans leur appartement, et de l'Ordure, leur ami sénateur. Où l'expression chateau en Espagne est prise au pied de la lettre ! C'est un manuel qui semble militer contre la morosité possible d'une vie, pour la fantaisie, parce qu'on a qu'une vie, et qu'il vaut mieux la rendre belle, pour ce qui nous appartient. Un hymne à l'amour, et la différence. Il y a ce chancellement, au coeur de la mère, jusqu'à un dénouement d'abord épique puis bouleversant, je dois m'arrêter là pour ne rien déflorer, mais ce livre est beau, si beau, et il finit avec une explosion d'émotion qui prolonge la magie de ce livre.

Je pense que je l'achèterai, pour pouvoir le relire.

En attendant, mille mercis à Delphine d'avoir sacrifié une de ses lectures d'été pour me le prêter !

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, édition Finitude, janvier 2016.

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Le cercle des femmes :)

25 Juillet 2016, 22:27pm

Publié par LaSourisJOne

Le cercle des femmes :)

Une histoire de femmes. Une histoire de famille. Une histoire avec plusieurs générations de femmes, forcément ça me plaît... Même si j'avoue que la narratrice n'a pas emporté ma totale adhésion, alors, forcément, j'ai plus de réserves que je n'aurais pu en avoir...

Je la trouve trop enfantine, trop crédule, trop...

J'ai aimé, pourtant, me plonger dans leurs histoires, leurs rouages, ce qui a fait leurs personnalités, entre secrets, et chemins, choix de vie, dictés parfois par l'hérédité, par un destin de mère qu'on ne veut pas suivre, ou qui nous modèle...

Alors il y a le décès que personne n'attendait, de l'arrière-grand mère, Alice. Toutes se retrouvent dans la maison de celle-ci. Parlent, évidemment. Rangent, aussi, les affaires. Et découvrent (la plus jeune, qui fouine, la fille) une boîte, qui révèle le secret d'Alice. Elle a tu, toute sa vie (seule sa meilleure amie, qui est là aussi, le savait) la raison de la disparition de son mari. Parti, l'abandonnant, pour une vie simultanée d'abord, puis pour cette autre, ailleurs. Par fierté ? Par honte elle a gardé ce secret ? On imagine que les choix de vie de cette famille, de toutes les femmes de cette famille, eurent pu être changés, le sachant....

Ces femmes qui perdent l'arrière-grand-mère, dont on apprendra petit à petit les secrets, évidemment, cela concerne ; il y a ces silences, parce qu'on ne peut faire autrement, et qui, si l'on s'en était dispensé, auraient marqué différement une vie. On le sait, mais peut-on faire autrement ? Cela concerne, mais à aucun moment ça n'a réussi à me toucher ; c'est sans doute finalement essentiellement ce que je reproche à ce livre-là.

Merci à Luocine pour la découverte.

. Le cercle des femmes, Sophie Brocas, éd. Juliard, mai 2014.

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Au bout du voyage

2 Juillet 2016, 17:52pm

Publié par LaSourisJOne

Au bout du voyage

... Bon, ce livre est bizarre. Lorsque j'étais tentée de me couler dans une histoire qui pouvait avoir son petit piment, son suspense, il y avait de loin en loin des petites choses qui me gênaient. D'abord, l'incohérence de l'âge, quand même, selon moi : l'héroïne, Mila, a 12 ans. Pourquoi lui avoir donné 12 ans ?? Ah oui, parce que le sujet du livre était : l'apprentissage, parfois rude (ça c'est intéressant) du monde adulte par un enfant. En cela, c'est plutôt bien fichu, puisque le livre nous donne à voir qu'il n'est pas si simple de juger, et que donc, dans la posture d'un enfant on peut se retrouver face à des adultes qu'on pourrait vouloir juger très sévèrement, alors qu'ils ont pu, par faiblesse, par lâcheté, par maladresse, se laisser embarquer dans des situations d'erreurs... Ca a le mérite de dire : eh oui, les vies ne sont pas parfaites, on se goure, on fait du mal, et parfois on est encore plus empêtré pour s'en sortir parce qu'on a alors à gérer le cortège de culpabilité, de perte de confiance en soi, etc... Ca c'est plutôt pas mal, surtout qu'on découvre cela au fil de l'histoire au rythme de l'héroïne, Mila, 12 ans, donc. Ce qui m'a beaucoup gêné, c'est la maturité psychologique de l'enfant, et le décalage entre le père et Mila, justement : on a un père ici très agaçant, très faible d'ailleurs dans sa caratérisation, et j'avoue qu'il m'a beaucoup saoulé, ce père qui va à Etats-Unis avec sa fille donc, parce que c'était prévu comme ça pour un petit voyage : dont le meilleur ami - qu'ils vont voir, là-bas - s'est fait la malle, qui met une mollesse absolue dans toute cette histoire, y compris semble t-il dans les échanges alors même que c'est son meilleur ami, et la femme de son meilleur ami. Et en plus on apprend au fil de l'histoire qu'il avait été prévenu par lui qu'il partait, il ne dit rien à Mila, alors qu'elle se pose énormément de questions quant à cette disparition et qu'elle la prend très à coeur. Je ne comprends pas dans le parti-pris narratif pourquoi il n'a pas été décidé que cette aventure, ils la vivent, mais qu'au moins, il ne la prenne pas pour une conne, avec ce jeu de dupe, où elle cherche, espère, alors que lui, le père, a déjà des éléments de réponse ?

