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Le blog de la souris jaune

construction d'identite

L'Amie prodigieuse, 2 :))

7 Mars 2018, 19:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai hésité à mettre trois, ou deux sourires. J'ai finalement opté pour deux, tout en me disant pourtant que je m'étais jetée dedans avec tout autant de passion que dans le premier ; je reconnais simplement tout petits patinements, dans la vie de Lila, mais qui à aucun moment ne m'ont donné envie de lâcher le livre bien au contraire. 

On lui reconnaîtra encore une fois ce talent de nous laisser en "suspens", comme à la fin d'un épisode ou saison d'une série : avec la volonté rageuse de savoir, tous les détails de ce qu'elle a amorcé.

C'est d'autant plus époustouflant, qu'on voit bien que ce récit prend toute son architecture comme vie de la narratrice (on ne se hasardera pas à dire vie de l'auteure, mais évidemment, c'est plausible, vu les circonstances), et qu'une fois encore chaque épisode, chaque anecdote nous sont livrés de la même manière : une phrase d'appel nous donne immédiatement envie de savoir ce qu'elle va nous raconter, et même s'il s'agit d'un petit événement, elle nous aspire dans les entrelacs de sa vie, et nous en voulons toujours plus.

C'est en tout cas ce que je ressens à l'issue de ce tome 2, donc, et donc environ 1200 pages plus tard : je suis soulagée parce que la vie de Lila et d'Elena m'attend encore, elle n'est pas terminée, et tout ces personnages que j'ai vu vivre dans ce quartier peu aisé de Naples, je vais les retrouver, sans doute pour le pire, mais aussi tout simplement à l'échelle d'une vie, de vies et de péripéties de vies.

L'amitié s'est évidemment transformée, la dépendance demeure, mais dans ces quelques années de vie, la concurrence, une concurrence souterraine, habite sans doute les deux protagonistes. 

Alors : je leur ai donné 18 ans à la fin du premier tome, elles étaient en réalité plus jeunes, elles avaient 16 ans, on dira que ce tome aborde donc les cinq années suivantes, pas plus.

Ce qui fait encore une fois son charme incomparable, c'est que la narration n'a rien de linéaire, la narratrice (dont on oublie pas qu'elle a 60 ans), nous livre ces deux histoires selon sa logique, sa mise en perspective, son souhait de raconter ces deux vies enchevêtrées par périodes, et à leur manière.

Je suis encore conquise par cette Amie prodigieuse n°2, la dimension sociale prend encore une fois tout son sens, là par rapport au mariage, aux études supérieures, et elle nous donne à voir comment on chemine, à Naples, sur ces problématiques-là, dans les années 60, et dans un quartier pauvre...

Je vais encore une fois me précipiter sur le tome 3...

. L'Amie prodigieuse 2, Le Nouveau nom, Elena Ferrante, Folio ; 2012 en Italie, 2016 pour la traduction française.

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... 531, la fragilité

1 Mars 2018, 18:45pm

Publié par LaSourisJOne

"Il faut peu de temps à une conviction fragile pour faiblir et finir par céder".

Elena FERRANTE

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L'Amie prodigieuse :)))

28 Février 2018, 21:27pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quand je pars en voyage, j'aime ce moment privilégié de choisir les livres, le livre si c'est un voyage court, qui m'accompagneront(ra). Et quand c'est à l'étranger, ce choix est encore plus précieux, car je sais que je n'aurai pas la solution de me ruer vers une librairie pour en acheter un autre... Alors, pour ce court voyage à Londres, j'avais choisi l'Amie prodigieuse, dont j'avais tant entendu parler, et Elena Ferrante, pour m'accompagner. Que je ne regrette pas ce choix ! Quel bonheur de me dire que ce livre, et ceux qui suivront, me rappeleront mon voyage, et inversement ! Je l'ai donc dévoré. Je le retrouvais comme une gourmandise dans mes temps de pause. Et j'attends avec impatience de me jeter dans le second tome, car l'histoire d'Elena et Lila m'a vraiment capturée. 

Bienvenue à Naples. Quartier populaire. J'appréhendais un récit d'enfance (ça ne vous étonnera pas), c'est bien plus que cela, évidemment. D'autant que la narratrice nous saisit d'emblée, puisqu'elle a quelque soixante ans passés, qu'elle nous dit que celle qu'elle connaît si bien, son amie Lila, a disparu de la circulation, fidèle à son fantasme de le faire un jour, et qu'elle va s'employer à lutter pour qu'elle ne disparaisse pas, et raconter par le menu leurs pas, à elles deux, dans la vie, depuis leurs premiers pas ensemble. C'est à dire depuis qu'elles avaient... 7, 8, 9 ans ? Le premier tome (Delph, je vais penser à toi sur ce coup-là, en ne disant pas jusqu'à quel événement) passe en revue dix ans de leur vie. Autrement dit, jusqu'à leurs 18 ans.

