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Le blog de la souris jaune

solitude

La mélancolie des innocents :))

13 Août 2021, 09:39am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai retrouvé avec plaisir cet auteur que j'avais tant aimé à la lecture du Maître des paons. J'ai savouré, une fois encore, celui-ci, qui ne ressemble à aucun autre. Savouré, c'est le terme, car je trouve qu'il se goûte lentement ; je ne sais pas expliquer pourquoi on ne peut le lire vite. Cela m'a parfaitement convenu, en tout cas. 

Comment vous décrire ce livre ? Une fois encore, le processus narratif est en forme de clin d'oeil avec le nom de l'auteur du livre : nous sommes au plus près des souvenirs d'un personnage qui raconte ses racines familiales à un auteur, un certain monsieur Milanoff (voici donc d'où vient sans doute la confusion fréquente que j'ai quand je cherche le nom de cet auteur, Jean-Pierre Milovanoff... Vous suivez ? :).

Bref, premier aspect touchant, le narrateur est en fauteuil, une immobilité qu'il vit comme pesante, d'où son goût pour partir ailleurs : il convoque les souvenirs, re-tisse le passé, le passé disparu... Et il fait vivre sous nos yeux et dans notre coeur les hommes et femmes de son passé familial... Arrière-grand père, grand-mère, mère, oncle... Ah, l'oncle, l'oncle Léonce ! Je dois dire que j'ai beaucoup aimé l'oncle Léonce. Celui qui s'occupait de lui quand il était petit, l'emmenait avec lui dans les brocantes, Léonce le simple, si touchant... 

Vous verrez un beau couple aimant, si touchant dans l'apprivoisement du monde de l'un pour l'autre ; une jeune femme malheureuse de ses amants volages, un village du sud de la France, le passage du temps unique lorsqu'il est mis en mots par Jean-Pierre Milovanoff...

Vraiment, je reste très fan de cet auteur que je trouve brillant.

Et ce qui ne gâche rien, le livre trouvé sur une élégante étagère extérieure à l'abri d'un préau, dans une cabane à livres colorée me rappelle une villégiature récente à Chailland, village qui ne manque pas de charme...

. La Mélancolie des innocents, Jean-Pierre Milovanoff, 2002, éd. Grasset.

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Quand nous étions orphelins :(

20 Mai 2021, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Beaucoup d'agacement, à la lecture de ce Quand nous étions orphelins. Dire ici que j'ai eu envie de prolonger ma découverte de cet auteur après la lecture de Auprès de moi toujours, appréciée. J'ai retrouvé son écriture, sa lenteur, sa façon d'installer les atmosphères, ses personnages qu'on a l'impression de regarder à travers une focale inconnue... Presque sortis d'un rêve, ou d'un cauchemar, ou d'un récit surréel... L'histoire se grignotant par petites touches... Mais là... Trop c'est trop ! Je me suis surprise à me dire à la 200eme page : bon, ok, j'aurais pu commencer le livre-là, j'aurais pu me dispenser des 200 premières pages. Evidemment, vous me direz, l'ambiance s'installe, et tout ne tourne pas autour d'une histoire à raconter, en effet, et bien entendu ! Mais... Bref, je n'ai pas accroché du tout. Evidemment, mon intérêt a été souvent relancé, puisque je voulais savoir ce qu'il était advenu des parents du narrateur...

L'histoire : le narrateur, donc, a vécu son enfance à Shanghaï avec ses parents. Son père travaille pour une grosse entreprise aux enjeux louches, ou troubles, mais souterrains, sa mère semble combattre contre cela... (c'est ainsi que les personnages sont donnés à voir à travers le regard du narrateur). Et puis un jour, ils disparaissent. D'abord le père, dont on commence à espérer qu'il reviendra ; et puis la mère. 

Et alors le fils est envoyé vivre chez une tante (qu'on ne verra pas dans le roman) en Angleterre. Le fils se construit ainsi, et devient détective privé. Et puis un jour, il songe à retourner chercher ses parents, en même temps qu'à régler "tous les problèmes du monde" (cela se passe avant la deuxième guerre mondiale). 

Comme dans un film de David Lynch, on assiste aux actes étranges du narrateur...

