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Le blog de la souris jaune

Articles avec #solitude

Nos âmes la nuit :)

25 Août 2017, 09:28am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une femme âgée de 75 ans (quelle horreur, de la transformer en un chiffre !), vivant seule dans la bourgade de Holt (Michigan) va un jour trouver son voisin pour lui faire une proposition raffraîchissante : qu'il vienne dormir à ses côtés la nuit.

Pour apprivoiser cette rude solitude.

Ce livre avait tout pour me plaire, sauf peut-être une, à laquelle pourtant je n'ôte rien : son écriture. Il sourd dans ce livre une mélancolie profonde. Que ne réveillent jamais les dialogues, puisqu'ils sont enfouis dans le corps du texte. 

Par certains côtés, il m'a fait penser au Tom, Petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine. Ce rapprochement salvateur des générations, autour des choses simples et essentielles à côté desquelles les adultes mal grandis, exangues dans leurs vies d'adultes, passent en gachant la vie de leurs enfants.

Les thématiques abordées sont intéressantes, peut-être parce que souvent trop taboues : la solitude destructrice des nuits, l'âge et la sexualité, les sentiments après avoir partagé une vie d'amour pendant 40 ans... Je reconnais à cet auteur le mérite d'aborder de front une part si importante de nos vies, et qui reste pourtant dans le secret de nos intimités : notre sommeil, et nos nuits. Ici sommeil et insomnies, sommeil marqué par une profonde solitude des personnes âgées, sommeil aussi et cauchemars, marqué par la souffrance due à un abandon, ou aux tracas du quotidien chez l'enfant (le petit-fils Jamie).

J'ai aimé les deux protagonistes Addie et Louis, leur fraîcheur, leurs conversations ; ils sont si touchants, lorsqu'ils affrontent le regard des autres, dans leur petite bourgade, et qu'ils bravent le qu'en-dira-t-on ! Ce qui les abat, et qui interpelle évidemment, c'est la famille : le fils, dont on connaît l'histoire, fait frémir par ses certitudes, ses carquans, la tyrannie qu'il impose au nom du 'bien-penser' ; alors qu'on le voit enfermé dans ses erreurs, dans ses tracas... Cette partie de l'histoire m'a beaucoup touchée, interpellée : ce renoncement à ce qui compte plus que tout dans le présent, au nom de 'la famille', et pour l'avenir... Cependant, je sais que l'écriture contribuera à me rendre cette lecture volatile.

Je suis contente d'avoir enfin lu ce livre, malgré tout ! Et c'est à Delphine que je le dois, merci, Delphine !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Nos âmes la nuit, Kent Haruf, 2015 (Etats-Unis) ; 2016 pour la traduction française aux éditions Robert Laffont.

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27 Juin 2017, 17:26pm

Publié par LaSourisJOne

"Dès qu'on dit 'moi aussi', pas mal de choses sont possibles. Il faudrait 'moiaussier" au moins une fois par semaine pour tenir le coup, dans cette ville ou dans une autre ; on est tellement à penser la même chose, le seul truc c'est qu'on ne se connaît pas encore tous".

Lola LAFON 

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Murmures dans un mégaphone

10 Mai 2017, 13:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Deux vies.

Deux vies qui se font résonnance. Deux vies marquées par des trajectoires différentes. Mais qui vont se retrouver soudain, de façon fort improbable, comme la vie le permet souvent - car la vie, c'est l'improbabilité - dans les bois, un soir, par hasard, pour des raisons qui leur appartiennent, à chacun. 

Elle est marquée par un destin très lourd, et un choix très lourd qu'elle a décidé il y a trois ans : ne plus sortir de chez elle. On rencontre donc Myriam après ces trois ans passés, qui vit hors du monde. Et puis il y a Ralph, qui croit agir sa vie mais finalement l'a certainement subie. Lui, le psychothérapeute. Marié à Sadie, qui passe son temps à mettre en scène leur vie sur les réseaux sociaux... Miroir au passage de notre société, telle qu'elle est aujourd'hui, en tout cas pour certains. Deux enfants, des jumeaux, de 16 ans. Dont il ne connaît rien, dont on voit assez bien la vie autonome, parallèle. Vies tissées sur du factice, vies contigues et non les unes avec les autres...

D'ailleurs, c'est un peu le phénomène étrange de ce livre : il avance lentement, de manière assez composite finalement, et forme quelque chose d'assez flottant ; d'intéressant, mais de flottant. C'est ce qui fait que je ne peux pas crier mon enthousiasme, pour cette sensation étrange de "délitement" qu'il procure. En même temps... Les vies qui se délitent, qui se vivent comme elles peuvent, c'est bien le propos. Où les deux protagonistes du couple central vont d'ailleurs aller sur les traces de ce qu'ils pensaient vérité originelle avant de l'avoir abandonnée : leur premier grand amour, auquel ils ont renoncé. Avec cette question intéressante : on ne se marie pas avec la personne qui compte le plus pour soi. Question loin d'être classique, et très intéressante... Comme si notre part d'ombre, de secrets, restaient à jamais autre et séparée de celui qu'on décide d'épouser... 