J'ai adoré, comme beaucoup donc semble-t-il, tant ce livre est un phénomène que je comprends maintenant, la vie entremélée de ces deux-là. La riche complexité et à la fois simplicité de leur lien. Le déterminisme de leur milieu, et les actes qu'elles mettent en place, chacune à leur manière, pour s'en dégager. Mais ce livre ne se résume pas, tant la richesse et la densité des liens doit se lire.

Nourrie d'ambivalences. 

C'est superbe et passionnant, et j'attends avec impatience de me plonger dans le second tome pour suivre la suite de leur aventure.

Je rejoins donc Mélanie (pensées pour toi !) qui avait tant aimé ce livre, j'ai mis le temps, mais j'y suis venue au bon moment, je crois :)

. L'amie prodigieuse, Elena Ferrante, Folio, 2011.

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Le monde attend derrière la porte :)

14 Octobre 2017, 16:40pm

Publié par LaSourisJOne

Roman ado.

Comme souvent, un roman ado redonne de l'oxygène. Agréable moment que celui-ci.

L'histoire d'une ado, âgée de 15 ans, fille de rigoristes. Nous découvrons donc la façon de vivre de cette religion très particulière, que l'auteure décrit comme : persuadés détenir la vérité, ne vivant qu'entre eux, les autres ne devant pas être fréquentés, soumis aux règles de la communauté, celle-ci primant sur les décisions familiales.

Alors qu'elle va encore dans une école normale et qu'elle se réjouit donc d'avoir des amis qui écoutent de la musique, font du sport (ce qu'elle ne peut pas faire...), elle s'oppose de plus en plus à sa famille qui pensent pouvoir la remettre dans le 'droit chemin'. Plus aride encore va être son destin en durcissant les choses et en la mettant dans une école communautaire, puis, par punition, envoyée en pension six mois, en Ecosse, dans une famille rigoriste sensée redressée les jeunes pousses en révolte...

Seulement, même si elle s'interroge (ses parents pensent que c'est le bon chemin), elle ne peut se résoudre à ne pas vivre avec les autres, dans le monde 'normal' ; alors elle va affirmer ses envies. Quitte à aller à l'affrontement, et à perdre une partie de sa famille. Car comment renoncer à la liberté une fois qu'on l'a subodorée ? 

C'est une belle réflexion sur la famille, l'attachement, les valeurs, les choix de vie. 

Une bien jolie surprise.

. Le monde attend derrière la porte, Pascale Maret, éd. Thierry Magnier, 2009.

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Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour :)))

8 Octobre 2017, 09:01am

Publié par LaSourisJOne

Grosses nouvelles, ou petits romans. 

A la manière de Zweig, exactement, d'ailleurs j'ai trouvé que ces deux auteurs ne manquaient pas de points communs dans l'extraordinaire maîtrise de la narration d'un récit.

Donc, Doris Lessing. Une découverte ! Quel bonheur, de se dire que de telles pépites restent encore inexplorées pour soi. 

J'ai donc pris un profond plaisir à la lecture de ces trois textes.

Pas à pas, elle nous emmène dans les entrelacs d'une histoire intime insoupçonnée, insoupçonnable, et aiguise notre curiosité un peu comme savait le faire Zweig. Etonnant, très étonnant cette focalisation externe sur le héros d'abord, comme si on le découvrait - c'est si logique - d'abord de l'exérieur, comme une caméra verrait une scène sans comprendre, puis on se rapproche et on bascule au plus près d'un personnage. C'est brillant.

Et puis ce qui m'a beaucoup intéressée aussi, c'est sa vision des êtres, sous-tendue par un déterminisme familial, et social ; son idée que nature et culture s'opposent, et l'espèce de regret, de déchirement, de paradoxe qu'il y a entre le besoin de changer de classe en faisant des études, et l'impossibilité de revenir en arrière ensuite, coincé alors dans un entre-deux insoluble ; l'innocence s'oppose à la douleur de savoir. 