Persuadé qu'il va retrouver ses parents, il finit en effet par remonter leur piste : là, aucune cruauté ne nous est épargnée. L'oncle Philip, l'histoire telle qu'elle nous est livrée, du père et de la mère, et ce après avoir traversé une ville en décombres en pleine guerre avec les Japonais : pourquoi nous imposer ça ?

Je crois que ma rencontre avec Kazuo Ishiguro va s'arrêter là.

J'ai atteint l'overdose avec ce livre-là.

. Quand nous étions orphelins, Kazuo Ishiguro, Folio Gallimard ; 2009.

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La solitude des nombres premiers :))

4 Janvier 2021, 18:18pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre-là, dès le début, dès les premières pages. J'avais envie de retrouver les personnages, de continuer à les côtoyer sans que le livre se termine. Il m'a un peu fait penser à "l'étrangeté" d'un Pour vous, de Dominique Maynard, que j'avais aussi beaucoup aimé, ou encore à un Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro. 

C'est un livre qui ne se laisse pas saisir, qui me semble à ce titre ressembler à la vie imprévisible... Les personnages sont imprévisibles et même ce qui leur arrive ne manque pas de nous surprendre ; c'est comme si une option pouvait être choisie à chaque instant et que tout découlait de cet instant, un instant, et ça change tout... 

J'ai aimé le point de départ, fort, pour chacun des deux protagonistes ; de là, tout découle, bien sûr, mais rien de si évident qu'on aurait pu prévoir... Donc : elle : marquée par un épisode désagréable puis tragique aux sports d'hiver : sa vie marquée par ce traumatisme. Comme Matthia, un traumatisme encore, mais différent : pour lui c'est la perte de sa soeur jumelle... Ca parle de tout ce que l'on s'inflige, face à un traumatisme, ou pour vivre quand même, avec un traumatisme. 

Il y a la souffrance, bien sûr, et la solitude de ces deux-là ; plutôt la façon dont ils vivent, coûte que coûte... Quelle extraordinaire force de vie, c'est ce qui m'a marqué je crois essentiellement dans ce roman, finalement ! Le roman est fort, non conformiste, non attendu ; c'est véritablement une très belle découverte pour moi, et je suis bien contente de l'avoir acheté, par hasard, chez un de mes bouquinistes à Bécherel !

. La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, 2008 ; traduit de l'italien, le Seuil, 2009. 

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Le murmure du vent :(

21 Septembre 2020, 22:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Mon dieu, quel ennui ! Parfois il faudrait sans doute ne pas insister ; certains livres n'ont peut-être jamais aucune chance de nous parler ? En tout cas, celui-ci... je m'y suis reprise à deux fois avant de le lire. Et finalement, ça a été d'un ennui sans nom ! Ce livre ne m'a absolument pas intéressée. Il est bourré de poncifs, bourré de situations convenues, et rien ne m'a interpelé, intéressée... Bouhhh. Je n'aurais pas dû insister.

Donc : l'histoire d'une très jeune femme, biologiste en cours de thèse, en Australie, qui vit seule, mal remise d'une histoire familiale douloureuse. Elle refuse de s'attacher, on le comprend très vite. Et elle a fort à faire avec son frère, souvent déprimé, et son père. Tous en deuil d'une mère elle aussi alors dépressive, ou plutôt bipolaire. Bref. Elle rencontre Cameron, le journaliste, et fait tout pour saccager leur belle histoire qui va trop vite, elle compte les kangourous, a les pieds sur terre et se heurte aux oeillères de beaucoup... 

Enfin, bref, je crois que je passerai mon chemin quand je verrai désormais cette auteure. 

. Le murmure du vent, Karen Viggers, Le Livre de Poche. 2014.

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Pour vous :))

9 Juin 2020, 13:04pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce roman, je l'ai dévoré de bout en bout, fébrilement, avec l'envie d'avancer sans pour autant avoir envie de le quitter.

J'ai été assez captivée par l'histoire, non ordinaire, de Delphine, cheffe d'une agence un peu spéciale... Son agence s'appelle "Pour vous", donc, c'est le titre du livre. Comme son nom l'indique, elle exécute pour ses clients, tous types de "missions" ; des missions qui ont trait au coeur, aux états d'âme, au mal-être la plupart du temps... Survivre à un deuil, vivre une relation extra-conjugale amoureuse, etc. Y a-t-il des limites à ses missions ? 

