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Le blog de la souris jaune

solitude

De l'autre côté de l'été :))

24 Novembre 2019, 09:32am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre se dévore sans qu'on ait envie de le lâcher.

La narratrice a la cinquantaine. Cinquante-huit en réalité. Elle vit avec sa fille, odieuse jeune femme capricieuse... Son mari est pari quelques mois auparavant, un mari qu'elle avait soin de choisir pour que leur histoire ne donne rien de similaire aux histoires de sa mère... Elle déjeune régulièrement avec ses deux amies, comme un rituel désagréable... Voila pour le contexte. Un jour, au restaurant, on ne sait pas bien alors ce qui se passe dans sa tête, mais elle tombe en fascination pour un jeune homme, le serveur. Et... alors que c'est loin d'être dans sa nature... elle va l'aborder et lui demander de venir, moyennant finances passer un an chez elle. !

Je vais essayer de ne pas vous en dire plus, même si c'est évidemment tentant ! C'est bien raconté, et psychologiquement très intéressant. Il y est bien sûr question des âges de la vie, de la séduction, mais aussi je trouve du fait de se trouver un jour, quelque soit la manière, d'être soi.

J'ai dévoré ce livre trouvé par hasard dans une cabane à livres, sans connaître l'autrice.

On s'attache vraiment aux personnages qui pourraient sembler réels tant ils sont véritablement bien campés.

. De l'autre côté de l'été, Audrey Diwan, éd. Flammarion, 2009 ; Livre de Poche.

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Le dernier jour d'un condamné :)))

28 Juillet 2019, 21:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Forte et très belle découverte que ce roman de Victor Hugo, écrit en 1829. 

Il s'agit d'une longue lettre, ou d'un long journal, écrit par un condamné à mort. Entre le moment de sa sentence et sa mise à mort s'écoulera comme pour tous six semaines, il décide qu'il va écrire, pour transmettre son vécu, sa souffrance, son appréhension de la mort, jour après jour, puis heure après heure... Il y a le récit, la découverte des moeurs de l'époque, en matière de justice cruelle, de cachots, de prison, de mort, de "galère"... Et puis il y a les pensées du prisonnier, condamné à mort, dont on ne saura jamais pourquoi il l'a été. Et puis ses pensées pour son épouse, et sa fille de 4 ans, qui sera privée de père... Et son humour, poignant, sinistre, mais tellement juste, souvent, humour jaune, ou noir...

On sait qu'en 1832, Victor Hugo republiait son texte avec une préface où il affichait ses intentions avec ce texte : permettre aux hommes de comprendre que jamais, jamais, on ne peut se permettre de condamner à mort, leur permettre d'expérimenter cela, écrire par le témoignage illustré, un plaidoyer contre la peine de mort.

C'est fort, extrêmement touchant, et évidemment très bien écrit.

Merci à Delph, qui m'a mis ce livre comme un cadeau entre mes mains, et sans qui, sans doute, je ne l'aurais pas découvert.

. Le dernier jour d'un condamné, Victor Hugo, 1829. Folio.

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... 621, la peur de la solitude

18 Avril 2019, 21:08pm

Publié par LaSourisJOne

"Voici maintenant ma vieille angoisse, là, au creux de mon corps, comme une mauvaise blessure que chaque mouvement irrite. Je connais son nom. Elle est peur de la solitude éternelle, crainte qu'il n'y ait pas de réponse".

Albert CAMUS

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Mémoires d'un fou :)

1 Avril 2019, 20:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Contrairement à ce que son titre n'indique pas, c'est présenté comme un roman, mais des mémoires tout à la fois.

Autre paradoxe, c'est le premier écrit de Flaubert, à 17 ans... Et un écrit qu'on n'imagine pas ! On aurait pu imaginer cela sous la plume d'un Baudelaire, mais pas d'un Flaubert, auteur de Madame Bovary !

A 17 ans, on a un jeune homme déjà brillant par son écriture, mais : à fond dans son siècle ! Complètement Romantique, et donc, complètement exalté, et complètement déprimé ! Ca frise donc la névrose, par moments, mais on aime... on retrouve la fougue et l'excès de la jeunesse... 

Ses expériences douloureuses du collège, son premier amour, et aussi beaucoup l'expression de son spleen, donc, en tant qu'être humain sur terre...

Etonnant, pour ce que ça nous dit de l'auteur.

. Mémoires d'un fou, Gustave Flaubert, 1838.