Les trois récits sont très, très attachants : autant ce récit autour d'un quatuor étonnament insécable, mères et fils (Les grand-mères) ; que l'histoire de ce soldat rendu éperdument amoureux en quatre jours, et qui ne tournera jamais la page de cet amour (Un enfant de l'amour) que l'histoire de cette jeune fille noire qui a un enfant avec un jeune homme riche ; très intéressante vision des choses d'abord Victoria fuit, se terre, elle a honte, puis elle comprend petit à petit la chance que cela pourrait être pour sa fille ; elle se rapproche alors de cette famille qui ne la rejette pas, au contraire, mais... les choses ne sont pas si simples (Victoria et les Staveney). 

J'ai adoré.

L'auteure a obtenu le Nobel de littérature en 2007.

Merci à Yann S. pour ce cadeau, son goût sûr et cette magnifique découverte.

. Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour, Doris Lessing, J'ai Lu, 2016.

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La passe-miroir, les fiancés dé l'hiver - Tome 1 :))

19 Août 2017, 19:55pm

Publié par LaSourisJOne

Roman jeunesse.

Les fiancés de l'hiver : c'est le premier tome de la trilogie de Christelle Dabos La passe-miroir. Un univers en soi, puisque tout repose sur la construction d'un univers, d'un monde, de mondes... On apprend tout dans ce premier tome, et ça ressemble à de l'héroïc fantasy pour filles, si tant est que cela ne soit pas mixte ! 

L'héroïne est une jeune fille qui vit dans son monde, préservé, tranquille, où elle a tous ses repères, les Animistes. On découvre la construction de ce monde-là, construction qui fonde la construction de chacun des mondes. Prédomine une espèce de "chef de clan", ici une femme, qui est en réalité une ancêtre, très belle, très puissante... Tous ont des pouvoirs particuliers. Notre héroïne est peu jolie, empruntée, maladroite, mais elle est dotée d'une personnalité sincère, authentique, et qui ne demandera qu'à s'affirmer, ce qu'on va voir tout au long de ce livre... 

Car, elle qui est parfaitement heureuse en tant que liseuse dans un musée (elle a le pouvoir de 'lire', de pénétrer l'histoire des objets et donc d'identifier un peu de l'histoire de ceux qui l'ont possédé à travers le temps, elle qui a refusé deux époux, elle va se retrouver sans autre choix possible fiancée à un jeune homme, Thorn, dans un autre monde... 

Transférée là bas à son corps défendant, avec sa tante sensée la chaperonner jusqu'à son mariage six mois plus tard, elle va vivre des moments très tourmentés, difficiles, âpres, et faire l'apprentissage de ce nouveau monde, et notamment d'une cour, où tous les faux-semblants et les chausse-trappes sont permis... 

Grandir, évoluer dans un univers hostile, se sauver, essayer d'avancer et de se préserver, faire attention à la confiance qu'on peut accorder : tel est le lot d'Ophélie. Très maladroite, elle ne va pas être au bout de ses peines, et se voir imposer bien au delà des limites qui auraient dû être les siennes... Mais elle tient. Se disant qu'elle serait radiée de ses deux univers si tel n'est pas le cas... Mais elle est aussi très attachante, par son authenticité, malgré sa maladresse, et les rapports qu'elle entretient avec ce Thorn honni de tous, y compris d'elle, sont intéressants dans leurs toutes petites évolutions progressives, psychologiquement très intéressantes, au fil du livre. 

On retiendra quelques personnages très marquants, comme le Chevalier, le détestable enfant de 10 ans qui martirise son entourage de ses pouvoirs pour s'octroyer l'attention exclusive de Bérénilde, la somptueuse tante de Thorn, ou encore Gaëlle, la mécanicienne, personnage très secondaire, mais attachant, de même que la vieille Hildegarde... 

Un monde véritablement intéressant et captivant à découvrir, une prouesse imaginaire à saluer, vraiment.

Je m'empresse de me ruer sur le tome 2 !

. La passe-miroir, les fiancés de l'hiver, (Tome 1), éd. Jeunesse Gallimard, 2013 ; Livre de Poche.

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Message des hommes vrais au monde mutant :)

24 Juillet 2017, 19:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre raconte, à postériori, l'expérience d'une femme, américaine, installée en Australie, qui expérimente sans l'avoir véritablement choisi quatre mois au sein d'une tribu d'aborigènes. 