Les murmures, ce sont ceux de Myriam, elle qui s'est condamnée à murmurer à cause du mère cinglée et mal aimante. 

J'ai aimé le lent tableau qui donne à voir les évidences assumées, puisqu'elle re-naît au monde au bout de trois ans : pas de faux-semblants. Elle cherche le vrai. 

Ralph, au contraire... a du mal avec le vrai, il s'est fait croire au faux... Ou on lui a fait croire au faux... La reconstruction de l'une sera, malgré tous ses traumatismes, plus sûre et plus probable que celle de Ralph, qui semble suspendu au dessus de rien. Cette thématique est intéressante. Mais je n'ai pas été emportée...

Merci à Delphine, toujours découvreuse, de ce cadeau.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Murmures dans un mégaphone, Rachel Elliott, Payot et Rivages, 2016.

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9 Février 2016, 23:24pm

Publié par LaSourisJOne

"Quand tu te sentiras seule, lis un livre. Ca t'aidera à te sentir meilleure. Lis, lis dès que tu le peux. Ca te sauvera".

Marian IZAGUIRRE

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... 413

29 Novembre 2015, 12:00pm

Publié par LaSourisJOne

"Chez nous, plus les gens se téléphonent, moins ils se voient. La France, c'est pourtant pas le Texas. Ca te fout la chiasse de penser au jour où l'on mettra les bébés au mobile en même temps qu'au biberon. La solitude démarrera au berceau."

Boualem SANSAL

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J'ai eu des nuits ridicules

13 Septembre 2015, 12:52pm

Publié par LaSourisJOne

J'ai eu des nuits ridicules

Histoire moderne, histoire de femme moderne. Ayant choisi, en tout cas vivant hors couple. Expérience des histoires qui meublent, et du détachement.

Intéressant en cela.

Tout est marqué là par l'ère moderne : les échanges de SMS, la connexion permanente des êtres, les êtres qui se croisent et ne se 'nourrissent pas' ; et puis des discussions, échanges plutôt 'beauf' finalement, mais finalement ça aussi c'est l'air du temps, on ne satisfait de la surface des choses.

Et il y a ce jeune garçon, ado, de presque 15 ans, que l'héroïne trouve dans la rue. Désemparé, et un peu muet. Pourquoi va-t-elle lui ouvrir sa porte, dans une ère où on n'ouvre plus sa porte aux gens ? Ca... En tout cas, le livre prend là une autre tournure. Peu à peu, naît l'attachement, qui ne se nomme pas, qu'elle ne connaît pas... L'inquiétude pour ce garçon qu'elle ne connaît pas, les questions qu'elle se pose quand il n'est pas là, mêlés à l'ambivalence liée à ses habitudes, à sa façon de vivre solitaire. On apprend petit à petit que c'est un gamin du XVIème, fugueur pour échapper à un frère et probablement à des violences sexuelles, mais des violences qui dans ce milieu ne peuvent pas être entendues.

Le jeune garçon vient en tout cas, par sa présence, ses besoins, interroger l'héroïne sur ses choix de vie. Sur ses besoins de coucher un être à ses côtés quand vient la nuit, peu importe lequel, sur l'individualisme de notre ère. Pas déplaisant, mais pas non plus complètement conquise...

Médiathèque de Saint-Malo.

J'ai eu des nuits ridicules, Anna Rozen, éd. Le Dilettante, 2014.

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La petite pièce hexagonale :)

11 Mars 2015, 20:47pm

Publié par LaSourisJOne

La petite pièce hexagonale :)

Découverte du hasard, ce petit livre fut vraiment savoureux. C'est une ballade solitaire, qui place destinée et hasard au coeur de la reflexion. Mais avant tout une étonnante histoire, qu'on accepte sans ciller. Sur fond de maux de dos révélateurs de symptômes psychologiques. Tout cela étant suggéré. C'est donc l'histoire de l'héroïne, qui rencontre en sortant de la piscine qu'elle fréquente sur prescription médicale pour cause de maux de dos, deux femmes, qui n'ont aucune raison, à priori, de l'interpeller. Sauf qu'elle va l'être par ce binome. Assez 'aimantée' par la plus jeune, jusqu'au jour où elle les suit jusqu'à un endroit derrière une forêt, entre et...

Dois-je vous en dire plus ? C'est tentant de vous laisser avec ce mystère et de vous laisser entrainer vers cette petite pièce hexagonale... :)

Pour ceux qui insisteront, promis, je raconterai la petite pièce hexagonale... !:)

. La petite pièce hexagonale, Yoko Ogawa, éd. Actes Sud, Babel, 2007.