Ce qui compte, c'est ce qu'il y a "autour" de la mission. La manière dont Delphine la vend, l'éxécute, et la vit. On découvre alors petit à petit la nature de cette femme déterminée, obsédée par son agence... Ce livre évite la psychologie, c'est déroutant, mais c'est ça qui est intéressant. Il peut souvent déranger, bousculer, mais là encore, c'est véritablement l'intérêt du livre et du personnage et je trouve qu'il est particulièrement réussi... Je ne vous en dis pas plus pour ne pas divulgacher, mais j'ai conscience que tout cela peut manquer de clarté ! Peut-on avancer dans la vie sans sentiment(s) ? Ca pourrait être une des interrogations de ce livre...

Je l'ai dévoré.

Merci à Delph (et à Véro) pour ce prêt et donc pour la découverte, du livre comme de l'auteure.

. Pour vous, Dominique Mainard, éd. Joëlle Losfeld 2008 ; Le Livre de Poche.

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Mrs Palfrey, Hôtel Claremont :)

6 Juin 2020, 11:42am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Encore un livre qui était dans ma bibliothèque et attendait que je l'ouvre ! Aucune idée de l'endroit où j'avais pu le trouver, il y a un an déjà... 

Je l'ai trouvé tout à fait savoureux, charmant, doux, plaisant.

C'est l'histoire comme le titre l'indique, l'histoire simple de Mrs Palfrey, sur ses vieux jours ; elle s'est installée pour y vivre dans un hôtel à Londres, comme il semble être de coutume dans certains hôtels, donc, puisque c'est ce qui est décrit. Elle y vit seule mais entourée d'une petite communauté de personnes âgées ayant leurs petites manies, leurs habitudes, leurs idées fixes... Elle a une fille lointaine, et un petit-fils, tout aussi lointain ; pour garder la face lorsqu'elle arrive à l'hôtel face aux autres, elle soutient que son petit-fils viendra la voir quand il en aura le temps. Un jour, elle tombe, un tout jeune homme l'aide et... elle raconte que c'est son petit-fils. 

J'ai beaucoup, beaucoup aimé suivre ces personnages dépeints avec finesse dans leur vie quotidienne toute simple. Sans pathos, sans caricature, et dans ce milieu de cette société anglaise...

Une lecture très plaisante.

. Mrs Palfrey, Hôtel Claremont, Elizabeth Taylor, 1971 (édition originale) ; 1991 (Rivages) pour la traduction française.

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L'Embellie

4 Avril 2020, 16:07pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Enfin.

J'ai lu ce livre sans grande passion... Avec un peu d'impatience... Mais le contexte est-il neutre ? J'ai la sensation cependant que j'aurais tout aussi bien l'avoir déjà lu, je ne suis pas sûre que je m'en rappelerais... Et pourtant, il est sans doute tout sauf commun ? Mais peut-être justement... Il nous emmène en Islande, dans de tout petits villages, au pied de champs de lave, noirs... Dans la peau d'une trentenaire (elle a 33 ans) qui dit toujours oui. Non, pardon, c'est pas ça. M'enfin c'est sans doute ça qui a fini par me taper sur les nerfs, même si, on se doute bien que tout cela fait partie du processus initiatique. Bref, elle divorce d'avec son ancien mari, un fieffé con, radin, égoïste... A chaque fois qu'il revient pleurer dans son giron, elle ne l'envoie jamais bouler... J'en rêvais ! M'enfin, bref, on s'en fout, c'est pas ça l'histoire. L'histoire c'est qu'elle décide de partir plusieurs semaines faire un grand périple pour tout laisser derrière elle, avancer, réfléchir... Elle se retrouve avec le fils de sa meilleure amie dans l'aventure (il a 4 ans), et heureusement, cela se révèle une chose fabuleuse (car c'était loin d'être ce qu'elle souhaitait).... Les rencontres sont très improbables, ça a fini par me fatiguer tout ça... Même si j'ai souri parfois...

J'ai trouvé ma lecture un peu vaine, en fait... Mais, encore une fois, difficile de s'affranchir du contexte de lecture !!