On se retrouve, comme elle, dans la peau d'une femme dite 'civilisée', avec son maquillage, ses accessoires, plongée au coeur d'une aventure extrême, mais vécue si naturellement, avec une peuplade aborigène. Elle était certainement à la lisière d'être convaincue, si non elle n'aurait pas supporté tout cela. Mais c'est quand même très intéressant, et propre à faire réfléchir, ce que veut le livre. Réfléchir à nos choix, la limite de nos choix de société, en regard de ce que vivait cette peuplade... Proximité infinie avec la nature, bluffante. Evidemment, on y pense. La peur, disparue, l'acceptation de tout faisant que les facultés de l'homme sont démultipliées... La télépathie, parce que non obstruée, entre deux êtres, à 35 km de distance ! Le fait de vivre de la nature, mais pas à son détriment, en ulilisant uniquement ce dont on a besoin, sans aucun gaspillage... La communion, le retour à des valeurs authentiques... La célébration non des anniversaires, mais des moments où chacun se sent devenu meilleur...

Quatre mois incroyables, de traversée d'un désert australien avec cette peuplade, avec des épisodes forts, auquel on est tentés de croire, même si c'est souvent incroyable. Et on a envie de se dire qu'il faudrait vraiment, changer le monde, en suivant leur voie un peu plus, tellement plus juste... Mais comment faire pour enrayer la machine, pour faire machine arrière, avec toutes nos superficialités acquises ?

Une lecture stimulante, qui interroge. Sur la spiritualité et nos façons de vivre.

. Message des hommes vrais au monde mutant, Marlo Morgan, éd. J'ai Lu Aventure Secrète, 1991 ; 1995 pour la traduction française.

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Une fièvre impossible à négocier :))

28 Juin 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aime décidément énormément Lola Lafon.

J'avais littéralement adoré La petite communiste qui ne souriait jamais, j'avais trouvé très fort son Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, puissant, qui bouscule, dérangeant ; j'ai encore aimé ce premier livre, et plus, parce qu'il est un véritable manifeste.

C'est évidemment plus qu'un roman. Un cri.

Elle est revenue sur ce sujet du viol dans 'Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce', et l'a poussé à son paroxisme, jusqu'à la folie. 

Là, problématiques centrales. Abordées sur fond de révolte, de rébellion, de contestation, d'incompréhension sociale ; tellement juste, souvent. Cet extrêmisme-là sonne tellement juste. Avec le questionnement des idéaux, et celui du sens, l'interrogation quant à notre projet de société, par l'expérience du personnage principal, qu'on sent brûlant de vérité, d'authenticité et impossible à séparer de celle qui l'a créée.

Donc, Loundra, un jour, un 14 septembre, est violée par un type, qu'elle connaît, et qui est connu. Sa vie, évidemment, bascule. La narratrice nous raconte un quotidien de hargne, pour tenter de rester debout, quand on nous a 'forcée' agenouillée. Comment on détruit, déconstruit, fait avec parce qu'on n'a pas le choix. 

C'est au coeur de mouvements d'extrême gauche, Etoile Noire Express, qu'elle va trouver sa place ; ce livre est plein de rencontres du quotidien, de phrases fortes, qui coulent, qui frappent ; il y a aussi le surf, la passion de Loundra, fascinée par la capacité des plus forts à tenir debout face à des vagues monstrueuses. Et puis, la justice en prend plein son grade, avec sa nullité crasse quand il s'agit de juger des affaires de viol, qui laisse le champ libre au coupable, et humilie s'il était possible encore plus, la victime déjà crucifiée. 

Ca parle de résistance, malgré soi. 

C'est très fort.

. Une fièvre impossible à négocier, Lola Lafon, 2003, Actes Sud.

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Murmures dans un mégaphone

10 Mai 2017, 13:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Deux vies.

Deux vies qui se font résonnance. Deux vies marquées par des trajectoires différentes. Mais qui vont se retrouver soudain, de façon fort improbable, comme la vie le permet souvent - car la vie, c'est l'improbabilité - dans les bois, un soir, par hasard, pour des raisons qui leur appartiennent, à chacun. 

Elle est marquée par un destin très lourd, et un choix très lourd qu'elle a décidé il y a trois ans : ne plus sortir de chez elle. On rencontre donc Myriam après ces trois ans passés, qui vit hors du monde. Et puis il y a Ralph, qui croit agir sa vie mais finalement l'a certainement subie. Lui, le psychothérapeute. Marié à Sadie, qui passe son temps à mettre en scène leur vie sur les réseaux sociaux... Miroir au passage de notre société, telle qu'elle est aujourd'hui, en tout cas pour certains. Deux enfants, des jumeaux, de 16 ans. Dont il ne connaît rien, dont on voit assez bien la vie autonome, parallèle. Vies tissées sur du factice, vies contigues et non les unes avec les autres...