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Selon Faustin

8 Février 2015, 10:50am

Publié par LaSourisJOne

Selon Faustin

Roman ado.

(A partir de la 3ème).

Faustin est un ado qui habite quelque part où il fait toujours beau (sic), et où on fait toujours du surf. Où les garçons sont tous blonds, aux cheveux décolorés, et bronzés, voire cramés par le soleil. Ah, en France. Quelque part donc aux alentours de l'Aquitaine et de la Côte basque, genre Hossegor... Il a 15 ans.

Les thématiques abordées sont intéressantes : comment fait-on pour vivre dans un univers qui nous marque malgré soi, comment fait-on pour y échapper, peut-on y échapper ? (En l'occurence, le surf, et le conditionnement à la norme, le fait de faire du surf, y compris dans les têtes des parents, qui ne conçoivent rien autrement, notamment pour leurs enfants). Très intéressant aussi, cette complexité des rapports avec les parents, la difficulté des mots, de la compréhension intergénération, la nécessité qu'on a parfois, de creuser son sillon tout seul, ou avec un frère... Et puis le prisme que l'on incarne parfois, à ses dépens, pour ses parents, et qui est source de souffrance est assez bien donné à voir, notamment via les rapports au père.

Et puis, le désamour. Comment fait-on pour vivre quand on croyait aimer de toutes ses forces, quand l'autre ne veut pas de nous, vit sa vie hors de nous ? Comment cesser d'aimer ? Faustin traverse toutes ces étapes. D'abord la croyance que si, de toute façon, Lise lui reviendra ; puis la fuite, loin de tous les lieux où il risque de la croiser, et puis enfin la désillusion, l'acceptation que nous ne l'aimons plus, et que nos chemins sont distincts. Intéressant, l'exploitation de ce chemin dans la peau d'un ado.

Cela dit, je n'ai pas tellement aimé la narration, avec beaucoup de 'on', le style... Et cela ne m'a personnellement, pas passionné. Je lui reconnais cela dit des thèmes originaux, et je pense qu'il peut plaire aux ados.

Médiathèque de Pleurtuit.

. Selon Faustin, Emmanuelle Richard, éd. L'Ecole des Loisirs, Médium. 2010

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... 311

27 Octobre 2014, 08:32am

Publié par LaSourisJOne

"Le labyrinthe : rien que le monde souterrain, sans forme, que chacun porte en soi, et où il tremble de descendre parce qu'il y fait noir et qu'il a peur, terriblement peur, qu'il y ait en effet, tout au fond, un minotaure. Et chacun tâtonne dans le noir et crie : "Ariane, ma soeur, ton fil, où est ton fil ?".

Philippe BEAUSSANT

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Je ne retrouve personne

9 Août 2014, 19:25pm

Publié par LaSourisJOne

Je ne retrouve personne

Le postulat de départ est assez classique : Aurélien, la trentaine, parisien, écrivain, retourne dans sa Normandie d'origine le temps de mettre en vente la maison de ses parents, qui se sont exilés à Nice. Et évidemment, arrive la remontée des souvenirs. Cela dit, le style est enlevé, les propos justes, sans 'gras', sans superflu ; la lecture est agréable.

Quant on se tourne vers le passé, qu'on accepte de regarder de près ce qu'on a laissé en plan des années, voire des décennies pour se construire adulte, se réagence, nécessairement. Le temps a passé, et la compréhension des êtres qu'on croyait connaître se peaufine. L'épreuve de la solitude que le narrateur accueille comme une lourde nécessité, contraint à ça. Un bilan passager, à cet instant de vie. Finalement, le personnage principal ne va pas forcément faire beaucoup bouger ses rapports à sa famille (ses parents et leurs préjugés, son grand frère tyranique), davantage son appréhension du monde d'adolescent, ses 'amis', ou fréquentations de l'époque, qu'il avait sans doute approché parce que tout les opposait, et que ces différences (de milieu social plus bas) l'attirait. L'un d'entre eux le touchait malgré lui, après l'avoir exclu et fait souffrir, ce Benoît dont il va s'inspirer comme personnage de roman... Jusqu'à ce qu'il apprenne la part manquante, sur ce garçon, qu'il ne savait pas...

La solitude lui permet aussi de prendre conscience de ses fuites, de ses croyances, et peut-être de cette errreur : Junon l'a quittée parce qu'elle voulait un enfant, et qu'il n'en voulait pas... Cet enfant, elle l'a fait sans lui, et lui, contre toute attente, découvre à quel point il est attaché à cette enfant, qu'il a pourtant choisi de ne pas garder dans sa vie...

On laisse le personnage en cours d'évolution, avec des pistes de réflexion...

Merci à Ronan pour ce cadeau. :)

. Je ne retrouve personne, Arnaud Cathrine, éd. Verticales, août 2013.

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