. L'Embellie, Audur Ava Olafsdottir, Zulma 2012, en Poche, collection Points.

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... 686, avoir quelqu'un

24 Mars 2020, 14:35pm

Publié par LaSourisJOne

"Quelqu'un avec qui se réchauffer, se réconforter physiquement, pour enrayer la fragilité qui s'installe dans votre coeur, se répand dans votre corps comme une pellicule de glace, un simple choc et la fissure s'étendrait, et vous vous noieriez dans l'eau glacée en dessous".

Rosamund HADEN

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Agathe

30 Janvier 2020, 08:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai eu très envie de lire ce livre, lorsque ma bibliothécaire préférée m'en a parlé : soudain, il fallait que je le lise. Pourtant, j'avais vu ce livre à de nombreuses reprises, il m'intriguait, mais : c'est elle qui a trouvé les mots directs jusqu'à l'envie de lire :)) qu'elle en soit saluée, et grandement remerciée :))

J'aime tout particulièrement les récits où un homme âgé est au coeur du récit, et où celui-ci regarde sa vie avec plus ou moins de finesse, de distance, j'en raffole... C'était un plus à ce livre, puisqu'il y est question : de la dernière patiente d'un psy très pressé de partir à la retraite. Alors il compte les patients... Ca, j'aime bien. Cette dernière patiente prise en dépit de sa volonté (sa secrétaire l'a acceptée alors qu'il avait dit non) change un peu la donne, et soudain, il réfléchit à sa propre vie, et à ce qui l'attend...

Il faut souvent un catalyseur, pour que les choses se passent, sans doute, sans doute... cependant : à celui-ci je n'ai que trop peu réussi à croire, et je suis restée sur ma faim.

On l'a bien compris, ce n'est pas un livre sur Agathe, cette femme qui tente d'éviter l'hospitalisation en le consultant, mais bien sur ce psy de 72 ans à six mois de la retraite. Qui découvre soudain la densité, alors que toute sa vie il serait passé à côté ? Qui voit sa secrétaire parce que soudain elle est en arrêt maladie, il découvre donc sa vie, la tragédie de ce qui lui arrive et accepte de ne pas renier l'attachement qu'il voit naître pour elle, et son époux. Ca c'est beau, bien entendu.

On ne saura que très peu de choses sur Agathe, qu'on observe souvent avec un regard extérieur, évidemment, quitte à la poursuivre dans la rue obscessionnellement...

Soudain, la peur de vieillir. Soudain, découvrir qu'on n'est plus si sûr de vouloir partir à la retraite. Oui, tout se conçoit je crois que pour moi avec ce livre, tout arrive trop rapidement. Il contenait en germe tout pour me plaire.

Un grand merci à ma passeuse :)

. Agathe, Anne Cathrine BOMANN, éd. La Peuplade, sept 2019

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De l'autre côté de l'été :))

24 Novembre 2019, 09:32am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre se dévore sans qu'on ait envie de le lâcher.

La narratrice a la cinquantaine. Cinquante-huit en réalité. Elle vit avec sa fille, odieuse jeune femme capricieuse... Son mari est pari quelques mois auparavant, un mari qu'elle avait soin de choisir pour que leur histoire ne donne rien de similaire aux histoires de sa mère... Elle déjeune régulièrement avec ses deux amies, comme un rituel désagréable... Voila pour le contexte. Un jour, au restaurant, on ne sait pas bien alors ce qui se passe dans sa tête, mais elle tombe en fascination pour un jeune homme, le serveur. Et... alors que c'est loin d'être dans sa nature... elle va l'aborder et lui demander de venir, moyennant finances passer un an chez elle. !

Je vais essayer de ne pas vous en dire plus, même si c'est évidemment tentant ! C'est bien raconté, et psychologiquement très intéressant. Il y est bien sûr question des âges de la vie, de la séduction, mais aussi je trouve du fait de se trouver un jour, quelque soit la manière, d'être soi.

J'ai dévoré ce livre trouvé par hasard dans une cabane à livres, sans connaître l'autrice.

On s'attache vraiment aux personnages qui pourraient sembler réels tant ils sont véritablement bien campés.

. De l'autre côté de l'été, Audrey Diwan, éd. Flammarion, 2009 ; Livre de Poche.

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