D'ailleurs, c'est un peu le phénomène étrange de ce livre : il avance lentement, de manière assez composite finalement, et forme quelque chose d'assez flottant ; d'intéressant, mais de flottant. C'est ce qui fait que je ne peux pas crier mon enthousiasme, pour cette sensation étrange de "délitement" qu'il procure. En même temps... Les vies qui se délitent, qui se vivent comme elles peuvent, c'est bien le propos. Où les deux protagonistes du couple central vont d'ailleurs aller sur les traces de ce qu'ils pensaient vérité originelle avant de l'avoir abandonnée : leur premier grand amour, auquel ils ont renoncé. Avec cette question intéressante : on ne se marie pas avec la personne qui compte le plus pour soi. Question loin d'être classique, et très intéressante... Comme si notre part d'ombre, de secrets, restaient à jamais autre et séparée de celui qu'on décide d'épouser... 

Les murmures, ce sont ceux de Myriam, elle qui s'est condamnée à murmurer à cause du mère cinglée et mal aimante. 

J'ai aimé le lent tableau qui donne à voir les évidences assumées, puisqu'elle re-naît au monde au bout de trois ans : pas de faux-semblants. Elle cherche le vrai. 

Ralph, au contraire... a du mal avec le vrai, il s'est fait croire au faux... Ou on lui a fait croire au faux... La reconstruction de l'une sera, malgré tous ses traumatismes, plus sûre et plus probable que celle de Ralph, qui semble suspendu au dessus de rien. Cette thématique est intéressante. Mais je n'ai pas été emportée...

Merci à Delphine, toujours découvreuse, de ce cadeau.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Murmures dans un mégaphone, Rachel Elliott, Payot et Rivages, 2016.

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La folle du logis :))

27 Février 2017, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman...

Roman, .... C'est une aventure, que cette lecture. 

Au dos du livre, Mario Varga Llosa écrit à son propos que "La Folle du Logis se lit d'une traite, avec un plaisir sans mélange". Je trouve qu'il ne se lit pas d'une traite au contraire, parce qu'il implique une disgestion progressive, lente et délicieuse, de tout ce qu'on y lit. Il est arrivé souvent de relire plusieurs fois certaines phrases, certains paragraphes, pour bien m'en imprégner. De lacher le livre pour digérer cette densité avec l'envie de le reprendre vite. Mais "plaisir sans mélange", oui, complètement.

Entrer dans ce livre fut aussi pour moi un moment particulier, entouré d'une envie nourrie d'appétit et d'une toute petite appréhension : ce livre-là, c'est Rosa Montero elle-même qui me l'a recommandé, après que je lui ai demandé sur le salon Etonnants Voyageurs l'année dernière de m'en conseiller un après avoir adoré L'idée ridicule de ne jamais te revoir. 

Et il est largement à la hauteur de mes attentes !

La narratrice (rarement, peut-être, ce vocable, n'aura autant d'importance, compte tenu de la teneur même de son propos...) nous entraine dans une réflexion riche, agréable, sur le fait d'écrire, sur l'imagination (La folle du logis), mais aussi sur la biographie, sur l'amour, la vie et ses choix... Une riche balade, alors même que l'on croit au coeur même de sa biographie, dont elle nous sert, à priori, quelques exemples réguliers... Mais... C'est fin et habile : est-ce vraiment son auto-biographie ? Je ne vous révèle rien, mais... En tout cas, sacrée pirouette, étonnante, qui se joue de notre souvenir et de notre mémoire de lecture que cette histoire de M... Qu'il nous semble bien avoir lue sous sa plume une fois... non, non, on a sans douté imaginé... Qu'elle est habile à jouer avec notre esprit, jusqu'à l'exemple ! 

Et sa soeur, Martina... !

Mais je ne peux pas trop en dire... 

Le livre est aussi agréablement truffé de références, de phrases d'auteurs, d'exemples biographiques d'écrivains, etc. ; c'est vraiment vivifiant. C'est un livre qui donne envie de lire, et même donne envie de lire d'autres livres précis (elle nous ouvre le champ de la littérature espagnole, entre autres). 

Un livre véritablement vivifiant. Merci Rosa Montero. Je sais maintenant que je chercherai une troisième expérience avec cette auteure.

. La Folle du logis, Rosa Montero, éd. Métailié, 2004. Traduit de l'espagnol par Bertille Hausberg.

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