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Trois femmes puissantes :))

13 Février 2019, 12:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt 2009.

Depuis que j'ai ouvert ce livre, et tout au long de sa lecture, je songe à ce titre... Ce titre qui résiste, et c'est très bien comme ça, il ajoute de la densité, même s'il n'en manquait pas. Alors parfait. Je réfléchirai encore longtemps, à ce titre, à ce choix... Car il n'est pas évident que les récits mettent au coeur un personnage féminin, déjà ; quant à les dire puissantes... C'est très très intéressant, d'autant plus, finalement. 

En première partie au coeur du livre le père, le père destructeur, dont la personnalité écrase fille, garçon, jusqu'à son paroxysme, mais toujours, pour qu'on puisse toujours possiblement en douter... Et puis sa fille, (la femme puissante ?), avocate, qui n'aura d'autre choix que de voler au secours de son frère pour le tirer de prison, elle qui aime tant son jeune frère, victime du père ; elle qui est à la merci de son trop gentil chéri... Le point de vue de la narration est extrêmement important, il change tout... 

Puis, après un simple mot "contrepoint", on bascule dans une autre histoire, celle de Fanta, femme soumise... ? Mais c'est son mari qui raconte... Un mari aux prises avec son métier de vendeur de cuisines chez Manille, la chaleur, ses hémorroïdes, sa paranoa quant à sa femme et l'amour de sa femme...

Et puis la troisième histoire, non moins choc, celle de Khady : son mari mort l'a laissée à la merci de la famille de celui-ci. Qui finit par se débarasser d'elle, mais : elle se sentira libre, vivante, jusqu'au bout, et jusque dans tous les recoins de son dur parcours souffrant, de femme migrant... 

A cela, ajouter que les trois tableaux sont tous aussi palpitants les uns que les autres ; on s'y plonge avec autant d'intérêt pour chacune des histoires ; les tableaux sont reliés par un fil ténu, éloigné, une même ville, une parente... Peu importe, mais cela ajoute du sel à l'ensemble, on se demande, on repasse en revue chacune des histoires pour vérifier qu'on n'y a pas croisé le nouveau personnage...

Et puis il y a le motif de l'oiseau. Qui lie aussi les trois histoires, en y introduisant la dimension non rationnelle de l'étrange, de ce qui ne s'étiquette pas facilement, de ce qui ne rentre pas dans une case... Car, comment ne pas songer à l'oiseau, quand elle nous parle du père dans la première histoire, lui qui passe toutes ses nuits dans le flamboyant (l'arbre) ? Et puis il y a la buse, l'obstinée, celle qui harcèle le second personnage, le vendeur de cuisines, et qu'il s'imagine être sa femme ; et puis enfin le corbeau, dans l'histoire de Khady, le corbeau c'est Lamine, l'ami qui trahit... 

Ce livre résiste aux étiquettes et on ne l'en aime que plus.

Il est fort, une vraie belle découverte littéraire.

. Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye, éd. Gallimard NRF, 2009.

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... 593, La solitude

20 Novembre 2018, 20:48pm

Publié par LaSourisJOne

"Si je t'écris, c'est peut-être pour ne pas rester seul avec moi, comme on allume sa lampe la nuit quand on a peur".

FLAUBERT à Louise COLET, 1852

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Et rester vivant

29 Septembre 2018, 21:42pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

... Comment écrire sur ce livre-là ?

Ca résonne comme un testament intime. Qu'il est, sans doute. En toute pudeur, à l'image de cet auteur que j'aime tant, qu'est Jean-Philippe Blondel. Se dire qu'il reste le doute, se dire que je ne savais pas, ce drame intime, et sur lequel il écrit peut-être... Sa mère et son frère, fauchés dans un accident de voiture ; son père, quatre ans plus de tard, de même. Alors, ses pas, pudiques, au garçon de 22 ans, pour s'en sortir. Aux prises avec la mort. Son épopée choisie aux Etats-Unis, avec ses deux meilleurs amis, Laure et Samuel. Sur les traces d'une chanson. Un périple qui s'intercale avec des souvenirs, passés, de ses êtres perdus. Réapprendre à vivre, un peu, dans la douleur, en frontale avec la vie. 

Blondel, toujours aussi juste, et jusque dans ce récit intime, ou qui semble intime.

. Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel, 2011, éd. Buchet-Chatel.