M'ont agacé encore de petites choses ponctuelles, moins gênantes : pourquoi Mila appelle t-elle son père et sa mère, dans la narration par leur prénom ? J'ai eu du mal à m'y faire.

Je trouve en outre qu'en lui donnant 15 ans, le roman aurait tout autant fonctionné, et aurait même été plus crédible.

Je précise encore qu'on reste quand même un peu sur sa faim au niveau de l'histoire, tout cela s'effiloche un peu finalement...

Hormis ces réserves, eh bien on est dans la peau d'une adolescente (euh, d'un âge indéterminé), plutôt observatrice et psychologue, et on traverse des contrées américaines enneigées (on retient surtout la neige, pas de caractérisation de l'Amérique particulière dans ce récit je trouve que ça pourrait finalement se passer n'importe où).

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au bout du voyage, Meg Rosoff, éd. Albin Michel, Wiz, septembre 2014.

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Otages intimes :))

23 Juin 2016, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

Otages intimes :))

Je ne m'étonne pas que ce livre de Jeanne Benameur soit de ceux qui laissent leur empreinte.

C'est l'histoire d'Etienne, photographe de guerre. Retenu otage, lors d'une de ses missions. Le récit intime de son retour à la vie, après sa libération. Tout en nuances, en subtilité. Mais c'est aussi l'histoire d'un trio amical. Etienne était l'ami d'Enzo et de Jofranka. Ils ont grandi ensemble. Enzo a choisi de rester au village et de travailler le bois, avec sa force intérieure ; Jofranka a comme Etienne choisi l'ailleurs, rude, avocate des femmes victimes des guerres. L'histoire de ce trio, soudé par la musique également pendant leur enfance aux liens très forts, se fait écho. Et c'est aussi l'histoire d'Irène, institutrice, la mère d'Etienne, qui a accompagné ces trois-là. On lit les blessures laissées par la vie, laissant leur empreinte dans les orientations de chacun. Et il y a l'attente, de ceux qui restent. Le sens mis sur tout cela, sur les départs et sur les attentes. Les événements qui modifient, changent le cours d'une vie.

Sensible, et beau.

Médiathèque de Saint-Malo.

Otages intimes, Jeanne BENAMEUR, éd. Actes Sud, 2015.

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La chimie des larmes

19 Juin 2016, 21:27pm

Publié par LaSourisJOne

La chimie des larmes

... Une fois n'est pas coutume, je vais écrire ici quelques mots de cette Chimie des larmes, au terme de 225 pages, et sans l'avoir terminé. Avant qu'il ne m'éreinte.

J'avais été séduite par la couverture, le titre, et l'histoire : en miroir, à un siècle d'écart, la douleur de la perte non assumée d'un amant, par Catherine, conservatrice-adjointe de musée ; et parallèlement, l'histoire d'Henry Brendling, riche homme d'affaires, qui veut réaliser une folie créatrice pour son fils, malade, comme s'il s'agissait de l'empêcher de mourir. Ces deux histoires qui se font écho, j'aimais bien. Mais je dois bien reconnaître que les bizarreries qui l'émaillent me font l'abandonner. L'histoire d'Henry dans la Forêt noire avec une petite communauté névrosée et étouffante, incohérente, à la lisière du rêve éveillé ou du cauchemar, me saoule. Vous lisez, vous êtes dedans, et vous dérapez dans une strate incompréhensible du récit, à tel point que j'en viens à me demander si la traduction n'aurait pas été responsable des strates bizarres du récit... En tout cas, il a raison de moi. Ces passages autour du cube bleu, du cou du cygne alors qu'un canard est sensé être construit, un canard automate, vraiment, me fatiguent. Quant à cette Catherine, bien qu'accablée par ce deuil qui lui est refusé puisqu'elle est la femme cachée, elle me saoule aussi avec ses excès et ses incohérences. D'un côté elle veut s'accrocher à cette histoire passée, se plonger dans celle-ci et on peut le comprendre, pour oublier son deuil impossible, et en même temps elle a des actes et des réactions incompréhensibles excessives, de défiance, de saccage d'une pièce importante de cette tranche d"histoire, non, vraiment, j'aurais aimé finir l'histoire, mais je me dis que trop, c'est trop, et que ce livre avec ses dérapages perpétuels dans un réel parallèle étrange est vraiment trop pour moi...

A quand un bon roman que je n'aurais plus envie de lacher ?

Médiathèque de Saint-Malo.

La chimie des larmes, Peter Carey, éd. Actes Sud, septembre 2013

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