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Battement d'ailes :)

23 Août 2018, 13:11pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je me suis laissée tenter par ce livre trouvé au hasard sur une braderie. Et finalement j'ai bien fait, cela me permet d'adoucir mon souvenir de l'auteure Milena Agus ! Je n'avais pas du tout adhéré à Mal de pierres

Avec ce livre-là, dans la peau d'une narratrice, jeune, naïve, candide. Une adolescente probablement. Elle raconte sa famille, son grand-père, son père, sa mère dépressive, et la voisine, "Madame", et surtout elle, d'ailleurs. Une femme, seule, qui a choisi d'avoir sa maison d'hôtes, en Sardaigne. Et qui, malgré l'insistance des promoteurs, ne veut pas vendre son domaine pour qu'il soit transformé. On suit la vie en général de ces deux familles, et les choix de chaque membre de ces deux entités. 

Et cette Madame, attachante, avec ses gri-gris, ses robes découpées dans de vieux tissus, ses amours, sa grande solitude ; une femme qui apparaît en transparence plus fragile que la force qu'il faut sans doute pour choisir ce destin. 

Quant au Battement d'ailes, il est associé au père de la narratrice, parti, ou disparu, la condamnant à imaginer... Et lorsque les couvertures se soulèvent dans les airs comme des ailes, elle se projette dans l'idée que c'est son père qui communique avec elle.

. Battement d'ailes, Milena Agus, 2008 pour la traduction française, éd. Liana Levi.

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Le canapé rouge :))

4 Août 2018, 15:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Oh, c'est magnifique. 

Une magnifique balade, toute douce et puissante en même temps. Un chant intérieur qui vaut pour baume et tentative de guérison, entre vie et mort, mais toujours plus proche de la vie.

Entre quête d'une page qu'on tourne, et nostalgie d'une autre qui se referme, lié par un voyage, ainsi que de belles figures féminines, des mots d'écrivains, et un canapé rouge...

C'est superbe.

Et évidemment, il aura résonné pour moi de façon toute partculière, faisant étonnamment écho pour moi en ce moment...

La narratrice entreprend donc un voyage en train, qui a vocation à retrouver la trace d'un ancien amour perdu, Gil, dont elle sait qu'il est dans une ville de Russie. Il y a ce temps du voyage, des rencontres fugitives et des introspections, jusqu'au point de chute, et l'entreprise de guérison... Et puis il y a son présent, ou son tout juste passé, sa vie partagée avec sa voisine, une femme âgée de qui elle s'est rapprochée et avec qui elle partage de si beaux moments, à papoter, sur un canapé rouge... Voisine qu'elle a quittée pour son voyage, et qu'elle s'empresse de chercher à retrouver, après celui-ci, mais...

Roman-hymne à la vie, quoi qu'il arrive, et coûte que coûte quels que soient les cailloux qui s'en mêlent...

Une très très belle découverte, que je dois à Luocine, qui m'a donné envie de le lire. Mille mercis, Luocine, mille mercis !!

. Le canapé rouge, Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser, 2007.

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La servante écarlate :)))

24 Juillet 2018, 18:31pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Passionnant.

Une découverte pour moi, je n'avais entendu parler que de la série, je ne connaissais le livre dont elle est tirée, ce livre-phénomène de Margaret Atwood, paru en 1985 ! Saisissant roman qui force à s'interroger sur notre société, ses codes, sa liberté, les rapports hommes-femmes... Et qui véritablement renvoie à la période où on le lit aussi bien sans doute qu'à une autre, compte tenu du fait qu'il est finalement assez peu situé.

Cela ressemble à un roman d'anticipation, au journal d'une femme plongée dans un quotidien aux autres normes. Des normes qui se sont imposées à elle, alors qu'elle a connu une société moderne comme la nôtre...

Dans cette nouvelle société, elle n'a pas eu le choix que d'être 'Servante' habillée de rouge comme toutes les Servantes, et "utérus" ; elle vit chez un couple, elle doit donner un enfant au mari, lors de rapports sexuels très codifiés... D'ailleurs tout est très codifié, chaque geste, chaque déplacement dans cette nouvelle société où pas une once de "liberté" ne perdure...

Entre narration du présent de façon assez pragmatique, conscience d'une nostalgie du passé et des êtres aimés perdus, ennui, peurs, hésitations entre un réseau qui tente de se sauver et acceptation de son destin avec ses "à côtés", le livre est une balade fascinante dans l'humanité telle qu'elle pourrait être "contrariée", amoindrie, limitée...

Très très intéressant, vraiment.

Merci beaucoup à Nolwenn pour cette découverte et cette lecture si dépaysante !

. La Servante écarlate, Margaret Atwood, 1985 (USA), 1987 en France, puis 2005, 2015, 2017.

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